Je ne sais pas si vous aimez la BD, mais c'est grâce à elle que je suis venu à ce roman, via la trilogie que
Philippe Druillet a dessiné à partir du livre - en y ajoutant de larges poignées de son sel. C'était dans les années 1980, je trainais souvent dans un magasin de BD, et là j'ai lu dans les bacs les trois volumes de cette histoire (du piratage à l'ancienne ?), par petite tranche, de bout en bout. de cette lecture en tranches, j'ai gardé un souvenir un peu confus, surtout marqué par le baroque spectaculaire et délirant des illustrations, et par les dénudés épatants de l'héroïne.
Imaginez que quand je suis tombé sur le roman de
Flaubert, 10 ans plus tard, j'étais curieux et un peu sur la défensive : qu'allait-il rester des fastes qu'avait imaginé
Druillet ? La salammbô de
Flaubert serait-elle aussi troublante que celle du dessinateur ? Suspense... [je consulte mes souvenirs...]
La réponse tient en 5 étoiles : le roman de
Flaubert m'a complètement embarqué, et avec sa prose riche, sensuelle, à la fois romantique et baroque. J'ai vogué comme en un songe, porté par des souvenirs visuels forgés par
Druillet, au dessus des remparts de Carthage, des batailles, des armées de siège et du sombre Moloch, suivant le destin étrange et tragique de salammbô, qui traverse cette furie avec une assurance incroyable, irréelle.
Pour moi, ce livre est l'hybride idéal entre la littérature classique du 19ème et la Fantasy (telle que je la découvrais à travers
Tolkien et quelques autres). Et je dois un merci à
Druillet pour m'avoir préparé à cette rencontre.