ISBN : 2814503790
Éditeur : publie.net


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(édition numérique)
Kuessipen, en innu : À mon tour...

On est tout au bout de l'estuaire du grand fleuve, large comme une mer, que personne là-bas n'appelle Saint-Laurent. À 1250 kilomètres à l'est de Québec, par la route 138. Au Québec, on ne sait... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    brigetoun
    Elle dit, dans la page qui sert de préface à ses nouvelles ou récits, nouvelles puisque distance il y a, re-création : «J'ai inventé des vies. L'homme au tambour ne m'a jamais parlé de lui.... Il marmonnait une langue vieille, éloignée. J'ai prétendu tout connaître de lui. L'homme que j'ai inventé, je l'aimais. Et ces autres vies, je les ai embellies. Je voulais voir la beauté, je voulais la faire. Dénaturer les choses – je ne veux pas nommer ces choses – pour n'en voir que le tison qui brûle encore dans le cœur des premiers habitants. » Et c'est ce qu'elle fait, même si l'alcool, la drogue, les naissances précoces (mais désirées), la pauvreté, l'inceste, sont là, c'est en passant, à deviner, et, sur le devant, il y a la tendresse, la famille, la nature, la tradition, et les voitures, les cabanes, les conserves, le catholicisme, les études (comme les ancêtres qui ont été arrachés à leurs familles), la terre, la résistance.... et une belle écriture, ferme
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    celui qui a migré vers la nouvelle réserve lorsque d’autres refusaient ; celui qui fumait ; celle qui était là à mon gala, à ma graduation, aux premiers jours de mon enfant; celle qui a vécu le vingtième siècle sans jamais parler un seul mot français, mais qui dans notre langue avait toujours trouvé le mot juste pour nommer telle modernité ou telle menace à sa liberté ; celui qui a vu naître tous ses enfants sous les tentes; celui qui n’a jamais vendu sa terre ; ceux qui autrefois ont arpenté le pays, d’un océan à l’autre pour ne jamais rester au même endroit et ceux que nous sommes devenus.
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  • Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    Il dit : un chant triste, sorte de cri du coeur. Comparable au blues. La langue innue presque chantée, aux intonations lentes, celle qu’on fait durer par des respires au manque de voyelles, impénétrable, comme un rappel à la nature, la dureté, l’écorce et les panaches.
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  • Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    Un accident de voiture. L’idée de perdre mon enfant. Les insultes face aux Innus. La mort. Les pères absents. Les coupes blanches dans le Nord. La misère de ma cousine et de ses deux enfants, mon incapacité à lui venir en aide. Les enfants maltraités. Les critiques de ma mère. Gabriel lorsqu’il ne rappelle pas. Les films trop beaux pour être vrais. L’oppression. L’injustice. La cruauté. La solitude. Les chansons d’amour. Les erreurs impardonnables. Les bébés qui ne naissent jamais.
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  • Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    Nutshimit, pour l’homme confus, la paix. Cette paix intérieure qu’il recherche désespérément. Ce silence après avoir hurlé, des nuits durant, son angoisse sans que personne ne l’entende. Le silence d’un vent qui fait bruisser les aiguilles de sapins. Le silence d’une perdrix qui déambule aux côtés d’une dizaine d’autres. Le silence du ruisseau qui continue de suivre sa route, enfoui sous un mètre de neige.
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  • Par brigetoun, le 06 novembre 2010

    Nutshimit, pour l’homme confus, la paix. Cette paix intérieure qu’il recherche désespérément. Ce silence après avoir hurlé, des nuits durant, son angoisse sans que personne ne l’entende. Le silence d’un vent qui fait bruisser les aiguilles de sapins. Le silence d’une perdrix qui déambule aux côtés d’une dizaine d’autres. Le silence du ruisseau qui continue de suivre sa route, enfoui sous un mètre de neige.
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