Henry est un jeune chinois de 12 ans vivant aux Etats-Unis. Envoyé dans une école de blancs pour la fierté de son père, il y rencontre Keiko, japonaise de son âge. Il habite à Chinatown, et elle à Nihonmachi (ce qui signifie « Japon Ville » en japonais), deux quartiers proches. Ils deviennent amis et complices.
En 1942, la condition des japonais aux Etats-Unis est très incertaine puisque l'attaque de Pearl Harbord est très fraîche dans les esprits. de plus, ils sont en guerre contre la Chine. Tout ceci n'est pas pour plaire au père d'Henry qui désapprouve fortement la proximité d'une japonaise vis-à-vis de son fils.
Quarante ans plus tard, Henry découvre que l'hôtel Panama, situé dans l'ancienne Nihonmachi, recèle de trésors, souvenirs cachés des japonais de l'époque de guerre. Y voyant une chance de retrouver des souvenirs de Keiko et sa famille, il y va et emmène avec lui son fils et sa future bru. Son fils Marty va découvrir un père tel qu'il ne le soupçonnait pas.
En parallèle aux problèmes sino-japonais, nous avons Sheldon, saxophoniste noir et meilleur ami d'Henry. Il jouera un rôle très important pour Henry en étant le grand frère, l'avis adulte qu'il n'obtient pas de la part de sa famille.
Ce livre est avant tout une histoire de grande amitié. Une amitié fusionnelle entre deux personnes que le destin n'aide pas par rapport à leurs différentes origines.
Etant pro-Japon, j'ai bien entendu un parti pris, mais je vais parler ici de manière factuelle, ne racontant que de ce dont le livre parle.
Via ce roman, on se rend compte des différents degrés de relations qui existent dans les familles chinoises et japonaises. Côté Chine, l'honneur ne peut être bafoué sous peine d'être renié. le père fait office d'autorité absolue. L'ennemi ne doit être côtoyé sous aucun prétexte, même s'il est à des milliers de kilomètres de l'endroit de la guerre. Même si l'on a douze ans. Côté Japon, on est plutôt dans l'unité familiale. le respect habite les différents membres de la famille les uns envers les autres; famille qui accepte Henry, même s'il est chinois. Après, tout est relatif, car il y a également des différences générationnelles. En effet, le père d'Henry est né et a grandi en Chine donc il est toujours « chinois dans sa tête et son cœur ». le père de Keiko est quant à lui né au Etats-Unis (c'est son propre père qui est venu du Japon). Il est donc sorti de l'état d'esprit d'un Japon plus traditionnel de l'époque. La plus grande différence entre ces deux familles réside dans la communication entre ses membres.
Ce livre, mêlant les années 1942 et 1986, est une pure merveille. L'écriture y est délicate et l'auteur sait manier les sentiments de ses personnages quels qu'ils soient (on arrive à comprendre le comportement du père d'Henry, sans l'approuver complètement). Les faits sont décrits sans parti pris, ce qui renforce la véracité d'une telle situation. Car même si les personnages sont fictifs, il n'y a aucun doute que des évènements similaires se sont déroulés durant la guerre.
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