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> Jacqueline Huet (Traducteur)
> Jean-Pierre Carasso (Traducteur)

ISBN : 2757805223
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 611 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Oskar Schell est inventeur, entomologiste, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de so... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 16 juin 2013

    darkmoon
    Extrêmement fort et incroyablement Beau !
    Pour moi ce roman est un pur chef d'œuvre. Même si l'histoire est extravagante, voire irréalisable, on se dit "pourquoi pas..."
    On y suit le parcours d'Oskar Schell, jeune garçon de 9 ans, doté d'une imagination et d'une intelligence hors normes, qui a perdu un an plus tôt son père durant les attentats du 11 septembre. En fouillant dans le placard de son père, Oskar y trouve une clé.
    On sait que chaque serrure a sa clé, chaque énigme a son jeu de piste et chaque réponse a sa quête. Et avant d'atteindre, de comprendre et d'accepter la justification d'un événement aussi inacceptable et injuste que la perte d'un père si proche et si extraordinaire, il faut faire preuve d'une volonté et d'une perspicacité que seule l'innocence de l'enfance peut offrir. Alors, déterminé à résoudre cette énigme et à trouver la serrure correspondant à cette clé, Oskar se met à parcourir New-York avec l'aide d'un septuagénaire muet : son grand-père.
    A travers cette quête initiatique, il va croiser d'autres vies, d'autres quêtes, d'autres désespoirs, d'autres mutismes, et ces multiples échanges vont à jamais changer la vie de chacun tels des clés ouvrant les portes de la compréhension et de la perception des certitudes. Oskar a perdu son père à jamais, mais ce parcours initiatique va lui révéler combien est inestimable son existence dans le cœur des siens et combien elle est enrichissante dans ce monde aussi généreux qu'impitoyable. En effet, ces nombreuses rencontres, toutes aussi émouvantes les unes que les autres, lui ont permis la découverte de quelque chose d'extraordinaire : la vérité. La mort sépare les vivants des morts, et les morts ne peuvent pas revivre, rien ne peut les ramener. du coup, les larmes viennent au bord des yeux. On se demande où tous ses efforts vont emmener Oskar… On veut à tout prix qu'il réussisse, qu'il trouve la serrure.
    Je n'ai trouvé aucune longueur dans ce roman. Certains moments sont, soit, des moments de creux, mais des moments de creux qui peuvent nous permettre de réfléchir et de nous interroger sur le sort de ce jeune garçon qui se forge son esprit. Oskar nous livre un personnage qui m'a paru au départ un peu excessif en étrangeté, mais auquel on s'attache très vite. J'ai aussi beaucoup aimé le personnage du grand-père. Il est là, au près d'Oskar, essayant de lui permettre de surmonter ses peurs, de ne pas s'infliger des souffrances en ressassant sans cesses la douleur de son père mort.
    Leur psychologie riche et dense confère au roman une personnalité qui lui est propre. Je veux dire par là que, grâce à la richesse et l'originalité des personnages, cette histoire n'est absolument pas mièvre. Loin de tout pathos, de tout larmoiement, la détermination d'Oskar à aller jusqu'au bout coûte que coûte est assez terrible pour qu'on s'accroche à ses recherches, à sa démarche époustouflante ! Son monde imaginaire, son inventivité personnelle et son mal de vivre le rendent attachant et poignant au plus haut point. Tout repose sur lui, sur ses regards, sur ses réflexions étonnantes !
    Extrêmement fort et incroyablement près : c'est l'histoire d'une famille qui se brise, et d'une enfance qui demeure. Un roman à embrasser pleinement, et qui au final redonne le sourire. Incontournable !
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    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 31 août 2012

    medsine
    Extrêmement fort et incroyablement près est ce qu'on peut appeler un roman à clé. A travers les yeux d'un enfant, Oskar Schell, Jonathan Safran Foer nous entraine dans un jeu d'énigmes. On sait qu'Oskar est un enfant surdoué et traumatisé par la mort de son père survenue lors des attentats du 11 septembre. Il va suivre une piste méthodique qui doit l'amener à découvrir ce qu'ouvre une clé trouvée chez lui, laissée par son père, et qu'il pense être un challenge que ce dernier lui a donné juste avant sa mort.
    On pense un peu à l'Attrape Cœur de Sallinger. L'enfant parcours New-York en tous sens, on suit sa réflexion qui s'exprime dans une sorte de flot continu d'idées plus ou moins alambiquées. Il explore Central Parc de nuit, parcourt des miles à pied car il a peur des « attaques » ciblant les transports en commun, évite les ascenseurs y compris lorsqu'il faut monter et descendre des gratte-ciels. Il pénètre même dans le mystérieux « sixième district », nous attire vers les étoiles parfois.
    Entrelacé dans ce récit, on suit celui de ses grands-parents, immigrés allemands ayant fui l'horreur des bombardements de Dresde durant la seconde guerre mondiale. le parallèle est évident entre la destruction des deux villes « bombardées », désolation, familles détruites, incompréhension.
    Les deux récits se rejoignent, lorsque la quête prend fin. La forme scénaristique est finalement un peu convenue. de plus, en imbriquant dans son texte toute une série d'artifices typographiques et visuels (les photos d'un homme chutant d'une des Twin Towers ad nauseum), Jonathan Safran Foer veut émouvoir quitte à ce que ce soit Extrêmement fort et incroyablement lourd. C'est un peu dommage, car il y a du talent dans cette écriture, de l'imagination surtout. Peut-être un désir trop fort de voir son œuvre être adoptée par Hollywod et pourquoi pas être « oskarisée » ?
    On reste séduit tout de même par ce personnage d'enfant éveillé, sur-actif au bon sens du terme, cherchant sans s'en rendre compte des pères de substitution. Comme lui, on sent confusément partout autour de nous des clés et des mystères à éclaircir. J'ai moi-même essayé d'identifier quelques clés cachées dans le roman (on veut croire qu'il y en a des googolplex). J'ai cherché dans Wikipedia ce que voulait dire le nom du personnage : Schell. C'est une coquille en anglais, ça je le savais déjà ! J'ai découvert en revanche que le Shell-Shock (obusite en français) était un syndrome de stress post-traumatique observé notamment chez les soldats des tranchés, qui se manifeste par des cauchemars persistant longtemps après un évènement, faisant constamment revivre une expérience terrorisante. Shocking isn't it ?
    30 aout 2012
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    • Livres 4.00/5
    Par BrooklynNoA, le 01 août 2012

    BrooklynNoA
    En deux mots : quête & révélation
    En une question : la peur fait elle avancer ou stagner ?
    Intriguée depuis quelques mois par ce livre, en fait depuis sa sortie au ciné l'année dernière, je me décide enfin à le lire car la sortie du DVD est enfin là. Et quelle surprise ! Quelle belle surprise ! le moins que l'on puisse dire c'est que Jonathan Safran Foer maitrise complètement l'art du rythme et de l'intrigue.
    En effet, "Extrêmement fort et incroyablement près" de Jonathan Safran est une surprise. Je dois dire que j'ai commencé ma lecture un peu laborieusement, mais finalement j'ai eu quelques coups de cœur rapidement comme le bracelet en morse qu'il fait à sa maman… Ce livre vous attrape l'air de rien, au fil des pages, il intrigue d'étape en étape, la mécanique de l'histoire se révèle alors pleine de sens... Il porte extrêmement bien son nom et se révèle incroyablement touchant. (Trop flagrant je sais mais non moins vrai...)
    En quelques mots, Oskar est un petit garçon de 9 ans qui a perdu son papa deux ans auparavant dans le terrible attentat du World Trade Center. Enfant unique, il partage sa vie entre sa maman, sa grand-mère et toutes les personnes qu'il peut croiser. Oskar a beaucoup d'ami de tous les âges de tous les horizons, de tous les âges. Sans barrière sociale ni de sexe il lie contact très facilement. Petit garçon surdoué, il a depuis le décès de son père développé quelques tocs. Pour contrer ses peurs, il trouve à sa façon des solutions de secours, comme s'habiller de blanc, agiter son tambourin lorsqu'il a trop peur, éviter les ascenseurs, les métros, ou encore répondre toujours la même chose à sa grand-mère lorsqu'elle prononce son prénom, ou sa façon d'utiliser régulièrement des mots en France, symbole du dernier voyage partagé en famille… Mais un jour une trouvaille va bouleverser son quotidien. Dans la quête d'un dernier message que lui aurait laissé son père, il trouve un jour une clé cachée dans un vase. Cela ne pourrait désintéresser la plupart des gens, mais Oskar depuis son plus jeune âge partage avec son père des énigmes, des jeux de pistes et de logiques... Faisait elle partie du jeu de piste qu'il était en train de faire lorsque son père est mort et qu'il n'a jamais pu finir?.... Oskar part à la recherche de la serrure qui appartient à cette clé....
    Très vite donc, nous partagons la quête d'Oskar, nous partagons ses réflexions, ses rencontres... Mais l'on partage également les souvenirs et les mots de sa grand-mère et de son grand-mère. Chaque point de vue s'alternant dans un rythme harmonieux et jamais trop frustrant ménageant des pauses et un certain mystère...
    Au début du livre puisqu'il est question de jeu de piste, de quête, de mot clé. Je me demande rapidement si les mots « incroyablement » et « extrêmement » répétés à de nombreuses reprises n'ont pas un sens caché. Mais je m'arrête finalement assez vite de les relever, il y en trop pour que cela n'est un autre sens que de démontrer qu'Oskar est atteint de tocs, des tics de langage, des tics de narration. Et qu'ils sont pour Oskar des véritables points de repères. En effet, lorsque c'est lui qui reprend le récit on les notes éparpillés ici et là. Sans être toutefois trop répétitifs...
    Mais Oskar ouvert sur le monde et sur les autres est aussi plein de secrets, il garde au départ, sa trouvaille, sa quête et surtout le téléphone et les derniers messages de son père (on le sait très vite, je ne spoile ici presque pas). Il alterne subtilement secrets et confidences, tout comme les personnages qui l'entoure...
    Tout me touche ou presque dans Oskar, ses tics, ses peurs, ses automatismes, les choses qu'il retient, ses actes. Toutes ses lettres qu'il écrit à ceux qui compte pour lui, les choses qu'il remarque des autres, des attitudes que peuvent avoir ses proches... Coup de cœur pour les lettres retour qu'il reçoit à toutes celles qu'il poste aux personnalités qui le touche, notamment celle de Ringo Star, les photos qu'il prend, les choses qu'il invente. Oskar est profondément attachant…
    Tout me touche dans chacun des personnages présentés. le silence du grand-père et ses mains tatouées, l'amour de la grand-mère, inconditionnel et constant, les fiches de Mr Black, la visite de l'Empire State Bulding de Mme Black, le locataire imaginaire de la grand-mère… de vraies belles histoires, de vraies belles rencontres...
    "Extrêmement fort et incroyablement près" évoque aussi tout ce que l'on peut parfois noter l'air de rien et qui reste en nous, comme ici le fer qui compose l'être humain (1 clou de 2cm et demi), les couleurs que l'on écrit de la couleur dont on l'écrit… Oskar lui a besoin de faire le lien avec toutes choses comme « J'avais besoin de faire quelque chose, comme les requins qui meurent s'ils ne nagent pas. », lorsque qui croise une femme qui pleure il se dit « il n'y a que les humains qui pleurent ». Des faits insolites et originaux qui savent piquer la curiosité en même temps que la sienne.
    Question curiosité, on est ici vraiment servi, comme Oskar avec son père on se met à se demander si l'auteur n'a pas caché des indices le long du livre. On reste vigilant en alerte et finalement Jonathan Safran Foer nous distille les indices par astuces, par phrases clés. On se rend compte que les choses sont subtilement liés. Il est malin je vous le dit ! Des passages astucieux qui créent une gymnastique de l'esprit vraiment agréable et sympathique. Des associations qui permettent des associations d'idées. le petit fils qui cherche, le grand-père qui a tant à dire mais qui ne parle pas, une grand-mère qui n'y voit rien, mais plus qu'on ne croit, une mère absente, qui se fait discrète... Certaines phrases interpellent plus qu'une autre pour le peut qu'on y fasse vraiment attention. Je pense ici à des phrases comme « Tu comprends, j'ai fait semblant d'être un monstre et j'en suis devenue un . » lorsque la grand-mère lui rappelle la fois où en jouant avec lui il s'est ouvert la lèvre par une chute maladroite. Ou lorsque le grand-père écrit dans la main de la grand-mère et qu'elle lui dit « J'aurais voulu le gifler avec ses mots. » ou « Des choses se passaient autour de nous, mais rien ne se passait entre nous. »...
    Tout au fil de la lecture, on ne peut être qu'émotion et profondément touché par ses 3 histoires qui se révèlent être plus compliqués et à la fois peut-être plus simple qu'attendu. Une logique discrète. L'auteur nous donne les clés, mais n'ouvre les portes que peu à peu. de page en page les révélations sont faites. de vraies surprises pour moi, je vous laisse ce même étonnement que j'ai adoré vivre. Certaines sont vraiment géniales et émouvantes… Pour certaines je n'ai rien vu venir… On comprend tout au même rythme qu'Oskar, on réagit en même temps que lui. Un régal à découvrir, à lire…
    Les dialogues sont soignés et précieux, tout ce que j'aime ! Les répliques sont génialement liées entre elles et l'histoire… Et je note et apprécie vraiment beaucoup la mise en avant et l'importance du courrier que donne l'auteur à son histoire... Si personnelles et si belles, les lettres manuscrites deviennent ici indispensable au récit. Des liens familiaux se créent autour d'elles, Oskar qui envoie ses lettres, la grand-mère qui réclame des lettres à tout ceux qui l'entoure, le grand-père qui écrit des lettres mais que ne les envoie jamais…
    Un livre sur les liens, l'amour, la quête, les siens, les secrets, les confidences, la famille, l'héritage. Mais qui nous rappelle qu'aussi intelligent que soit Oskar, les sentiments gardent leurs mystères… On ne voit jamais vraiment ce qui est juste à côté de nous, ou rarement. Mais surtout « Extrêmement fort et incroyablement près » est un livre qui nous rappelle que l'on ne sait JAMAIS quand c'est la dernière fois que…
    Bref j'ai juste envie de tester le mail donné d'Oskar pour vérifier si il n'est pas au bout de cet email ou regarder les touches d'un clavier numérique pour voir ce qu'a voulu dire le grand père au téléphone…
    Car comme toujours lorsque l'on rencontre des personnages attachants et une belle histoire, la frustration de les laisser sur un point final et une page blanche… Mais je n'en dis pas plus, lisez le... vous ne le regretterez pas d'avoir rencontrer Oskar et sa famille.

    8/10
    En bref : un petit livre qui se révèle extrêmement touchant et plein de surprise. Un livre que l'on croit deviner au fil des pages et qui finalement prend des chemins inattendus…Alternant les points de vue entre 3 personnages il répond à toutes les attentes ou presque…


    Lien : http://noaetsonmonde.blogspot.fr/2012/07/livre-extremement-fort-et.h..
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  • Par Zazette97, le 15 avril 2012

    Zazette97
    Publié en 2005 aux USA et traduit en français l'année suivante, "Extrêmement fort et incroyablement près" est le second roman de l'écrivain américain Jonathan Safran Foer, également auteur de "Tout est illuminé" et "Faut-il manger les animaux ?".
    Oskar Schell, petit garçon surdoué de 9 ans, a du mal à accepter la disparition injuste de son père dans les attentats du 11 septembre.
    Alors qu'il s'aventure dans la chambre de ses parents, il brise un vase et trouve, parmi les débris, une enveloppe au nom de "Black" contenant une clé.
    Cette découverte initiera durant plusieurs mois de nombreuses rencontres à travers New-York, à la recherche de la fameuse serrure.
    Livré à lui-même tandis que sa mère se plonge dans le travail, Oskar arpente la ville en long et en large, laissant de côté ses nombreuses angoisses et questionnant tous les "Black" susceptibles d'avoir connu son père.
    Oskar retrouvera-t-il la serrure, parviendra-t-il à se libérer de sa colère, de son chagrin et de ce lourd secret ancré en lui ?
    Et qui est donc ce mystérieux "Locataire" qu'héberge sa grand-mère ?
    Le livre
    "Extrêmement fort et incroyablement près" m'avait été chaudement recommandé par Reka et bien que je n'aie pas été aussi conquise qu'elle, je ne regrette toutefois pas cette lecture.
    J'ai, au départ, éprouvé beaucoup de mal à entrer de plein pied dans cette histoire et à suivre Oskar sans avoir envie de lui coller des baffes.
    Petit garçon à part, plus éveillé que la moyenne, doté d'une imagination très fertile, Oskar, de par sa différence, est sujet aux moqueries de ses camarades de classe.
    Aussi bavard que maladroit, il a souvent tendance à imposer l'étendue de son érudition même auprès de ceux qui n'ont rien demandé, chose qui m'a vraiment agacée.
    Il m'a fallu sans cesse garder à l'esprit qu'Oskar, malgré une certaine maturité (parfois un peu trop poussée à mon goût lorsqu'il utilise des expressions comme "sauter" ou "se faire tailler une pipe"...), reste un enfant et que le fait de détenir tant de réponses a pour lui quelque chose de rassurant, sans doute parce qu'elles lui permettent de se raccrocher à ce qu'il connaît dès qu'il se voit confronté à un élément inconnu ou à un sujet sensible qui le met mal à l'aise.
    Totalement obnubilé par cette recherche de la serrure qui lui permet de prolonger sa complicité avec son père, il en oublie souvent qu'il n'est pas le fils unique du tout New-York, que sa sensibilité n'est pas la seule à devoir être ménagée et que son chagrin n'est pas une excuse pour pouvoir tout exiger.
    Lorsqu'il dit à sa mère qu'il aurait préféré que ce soit elle qui meure à la place de son père, j'ai ressenti un vrai malaise, l'impression qu'au fond de lui il le pensait vraiment.
    Il faut dire que tout le roman met en avant la relation père-fils au détriment de la mère, personnage toujours en retrait jusqu'à cette fin surprenante qui m'a laissée perplexe et que j'ai trouvée beaucoup trop "happy end".
    Difficile finalement de cerner Oskar, capable de tenir des raisonnements d'adulte mais dont le comportement et le discours restent très enfantins, marqué par des expressions récurrentes comme " se fendre la pêche", "mer de Chine", "tordant", "semelles de plomb", "mille dollars", "raisons d'être",...
    Nul doute que le choix d'un jeune narrateur surdoué ait permis à l'auteur de nous emmener plus loin qu'il ne l'aurait fait avec un petit garçon ordinaire en jouant sur la complexité de ses sentiments.
    S'agissant du schéma narratif de ce roman, je l'ai trouvé plutôt brouillon dans les débuts.
    Chronologie pas forcément limpide, personnages portant le même prénom, incursions épistolaires délivrées sans explication, plusieurs éléments qui ont bien failli me détourner de ce roman avant la fin.
    Mais à partir du moment où j'ai compris qui était qui, où et quand, il m'a été plus facile de comprendre et d'apprécier la suite.
    Parallèlement à la quête d'Oskar, j'ai découvert l'histoire de ses grand-parents, drôle de couple ayant passé son temps à se dire adieu, et celle du mystérieux "Locataire" muet logeant chez sa grand-mère.
    Ce personnage du "Locataire" m'a fascinée mais je ne peux pas trop vous en dire au risque de révéler une partie de l'histoire.
    A travers son récit de vie marqué par le bombardement de Dresde en 1945, on comprend qu'il partage avec Oskar cette difficulté à trouver la paix intérieure en passant outre cette douleur à devoir faire le deuil d'un être cher dont tous deux savent que la sépulture ne renferme rien.
    Aussi, si cette lecture ne fut pas un coup de coeur, je suis contente d'avoir pu côtoyer ces personnages secondaires qui se révèlent être des personnages à part entière et lesquels m'ont permis d'''oublier" un peu Oscar.
    Le film
    Comment était-il possible de transposer à l'écran un roman aussi dense ? En pratiquant des coupes dans l'histoire tout en essayant de faire en sorte que le tout tienne encore la route.
    Et sur ce coup-là, je dois dire que j'ai été déçue par les choix de Stephen Daldry, particulièrement par ses libertés prises vis-à-vis du manuscrit original.
    J'ai découvert un Oskar encore plus à vif, insolent (par exemple dans cette scène où il insulte le gardien de son immeuble), retournant sa colère contre lui même au point de s'auto-mutiler (dans le roman, il se faisait des bleus) et se promenant durant les 2h du film avec un tambourin faisant office de grigri pour les moments difficiles par exemple lorsqu'il lui faut traverser le pont de Brooklyn alors qu'il a une peur bleue des ponts.
    Je n'ai pas réussi à m'émouvoir de cette scène comme je n'ai pas du tout adhéré à la fin qu'offre le réalisateur à son personnage, décrétant que comme Oskar a été déçu à l'issue de la recherche de la serrure, il a du coup bien mérité une petite compensation pour avoir enquêté durant des mois (le mot sous la balançoire pour ceux qui ont vu le film).
    Cette scène finale va selon moi totalement à l'encontre de la leçon que Jonathan Safran Foer souhaitait inculquer à Oscar : qu'il lui faut accepter de ne pas pouvoir maîtriser son environnement, que certaines questions n'obtiennent pas de réponses et qu'il est indispensable de devoir parfois lâcher prise si l'on veut continuer à vivre.
    Et que dire du personnage du "Locataire" ? Pas grand chose car celui-ci se voit presque totalement éclipsé du film.
    Si il apparaît à l'écran, on ne sait quasiment rien de son histoire à commencer par la raison de sa présence.
    Du coup la révélation quant à sa véritable identité tombe comme un cheveu dans la soupe.
    Au final, le fait d'avoir vu le film a fait remonter le roman dans mon estime tant celui-ci se veut extrêmement plus subtil et incroyablement plus intelligent que cette production privilégiant les temps forts et l'émotion à la réflexion profonde.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/04/extremement-fort-et-incroy..
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 25 février 2012

    carre
    Oskar Schell a neuf ans. Son père est mort dans les attentats du 11 Septembre. Un jour, il découvre une clé dans les affaires de son père. Enfant incroyablement curieux, plein d'imagination et sensible il se persuade que s'il trouve la porte qui s'ouvrira grâce à cette clé, ces questions sur la disparition paternel trouveront réponse. Commence alors une quête à travers New-York. Oskar marche sur les pas d'une mémoire oubliée, à travers une ville traumatisée par l'inimaginable.
    Quelle claque !!! rarement un roman m'aura autant remué. du rire aux larmes, Safran Foer dresse une galerie de portraits insolite, attachante, captivante. Et puis, il y Oskar, génial gosse trop intelligent pour son âge qui défriche le passé pour espérer en l'avenir .Et puis aussi, il y a la force romanesque de Foer géniale, innovante, époustouflante. Un livre inoubliable à l'image terrifiante de ces personnes se jetant par les fenêtres des Twin tower. Merci Mr Foer d'avoir créé Oskar Schell.
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Citations et extraits

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  • Par Mademoiselle_Lecture, le 17 avril 2014

    Jimmy Snyder m’a poussé en disant :
    « Ta mère est une pute, dis-le ! »
    Alors j’ai dit :
    « Ta mère est une pute. »
    Il a dit :
    « Non, c’est ta mère qui est une pute, dis-le. »
    Et moi :
    « Je le dis, c’est ta mère qui est une pute »
    « Ma mère est une pute » dis-le.
    « Si tu le dis, je te crois ».
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  • Par Mademoiselle_Lecture, le 10 avril 2014

    Chérie,

    Tu m'as demandé de t'écrire une lettre, alors je t'écris une lettre. Je ne sais pas pourquoi j'écris cette lettre, ni quel est censé être son sujet, mais je l'écris néanmoins parce que je t'aime beaucoup et que je suis convaincu que tu as une bonne raison de me faire écrire cette lettre. J'espère qu'un jour il t'arrivera de faire quelque chose que tu ne comprendras pas pour quelqu'un que tu aimes.
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  • Par Mademoiselle_Lecture, le 09 avril 2014

    « Je suis pacifiste. » Et comme la plupart des gens de mon âge ne sait pas ce que ça veut dire, je me suis tourné vers eux les autres pour expliquer : « Je crois que ce n’est pas bien de défoncer les parties des gens. Jamais. »

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  • Par Mademoiselle_Lecture, le 09 avril 2014

    Pour finir, tout le monde perd tout le monde. Il n'y avait pas d'invention pour dépasser ça, et alors, cette nuit-là, je me suis senti comme la tortue qui a tout le reste de l'univers sur son dos.

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  • Par Melo, le 04 novembre 2010

    Et si l’eau de la douche était traitée avec un produit chimique qui réagirait à une combinaison de choses, les battements du coeur, la température du corps, les ondes du cerveau, de manière à ce que la couleur de la peau change selon les humeurs ? Quand on serait extrêmement excité, la peau deviendrait verte, si on était en colère, on deviendrait rouge, évidemment, d’une humeur de mer(de)Chine on virerait au marron et quand on aurait le blues, on deviendrait bleu.

    Tout le monde saurait comment tout le monde se sent et on pourrait être plus attentionné les uns envers les autres. Parce qu’on ne voudrait jamais dire à une personne dont la peau serait violette qu’on lui en veut d’arriver en retard, exactement comme en rencontrant quelqu’un de rose on aurait envie de lui taper dans le dos en disant « Félicitations ! ».

    Une autre raison pour laquelle ce serait une bonne invention, c’est toutes les fois où on sait qu’on ressent très fort quelque chose mais qu’on ne sait pas quoi. C’est de la colère ? Ou en fait simplement de la panique ? On est perdu et ca change notre humeur et on devient une personne perdue, grise. Mais avec cette eau spéciale, on aurait qu’à regarder ses mains orange pour se dire, Je suis heureux ! Pendant tout ce temps-là, j’étais heureux en fait ! Quel soulagement !
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