ISBN : 2070136604
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Il existe des milliers de manières de raconter comment, quand vient le dégoût des fables faciles et trop bien faites, lorsque renaît la lassitude devant les contes conçus pour le seul divertissement des lecteurs, quels que soient le l... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par valetudinaire, le 28 septembre 2011

    valetudinaire
    « Je & Moi », c'est ainsi que se présente le numéro 598 de la NRF, comme, évidemment, témoignage contemporain de l'autobiographie et ses nombreux dérivés qui prennent un essor considérable à une époque comme la notre se nourrissant de tout cela plus que de raison, mais également comme ce qu'un tel sujet peut amener comme réflexions sur la réalité, la témoignage, la fictionnalité, et l'H/histoire.
    Il faut réinvoquer les grandes figures théoriques : Lejeune ; puis Doubrovsky, qui développe, peut-être plus clairement d'ailleurs, son principe d'autofiction, mot sujet à bien des débordements. Car si l'on en croit la critique, tout, aujourd'hui, est autofiction.
    « le roman vise le vrai. C'est pourquoi l'autofiction n'est peut-être que le nouveau nom sous lequel s'exprime la vieille et nécessaire exigence, toujours renaissant, du réalisme romanesque. » Philippe Forest
    « L'écriture tente de rendre la fragmentation, la brisure du moi, l'impossibilité de le retrouver dans une belle unité harmonieuse. » Serge Doubrovsky
    L'autofiction serait-elle devenue ce pont entre le récit fictionnel (roman par exemple) et le récit factuel de l'autobiographie ou du récit historique. L'expression du « vrai » tel qu'il est, et non tel qu'il pourrait être inspiré, dans un récit fictif. Viser le vrai dans le récit et alors avoir l'objectivité de dire que, oui, mon « Je » présente les choses telles qu'elles sont, sans forcément faire intervenir mon « Moi » qui les altère et se les approprie.
    « Et quand l'on objecte à de tels écrivains que l'expérience leur manque qui seule donnerait son autorité au témoignage qu'ils présentent, alors même que l'instant d'avant ils invoquaient la vérité, ils se replient aussitôt derrière la ligne de défense inverse, revendiquant en vrac et sans les soumettre à l'examen le droit sacré de la littérature à la fiction […] » Philippe Forest
    D'ailleurs, l'Histoire, avec sa grande H pour faire revenir Perec dans le débat, et cette histoire bouleversante de la Shoah, qui inspira ce travail de revendication, dans une période où l'identité s'était perdue : Modiano, Perec (justement), Semprun, etc. Où, de fait, peut-être, veut-elle déborder partout pour ne pas être oubliée par la suite, poussée par cette révolution psychologique qu'est la psychanalyse, et qui d'ailleurs engendre un nombre d'oeuvres encore beaucoup plus vaste dans le temps : Sarraute, Leiris, Doubrovsky, Joyce, Ernaux etc.
    Mais à force de le voir partout, ce « Moi », ne devient-il pas, dans le cas d'une maitrise soit faible, soit absente, un dégoulinant nappage sur n'importe quel récit, fadasse, ne faisant parler le « Moi » que pour ce qu'il représente à l'écrivain, mais n'ayant aucune démarche de partage et d'universalité.
    « […] mais souvent si personnel que son auteur semble être le seul à pouvoir le lire sans gêne, ou du moins sans dictionnaire (un dictionnaire de clins d'oeil culturels, comme il existe des dictionnaires de rime, ou des catalogues de citations) ». J'étais chaussé pour la saison. » Fabrice Gabriel
    « Parce que soi, ce n'est pas moi, c'est chacun de nous. » Camille Laurens
    C'est le sentiment qui en ressort en tout cas du texte de Madame Angot, qui, hormis pour parler de sa mort et de ses propres petits problèmes d'écriture qui, excusez-moi du peu, compte-tenu de son oeuvre actuelle, n'intéressent malheureusement pas grand monde, ne cherche pas à aller au-delà, à élever le débat. A n'en conclure son article que sur son « Moi & Moi ». Et au diable le récit, tant que je peux y mettre mon « Moi » qui me parait fondamental.
    « Faire appel à la fiction pour combler les manques d'une histoire véridique peut se justifier dès lors qu'on la présente comme un moyen d'essayer d'approcher l'indicible. » Jean Rouaud
    Le « je autobiographique » est une figure mouvante qui au moment de l'écriture est déjà différente de celui dont on parle (énoncé / énonçant), mais qui a en plus des facettes multiples dont l'auteur lui-même n'a pas conscience. On peut le mettre à distance, ne pas le considérer, ou faire avec, le placer dans des contextes qui ne nous ressemblent pas, pour pouvoir, peut-être, l'approche davantage, le saisir.
    Face à tout cet égo ouvertement exprimé, qu'en dirait Gide ?
    « […] révélant peut-être du même coup que toute vérité ne vient jamais à nous que sous l'apparence d'une fiction, que c'est à travers le fictif que toujours se manifeste le vrai. » Philippe Forest
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Critiques presse (2)


  • NonFiction , le 14 décembre 2011
    Ce numéro spécial de la NRF explore les écritures du “je” dans toute leur complexité, en donnant la parole aux universitaires mais aussi aux écrivains qui font la littérature d’aujourd’hui.
    Lire la critique sur le site : NonFiction
  • LeMonde , le 09 décembre 2011
    Le maître d'oeuvre de la NRF a convoqué un aréopage fort contemporain pour traiter de la fameuse question dite de l'autofiction, dont la fortune théorique est inversement proportionnelle à la qualité de ses fruits. Que de thèses, de colloques, de traités, d'essais, de polémiques, pour une si faible production littéraire ! A croire que la pratique n'était tolérée que pour mieux illustrer la théorie.
    Lire la critique sur le site : LeMonde






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