ISBN : 2246736714
Éditeur : Grasset (2010)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Les disparues de Vancouver

« Pourquoi sortir l'affaire des disparues de Vancouver au moment des Jeux olympiques ? Parce qu'elle en est le négatif absolu...

D'un côté, les cimes, la blancheur, la glace, l'exploit, la vitesse, les corps vainq... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par trust_me, le 31 mars 2012

    trust_me
    Le Downtown Eastside est le pire quartier de Vancouver. « Un quartier à haut risque en plein centre ville, un trou noir entre Chinatown et le quartier des affaires, un maelström urbain. » Les filles y vendent leurs corps pour payer leurs doses de crack et d'héroïne. Les premières disparitions datent des années 80. Des filles qui semblent se volatiliser et dont on ne retrouve jamais aucune trace. Les bad dates, les clients violents, elles en ont toutes rencontrées. Certaines sont parfois battues à mort mais au moins on retrouve les cadavres. Les disparitions, c'est autres chose. le problème c'est que la police ne s'intéresse pas à ces filles. La plupart sont des indiennes qui ont fugué de leur réserve, des anonymes dont personne n'a cure.
    En 2002 pourtant, un concours de circonstances va permettre d'élucider l'affaire. le pire serial killer d'Amérique du Nord est arrêté le jour où l'on retrouve six têtes de femmes dans son congélateur. 69 prostituées en tout sont tombées entre ses griffes. Lorsque l'affaire est révélée, l'onde de choc est monumentale. Pour l'opinion publique, la sentence est indiscutable et résonne comme un slogan : « honte au Canada ». L'inaction des élus et des forces de l'ordre est pointée du doigt. « Un quart des canadiens ont du sang indien dans les veines, les trois quarts restants ont du sang indien sur les mains. »
    Le procès s'est tenu de mai à décembre 2007. le coupable a été condamné à 25 ans de prison. « Depuis l'affaire, Vancouver se sent souillée, honteuse, meurtrie ». Même la tenue des jeux Olympiques d'hiver en 2010 n'a pas permis d'apaiser les tensions.
    Elise Fontenaille a choisi de rester au niveau de la simple chronique. Il y aurait pourtant eu matière à concocter une enquête beaucoup plus dense et fouillée en disséquant notamment la personnalité du tueur et la réalité sociologique du Downtown Eastside. Elle a préféré retracer les événements de ce terrible fait divers par le petit bout de la lorgnette en se focalisant sur l'histoire de Sarah, l'une des victimes. Un choix discutable qui me convient parfaitement et qui lui permet de rendre à ces filles l'hommage et la dignité qu'elles méritent. Son récit est aussi un cri de rage poussé contre le traitement réservé aux femmes indiennes. Les premières pages sont superbes, comme scandées entres deux sanglots. On pourra toujours reprocher à l'auteur de survoler la réalité des faits mais son témoignage m'est apparu émouvant et terrible, douloureux et nécessaire. le lecteur en sort fortement secoué, révolté et ému. C'est simple, ce petit texte m'a bouleversé.

    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/03/les-disparues-de-vanco..
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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 02 août 2010

    maevedefrance
    Tout commence autour d'une plaque commémorative dédiée à la mémoire de onze femmes où sont rassemblées "une centaine de femmes, la plupart indiennes" et "quelques hommes". le lecteur apprend que ces onze femmes ne sont pas mortes, du moins pas officiellement. "Elles ont juste disparu". Chacune leur tour, en se passant le talking stick, les personnes rassemblées là évoquent ces disparues : toutes ont en commun d'être des filles du Downtown Eastside, "le pire quartier de Vancouver", "le paradis des pédophiles" où s'entassent et survivent les junkies, très majoritairement indiennes, qui se livrent à la prositution pour se payer leur dose. Leur mystérieuse disparition a été signalée à la police. Mais celle-ci rechigne à mener une enquête. Alors, pour tenter de faire bouger les choses, Wayne Leng, l'amour de Sarah, une de ces disparues, a monté un site Internet qui leur est dédié : MISSING. "C'est devenu sa vie, il y travaille jour et nuit". Il est aidé par d'autres comme le georaphic profiler Kim Rossmo qui déclare ouvertement avant de quitter le pays que "si les Disparues avaient vécu dans les bons quartiers de Vancouver, si elles avaient été des femmes blanches convenables, la police ne serait pas restée aussi longtemps sans réagir, on aurait déjà arrêté le meurtrier".
    Wayne se transforme donc en enquêteur pour savoir ce qu'est devenue Sarah, sa "métisse de Black et d'Indienne", adoptée par une famille blanche libérale, qui aurait eu tout pour être heureuse si elle n'avait pas été victime du racisme et du rejet dès l'école. le récit prend une allure de thriller effroyable qui n'est pas sans rappeler les meurtres de Jack l'Eventreur (qui s'attaquaient à des prostituées). Les coups de fils anonymes à Wayne annonçant la mort de Sarah se multiplient. le nombre de disparues ne fait qu'augmenter, la peur gagne aussi les quartiers "blancs", la mairie de Vancouver jette quelques dollars pour tenter de calmer le jeu. Jusqu'au soir où Wayne reçoit l'appel téléphonique d'un homme l'informant d'une drôle de découverte dans un mobile home : des sacs tâchés de sang avec des cartes d'identité. Mais il faudra encore 2 ans et 69 victimes avant que la police ne mette son nez dans les affaires d'un fermier de Coquitlam et découvre son congélateur avec "six têtes de femmes et deux pieds aux ongles laqués sous chaque tête". le lecteur pense alors être arrivé au bout de l'horreur une fois le meurtrier arrêté. Mais non! Les Indiennes continuent de disparaître dans l'indifférence générale alors qu'il suffira d'un seul meurtre de femme blanche, la soeur d'un adjoint au maire de Vancouver, pour qu'on trouve la mise en garde suivante: "Ne courez pas seule dans les parcs de la ville de Vancouver, faites-vous accompagner." Alors que 69 femmes indiennes, et sans doute davantage, ont été assassinées de manière barbare, transformées en viande hâchée et mangées. "Une scène du crime comparable à un charnier du Kosovo après purification ethnique, à Ground Zero...". Ou encore qu'une seule femme blanche soit assassinée sur l'Autoroute des Larmes pour que les medias se déchaînent, alors que 29 Indiennes y avaient péri ou disparu.
    Dans ce récit tiré d'un fait divers réel, Elise Fontenaille dénonce sans détour les conséquences du laxisme des autorités canadiennes vis-à-vis des filles du Downtown Eastside et l'indifférence générale des "autres" citoyens canadiens : le génocide des Indiens par le meurtre de femmes. Pour elle, l'affaire Pickton n'est que la partie émergée d'un iceberg sanglant. Une affaire qui a ébranlé tout le Canada mais ne le rend pas moins coupable, une souillure honteuse . On ne tue pas 69 Indiennes parce que le climat est humide...
    Un récit-choc, au style fluide et simple, très documenté, sur les conditions sociales des Indiennes. Un livre dérangeant, qui donne la parole aux victimes, aux rescapées, aux amis et à leurs parents et qui sensibilise le lecteur à une réalité méconnue, à travers une affaire dont on a peu entendu parler en Europe, sauf erreur de notre part. Un livre dédié à la mémoire de Claude Levi-Strauss - et à toutes les Indiennes disparues - qui n'est évidemment pas un hasard. Un bel hommage à ces femmes que l'on n'entend pas.


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 2.00/5
    Par Yuko, le 21 mai 2012

    Yuko
    A travers la figure symbolique de Sarah, l'auteur retrace le calvaire de ces femmes oubliées. Une histoire vraie qui met en lumière les faiblesses et les failles de la société canadienne. La discrimination et l'indifférence y sont parfaitement dépeintes à travers des mots simples et une narration terrible. Un témoignage retentissant durant lequel on découvre la réelle condition de ces femmes à travers le regard bienveillant et inquiet des âmes qui les ont rencontrées. Un livre intéressant mais dont la terreur aurait pu être davantage appuyée par une écriture vive et plus affirmée.

    Lien : http://art-enciel.over-blog.com/article-les-disparues-de-vancouver-d..
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    • Livres 2.00/5
    Par oops, le 14 novembre 2010

    oops
    Je n'ai pas compris pourquoi l'auteur a fait un roman de ce fait divers macabre. Si encore, elle avait pris position en tant que femme ! Mais elle ne fait que survoler les conditions de vie des citoyennes indiennes, le laxisme insupportable des autorités canadiennes. J'ai eu l'impression de lire la page des faits-divers d'un journal à scandale. Bien sûr le sujet est dérangeant, surtout qu'au fond la plus grosse partie du livre concerne le "tueur boucher et sa famille", je m'attendais à un récit un peu moins voyeuriste. L'empathie de l'auteur m'a vraiment déçue :(,
    pour en savoir + sur ces disparues copier le lien, http://www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/02-11/pickton.asp
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    • Livres 5.00/5
    Par beeshop, le 13 avril 2010

    beeshop
    Ce livre raconte un fait divers dérangeant. Dérangeant car il est resté « confidentiel » à « cause » des victimes, des prostituées d'origine indienne du downtown eastside, une zone de nom droit de Vancouver, un quartier ressemblant à la cour des miracles que chacun préfère contourner et oublier. Ces crimes ne sont pas resté que confidentiel pour la presse et l'opinion publique, non, ces crimes ont également été ignoré par la police et les pouvoirs publiques de Vancouver. Soyez sur que si les victimes avait été des filles des quartiers chics cela aurait fait les gros titre et c'est ce qui m'a fait lire ce livre la rage au ventre. La rage de tant de vies détruites car elles semblent moins compter que d'autre !
    Durant des années de nombreuses femmes ont disparu de downtown eastside, leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Mais qui cela intéresse la disparition de prostitués toxicomanes ?
    Sarah était l'une d'elle mais Sarah avait un ami Wayne qui n'a jamais cru à une fuite comme disaient les flics. Il a tenté de faire bouger les choses et face à l'immobilisme des autorités il s'est lancé lui-même dans une enquête. Il a découvert que des dizaines de filles avaient disparu, il a monté un site internet pour diffuser ses informations et recueillir des témoignages.
    Après plusieurs années de mobilisation enfin les services de police s'intéresseront à l'affaire. Pickton, un éleveur de cochons, sera arrêté. Il sera découvert qu'il tuait les filles, les découpait et donnait leurs corps à manger à ses porcs.
    Ce livre relate un fait réel récent, un deuxième procès doit avoir lieu à Vancouver. Ce livre est dur, rageant, révoltant, au 21eme siècle, dans un monde qui se veut civilisé certaines vies valent plus que d'autres, certaines personnes peuvent disparaitre sans que cela n'émeuvent grand monde, il y a une justice des riches et une justice des pauvres. Ce livre rend hommage au combat de Wayne et à toute les victimes.

    Lien : http://mespetitesidees.wordpress.com/2010/10/03/les-disparues-de-van..
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Citations et extraits

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  • Par Yuko, le 21 mai 2012

    A Montréal, un groupe de femmes-artistes a peint une fresque sur un mur, dans une rue où les femmes tapinent. Elles les montre toutes ensemble, rassemblées, en marche.
    Le drame des Disparues a ébranlé le pays tout entier...
    Une onde de choc du Pacifique à l'Atlantique, jusqu'à la pointe de Gaspé : Honte au Canada.
    Entendu un soir dans un bar : "Un quart des Canadiens ont du sang indien dans les veines, les trois quarts restants ont du sang indien sur les mains." (...)
    Quand on parle de l'Affaire ici, la gêne est palpable. D'habitude les faits divers les plus sordides excitent les bavardages...
    Celui-là, on évite d'en parler.
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  • Par beeshop, le 04 avril 2010

    Sur le terrain, les fouilles sont longues, interminables, 300 000 échantillons prélevés, les restes de dizaines de femmes… Selon le chef des médecins-légistes embauchés, c’est une scène de crime comparable à un charnier du Kosovo après purification ethnique, à Ground zero… On n’est pas près d’identifier toutes les femmes charcutées ici… On n’est pas près d’en voir la fin, de ce charnier.
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  • Par beeshop, le 04 avril 2010

    Crab Park : une simple bande de gazon donnant sur le port industriel. Ici viennent les marins, les dockers… et aussi les filles de Skid Row, quand elles veulent se laver l’âme entre deux passes, en regardant l’océan, oubliant un instant le downtown eastside ; l’œil errant sur le gris ondoyant des vagues… Le Pacifique lave de tout, même des souillures de Skid Row.
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  • Par beeshop, le 04 avril 2010

    (…) Ca fait un bout de temps que je vis par ici. Plus longtemps que vous ne pensez. Je sais ce que c’est que la haine. Je hais tellement, et si fort, que ça consume mon âme. Jusqu’aux cendres. Je m’endors avec ma haine, elle est ma compagne, ma passion, elle sera une perte aussi. Elle est en moi au plus profond, elle veut que je la laisse sortir, mais je ne peux pas, j ne serais rien sans elle…
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  • Par chardonette, le 12 septembre 2010

    Tel prédateur n'ira jamais chez les riches, il choisira ses proies dans les quartiers pauvres, un autre évitera systématiquement les quartiers blancs, tel autre ne tuera que des noirs du ghetto... Un meurtrier ne frappe jamais au hasard.
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