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ISBN : 2221117166
Éditeur : Robert Laffont (2010)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est dépendante d'elle. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté : un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
tilly
tilly17 septembre 2010
  • Livres 3.00/5
Pourquoi : roman ?
C'est un texte émouvant et lisiblement autobiographique, mais il n'est pas romanesque pour un sou. C'est l'autoportrait d'une grande femme (comme on dirait “une grande fille”) qui vit difficilement mais courageusement, le moment de leur vie où sa relation avec sa mère va s'inverser pour toujours.
Pourquoi : grandir ?
Toute petite, Sophie Fontanel était déjà très grande... Mais ce que veut montrer l'auteur, en dehors d'un ton de sympathique auto-dérision, c'est qu'une fille (ou un fils) n'aura jamais fini de grandir tant que ses parents n'auront pas franchi le cap où ils acceptent enfin l'aide qui leur est nécessaire pour aller au bout de leur vie.
A presque cinquante ans, elle comprend ce que sa mère s'attachait à lui donner en héritage depuis longtemps, et que rebelle, elle s'obstinait à refuser : l'accès à la maturité, à la douceur, à l'écoute.
J'ai bien aimé qu'avec cet ouvrage, Sophie Fontanel déchire en petits morceaux le cliché rebattu d'enfants adultes devenus les parents de leurs parents retombés en enfance. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Sophie Fontanel explique que pour elle, le lâcher prise de sa maman est au contraire un geste éducatif, le dernier, celui qui enfin la fait grandir.
Le portrait de la maman grabataire est joli et tendre, un peu idéalisé, certainement. C'est là que réside la faible part romanesque du livre, finalement.
Grandir est peu construit : pas de chapitres, juste des courtes scènes, sensiblement de la même longueur (deux pages imprimées), et juxtaposées sans souci de la chronologie. Cela donne une impression de désordre, de confusion, d'urgence, qui est peut-être voulue par l'auteur pour illustrer la maladie de sa mère, et les chambardements dans sa propre vie quotidienne entre boulot, hosto, dodo.
Pourtant dans la situation exposée (dans la vraie vie), il existe malheureusement une (dé)progression inéluctable de la personne âgée, que Sophie Fontanel évite de souligner comme si c'était seulement elle, la fille, qui sortait changée (en bien) de l'épreuve, pas la vieille dame.
Encore une fois, c'est un témoignage poignant, une expérience de vie décrite avec talent, mais ce n'est pas un roman. Sophie Fontanel n'a pas su choisir vraiment entre l'essai illustrant un problème de société (d'une journaliste) et le récit intime romancé (d'un écrivain). Dommage.
Une jolie phrase prise au hasard (enfin, presque) : “ avec l'humour, un temps, on peut se croire immortel “
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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keisha
keisha25 août 2010
"Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est très âgée et dépendante d'elle, entièrement. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période ultime, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.

Chaque morceau de la vie d'une vieille dame si vulnérable est raconté: un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. A la page qui suit, on voit sa fille : une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, tout de suite les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs."

Comme je dis parfois en souriant "C'est ma mère, je n'en ai qu'une et j'y tiens", alors j'ai tout de suite senti que ce livre était pour moi, mais je l'ai abordé avec un peu d'appréhension car je suis exactement à la période de la vie où les mamans deviennent un peu vos enfants... Pas qu'elles perdent forcément la tête, mais elles demandent conseils et aide (Bon, ce papier, j'en fais quoi? -Tu le ranges/Jettes) ou continuent à en faire à leur tête (J'ai fait les vitres alors j'ai utilisé l'escabeau - Argh! Non! - Souvenir d'une chute sans conséquences et d'un passage aux urgences. Plus jamais ça!)

Alors oui, j'avais un peu la boule dans la gorge en démarrant cette lecture, mais j'ai vite découvert que ce n'est pas du tout une lecture plombante! Au premier gloussement j'ai su que c'était gagné. Bien sûr les séquences émotion et réalisme sont nombreuses, avec la maman naturellement mais aussi avec l'entourage sur lequel l'auteur pose un regard bienveillant et attentif. "J'ai développé une sensibilité particulière aux personnes âgées. Est-ce une richesse?" "L'une tenait un désuet bagage effiloché qui déjà vous tordait le coeur. "

Lisez absolument ce livre, j'ai du mal à en parler évidemment, mais c'est le coup de coeur!
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Annette55
Annette5522 décembre 2013
  • Livres 3.00/5
Ce livre célébre l'amour d'une fille pour sa mère,l'image de Meilleure amie pendant l'enfance et l'adolescence ,à18 ans le rejet.
Cette mère ne faisait pas de compliments,elle les taisait,elle semblait préférer le
frère qui ,lui,pensait le contraire...
Très longtemps après,il ne reste plus rien de cette révolte.
La grand- mère dit à ses petits enfants.mes chéris......
:.Elle les contemple.
Elle a quatre- vingt six ans.
L'auteur raconte les chutes de sa mère,son inertie,parfois,ses absences ,ses
réparties fort drôles.
Pour moi.ce n'est pas un roman ,c'est un texte autobiographique où l'auteur parle
d'elle même.
C'est le moment crucial,irréversible,oùles relations mère- fille s'inversent,la maman va partir...la fille bascule d'un autre côté,mais elle ne grandit pas,elle va
Vieillir,la fille dans la mode,toujours en représentation,sera obligée d'avancer
toute seule,pour toujours.
C'est un livre émouvant qui fait réfléchir sur la vieillesse et les relations mère- fille.
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brigittelascombe
brigittelascombe19 mai 2011
  • Livres 3.00/5
L'amour a t il toujours été amour? Comment accepter la culpabilité engendrée par cet état de fait à l'annonce de la maladie de celle qui vous a toujours fait de l'ombre?Comment grandir vers la lumière, sa propre lumière? Comment retrouver l'amour sans éprouver uniquement de la pitié?Comment s'extraire d'un état de dépendance qui a été le sien une vie durant?Comment déverser tout ça sur un papier tout en conservant sa pudeur?
Voilà les questions auxquelles tente de répondre Sophie Fontanel. Elle nous suggère de laisser émerger les souvenirs violents pour retrouver la confiance en l'autre et couper le lien mortifère afin que ressurgisse l'amour retrouvé. Un livre exutoire, pages psychanalytiques pour délivrer un message d'amour avant qu'il ne soit trop tard.
Mais (à mon avis) n'est il pas déjà trop tard lorsqu'en plein alzheimer il n'y a plus de répondant dans le face à face? Délivrance ou huis clos?
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SEVIKX
SEVIKX02 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Très touchant et très juste ce petit roman qui parle de la relation entre une fille et sa mère vieillissante. La dépendance, l'inversion des rôles parents / enfants, la peur de perdre l'être cher.... le rapport au corps dont la personne âgée est dépossédé. Les moments de lucidité qui alternent avec la perte de tout repère, les périodes d'abattement où plus rien ne permet à la personne âgée de s'accrocher à la vie. Les difficultés pour l'entourage de décider quand le parent ne peut plus être autonome, la culpabilité de l'arracher à son univers, à ses repères pour lui assurer une meilleure sécurité, un meilleur suivi médical.... C'est à la fois triste, poétique et drôle, de petites touches d'humour qui donnent une bouffée d'oxygène. le portrait de la maman grabataire est intime et tendre... Ce livre m'a beaucoup touchée car j'y ai retrouvé tout ce qu'à dû vivre ma mère il y a quelques mois avec ma grand-mère. Un sujet qui nous touche ou nous touchera tous à un moment ou à un autre, un sujet douloureux qui nous renvoie à notre propre condition de mortel, à la peur de la vieillesse, de la souffrance, de la dépendance et de la mort ...
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
luciolerougeluciolerouge27 octobre 2010
L'arbre que tu plantes dans ton jardin. Pour toi ce ne va être qu'une galère de tuteurs. Mais un jour, pour d'autres, l'acacia s'élèvera dans le ciel, où tu seras déjà, et il fera de l'ombre à ceux de ton sang, et toi tu n'en feras plus à personne. Tu ne seras que lumière pour ceux qui se souviennent. Une soirée d'été, quelqu'un de ta descendance sera là sous cet arbre, à humer la douceur. Ce petit-fils, cet arrière-petit-cousin, cette arrière-arrière-petite-nièce, qui que ce soit, il ne pensera plus à ses déceptions. Au contraire, il se sentira accueilli dans une plénitude, sous l'arbre muet la nuit. Alors il se dira: "D'où vient tout cet amour?" (page 145)
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marysedepe81marysedepe8103 février 2011
C'est alors que, d'une voix où ne pointait aucune ironie, aucun dédain,aucun ascendant, aucune cruauté, elle me fit cette remarque : " je te demanderais de te jeter par la fenêtre, tu le ferais." On sait comment ça se passe, parfois on a l'instinct de tout prendre mal, c'est dans l'enfant en nous. Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu la force d'entendre qu'elle ne voulait pas m'agresser, qu'elle essayait de me dire autre chose, de constructif, quelque chose que je n'avais jamais voulu accueillir en moi. Et moi : " bien sûr que je le ferais, si tu me le demandais, ça voudrait dire qu'on serait au rez-de-chaussée...." J'eus son sourire céleste en hommage à ma maturité. Et je vis - je le jure- la paix tomber sur moi, la première main chaude de mon existence. La guerre que j'avais faite aux autres était terminée.
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TheomaTheoma07 janvier 2011
Non. Ce n'est pas pareil. L'enfant, vois-tu, ton projet c'est de le sortir de la dépendance. C'est plus qu'un projet, c'est une mission. Et attends, c'est plus qu'une mission, c'est l'avenir. Un enfant, c'est quelqu'un qu'on rend indépendant. Il te quittera, pour vivre. Il a des chances de vivre, même s'il est malade, même s'il s'en sort mal. Tu peux y croire. Jusqu'au bout, tu peux penser que s'il guérit, il est sauvé, que s'il a son bac, il est sauvé, que s'il sait se lier, il est sauvé. Alors que ta maman, où tu l'emmènes ? L'indépendance à venir, ce sera la tienne. Jusqu'au bout c'est toi l'enfant que ta mère autonomise. C'est elle, la mère. Laisse-toi chambouler, parce que, mon amie, ce qu'elle est en train de parfaire, c'est ton éducation.
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keishakeisha25 août 2010


"Maintenant qu'elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l'improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m'applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un met à tester. La manière dont une fleur s'ouvre: du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle."(...) Bien sûr son insouciance ne vaut que par mes responsabilités accrues, c'est moi qui dois penser aux détails et à l'évidence, je l'accepte. Elle m'a fait ce cadeau quand j'étais enfant, de me délivrer du poids du quotidien. Les frites délicieuses arrivent par miracle."
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fanfanouche24fanfanouche2416 octobre 2013
J'ai depuis peu des idées nouvelles, par exemple sur ce que ça veut dire "être présent". je pense sans cesse qu'un jour moi aussi je serai âgée, moi aussi je passerai un cap et je devrai m'en remettre à la bienveillance d'autrui. Lorsque ce jour viendra, qui dans ce monde pourra faire pour moi ce que je fais pour ma mère ? qui sera présent ? Qui me soutiendra quand, à mon tour, je serai une personne vulnérable ? Est-ce que je me tuerai un jour, pour cause de ce manque d'amour très particulier qui est le manque d'aide ? (p.9)
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