Note moyenne : 4.19/5 (sur 43 notes)
Le Royaume de Tobin, Tome 3 : L'éveil du sang4Ajouter à mes livres
L'heure des révélations a sonné pour Tobin : transformé en garçon à sa naissance par la sorcellerie du sang et de la chair, il découvre qu'il est en fait une fille, qu'une prophétie destine à renverser le tyran de Skala et à restaurer la paix dans le royaume. Mais il n'... > voir plus
Tout juste finit le troisième tome, que j'ai lu aussi avidement que les deux précédents. L'histoire avance, lentement, surement, sans pour autant qu'il y ait beaucoup d'action, mais on ne s'ennuie pas une seule seconde. L'auteur tisse et étoffe son histoire à la manière de l'araignée qui prépare surement son piège. En passant par un retour aux sources, à la fin du tome 2 et au début du tome 3, Tobin et Ki, de retour à la cour d'Ero sont confrontés à de nouvelles épreuves.
Les révélations tombes, les acceptations aussi, les questions taraude l'esprit du jeune prince. Il connait son identité, a du mal a s'en convaincre, mais il (elle) reste toujours caché(e) pour sa propre sécurité.
C'est l'occasion pour l'auteur d'aborder différents thèmes et c'est sans compter sur le jeune Ki.
D'autre révélations sont faite par rapport au reste de l'histoire. Un ennemi vicieux et vénal meurt. Mais c'est sans compter sur le vrai grand méchant de l'histoire, sur lequel on nous présente des révélations et on échafaude la suite. Il jongle magnifiquement sur la route étroite qu'il a pris ; sur de ces pas, de ses coups d'échecs. Tobin et le reste des compagnons vont en fin faire la connaissance du roi. L'auteur nous emporte dans les découvertes et le bon coeur de Tobin, et peut même essayer de nous tromper. Mais c'est sans compter les réalités de la dictature qu'a imposé le roi ( ou est il manipulé bien qu'il soit en grande partie consentant) qui nous ramène à l'horreur de la situation dans laquelle se trouve le royaume de Skala.
Les horreurs décrite sans fioritures mais qui vous laisse un goût amer. Une propre contradiction qui se déroule sous les yeux, ils scient la branche sur lequel ils sont assis. Ce n'est pas pour autant que les rébellions magiques et féminines, ne commencent pas à s'organiser. Des prêtres prêt à mourir sur le gibet pour leur révélation, porte la nouvelle parole de la nouvelle reine qui arrive parmi le cahot
Sentiments d'amour et de colère sont mêlés et forts présents dans ce troisième tome, bien qu'il n'en reste pas moins tout aussi prenant. On en apprend un peu plus sur l'esprit du frère décédé. Certains passages font toujours autant sourire également.
La série se poursuit, avec autant de bonheur. le rythme de l'action reste très lent, sans jamais que le lecteur s'ennuie - un point commun avec les romans de Robin Hobbes. Le/la jeune Tobin grandit, perd sa naïveté de sauvageon et découvre sa vocation de prince(sse), le tout de manière fort crédible, les personnages secondaires restent toujours aussi attachants... J'attends la suite !
Enfin Tobin sait la vérité sur lui même, il n'est pas un garçon mais une fille. Une découverte qui le/la bouleverse au plus profond d'elle même car elle ne sait donc plus comment se comporter face à son loyal ami et écuyer Ki pour lequel elle ressent de plus en plus d'attirance, non plus envers ses amis et amies. Un troisième chapitre qui met l'accent sur la découverte par Tobin de l'étendue de la mystification qu'à été son existence jusque là. Parallèlement, elle découvre le royaume de Skala sur laquelle les Dieux, et les magiciens qu'ils ont gratifié de visions de la jeune héritière légitime, l'appellent à régner. Car Tobin va découvrir ses différents domaines et, par la même occasion, faire le point sur la situation militaire des différentes places fortes du royaume, ainsi que sur les futurs alliés qu'il pourra escompter avoir à ses côtés lorsqu'il devra réclamer son héritage. Un volume riche en découvertes, hérissé de manigances de cour et de magiciens malveillants.
Nyrin était sur le point de se laisser déshabiller par son valet de chambre quand il l'éprouva derechef, cet imperceptible et bizarre frémissement d'énergie. Qui se dissipa, comme à l'ordinaire, avant qu'il ne soit parvenu à l'identifier, mais qui ne s'était jamais jusqu'alors manifesté qu'à Ero. Après avoir renvoyé le serivteur et ragrafé sa robe, le magicien se lança en quête de ce sortilège si déconcertant.
Il eut comme l'impression d'en flairer le relent devant la porte du prince Tobin, mais le charme investigateur qu'il fit pénétrer dans la chambre ne lui révéla que le spectacle de deux garçons dormant à poings fermés, pelotonnés l'un contre l'autre comme des chiots.
Ou comme des amants.
La lippe retroussée par un âcre sourire, Nyrin enregistra cette précieuse information. Elle pourrait servir un de ces jours, on ne savait jamais.... Le mioche était certes trop jeune pour se montrer bien dangereux, mais certains indices le prouvaient déjà trop susceptible d'obtenir la faveur royale. Ce sans compter le sale moment que lui avait fait passer ce petit crétin en prétendant lui reprendre Cirna. Nyrin n'était pas près de l'oublier, cela. Oh que non !
Les yeux fixés sur les chevaux d'Atyion qui se poursuivaient dans les pâturages verdoyants de la tapisserie, il tenta de se représenter quelqu'une de ses ancêtres, son arrière grand-mère peut-être, en train d'en tisser les motifs sur un somptueux métier. Père aussi les avait contemplés du fond de ce même lit, Tharin assoupi près de lui...
Avant d'emménager dans la chambre aux cygnes avec sa jeune épouse, au bout, songea-t-il. Ses parents y avaient couché côte à côte, y avaient fait l'amour.
"Et ses propres parents avant lui, et ceux de son propre père et...", chuchota-t-il tout haut. L'envie le tenailla subitement de connaître la figure de ses aïeux, de retrouver ses traits quelconques à lui dans tel ou tel des leurs, de s'assurer, tout compte fait, qu'il était véritablement du même sang qu'eux. Il devait bien y avoir des portraits quelque part dans la maison. Il questionnerait là-dessus Tharin et Lytia dès le lendemain. Eux sauraient.
Il allait rencontrer le roi. L'homme à cause duquel sa mère n'avait jamais été reine. Eût-elle porté la couronne qu'elle ne serait pas devenu folle ? Et peut-être que Frère ne serait pas mort, et qu'au lieu de grandir planqués dans les montagnes ils auraient été tous les deux élevés côte à côte à la cour à Atyion ?
N'eût été le roi, songea-t-il avec une amertume poignante, mon vrai visage m'aurait été familier depuis ma naissance...
J'ai les mêmes cheveux qu'elle, songea-t-il en les secouant pour qu'ils cascadent sur ces épaules. Et j'ai bel et bien ses yeux, comme tout le monde ne cesse de le répéter. Je ne suis pas aussi beau qu'elle l'était, mais j'ai ses yeux.