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ISBN : 2020653818
Éditeur : Editions du Seuil (2004)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lydia Flem raconte comment elle a vidé la maison de ses parents. Pour chaque objet, chaque meuble, chaque vêtement, chaque papier, il n’y avait que quatre directions, comme à la croisée des chemins la rose des vents : garder, offrir, vendre ou jeter.Cette épreuve, qui a... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par michfred, le 30 juin 2015

    michfred
    Je suis assez tristement et laborieusement en train de faire ce que Lydia Flem évoque dans son récit: vider la maison de mes parents..
    J'ai donc pris ce livre et l'ai lu d'une traite comme un bricoleur du dimanche se jetterait sur une notice de montage de bibliothèque Ikéa, ou comme une cuisinière occasionnelle se précipiterait sur les Buffets de Sophie à l'approche d'une soirée d'anniversaire de 30 copains..;
    Finalement, le monteur du dimanche devant le surréalisme prononcé de la-dite bibliothèque fera appel aux services efficaces (et ironiques) d'un pro et la cuisinière occasionnelle -et cossarde- dira à ses copains d'apporter chacun leur spécialité..
    Le livre de Lydia Flem n'est pas un mode d'emploi ni un kit destiné à gérer (le vilain mot à la mode) le deuil...
    Chaque vidage de maison parentale est une épreuve personnelle: rien à transmettre, sinon des platitudes bien générales.
    L'enfer , comme toujours, est dans les détails. Et c'est là que le livre de Lydia Flem m'a le plus touchée: dans ce qui justement n' appartient qu'à elle.
    Par exemple, le trousseau magnifique de sa mère, grande perfectionniste et couturière émérite, dans une gamme de tons distingués et très classe...rien à voir avec celui de ma petite maman à moi, qui détestait faire même un ourlet, s'habillait de bric et de broc, au gré des fantaisies de ses filles, et dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.. mais ce sont les mêmes perplexités: qu'en faire? à qui donner ce qui était sa deuxième peau? ses vêtements "habités" tout à coup si vides, si insignifiants, sans elle...Qu'en faire? Les porter, ce serait une hérésie, les donner, une souffrance..Trouver qui pourrait VRAIMENT les mettre en leur donnant une autre vie...mais qui?
    Les lettres et papiers personnels, Lydia Flem les a archivés, jusqu'aux papiers de banque, jusqu'aux factures..quant aux "lettres d'amour en héritage" échangées par ses parents, un couple toujours amoureux et très uni, elles ont fait l'objet d'un livre, que j'ai lu aussi, il y a quelques années, quand mon père, le premier, nous a quittés...et qui m'avait convaincue, alors, de ne jamais percer , comme elle, le secret des lettres d'amour de mes parents, quelle que fût ma curiosité, parce que je savais que leur amour avait été grand, assez pour nous envelopper tous d'un habit de tendresse, et que cela me suffisait. Mais elle, Lydia Flem, était enfant unique de parents rescapés de la Shoah qui avaient toujours refusé de parler à leur fille de leur expérience traumatisante: lire les lettres c'était aussi percer un abcès, mettre fin à un silence insoutenable.Alors elle exhume ces secrets, elle met à nu le mystère de l'amour parental. Je ne me suis pas sentie capable de cette appropriation qui m'est apparue comme un viol: ma soeur et moi, le coeur serré, nous avons passé ces lettres-là à la déchiqueteuse, sans les lire...
    Non, décidément, ce livre n'a pas été un mode d'emploi, encore moins un mode de pensée. Et pourtant, dans la mesure où il m'a renvoyée à une expérience que je n'arrive pas encore à clore et à un adieu que je suis loin d'avoir fait, c'est un livre utile et même nécessaire.
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    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 08 décembre 2013

    paulotlet
    Dans ce court récit, Lydia Flem aborde la question du deuil à travers l'expérience traumatisante qui consiste à vider la maison des parents disparus. Des milliers d'objets, insignifiants ou porteurs de mémoire rappellent ce que fut la vie des défunts, désormais réduite à quelques traces matérielles, souvent dérisoires, une louche, une boîte d'allumettes, un verre à pied. L'auteur décrit admirablement les sentiments qui assaillent ceux qui sont soumis à cette tâche impossible. Entre piété, colère, volonté de garder, besoin de détruire, de donner, de se détacher, le travail de deuil se construit lentement et finalement, nous reprenons la vie. Mais combien de pleurs et de fous rire, d'émotions submergeantes ou de moments de dégoût, de culpabilité et de honte avant de retrouver la sérénité? Un ouvrage très touchant, très pudique, qui met le doigt sur les difficultés qu'il y a à se reconstruire après la mort d'un proche.
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    • Livres 5.00/5
    Par madameduberry, le 29 juin 2015

    madameduberry
    Un jour, Lydia Flem se trouve au pied du mur. La perte de ses deux parents, en soi un séisme qui fait d'elle une orpheline, la met en charge désormais de disposer des traces matérielles de leur vie.
    Effraction. Comment décider si tel ou tel papier doit être lu, sinon en le lisant? Comment ne pas être coupable en découvrant l'intimité des personnes les plus fondamentales dans sa vie?
    Comment disposer d'objets qui ne lui ont pas été donnés?
    Et pourtant ce travail lui échoit, comme une ultime manifestation d'amour et de respect qu'elle ne peut confier à personne.
    Comment, de ce labeur douloureux, elle peut aboutir à un bonheur et une fierté, c'est ce que cette auteure sensible et impressionnante de lucidité nous aura révélé à la fin de ce beau livre.
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    • Livres 3.00/5
    Par soleil23, le 15 décembre 2014

    soleil23
    Tout d'abord, âme sensible s'abstenir d'acheter, d'emprunter et surtout de lire ce petit livre de 152 pages. Au fil des pages, j'ai senti mon coeur se serrer et j'ai du aller au bout de mon malaise pour arriver à la fin indemne car ce roman fait mal.
    Lydia Flem a exprimé tous ses sentiments refoulés, extériorisé sa douleur et vidé son coeur comme elle a vidé la maison de ses parents. En même temps, elle nous communique ses doutes et son angoisse et ça se ressent jusqu'à la dernière page et on a presque envie de pousser un grand OUF de soulagement. La tâche qui lui incombe n'est pas de tout repos et d'une certaine manière, elle nous fait partager son héritage.
    A lire si le coeur vous en dit !
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    • Livres 3.00/5
    Par majolo, le 13 juin 2013

    majolo
    Le sujet est rarement abordé car lorsque comme moi, on ne l'a pas encore vécu, on se refuse à y penser. Pourtant, si l'ordre des choses est respecté, je suis sûre que je repenserai à ce livre le moment venu. le trouble, la culpabilité et la peine que l'on imagine sont décrites, avec justesse, dans les moindres gestes et détails. Dans le cas de l'auteure, le fait de "vider la maison" remet en lumière le tabou, non pas caché mais jamais raconté de l'histoire douloureuse de ses parents: ils furent déportés et ont perdu une grande partie de leur famille.
    C'est un beau livre, un témoignage qui peut réellement aider, je crois, à mieux appréhender cette situation à venir ou passée.
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Citations et extraits

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  • Par fanfanouche24, le 01 juin 2013

    Je suis pour les donations et contre les héritages. Il faudrait toujours faire un testament, désigner nommément ce qu'on souhaite léguer et à qui on le destine. La passation d'une génération à l'autre ne devrait pas aller de soi, elle devrait être un choix, une offrande, une transmission explicite, concertée, réfléchie, et non pas seulement une convention, un laisser-faire passif, une résignation. J'héritais, j'aurais aimé recevoir. (p. 41)
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  • Par mandarine43, le 10 août 2011

    [ Incipit ]

    A tout âge, on se découvre un jour orphelin de père et de mère. Passé l'enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s'est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité, inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l'improviste, nous laisse cois.
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  • Par Neigeline, le 01 mars 2012

    Les objets ont une âme, je me sentais chargée de les protéger d'un trop funeste destin.
    Combien d'heures avais-je déjà passées à les soupeser, à me laisser envahir par les souvenirs, à rester indécise, ne sachant qu'en faire, voulant tout à la fois m'en séparer et les conserver ? Je les prenais en main comme pour leur dire adieu puis, lasse, les reposais dans un carton, remettant à plus tard une décision encore trop déchirante.
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  • Par Neigeline, le 01 mars 2012

    Les choses ne sont pas seulement des choses, elles portent des traces humaines, elles nous prolongent. Nos objets de longue compagnie ne sont pas moins fidèles, à leur façon modeste et loyale, que les animaux ou les plantes qui nous entourent. Chacun à une histoire et une signification mêlées à celle des personnes qui les ont utilisés et aimés.

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  • Par Yannickge, le 13 juillet 2012

    - les instruments qui jadis permettaient le bel ouvrage, le travail bien fait, l'adéquation entre le geste et la fonction, la main et la matière - dont plus personne ne veut aujourd'hui parce qu'ils sont synonymes de travail et de patience et que le mot d'ordre est sans réplique : le plaisir instantané -, mais que les brocanteurs vendront bientôt à prix d'or pour faire rêver les acheteurs "postmodernes".
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Videos de Lydia Flem

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Vidéo de Lydia Flem

Présentation par Lydia Flem de son ouvrage "Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils" paru chez Seuil.











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