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ISBN : 2070321088
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. Lorsqu'il l'écrit, Kobayashi Issa vient de perdre son unique enfant : oui, tout est néant, dit-il. Mais mystérieusement, Issa ajoute à son poème ce dernier mo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 21 octobre 2012

    ivredelivres
    Un livre superbe que Philippe Forest baptise roman mais qui apparaît comme un objet littéraire qui tient tout autant de l'essai, de la biographie ou du Journal.
    Dans un roman précédent L'enfant éternel l'auteur a raconté comment Pauline leur fut enlevée à l'âge de 4 ans après des mois de souffrance.
    Après ce deuil « le Japon nous est apparu naturellement comme le lieu vers où aller au lendemain de la mort de notre fille ».
    Ce voyage et ce séjour au Japon va servir de fil rouge à ce livre, fil rouge qui va réunir un poète, un romancier et un photographe japonais.

    Trois hommes, trois vies qui sont elles aussi ébranlées par la perte de proches, d'enfant, ou par la position de témoin
    Le premier le poète Kobayashi Issa le maître du haïku qui vit dans un Japon « qui a fermé ses frontières » dont la « vie est une longue errance, les voyages à travers le pays, la poésie, des poèmes par centaines et à côté d'eux, tout juste le labeur banal du malheur, de la misère. »
    Philippe Forest nous présente le poète qui fait face au malheur, à l'écoulement du temps car « la poésie est le sentiment du temps » et qui cependant va être « le poète de la vie, des enchantements d'enfants et des éveils émerveillés dans la nature »
    Nous sommes au monde
    Et nous marchons sur l'enfer
    Les fleurs le répètent

    Toute sa vie de vagabond, de père attendri et meurtri, entre dans ses poèmes car dit Issa « si la poésie ne parle pas de ce monde alors elle n'est rien. »

    Venons maintenant au romancier, Natsume Sôseki le père du roman japonais jamais remis de la mort de son premier enfant, évènement qui va inspirer son travail.
    Cet écrivain, contemporain de Proust et de Kafka, écrit des livres étranges en particulier pour nous européens, romans qui témoignent d' « une sorte d'effarement devant le mouvement s'accélérant du temps » .
    Sôseki qui connaît l'exil en Europe, se marie de retour au Japon et « comme le malheur est patient » il voit disparaitre la plus jeune de ses filles, mort qu'il raconte dans un roman dont le sens du titre est « à l'équinoxe et au-delà (…) car il n'y a pas de raison pour un romancier que tout s'achève avec la vie. »

    Le troisième homme est photographe, Yamahata Yosuke fut envoyé à Nagasaki immédiatement après l'explosion atomique et il rapporta des photos des ruines et des victimes.
    Le 6 août est son anniversaire, il a vingt huit ans, il est affecté à une base comme photographe, parviennent des rumeurs de choses terribles qui se seraient produites, il n'est qu'à 160 km de Nagasaki et ses supérieurs l'y expédient pour faire des photos qui témoignent de l'explosion.
    Il atteint « l'extrême limite au delà de laquelle plus rien n'existe »
    Yamata « dut éprouver à quel point paraissent irréelles les choses les plus vraies »
    Il fait des clichés des vivants et des morts, il dit n'avoir éprouvé aucune émotion, aucune pitié « c'est seulement plus tard que sont venus la souffrance et la honte ».
    Ces photos furent longtemps tenues cachées, mais Yamata décida de les conserver, de les sauver.
    A travers ses trois vies bouleversées par la perte, l'écriture ou les photos servirent de planche de salut comme l'écriture servit de tuteur à Philippe Forest.

    Le titre de ce livre grave Sarinagara signifie : pourtant, cependant, chute d'un des Haïkus les plus célèbres d'Issa Kobayashi.
    Ce livre exigera de vous un effort de lecture, il délivre un message non d'oubli mais d'apaisement. Une écriture portée à la fois par une douleur indicible et par la volonté de choisir le chemin de la sérénité.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/10/06/sarinagar..
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    • Livres 4.00/5
    Par JaneEyre, le 23 novembre 2013

    JaneEyre
    Un livre merveilleux... Il met en parallèle des drames collectifs et des drames individuels. Ne connaissant pas vraiment la littérature ou l'histoire japonaise, j'avais peur d'etre perdue en ouvrant ce livre, mais finalement peu importe de connaître ou non le Japon, ce qui compte c'est l'approche de l'auteur et ce "cependant" qui revient toujours. En effet, ce livre évoque les moments les plus sombres de l'histoire collective (les bombes atomiques...) et l'histoire individuelle (le drame de la perte d'une proche...) tout en rappelant, d'une manière très douce, qu'il existe un "cependant" et que la vie prendra le dessus... Un roman à offrir aux personnes dans la souffrance, ou à lire quand vous traversez une période difficile.
    Un roman très poétique et qui frappe en plein cœur quand on pense aux événements auxquels l'auteur à du faire face.... Un bijou d'humanité.
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    « Mais je parle simplement pour ceux qui savent. » Je ne sais pas et sans doute ne puis-je véritablement comprendre ou même partager tout ou partie de ce qui a conduit Philippe Forest à écrire ce roman et Sarinagara
    Au-delà des informations fournies sur trois artistes japonais les messages de l'auteur sont nombreux, touchent juste, parfois font mal.
    Hideuse et tellement belle, la vie, la nature des choses, la nature des êtres. Insupportable parfois et toujours supportée, même quand elle touche à l'atroce, au plus cher de soi, la vie est là et nous oscillons entre le souvenir et l'oubli.
    Difficile d'en dire beaucoup plus.
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    • Livres 5.00/5
    Par Taneda, le 26 février 2013

    Taneda
    Récit poétique, dramatique, troublant, des états d'âmes d'un voyageur au Japon : A Tôkyô, Kyôto et Kôbe, l'auteur fait état des ses impressions et sentiments intimes, particuliers dans le contexte qui l'a conduit dans l'archipel, sans tomber dans une banale description. Récit entrecoupé et articulé de 3 volets consacrés à trois "artistes" nippons, témoins et narrateurs de 3 époques et 3 styles : Kobayashi Issa le poète, Natsume Sôseki le romancier et Yamahata Yosuke le photographe. Reste au lecteur à analyser, comprendre le sens de ce texte ou bien à se laisser simplement porter par la beauté des mots et Philippe Forest...
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    • Livres 5.00/5
    Par moertzombreur, le 24 septembre 2014

    moertzombreur
    A travers trois portraits : ceux de Kobayashi Issa ( 1827), maître du haïku ; Natsume Sôseki ( 1917), pionnier du roman japonais moderne ; et Yamahata Yosuke ( 1966), photographe dépêché à Nagasaki juste après l'explosion nucléaire d'août 45, Forest nous offre une méditation intime sur le thème de la disparition. Il nous parle, de nouveau, de la perte de sa petite fille, dans un style magnifique, épuré à l'extrême, où chaque mot exprime une parole suffoquée.
    " Ecrire fut ma manière à moi de méditer l'oubli, de le laisser s'étendre afin de conserver interminablement vivante en lui la mémoire exclusive d'aimer ".
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 04 mai 2010

    Oui, il y a la longue et interminable douleur de vivre, la fatigante routine du corps laissant passer sur lui les jours, la torture du temps et son lent travail d'effroi, toutes les affections les plus vraies une à une défaites, l'affolante solitude sur le versant le plus noir de la nuit ouverte et puis, dans la lumière verticale d'un matin indifférent, le corps aimé allongé et sans vie d'une enfant. Nul n'est censé ignorer tout cela. Pourtant, le dernier mot n'est pas tout à fait dit. Malgré la vérité, dans l'infini du désir, quelque chose insiste encore quand tout est terminé.
    Tout est néant, bien sûr. Mais Issa ajoute : cependant
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  • Par Austral, le 05 septembre 2014

    En vérité : le haïku est un art sans autre mystère que la confusion entretenue autour de lui par l'exotisme spiritualiste des philosophes, des poètes et des autres esprits religieux d'Orient et d'Occident. C'est pourquoi il y a une grande ironie à le voir devenu en Europe le refuge même de l'idéalisme poétique quand, historiquement, au Japon, c'est précisément en rupture avec un tel idéalisme qu'il s'est d'abord constitué.
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  • Par Neigeline, le 04 mai 2010

    Mais je parle pour ceux qui savent. Et je me soucie peu que quiconque vienne juger cette forme que j'ai donnée à ma vie. Possible et impossible, survivre a eu lieu. Telle est l'épreuve et l'énigme. Il y eut ce jour, cette nuit, puis ce jour encore où rien de ce qui faisait la nuit précédente n'a pourtant disparu et nous voici à nouveau, égarés quelque part en plein soleil; sans comprendre du tout pourquoi, debout dans la lumière d'un rêve, impardonnables et pourtant innocents, nous qui sommes vivants.
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  • Par phildec, le 28 avril 2012

    Enfin, le soleil s'est levé. Il y a eu les grandes traînées habituelles de couleurs vives qui déchirent horizontalement le ventre du ciel et lui font au flanc de longues plaies inégales, roses, rouges et jaunes, d'où dégouline la matière encore informe du jour, lourde, tombant par taches sur la terre, la lumière investissant doucement le paysage et s'accrochant à tel ou tel de ses reliefs jusqu'à ce que — et personne ne peut jamais saisir l'instant exact où la chose se produit enfin — les morceaux épars du monde se rejoignent et recomposent le spectacle ordinaire de la vie. Ce qu'il voyait ? En un mot, toute la fade poésie céleste qui indique au regard le perpétuel recommencement du temps. (p 261)
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  • Par phildec, le 28 avril 2012

    La légende raconte comment une femme rendue folle par la mort de son enfant, son cadavre encore serré dans ses bras, se mit en quête du Bouddha pour apprendre de lui la raison de son malheur. Avec compassion, le regard perdu dans le vide, tout désir éteint en lui, flottant déjà dans le grand néant où chaque douleur s'apaise, l'homme saint contempla la jeune mère et il l'interrogea : ne savait-elle pas que tout ce qui naît doit un jour mourir et que donnant le jour à son enfant, elle le promettait déjà à la nuit du tombeau ? La légende raconte qu'apaisée, la mère abandonna le petit cadavre aux flammes du bûcher et qu'elle se rendit ensuite à la grande clarté toujours vive de la vérité. (p 91)
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Yves Depelsenaire - L'envers du décor ou L'art et la guerre toujours recommencée .
Yves Depelsenaire vous présente son ouvrage "L'envers du décor ou L'art et la guerre toujours recommencée" aux éditions nouvelles Cécile Defaut. Préface Philippe Forest. http://www.mollat.com/livres/depelsenaire-yves-envers-decor-art-guerre-toujours-recommencee-9782350183480.html Notes de Musique : Dexter Britain/Creative Commons Volume. 5/05 The War In My Head. Free Music Archive.








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