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ISBN : 8493759554
Éditeur : 13e Note Editions (2011)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Si Bonnie et Clyde ont inventé le braquage de banque, Bob et Diane, eux, sont à la recherche de drogues et se sont spécialisés dans le braquage des pharmacies du nord de la côte ouest des USA. Roman autobiographique plein de rage contre l’autorité, mais aussi de rythme ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par hurledesanges, le 25 août 2014

    hurledesanges
    L'histoire de James Fogle est une succession de chutes. Bien sûr, il ne s'agit pas de la Chute, noble et constante, ivre ou enragée, qu'ont connue les plus grands… non. Il s'agit plutôt d'une succession de trébuchements minables qui ont fait de James Fogle, né le 29 septembre 1936 à Elcho et mort le 23 août 2012 à Washington, aura vécu 75 ans de galères minables et écrit une douzaine de romans, dont un qui marquera les esprit d'avantage que les autres ; un livre quasi-autobiographique intitulé "Drugstore Cowboy".
    Petit criminel, voleur, braqueur de pharmacies et toxicomane invétéré, il passera plus de 50 ans derrière les barreaux, soit les deux tiers de sa vie. C'est sans doute ce qui l'aura sauvé de la mort par overdose ou par intoxication au plus long terme. En effet, en prison, il ne pouvait pas consommer d'opiacés, son principal vice, aussi souvent que lorsqu'il était dehors (de rares périodes) et préférait, de toute façon, les produits pharmaceutiques à l'héroïne clandestine. Il se défonçait à la morphine base, la diacétylmorphine, la codéine, la thébaïne et même les dérivés semi-synthétiques, comme l'hydromorphone, l'oxymorphone et l'hydrocodone, voire complétement synthétiques comme la méthadone, la buprénorphine, la tilidine ou le tramadol… faute de mieux.
    Son parcours criminel commence alors qu'il était encore mineur, un vol de voiture à l'âge de douze ans. Ce premier délit donne le ton de ce qui sera une sorte de cercle infernal. A 18 ans, il est à nouveau pris au volant d'un véhicule volé. Puis ce seront les vols de pharmacie, sous forme de cambriolage, la nuit, en pénétrant par effraction dans le magasin vide, soit à l'aide de combines, parfois alambiquées, qui sont bien retranscrite dans son roman, porté à l'écran en 1989 par le réalisateur de génie Gus van Sant, "Drugstore Cowboy", qui reste pour l'instant le seul ouvrage de Fogle publié par Dell Publishing, à New York. le film, avec Matt Dillon et Kelly Lynch dans les rôles principaux, avec une apparition de William S. Burroughs, a eu un succès formidable auprès du public et a été hissé au rang de film culte par les adeptes de la défonce et de la contreculture.
    Parmi tous les coups qu'il a montés, toujours pour satisfaire sa propre dépendance aux drogues, on retiendra le cambriolage de la pharmacie de Kent en 2004. Alors âgé de 68 ans, et récemment sorti de prison, il avait décidé de monter un coup tout en douceur qui a pris une tournure on ne peut plus insolite. En effet, le patron et les employés, à l'heure de l'ouverture du commerce, ont trouvé l'écrivain endormi dans l'espace d'accueil de l'établissement. Bien entendu, sans réveiller l'intrus, ils ont immédiatement alerté les forces de l'ordre qui s'en sont chagés tranquillement. Durant la nuit, il avait percé un trou sur le toit pour pouvoir entrer par effraction, muni d'une corde qu'il comptait bien réutiliser pour remonter avec son butin. Il avait fourré pour plus de 10.000 dollars US de produits pharmaceutiques, principalement des opiacés, dans des sacs en papier. Mais Fogle n'a pas pu résister à en consommer sur place, provoquant une attaque narcoleptique.
    Dans une lettre adressée au journaliste Daniel Yost, qui fut le premier à découvrir les talents d'écrivain de Fogle avec le premier jet de "Santan's Sandbox", l'auteur écrit à propos du projet d'écriture et des premières notes de "Drugstore Cowboy", son futur roman phare :
    « Au pire, on pourrait en faire un manuel pratique dont l'ordre des pharmaciens devrait rendre la lecture obligatoire à tous les propriétaires de pharmacie. Ça nous ferait une centaine de milliers d'exemplaires vendus rien qu'avec ça. »
    En 2011, suite à l'ultime braquage d'une pharmacie proche de Seattle, alors même qu'il était en liberté sous caution pour un acte criminel du même type perpétré à Redmond un an auparavant, il a été condamné, lors d'un procès haut en couleurs, le 4 mars 2011, à une peine de 16 ans de prison ferme. A son grand âge, cette sentence prend la forme d'une condamnation à vie.
    Le 23 août 2012, il meurt d'un mésothéliome, une forme rare et particulièrement virulente de cancer de la plèvre, à la prison de Monroe (Washington). Mais lors de son dernier tour de piste, l'attaque de la pharmacie de Seattle, il avait alors presque 74 ans, ce qui donne à cet acte une certaine forme de noblesse.
    Ghislain GILBERTI
    "Dictionnaire de l'Académie Nada"
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 02 février 2012

    brigittelascombe
    Le sujet de la drogue m'intéressant et ayant déjà chroniqué Petite encyclopédie du cannabis de Nicolas Millet et Chemins d'errance de Sophie Daout, j'ai souhaité lire Drugstore cow-boy mais, malgré l'humour, j'ai vite été écoeurée.
    Deux parties que l'on pourrait intituler grandeur et décadence.
    L'histoire est simple:deux couples de junkies braquent les pharmacies de la Côte Ouest des USA pour se procurer "médocs" et "cachetons".
    Bob, le cerveau, réfléchit, entre deux emprisonnements,"aux meilleurs moyens de dévaliser les drugstores". Diane, sa maîtresse, "camée jusqu'à la moelle" "poireaute", l'oeil aux aguets. Rick "l'homme de main" au casier judiciaire plus très vierge, vide les tiroirs garnis de substances illicites tandis que la jolie Nadine détourne l'attention de naïfs pharmaciens en (entre autres trouvailles créatives) simulant une crise d'épilepsie, jupe relevée jusqu'au nombril. Cet épisode surnommé "le numéro de la touffe", malgré la vulgarité de l'appellation, est hilarant.
    Le reste l'est moins, même si l'ambiance "camée" émaillée d'argot est fort bien rendue.
    Rituel oblige, la morphine à trop haute dose, donne des démangeaisons et l'atropine déshydrate le lecteur attentif.
    "Bob ne plaisantait pas avec leur sécurité". La bande des quatre, entre deux "piquouses" et ébats débridés, devra faire face aux gars des stups, aux voyous durs de durs, aux ripoux, aux passages à tabac,aux fouilles. Elle y laissera des plumes car comme s'interroge Diane: "Qui participerait à un jeu perdu d'avance?"
    Points positifs, en dehors de la propre overdose du lecteur, de la tristesse de cette dépendance, de la "satire d'une jeunesse en déroute aspirant à l'anarchie et la défaite des valeurs américaines": la morale sauve en fin de livre, l'ouverture du débat sur la législation des stupéfiants aux Etats Unis et l'humour noir (la scène où Bob "fortifie ses veines en soulevant des poids" est un brin déjantée, celle de la mère de Bob outrée de leurs agissements mais qui profite du système,en bonne recelleuse,et lave son linge dans une machine à pièces dont elle récupère l'argent après usage est drôle aussi).
    Drugstore Cowboy est une autofiction, ainsi que le précise son auteur James Fogle, voleur et toxicomane notoire,qui à 73 ans a effectué 50 ans de "taule", il est d'ailleurs aujourd'hui emprisonné à Seattle.C'est au pénitencier qu'il a "lu,écrit et appris".En 1989, Drugstore Cowboy a été adapté au cinéma. En octobre 2011, il a été édité en France.
    Pour les jeunes:un exemple à ne pas suivre!!!
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Citations et extraits

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  • Par DreamCatcher, le 23 août 2013

    - Et qu'est-ce qu'ils font quand tu es agressif ?
    - Il me balancent aussi des coups de pied dans les genoux. Mais au moins, je sais pourquoi. Tu peux pas te permettre de montrer la moindre faiblesse devant un flic. Ils en concluent qu'ils ont prise sur toi et ils redoublent d'ardeur, parce qu'ils se figurent qu'ils sont à deux doigts de d'avoir. Non, Nadine, c'est la guerre dehors, même si tu n'y as jamais fait attention. La guerre entre les riches et les pauvres. Moi, j'ai rien à voir avec tout ça. Je suis neutre. Les deux côtés le savent et ils sont persuadés que c'est par faiblesse que je me range dans aucun camp. Mais je suis un voleur, merde ! Un voleur et un drogué, depuis toujours. Et je n'ai pas le temps de m'emmerder avec la police. Je dois me faufiler entre les uns et les autres pour faire mon boulot et ils essaient tous de me bousculer lorsqu'il voient que je m'en sors mieux qu'eux. Qu'ils aillent se faire mettre, je ne cèderai pas d'un pouce.
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  • Par DreamCatcher, le 23 août 2013

    Le monde était fou, quand on songeait qu'une majorité pleine de préjugés trouvait normal et même nécessaire que ceux dont elle désapprouvait le comportement soient punis - une réprobation souvent due à un lavage de cerveau opéré par des requins qui voyaient la justice comme moyen d'augmenter leur fortune ou leur pouvoir. Mais il y avait pire : le petit fonctionnaire qui n'avait pas grand-chose à gagner. Celui-là pouvait condamner une multitude de gens à la détention dans des conditions déplorables sans que cela lui pose le moindre problème de conscience, simplement pour conserver son emploi de gratte-papier.
    Quant à la police, Bob estimait qu'elle était pourrie de l'intérieur. Ce n'était plus l'aimable préposé au service de la population, qui te donnait du monsieur même quand il rédigeait un procès-verbal ou te conduisait en prison. Non, désormais, les représentants des forces de l'ordre avaient pour seule mission de nettoyer le caniveau des déchets humains qu'il pouvaient ramasser sans déranger personne en haut lieu. Cerise sur le gâteau, ils se croyaient habilités à décider des sanctions. Ils ne passaient que quelques minutes avec leurs victimes pendant les rites de l'arrestation et du procès-verbal, mais ils mettaient en avant leur expérience de première main avec les délinquants, comme si cette proximité physique leur conférait une autorité pour tous les condamner en bloc. En revanche, si un des leurs était accusé de trafic de drogue ou de meurtre pour le compte d'un tiers, ses collègues étaient les premiers à voler à son secours. Il dealait parce qu'il avait besoin d'argent. Sa femme était malade et ses enfants ne mangeaient pas à leur faim. Il n'avait pas le choix. Merde, si la population avait ne serait-ce qu'une vague idée de la bizarrerie, de la perversité et de la soif de pouvoir qui habitait la plupart des policiers, elle serait terrorisée. A croire que plus on réclamait haut et fort une justice impitoyable, plus on était susceptible d'enfreindre soi-même la loi.
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  • Par brigittelascombe, le 02 février 2012

    Bob se demandait souvent comment réagiraient les pontes qui décidaient de la législation sur les stupéfiants s'ils se réveillaient un jour dans la peau d'un Noir avec une instruction et une formation quasi-inexistantes et le fâcheux pressentiment que leur situation n''était pas prête de s'arranger.

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  • Par brigittelascombe, le 02 février 2012

    Demander à un toxico pourquoi il se drogue, c'est un peu comme demander à une personne normale pourquoi elle aime baiser."

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  • Par brigittelascombe, le 02 février 2012

    Bob ne plaisantait pas avec leur sécurité."Merde,avait-il dit une fois à Diane.Entre les cow-boys des stups et les voleurs,on n'est jamais trop prudent."

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