ISBN : 2070321088
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. Lorsqu'il l'écrit, Kobayashi Issa vient de perdre son unique enfant : oui, tout est néant, dit-il. Mais mystérieusement, Issa ajoute à son poème ce dernier mo... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    « Mais je parle simplement pour ceux qui savent. » Je ne sais pas et sans doute ne puis-je véritablement comprendre ou même partager tout ou partie de ce qui a conduit Philippe Forest à écrire ce roman et Sarinagara
    Au-delà des informations fournies sur trois artistes japonais les messages de l'auteur sont nombreux, touchent juste, parfois font mal.
    Hideuse et tellement belle, la vie, la nature des choses, la nature des êtres. Insupportable parfois et toujours supportée, même quand elle touche à l'atroce, au plus cher de soi, la vie est là et nous oscillons entre le souvenir et l'oubli.
    Difficile d'en dire beaucoup plus.
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    • Livres 5.00/5
    Par phildec, le 28 avril 2012

    phildec
    Récit émouvant qui mêle, avec harmonie, quatre histoires qui se répondent : celle du poète Kobayashi Issa, du romancier Natsume Sôseki, du photographe de guerre Yamahata Yosuke et de l'auteur, Philippe Forest, en résidence — ou plutôt en exil — au Japon après la mort de son enfant. Une plume précise et délicate pour raconter le malheur, la peine, la vie.
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 04 mai 2010

    Oui, il y a la longue et interminable douleur de vivre, la fatigante routine du corps laissant passer sur lui les jours, la torture du temps et son lent travail d'effroi, toutes les affections les plus vraies une à une défaites, l'affolante solitude sur le versant le plus noir de la nuit ouverte et puis, dans la lumière verticale d'un matin indifférent, le corps aimé allongé et sans vie d'une enfant. Nul n'est censé ignorer tout cela. Pourtant, le dernier mot n'est pas tout à fait dit. Malgré la vérité, dans l'infini du désir, quelque chose insiste encore quand tout est terminé.
    Tout est néant, bien sûr. Mais Issa ajoute : cependant
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  • Par Neigeline, le 04 mai 2010

    Mais je parle pour ceux qui savent. Et je me soucie peu que quiconque vienne juger cette forme que j'ai donnée à ma vie. Possible et impossible, survivre a eu lieu. Telle est l'épreuve et l'énigme. Il y eut ce jour, cette nuit, puis ce jour encore où rien de ce qui faisait la nuit précédente n'a pourtant disparu et nous voici à nouveau, égarés quelque part en plein soleil; sans comprendre du tout pourquoi, debout dans la lumière d'un rêve, impardonnables et pourtant innocents, nous qui sommes vivants.
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  • Par phildec, le 28 avril 2012

    Enfin, le soleil s'est levé. Il y a eu les grandes traînées habituelles de couleurs vives qui déchirent horizontalement le ventre du ciel et lui font au flanc de longues plaies inégales, roses, rouges et jaunes, d'où dégouline la matière encore informe du jour, lourde, tombant par taches sur la terre, la lumière investissant doucement le paysage et s'accrochant à tel ou tel de ses reliefs jusqu'à ce que — et personne ne peut jamais saisir l'instant exact où la chose se produit enfin — les morceaux épars du monde se rejoignent et recomposent le spectacle ordinaire de la vie. Ce qu'il voyait ? En un mot, toute la fade poésie céleste qui indique au regard le perpétuel recommencement du temps. (p 261)
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  • Par phildec, le 28 avril 2012

    La légende raconte comment une femme rendue folle par la mort de son enfant, son cadavre encore serré dans ses bras, se mit en quête du Bouddha pour apprendre de lui la raison de son malheur. Avec compassion, le regard perdu dans le vide, tout désir éteint en lui, flottant déjà dans le grand néant où chaque douleur s'apaise, l'homme saint contempla la jeune mère et il l'interrogea : ne savait-elle pas que tout ce qui naît doit un jour mourir et que donnant le jour à son enfant, elle le promettait déjà à la nuit du tombeau ? La légende raconte qu'apaisée, la mère abandonna le petit cadavre aux flammes du bûcher et qu'elle se rendit ensuite à la grande clarté toujours vive de la vérité. (p 91)
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  • Par Neigeline, le 04 mai 2010

    En épigraphe :
    "Monde de rosée
    c'est un monde de rosée
    et pourtant pourtant"
    Kobayashi Issa
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