> Gilles Berton (Traducteur)
> Raymond Clarinard (Traducteur)

ISBN : 2879297095
Éditeur : Editions de l'Olivier (2011)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d'enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par summerday, le 20 avril 2011

    summerday
    Les éditeurs français de Jonathan Safran Foer ont décidé que la traduction française se ferait sous l'ordre de l'interrogation. Les anglophones ont pu, eux, lire Eating Animals, sans point d'interrogation. L'idée n'est pas mauvaise pourtant car ce livre est une enquête. Je le signale tout de suite, cet essai n'est pas un plaidoyer végétarien. L'auteur américain ne dit pas non à la viande, mais à celle industrielle, et s'il s'engage à la fin à respecter un végétarisme convaincu, c'est par choix individuel, mais il ne fait pas de prosélytisme. Son texte est hybride, il rédige un essai et une recherche digne d'une thèse (avec bibliographie et notes qui vont bien), mais il flirte avec le roman témoignage avec sa mise en scène ainsi que celle de sa famille. La forme est hétéroclite ; ce n'est pas un récit linéaire puisqu'il prend parfois des allures d'encyclopédie rangée par articles, un soin a été apporté à l'ouverture de chaque chapitre, et un jeu de typographie est instauré (comme dans son précédent roman). On trouve notamment treize pages remplies uniquement des mots Influence/mutisme.
    Safran Foer pose de nombreuses interrogations et cherche les réponses les plus justes en confrontant les points de vue des différents acteurs du problème. Pourtant ses demandes auprès des grandes industries restent le plus souvent sans suite, alors il lui faut entrer illégalement sur des sites afin de constater par lui-même leur réalité. Il insère aussi des témoignages rapportés ou enregistrés, anonymes ou non, qu'il intercale avec sa propre enquête, et qu'il n'hésite pas à remettre en doute.
    La principale question soulevée dans cet ouvrage est le rapport entre l'homme et l'animal et le problème de la souffrance animale. Il clarifie immédiatement son propos en précisant que l'homme et l'animal ne seront pas placés au même niveau, mais qu'il faut reconnaître un "bien-être" ou des "droits" aux animaux. Son récit entremêle histoire culturelle de notre rapport aux animaux, histoire de l'alimentation, anthropologie ou science. Toutes les disciplines se croisent.
    Les élevages évoqués sont les poulets, les poissons, les porcs et bovins. le chapitre le plus cruel est sans doute celui consacré aux poulets. le début du roman s'attache aux constructions culturelles que l'homme a bâti vis à vis des animaux et de la nourriture, et l'auteur explique sa démarche en détail en insistant sur le déclic personnel qu'il a connu après la naissance de son enfant. Et enfin on entre dans le vif du sujet avec le sort des poulets. Je vous conseille de ne pas lire ce chapitre après avoir mangé si vous êtes sensibles. Il décrit toutes les étapes de conditionnement et de production en mettant en opposition un élevage fermier et celui industriel, normalisé. J'avoue qu'après avoir lu ces passages, je vais aussi avoir du mal à manger de la viande achetée en supermarché pendant un moment. Les animaux sont malades et torturés, et les normes de "plein air" bien éloignées du véritable élevage fermier où les animaux ne sont pas mutilés. Dès que j'y pense j'ai désormais des images de maladie, antibiotiques, espaces clôt et souffrance, qui me viennent à l'esprit. Les chapitres consacrés aux autres animaux suivent le même schéma explicatif.
    Jonathan Safran Foer est brillant et réussit à passer un message fort et persuasif sous couvert d'un texte sans parti-pris immédiat et d'un l'humour qui traverse et dédramatise l'ensemble. À la question "Faut-il manger les animaux?" on pourra répondre comme l'auteur, non, mais on rétorquera surtout "pas tous", pas ceux issus des élevages industriels. Car si les statistiques et exemples sont ici américains, l'auteur s'est aussi intéressé au phénomène au plan international et évoque souvent les exemples européens. le récit ne tente pas à tout prix de convaincre mais pose de nombreuses questions. Et dans un sens il est moins violent et sanglant que d'autres témoignages que j'ai lu sur des sites végétariens. Et c'est peut-être ce détachement et cette quête paternelle qui facilitent notre adhésion. Peut-être aussi l'impression que nous avançons à son rythme dans cette enquête, puisque l'auteur partage ses doutes avec le lecteur. Que ce soit sur la structure des chapitres et donc l'effet produit ou sur les témoignages d'éleveurs. Il réussit à trouver de nombreuses réponses, mais certains débats restent en suspens. Notamment la question d'un retour à l'élevage traditionnel et donc plus respectueux des animaux. Certains éleveurs y croient, lui écrit :
    "Il n'y a pas de "retour" à l'élevage de porcs traditionnel. le mouvement vers ce type d'activité est bien réel, mais il est essentiellement le fait d'éleveurs de longue date qui ont appris à mieux vendre leur image et parviennent à tenir bon. L'élevage porcin industriel continue de s'étendre en Amérique, et sa croissance mondiale est encore plus effrénée. "
    Je ne pense pas que j'aurais lu ce livre s'il avait été signé par un autre nom. Ce sont ses deux précédentes fictions, très réussies, qui m'ont donné envie de lire aussi cet ouvrage, même si le sujet ne me passionnait pas de prime abord. Bien que la forme ne soit pas purement romancée, on retrouve son ton et son écriture inventive. Et c'est surtout avec les souvenirs qu'il partage, de sa grand-mère et des fêtes de famille, qu'on retrouve l'écrivain de fiction qui nous a tant séduit, parce qu'il en parle avec beaucoup d'humour mais l'émotion est très forte.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 10 décembre 2011

    colimasson
    La question posée dans le titre du livre laisse déjà présager de la réponse de l'auteur. L'avis du lecteur, qui acceptera de consacrer quelques heures de son temps libre à l'étude de la question, est également fortement pressenti, et s'il n'est pas le même que celui de l'auteur, il est prêt en tout cas à subir quelques évolutions qui tendront à le rejoindre.
    Si l'intérêt de ce livre ne tient donc pas uniquement à la conversion plus ou moins réussie d'un lecteur à l'opinion plus ou moins devinée de l'auteur, il faut tout de même lire ce Faut-il manger les animaux ?. Sous la forme d'un essai à visée écologique, ce livre relève finalement et surtout du roman et est imprégné des talents d'écrivain de Jonathan Safran Foer. Sommes-nous soumis à la manipulation lors de notre lecture ? Pas impossible, et ce d'autant plus que Foer se donne des airs de scientifique et de reporter objectif avant de glisser discrètement, au creux de sa démonstration, un ou deux paragraphes presque subliminaux, capables de faire pleurer le plus insensible des carnivores.

    Ce qui est étonnant avec Jonathan Safran Foer, c'est qu'il insiste sur le fait qu'il n'est absolument pas certain de la pertinence de sa conversion au végétarisme, tout en essayant de convaincre son lecteur qu'il s'agit du meilleur choix qu'il soit possible de faire. Situation un peu paradoxale dans laquelle Foer s'empare du rôle de martyre –le seul être humain acceptant de sacrifier sa ration de chair quotidienne- pour mieux accuser ses lecteurs (les non-végétariens) de ne pas calquer leur conduite sur la sienne. Ce n'est peut-être pas fait exprès mais Foer semble ne pas être très sûr de lui lorsqu'il affirme que, suite à ses enquêtes, il ne pouvait pas faire d'autre choix que celui de devenir végétarien.
    Peut-être cherche-t-il déjà à prévenir les attaques qui pourraient surgir s'il décidait plus tard de revenir sur sa décision et de retrouver le confort d'une alimentation normée ?
    Cette situation marque bien le fait que son livre n'est pas un essai purement théorique puisqu'il fait jouer l'engagement personnel de son auteur ainsi que ses sentiments et idées personnelles. A côté du développement technique de l'argumentation vient donc s'ajouter un aspect plus narratif qui donne presque un second intérêt au livre : Jonathan Safran Foer va-t-il réussir ou non à relever durablement le défi du végétarisme ? Ne finira-t-il pas par craquer, comme ce fut déjà le cas lorsqu'il tenta une première fois de devenir végétarien au cours de son adolescence ?
    Quoiqu'il en soit, pas question de lire ce livre uniquement dans l'objectif de trouver une réponse à cette question. La plus primordiale est celle qui concerne le sort des animaux dans l'industrie alimentaire et, comme la plupart le sait déjà, elle concerne aussi l'espèce humaine dans ses rapports avec les autres et les institutions, ainsi que l'économie et l'écologie prises dans le sens large.
    L'enquête menée par Jonathan Safran Foer est profondément originale car elle s'inscrit dans une démarche personnelle. Les informations récoltées proviennent donc de sources très variées et parfois un peu éparses, mais assurent de nombreuses découvertes. le tout est renseigné avec beaucoup de précision –impossible donc de dire que Foer se base sur des sources frauduleuses ou dont la fiabilité laisse à désirer. Même ceux qui s'intéressent depuis longtemps à l'industrie agroalimentaire devraient s'étonner à la lecture des récits d'infiltration de couveuses ou d'abattoirs. Cerise sur le gâteau, Foer sait manier les images avec la puissance qui convient à son statut d'écrivain, et il en use avec une extrême justesse pour produire des comparaisons ou des aperçus choquants de la situation actuelle :
    « Que se passerait-il si l'étiquetage d'un produit indiquait combien d'animaux ont été tués pour que celui que nous voulons manger se retrouve dans notre assiette ? Eh bien, pour ce qui concerne les crevettes d'Indonésie, par exemple, on pourrait lire sur l'emballage : POUR 500 GRAMMES DE CREVETTES, 13 KILOS D'AUTRES ANIMAUX MARINS ONT ETE TUES ET REJETES A LA MER. »

    « Imaginez que l'on vous serve une assiette de sushis. Si l'on devait y présenter également tous les animaux qui ont été tués pour que vous puissiez les déguster, votre assiette devrait mesurer un peu plus d'un mètre cinquante de diamètre. »
    De quoi faire réfléchir en tout cas. Et de quoi inciter à regarder autrement ses crevettes sauce calypso…
    Faut-il manger les animaux peut être critiqué pour la conclusion « naïve » qu'il tire à la fin de sa démonstration. Ce serait avoir mal lu le livre, car Jonathan Safran Foer, qui connaît ce penchant caractéristique de l'être humain à tourner la moindre manifestation d'empathie en dérision, s'est déjà prémuni des critiques qu'on pourrait lui adresser à ce sujet. Il le fait de manière très intelligente, non pas en se défendant de n'avoir jamais eu un pincement au cœur à l'idée de manger un animal sacrifié pour son confort personnel, mais en revendiquant au contraire cette sensibilité qui lui a permis de remettre en question des habitudes de vie portées par des générations avant lui. L'autre questionnement porté implicitement par le livre serait le suivant : pourquoi serait-il mal de faire parfois preuve de compassion envers la souffrance d'un autre être vivant ? La sensibilité est-elle vraiment le sentiment le plus ridicule qu'il soit possible d'éprouver ?

    « La sentimentalité est généralement considérée comme une attitude irréaliste, une preuve de faiblesse. Très souvent, ceux qui expriment leurs préoccupations (ou même un simple intérêt) à l'égard des conditions dans lesquelles les animaux de boucherie sont élevés se voient traiter de sentimentalistes. Pourtant il vaut la peine de prendre un peu de recul et de se demander qui est le sentimentaliste et qui est le réaliste. »

    Si Jonathan Safran Foer ne convainc pas forcément son lecteur de se convertir au végétarisme, il donne toutefois une autre idée du végétarien, loin des clichés de la virulence et de la pugnacité que certains peuvent parfois leur prêter. Être végétarien n'est pas une décision irréversible. Elle implique le jugement d'un homme à un moment donné de son existence, et durera le temps qu'il aura envie de porter ses convictions. Alors, naïf Safran Foer ? A mon avis, simplement lucide et, bien entendu, sensible.

    « Si plus rien n'a d'importance, il n'y a rien à sauver. »

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-faut-il-manger-les-animaux-2..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 10 décembre 2011

    colimasson
    La question posée dans le titre du livre laisse déjà présager de la réponse de l'auteur. L'avis du lecteur, qui acceptera de consacrer quelques heures de son temps libre à l'étude de la question, est également fortement pressenti, et s'il n'est pas le même que celui de l'auteur, il est prêt en tout cas à subir quelques évolutions qui tendront à le rejoindre.
    Si l'intérêt de ce livre ne tient donc pas uniquement à la conversion plus ou moins réussie d'un lecteur à l'opinion plus ou moins devinée de l'auteur, il faut tout de même lire ce Faut-il manger les animaux ?. Sous la forme d'un essai à visée écologique, ce livre relève finalement et surtout du roman et est imprégné des talents d'écrivain de Jonathan Safran Foer. Sommes-nous soumis à la manipulation lors de notre lecture ? Pas impossible, et ce d'autant plus que Foer se donne des airs de scientifique et de reporter objectif avant de glisser discrètement, au creux de sa démonstration, un ou deux paragraphes presque subliminaux, capables de faire pleurer le plus insensible des carnivores.

    Ce qui est étonnant avec Jonathan Safran Foer, c'est qu'il insiste sur le fait qu'il n'est absolument pas certain de la pertinence de sa conversion au végétarisme, tout en essayant de convaincre son lecteur qu'il s'agit du meilleur choix qu'il soit possible de faire. Situation un peu paradoxale dans laquelle Foer s'empare du rôle de martyre –le seul être humain acceptant de sacrifier sa ration de chair quotidienne- pour mieux accuser ses lecteurs (les non-végétariens) de ne pas calquer leur conduite sur la sienne. Ce n'est peut-être pas fait exprès mais Foer semble ne pas être très sûr de lui lorsqu'il affirme que, suite à ses enquêtes, il ne pouvait pas faire d'autre choix que celui de devenir végétarien.
    Peut-être cherche-t-il déjà à prévenir les attaques qui pourraient surgir s'il décidait plus tard de revenir sur sa décision et de retrouver le confort d'une alimentation normée ?
    Cette situation marque bien le fait que son livre n'est pas un essai purement théorique puisqu'il fait jouer l'engagement personnel de son auteur ainsi que ses sentiments et idées personnelles. A côté du développement technique de l'argumentation vient donc s'ajouter un aspect plus narratif qui donne presque un second intérêt au livre : Jonathan Safran Foer va-t-il réussir ou non à relever durablement le défi du végétarisme ? Ne finira-t-il pas par craquer, comme ce fut déjà le cas lorsqu'il tenta une première fois de devenir végétarien au cours de son adolescence ?
    Quoiqu'il en soit, pas question de lire ce livre uniquement dans l'objectif de trouver une réponse à cette question. La plus primordiale est celle qui concerne le sort des animaux dans l'industrie alimentaire et, comme la plupart le sait déjà, elle concerne aussi l'espèce humaine dans ses rapports avec les autres et les institutions, ainsi que l'économie et l'écologie prises dans le sens large.
    L'enquête menée par Jonathan Safran Foer est profondément originale car elle s'inscrit dans une démarche personnelle. Les informations récoltées proviennent donc de sources très variées et parfois un peu éparses, mais assurent de nombreuses découvertes. le tout est renseigné avec beaucoup de précision –impossible donc de dire que Foer se base sur des sources frauduleuses ou dont la fiabilité laisse à désirer. Même ceux qui s'intéressent depuis longtemps à l'industrie agroalimentaire devraient s'étonner à la lecture des récits d'infiltration de couveuses ou d'abattoirs. Cerise sur le gâteau, Foer sait manier les images avec la puissance qui convient à son statut d'écrivain, et il en use avec une extrême justesse pour produire des comparaisons ou des aperçus choquants de la situation actuelle :
    « Que se passerait-il si l'étiquetage d'un produit indiquait combien d'animaux ont été tués pour que celui que nous voulons manger se retrouve dans notre assiette ? Eh bien, pour ce qui concerne les crevettes d'Indonésie, par exemple, on pourrait lire sur l'emballage : POUR 500 GRAMMES DE CREVETTES, 13 KILOS D'AUTRES ANIMAUX MARINS ONT ETE TUES ET REJETES A LA MER. »

    « Imaginez que l'on vous serve une assiette de sushis. Si l'on devait y présenter également tous les animaux qui ont été tués pour que vous puissiez les déguster, votre assiette devrait mesurer un peu plus d'un mètre cinquante de diamètre. »
    De quoi faire réfléchir en tout cas. Et de quoi inciter à regarder autrement ses crevettes sauce calypso…
    Faut-il manger les animaux peut être critiqué pour la conclusion « naïve » qu'il tire à la fin de sa démonstration. Ce serait avoir mal lu le livre, car Jonathan Safran Foer, qui connaît ce penchant caractéristique de l'être humain à tourner la moindre manifestation d'empathie en dérision, s'est déjà prémuni des critiques qu'on pourrait lui adresser à ce sujet. Il le fait de manière très intelligente, non pas en se défendant de n'avoir jamais eu un pincement au cœur à l'idée de manger un animal sacrifié pour son confort personnel, mais en revendiquant au contraire cette sensibilité qui lui a permis de remettre en question des habitudes de vie portées par des générations avant lui. L'autre questionnement porté implicitement par le livre serait le suivant : pourquoi serait-il mal de faire parfois preuve de compassion envers la souffrance d'un autre être vivant ? La sensibilité est-elle vraiment le sentiment le plus ridicule qu'il soit possible d'éprouver ?

    « La sentimentalité est généralement considérée comme une attitude irréaliste, une preuve de faiblesse. Très souvent, ceux qui expriment leurs préoccupations (ou même un simple intérêt) à l'égard des conditions dans lesquelles les animaux de boucherie sont élevés se voient traiter de sentimentalistes. Pourtant il vaut la peine de prendre un peu de recul et de se demander qui est le sentimentaliste et qui est le réaliste. »

    Si Jonathan Safran Foer ne convainc pas forcément son lecteur de se convertir au végétarisme, il donne toutefois une autre idée du végétarien, loin des clichés de la virulence et de la pugnacité que certains peuvent parfois leur prêter. Être végétarien n'est pas une décision irréversible. Elle implique le jugement d'un homme à un moment donné de son existence, et durera le temps qu'il aura envie de porter ses convictions. Alors, naïf Safran Foer ? A mon avis, simplement lucide et, bien entendu, sensible.

    « Si plus rien n'a d'importance, il n'y a rien à sauver. »

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-faut-il-manger-les-animaux-2..
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 04 juin 2011

    Kittiwake
    A la lecture du titre, on pourrait se dire que la réponse est non, et que donc c'est inutile de le lire, au risque de retrouver quelques scènes peu ragoutantes comme on en trouve sur Internet où dans des reportages télé. Ce n'est pas si simple que cela. La question est en fait celle d'un jeune père, qui veut savoir ce qu'il doit proposer comme nourriture à son fils. Et pour cela, il étudie la question avec soin et honnêteté. L'argumentaire est très bien construit, sans pour autant, quand cela est possible, être dénué d'humour (pourtant peu de situations portent à rire...). Impossible après cela de dire qu'on ne savait pas. Ce soir ce sera légumes....
    Après une nuit peuplée de rêves agités, car ce livre est dérangeant :
    Si je souscrit à sa thèse, il faut quand même noter que ces pratiques ne sont pas répandues à ce point en France. j'habite dans une zone rurale, et je connais bien lesvaches de mon amie Annyvonne, qui ont un nom, qui sont soignées quand elles sont malades (ce qui est rare) qui passent leur journée dans les champs autour de la ferme et semblent heureuses le soir de rentrer pour la traite. Je vois aussi tous les jours ces grands terrains oû gambadent et picorent des poulets. Par contre je ne connais rien de leur condition d'abattage....
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    • Livres 5.00/5
    Par Bookworm84, le 18 mai 2011

    Bookworm84
    "Faut-il manger les animaux ?" titre l'ouvrage en version française - dommage que l'on n'ait pas gardé la signification du titre original, à savoir "De Manger les animaux" (Eating Animals). le titre VF pose une question, à laquelle on peut répondre oui ou non. le titre VO pose un constat. Un constat sans appel, celui que l'auteur nous dévoile tout au long du livre. L'auteur, devenu père, se pose la question de ce qu'il va donner à manger à son fils. Ayant parfois tâté du végétarisme, sans jamais s'y tenir, le fait de devenir père révolutionne sa vie. Alors, il se lance dans une enquête, visite les lieux où sont fabriqués la viande vendue en supermarchés. Bienvenue dans le système agro-alimentaire industriel américain, bienvenue aux portes de l'Enfer ! Celui des animaux mais aussi le nôtre - car l'enquête de l'auteur le révèle, les conséquences sont *aussi* pour les hommes (dégradation de l'environnement, apparition de microbes résistants, risques sanitaires élevés, ....). bref, un constat alarmant. Certes, entièrement étatsuniens, mais ne copions nous pas sur leur modèle ?
    A noter aussi que l'auteur tient à interroger toutes les parties. Les témoignagnes abondent, et l'auteur est aussi allé à la rencontre des rares et derniers éleveurs traditionnels qui sont si attachés à leurs animaux qu'ils leur demandent pardon lorsque vient l'heure fatidique de les envoyer à l'abattoir... tout en veillant à en trouver un correct.
    Vient enfin les conséquences mondiales de cet immense gâchis, du à la course au profit, encore, quelqu'en soit le prix. Sauf que, comme le souligne l'auteur, la viande à bas prix que l'on achète dans notre hypermarché ne comporte aucune étiquette nous prévenant que le véritable prix à payer est, lui, énorme, et dure des années...
    A lire absolument ! !!
    Pour ma part, il me fait revoir ma façon de manger. Ce qu'il y a dans notre assiette a des conséquences sur nous et sur le monde. Je ne peux plus l'ignorer, maintenant.
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Citations et extraits

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  • Par claudialucia, le 21 janvier 2011

    Il n’y a plus de fermiers, mais des managers, des usines d’élevage, d’abattage, de découpe et de conditionnement dont les responsables n’ont plus aucune notion de ce qu’est un animal. Ils n’ont qu’une pensée : comment gagner plus en dépensant moins, et s’ils pensent que des animaux malades leur feront gagner plus que des animaux sains, ils le font. S’ils pensent que cela revient moins cher d’élever des animaux hors nature, à l’intérieur, sans voir le jour, ils le font. S’ils pensent qu’on peut les nourrir avec autre chose que de l’herbe et du fourrage, ce que jamais un fermier n’aurait pu penser il y a cinquante ans, ils le font et les nourrissent de maïs ou de tourteaux de soja, ou même de résidus animaux, faisant d’espèces herbivores des carnivores malgré elles. Savez-vous qu’un poulet dans la nature vit dix ans et celui que vous mangez au McDonald’s, quarante-cinq jours ? S’il vivait plus longtemps, ses pattes se casseraient sous son poids.

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  • Par claudialucia, le 21 janvier 2011

    Tyson Foods* est un des principaux fournisseurs de KFC**. Une enquête réalisée sur un grand site de Tyson a révélé que certains ouvriers avaient coutume d'arracher la tête des oiseaux parfaitement conscients (avec l'autorisation explicite de leur contremaître), qu'ils urinaient dans la zone de suspension (y compris sur le tapis roulant qui convoie la volaille), et qu'ils utilisaient sans jamais la réparer un équipement d'abattage automatisé défectueux qui entamaient le corps des poulets plutôt que leur cou.. Chez un des fournisseurs de l'année de KFC, Pilgrim's Pride, des poulets conscients étaient frappés, piétinés, lancés contre les murs, on leur crachait du tabac à chiquer dans les yeux, on leur faisait littéralement gicler la merde du corps et on leur arrachait le bec. Et Tyson et Pilgrim Pride ne fournissent pas que KFC. (p229)

    *Tyson food :société agro-alimentaire américaine dont le siège social est à Spingdale en Arkansas

    **KFC fast-food Kentucky Fried Chiken
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  • Par colimasson, le 10 décembre 2011

    La question de manger des animaux fait vibrer des cordes qui entrent en résonance profonde avec le sentiment que nous avons de nous-mêmes –nos souvenirs, nos désirs, nos valeurs. Ces résonances sont potentiellement sujettes à controverse, potentiellement menaçantes, potentiellement exaltantes, mais toujours chargées de sens. La nourriture importe, les animaux importent, et le fait de s’en nourrir importe plus encore. La question de manger des animaux dépend, au bout du compte, de la perception que nous avons de cet idéal que nous appelons, peut-être imparfaitement, « le fait d’être humain ».
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  • Par treefrog, le 15 mai 2011

    Les humains sont les seuls animaux qui font délibérément des enfants, tissent des liens entre eux ( ou pas ), fêtent les anniversaires, gaspillent et perdent leurs temps, se brossent les dents, éprouvent de la nostalgie, nettoient les taches, ont des religions, des partis politiques et des lois, portent des amulettes-souvenirs, s'excusent des années après avoir offensé autrui, chuchotent, ont peur d'eux-mêmes, interprètent les rêves, dissimulent leurs organes sexuels, se rasent, enterrent des capsules témoins et peuvent choisir de ne pas manger quelque chose pour des raisons de conscience. Les justifications pour manger et ne pas manger les animaux sont souvent les mêmes : Nous ne sommes pas des animaux.
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  • Par Jevousdisquecestmoi, le 10 mai 2011

    Le paradoxe, c'est que si les élevages industriels ne profitent pas au public, ils ont besoin de nous non seulement pour leur faire gagner de l'argent, mais aussi pour payer leurs erreurs. Ils font porter les coûts du traitement de leurs déchets à l’environnement et aux communes dans lesquelles ils sont installés. Leurs prix sont artificiellement maintenus à un bas niveau - ce qui n’apparaît pas à la caisse, c’est ce que tout le monde doit payer pendant des années.
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