ISBN : 2710331624
Éditeur : Editions de La Table Ronde (2010)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
La commissaire Viviane Lancier n'est pas du genre poète, mais la voici condamnée à se passionner pour Baudelaire : un sonnet torride dont il serait l'auteur se transforme en serial killer, envoyant à la morgue ceux qui s'y intéressent. Flanquée de son ingénu lieutenant,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 16 février 2010

    liliba
    Voilà la troisième fois que je prends la plume pour commenter un livre écrit par Georges Flipo, et chaque fois dans un registre très différent. Après avoir lu Qui comme Ulysse, recueil de nouvelles, et son roman précédent Le Film Va Faire un Malheur (et beaucoup aimé les deux ouvrages), je me suis plongée dans son nouvel opus, un polar cette fois-ci.
    Mais un polar troussé par cet auteur prend déjà une certaine dimension ! Parce qu'il y a polar et polar et qu'il est assez rare d'arriver à plonger dans une histoire au suspense continu tout en gardant un texte de qualité, un minimum de psychologie des personnages, un brin d'humour... Bref, nous avons ici un polar "littéraire" qu'il faut, chers lecteurs, vous empresser de lire !
    Je ne vais pas résumer l'histoire puisque beaucoup d'entre vous l'ont déjà fait avant moi, mais juste souligner les quelques (nombreux) éléments de ce roman qui m'ont plu.
    Le titre, tout d'abord. J'adore ce "point" qui donne un petit coté obsolète, décalé, si loin de la réalité qu'on imagine pour une commissaire de police. "Point", c'est du langage ancien, totalement suranné et cela nous emmène directement sur les vers qui suivent, de vrais vers de poésie, avec des rimes, des vraies, riches et chantantes. De la poésie dans un polar ? Et du Beaudelaire qui plus est ? Ah ah, voilà qui est déjà bien intriguant ! J'aime aussi beaucoup l'illustration qui cerne bien le personnage central : commissaire ET femme. James Bond girl ? Ce n'est pourtant pas son profil du tout, mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser...

    Parlons donc de cette commissaire : Viviane Lancier est une femme comme on les aime (comme je les aime), forte et faible à la fois, touchante, émouvante, avec ses défauts, ses angoisses et ses fêlures. Cela ne l'empêche pas d'être à la tête du service et de manager son équipe d'hommes d'une main de maître, usant d'autorité aussi bien que de persuasion. J'ai beaucoup ri à la lecture de ses déboires, surtout ses tentatives désespérées pour perdre un peu de poids ! Madame la commissaire est une femme de terrain intelligente et efficace dans ses fonctions mais terriblement complexée et mal dans sa peau. Elle ne peut s'empêcher de se précipiter sur les barres chocolatées salvatrices en cas de crise, tente régulièrement de rentrer dans son ensemble rose qui continue désespérément de la boudiner... Je pense que beaucoup de lectrices ont dû, comme moi, avoir l'impression de se regarder dans un miroir à certaines périodes de leur vie quand nos jeans restent désespérément trop serrés (voire quand on ne rentre carrément pas dedans !). Ce combat permanent contre les kilos, s'il cache une vraie souffrance de l'héroïne, est décrit avec tant d'humour que j'ai ri de bien nombreuses fois. L'auteur a du épier bon nombre de femmes pour faire ressortir aussi bien leurs soucis sur ce sujet délicat !
    Donc, la vie affective de la commissaire est bien morne et triste, et c'est à corps perdu qu'elle reporte son énergie sur son travail et mènera tambour battant l'enquête qu'on lui confie. Il faut dire que cette nouvelle enquête est pour le moins originale et tordue et que la commissaire ne sait pas très bien au départ comment en dénouer les fils. Un pauvre sans logis retrouvé mort, un sonnet attribué à Beaudelaire, rien que ça, et voilà toute l'équipe sur le pied de guerre, qui va tenter de comprendre pourquoi ce poème semble semer la mort autour de lui...
    La culture et la finesse du jeune et charmant lieutenant Augustin Monot, de même que ses intuitions et ses initiatives parfois peu orthodoxes au sein de la police, aideront la commissaire Lancier dans son enquête. Elle le rudoie un peu parce qu'il est le petit nouveau de l'équipe et que c'est énervant à la fin, d'être toute la journée en face d'un collègue aussi mignon, attirant même... mais, honnête et professionnelle, elle reconnaît également ses mérites. Cette fine équipe dont les caractères se complètent à merveille va finalement résoudre les énigmes les unes après les autres, après moultes péripéties.
    Intrigue bien ficelée sans être trop complexe, quelques clins d'oeil au milieu des experts érudits, quelques clichés épinglés sur les services de police, sur le monde des médias, sur la grande bourgeoisie, des portraits de personnages très bien brossés, l'humour toujours qui surgit entre les lignes, la tendresse de l'auteur pour ses personnages, le sonnet de Beaudelaire qui revient au fil des pages comme une rengaine... on se laisse bercer par cette histoire au suspense soutenu et vraiment drôle. Un polar, donc, mais un bon polar qui se lit d'une traite avec grand plaisir. J'ai dévoré ce livre en deux soirées, et j'attends avec impatience de retrouver les personnages dans un deuxième tome ! Et je suis d'accord avec plusieurs autres blogueurs, ce livre est tellement vivant et "visuel" qu'on imagine automatiquement ce qu'il pourrait devenir en téléfilm.
    Un livre que je vous recommande !

    Je remercie de tout coeur Georges Flipo, qui a accepté avec sa gentillesse et son amabilité coutumières de répondre à mes questions. Beaucoup d'entre vous le connaissent déjà à travers ses livres précédents ou son blog, si ce n'est pas le cas, allez lui dire un petit bonjour, c'est un monsieur charmant et plein d'humour. J'ai eu le plaisir de le rencontrer au Salon du Livre de Bondues l'année dernière et je compte bien cette année encore avoir le privilège de l'embrasser pour le féliciter et le remercier de cette lecture si divertissante ! (Georges, ne rougissez pas !)
    Suite sur Les lectures de Lili

    Lien : http://liliba.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par luCa, le 07 janvier 2011

    luCa
    Avant toute chose, je me devais d'annoncer la phrase suivante : j'ai aimé le livre. Pourquoi attendre les dernières lignes, les bas-fonds d'une petite critique pour clamer haut et fort son sentiment de lecteur ? Aucun intérêt – A moins que je ne le fasse au moyen d'une sorte d'intrigue policière, où je disperserais quelques indices par-ci, par-là … Non, la commissaire veille au grain et elle déteste la littérature. Ce sera donc pour une prochaine fois …
    « Commissaire Viviane Lancier. 3eme Division de la Police Judiciaire, Paris. » Autant le dire tout de suite : ça en jette. Une petite pancarte peut avoir du pouvoir, et celle-là en particulier, accrochée à sa porte de bureau. Viviane. Une femme dont les barres glacées, les opercules de yaourts zéro % et les quelques soi-disant rondeurs ponctuent allègrement le récit. Une femme dont la psychologie est d'un réalisme saisissant. Georges Flipo parvient à s'introduire dans son corps, et à penser à sa manière. La première distance franchie, établie par son aura de chef, on s'y attache à ce personnage, on le comprend. Tenaillée entre son célibat, son récent divorce, la presse qui la presse, l'étouffe, l'épie, et son jeune lieutenant; elle hésite, elle perd pied, mais sans jamais se laisser démonter. Une femme forte qui n'aurait jamais cru qu'une petite affaire comme celle-là puisse l'emmener si loin …
    Pascal Mesneux, un homme qui avait tout perdu et traînait dans la rue, seul, a été assassiné. On lui a volé son sac. Étrange. Pourquoi volerait-on un sac à un SDF ? Première Énigme. De plus, la victime ressemble à Victor Hugo et disait qu'il allait à l'Académie Française. le meurtre tourne au vinaigre, la commissaire voit rouge. Non seulement, elle écope d'un lieutenant sorti de lettres modernes, mais en plus elle doit s'occuper de Victor Hugo, de l'Académie et de Baudelaire. Car oui, toute l'intrigue reposera sur un sonnet – peut-être – de Baudelaire. Un sonnet dont les vers résonnent outre-tombe. Malédiction. On y touche, on meurt. On l'étudie, la Faucheuse pointe le bout de sa faux. Les fils s'emmêlent, les mots se brouillent… le compte à rebours est lancé …
    Un policier littéraire. Voilà comment l'auteur nous décrit parfaitement son livre, où chaque mot a son importance. Que ce soit à la lecture du sonnet, ou devant les caméras des journalistes, un son, un mot ou une phrase peut avoir de lourdes conséquences. Médiatiques ou névralgiques. Les nerfs se tendent, les caméras se braquent sur le visage, où la faiblesse de l'homme se lisent sur les traits. Et parlons des mots de l'auteur. Une écriture très réaliste, très vivifiante, très limpide, pleine d'humour. On suit cette affaire comme si elle nous était proche, connue, familière. La commissaire n'aime point les vers. Pour notre plus grand bonheur …

    Lien : http://bookkingdom.wordpress.com/2010/03/16/la-commissaire-naime-poi..
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    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 19 mars 2010

    Pchabannes
    Dun mot, d'un trait : Jubilatoire. Oh, il s'agit bien d'un polar, d'un polar français, doté de personnages attachants, d'un scénario curieux et travaillé, de rebondissements, de quelques meurtres inquiétants. Georges Flipo a sa manière à lui de glisser un humour à froid, un humour naturel, immédiat et drôle.
    Attachante, Viviane, la commissaire avec son équipe d'hommes. “Des femmes ? Au nom de la très sainte mixité, on avait tenté d'en nommé quelques unes sous ses ordres. Des gentilles, des teigneuses, des bosseuses, aucune n'avait tenu le coup : dans son équipe la mixité c'était Viviane. Viviane et ses hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c'était elle.” Viviane, névrosée, célibataire à presque quarante ans, son travail qui lui a couté ce “connard de Ludovic”, avec ses régimes plus ou moins efficace car il faut dire que : “La chose méritait une barre de Mars qu'elle trempa dans son yaourt à 0%. Elle se sentit plus sereine.”
    Accompagnée de Monot, débutant un peu ahuri, littéraire tombé chez les flics de la 3ème DPJ, mignon à croquer, Viviane doit assurer une enquête sur un poème de Baudelaire qui tue toute personne s'en approchant de trop près. N'aimant que l'action et surtout pas la littérature. “Elle menait cette enquête comme une guêpe contre la vitre, elle s'énervait en ne voulant rien voir. ” Sa hiérarchie se fait pressante sous la pression des médias. Georges Flipo, au détour, montre les défauts possibles d'un journalisme voyeur et pressé. “Elle avait cru que les média s'intéressaient aux individus intéressants. Elle avait mal compris : C'étaient les individus qui se trouvaient intéressants dès qu'ils étaient dans les médias. le pire c'est qu'ils le devenaient. ”
    Et ces témoins, suspects et coupables, décédés et meurtriers, qui se connaissent tous, dans une ambiance à la “dix petits nègres”, “Et votre enquête, elle avance ? Vous attendez qu'on soit tous morts pour la considérer comme bouclée ? ”.
    Et ce qui ne gâche rien, Georges Flipo fait partie de ces écrivains soigneux et respectueux de ses lecteurs. En dehors de l'intrigue, tout est vrai et vérifié. La procédure pénale, les rôles respectifs de la DPJ et de la Crime, les restaurants, et même le poème respecte le style Baudelairien.
    L'Une et l'Autre
    Quand mon âme vomit la beauté, le divin,
    Les chœurs harmonieux et la femme trop pure,
    Ma gourme la conduit par une sente obscure,
    Vers la case aux relents de vanille et de vins.
    Un excellent moment de lecture, un très bon policier littéraire. J'ai hâte de revoir Viviane en 2011 dans “La commissaire n'a pas l'esprit club ”
    Pour tout public, 300 pages, La table ronde, 18€
    Lectori salutem, Patrick



    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
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  • Par keisha, le 12 février 2010

    keisha
    Dans le précédent roman de Georges Flipo apparaissait un tandem de policiers assez à côté de la plaque, mais cette fois c'est du sérieux, la commissaire Viviane Lancier est une pro qui ne s'en laisse pas conter. Oui, "la" commissaire, elle y tient. Six hommes sont sous ses ordres. Dont le "bogosse" craquant Augustin Monot.
    Côté coeur, pas grand chose pour Viviane, qui a rompu avec un infect personnage, juge de son état. Côté euh... un pote sympa qu'elle voit de temps en temps. Elle aime Bach et teste tous les régimes amaigrissants qu'elle connaît (aucun rapport entre les deux informations à ma connaissance).
    Côté boulot? L'enquête qui sera au coeur du roman débute par le décès d'un clochard qui devait remettre à l'Académie Française la photocopie d'un sonnet : très chaud, le sonnet, et des spécialistes ne vont pas tarder à l'attribuer à Baudelaire... [note : ce sonnet pourrait vraiment passer pour authentique, c'est bluffant ]
    Mais tous ceux qui ont un contact avec ce sonnet vont être menacés, attaqués. Survient le premier assassinat.
    Viviane Lancier va essayer d'y voir clair, et ce n'est pas tâche facile, d'autant plus que les médias [ah les médias en prennent pour leur grade !!!] s'en mêlent un peu trop.
    Dialogues tirés au cordeau, style direct, humour caustique, pas le temps de souffler! L'enquête est menée tambour battant, avec les suspects et fausses pistes classiques, un brin de romantisme, des méthodes parfois étonnantes et un peu de chance aussi...
    "La chose méritait une barre de Mars qu'elle trempa dans son yaourt à 0%"
    "On a tous le droit d'avoir son jardin secret, mais on n'y élève pas de chèvres si on y plante des choux."
    "C'était écrit dans les journaux, ce devait être vrai. Ça allait le devenir."
    Il semblerait que l'on va retrouver prochainement la commissaire dans une nouvelle aventure, ça tombe bien, j'en redemande! J'espère aussi qu'Augustin Monot sera toujours là...

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-commissaire-n..
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    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 30 juillet 2010

    oops
    Cette commissaire un rien bourrue, obsédée par son embonpoint, qui soigne ses angoisses à coup de barre de "Mars" et qui craque pour son adjoint comme elle craque pour un morceau de chocolat m'a bien fait sourire ! ici point d'hémoglobine ni de super héros, juste des personnages qui m'ont semblés très familiers et une commissaire fine psychologue pour résoudre une enquête hors du commun dans le milieu des poètes Baudelériens. Un petit polar littéraire bon enfant idéal pour le temps des vacances :))
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Citations et extraits

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  • Par Pchabannes, le 19 mars 2010

    “Des femmes ? Au nom de la très sainte mixité, on avait tenté d’en nommé quelques unes sous ses ordres. Des gentilles, des teigneuses, des bosseuses, aucune n’avait tenu le coup : dans son équipe la mixité c’était Viviane. Viviane et ses hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c’était elle.”
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  • Par Pchabannes, le 19 mars 2010

    “Des femmes ? Au nom de la très sainte mixité, on avait tenté d’en nommé quelques unes sous ses ordres. Des gentilles, des teigneuses, des bosseuses, aucune n’avait tenu le coup : dans son équipe la mixité c’était Viviane. Viviane et ses hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c’était elle.”
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  • Par Katherine, le 10 janvier 2011

    – À quoi pensiez-vous, lieutenant, quand vous avez dit que la police commençait à se faire une idée plus précise de l'auteur des crimes ? C'est quoi, ces révélations ?
    – Oh, c'est un truc d'Hercule Poirot, dans Agatha Christie : il lance ça pour paniquer l'assassin, pour le pousser à l'erreur. Et ne dites rien, commissaire, je devine ce que vous pensez.
    La commissaire allait quand même déverser le fond de sa pensée sur Hercule Poirot, la littérature policière et ses lecteurs, quand le téléphone de Monot sonna. (page 152)
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  • Par mercure, le 10 octobre 2011

    Voilà un polar qui va réjouir les amateurs de littérature. Un Victor Hugo plus vrai que nature se fait assassiner pour avoir trimballé un texte écrit par Baudelaire. Invraisemblable scénario dont l'auteur ne se sort pas si mal. Les protagonistes du drame – jamais vraiment innocents – suintent la mauvaise foi, la cupidité et la rancœur. Avec ces ingrédients-là, l'intrigue fonctionne toute seule. Le personnage de la commissaire aurait gagné à être plus fouillé, pour mieux marquer la différence entre ces malfrats occasionnels et l'enquête. La fin est larmoyante. On attendait un ultime rebondissement où 'Académie Française aurait aurait fait baigner dans son sang au moins quelques Immortels, voire ressusciter un Victor Hugo dressé contre la petitesse humaine
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  • Par Katherine, le 10 janvier 2011

    [...] dans son équipe, la mixité c'était Viviane. Viviane et ses hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c'était elle. (page 10)
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