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Comment j'ai vidé la maison de mes parents2Ajouter à mes livres
Lydia Flem raconte comment elle a vidé la maison de ses parents. Pour chaque objet, chaque meuble, chaque vêtement, chaque papier, il n’y avait que quatre directions, comme à la croisée des chemins la rose des vents : garder, offrir, vendre ou jeter.Cette épreuve, qui a... > voir plus
Bref récit consacré à un sujet dont on parle peu : comment, après la mort de ses parents, s'approprier les objets dont on hérite ? Que faire des vestiges de toute une vie ? Que jeter, garder, donner, vendre ? Ce sont toutes ces questions et bien d'autres encore que se pose Lydia Flem après la disparition de sa mère. C'est un texte original, dépourvu de longueurs, qui pose de manière assez inhabituelle la question du deuil. Il commence un peu comme un essai assez sec, mais bascule rapidement dans un récit à la première personne indéniablement évocateur. Une bonne surprise.
Des moments délicieux dans ce livre tels que la narratrice découvrant les robes de sa mère, la découverte des souvenirs et plus particulièrement les lettres d'Auschwitz...
A tout âge, on se découvre un jour orphelin de père et de mère. Passé l'enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s'est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité, inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l'improviste, nous laisse cois.
Je suis pour les donations et contre les héritages. Il faudrait toujours faire un testament, désigner nommément ce qu'on souhaite léguer et à qui on le destine. La passation d'une génération à une autre ne devrait pas aller de soi, elle devrait être un choix, une offrande, une transmission explicite, concertée, réfléchie, et non pas seulement une convention, un laisser-faire passif, une résignation. J'héritais, j'aurais aimé recevoir.
Vider la maison des disparus exacerbe l'épreuve du deuil, en accuse tous les traits. Cette tâche révèle comme une analyse chimique la moindre particule de nos attachements, de nos conflits, de nos désillusions.