"Pour me donner des raisons d'exister, j'écris".
Regard en prose, porté sur les femmes, de Toulon et d'ailleurs, regard tour à tour "velouté et désabusé". le narrateur, ou peut-être bien
Michel Flayeux lui même, musarde entre amour et dérision.
Le bonheur, c'est quoi le bonheur?
"Ce qui reste quand on a tout oublié" affirme-t-il, l'âme ensanglantée.
Entre les tortures d'Olivia, plus chat que souris, les rendez-vous manqués d'Amandine,les absences de Monica, intelligente, vibrante et charnelle, déjà prise, le désespoir d'Anita la caissière,le cadeau "clefs en mains" de la "petite kabyle", seuls restent la "chance d'être entouré d'artistes et de jolies femmes" et des bleus partout.
Alors surgissent de sa mémoire celles qui ont écarté les cuisses, celles qu'il n'a pas eues,celles des autres, celles à fuir....
Femmes de Toulon, une réflexion sur les femmes, mais aussi sur le rapport de forces hommes-femmes où l'homme désire, subit,obtempère, joue le jeu,laisse la femme décider de son sort,tend une main secourable,un retour sur le bonheur vite enfui, sur l'amour vite éteint et l'angoisse enclenchée qui pousse à écrire, à créer.
Est-ce un délit d'exister?
Un essai bien nostalgique de
Michel Flayeux (Prix Malrieu 1987),poète de talent, écrivain et éditeur, écrit en fin de vie.Une écriture sensible et poétique.
Et toujours cette cruauté perfide de l'amour illusoire que l'on retrouve dans
La jeune fille de Prague qui pousse aux questionnements.