> Julie Marcot (Traducteur)

ISBN : 2350871533
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (2011)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
En 1935, la belle Gerta Pohorylle, Juive allemande,
fuit son pays pour la capitale française. Gravitant dans des cer-
cles intellectuels de gauche, elle y rencontre le tout jeune An-
dré Friedmann, Hongrois antifasciste vantard et infiniment sé-
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 26 mars 2012

    IreneAdler
    La "préhistoire" de Robert Capa, son invention et quasiment l'invention du photo -journalisme. Ce ne sont plus les soldats qui prennent les photos du front, mais les journalistes aux côtés des soldats, mourant parfois pour une image. Capa y prendra la photo qui le rendra célèbre, Mort d'un soldat républicain ; photo qui le laissera rongé de culpabilité.
    Roman assez court, En attendant Robert Capa n'en est pas moins une évocation assez brillante du Paris des années 1930, entre masse cosmopolite des réfugiés,, troubles politiques, et bouillonnement intellectuel ; Gerta et André y croisent et y côtoient Hemingway, André Breton, Henri Cartier-Bresson... Tous ceux qui feront la légende de la capitale entre les 2 guerres. Et évidemment la guerre d'Espagne, avec ce qu'elle a de désespéré et d'héroïque pour ceux qui la vievent et y participent. le sentiment d'isolement d'un pays qui est la répétition et le terrain de test de ce que sera la guerre à venir, la grande, la mondiale.
    Roman sur la photographie également, sur le futur de Capa, sur les futures photos emblématiques d'un évènement et leurs conséquences sur la vie de leur auteur. Une sorte de théorie de la photographie telle que la vivait Capa et sa compagne Taro.
    Roman d'amour enfin, entre deux caractères bien trempés, entiers qui tous deux ont déjà vécu la peur et l'horreur dans leur pays d'origine et qui n'osent se laisser aller. C'est également la peur de devoir d'effacer derrière un homme qui pousse Gerta/Gerda à partir seule sur le front, au mépris du danger. Pour ne pas laisser cet amour la dévorer ; pour ne pas dévorer cet amour.
    C'est un roman qui ne laissera pas forcément un souvenir impérissable mais dont le sujet est original : la naissance du photo-journalisme et de son représentant le plus emblématique. de nombreuses digressions, sur Capa ou la photographie en général, émaillent le texte : elles sont intéressantes, mais ralentissent parfois l'intrigue.
    Une écriture claire, concise, sans fioritures ni dialogues inutiles.
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  • Par gromit33, le 22 décembre 2011

    gromit33
    Ce roman nous entraîne sur les pas de Robert Capa, mais Robert Capa, au départ de cette aventure, était un couple. Ainsi nous découvrons Gerta Taro, jeune exilée allemande à Paris dans les années 30. Elle rencontre alors André Friedman qui l'initie à la photographie. Ensemble ils photographient le Paris de l'avant deuxième guerre mondiale. Dans ce milieu des exilés, ils fréquentent les cercles politiques et intellectuels de ce Paris foisonnant de ces années d'entre deux guerres. Ils travaillent alors ensemble sous le patronyme de Robert Capa, pour plusieurs agences de photo. Dès le début de la Guerre d'Espagne, Gerta et Robert Capa suivent les combats des brigades internationales aux côtés des combattants républicains. Leurs photographies feront alors le tour du monde et resteront des symboles de cette guerre civile. Capa y gagnera une notoriété internationale et Gerta restera dans l'ombre. Elle sera tuée en 1937 lors de combats près de Madrid.
    Le roman de Susana Fortes nous raconte cette vie romanesque et décrit très bien le climat politique et intellectuel de cette époque et c'est surtout un bel hommage à cette jeune femme photographe, femme de conviction et de courage.
    Il faut ensuite lire le livre de François Maspero, « l'ombre d'une photographe » qui est aussi un beau portrait de cette femme.
    L'adaptation de ce roman espagnol au cinéma est prévu prochainement avec Eva Green dans le rôle de Gerta Taro, qui sera, je l'espère, un bel hommage à cette photographe.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 09 août 2011

    chocobogirl
    Si tout le monde a entendu parler du photographe Robert Capa, il n'en est surement pas de même de Gerta Porohylle, qui fut sa compagne.
    Gerta est une juive qui a fuit la Pologne fascisante pour se réfugier à Paris en 1935. Vivant avec son amie Ruth, elle fréquente les intellectuels de gauche et les autres réfugiés. Vivotant de petits boulots, elle fait la rencontre d'un certain André Friedmann, photographe hongrois, pour qui elle va servir de modèle. Les 2 jeunes gens sympathisent et André, accompagné de son ami David Seymour (dit Chim), va initier Gerta à la photographie.
    Leur relation va évoluer lentement pour aboutir à un amour passionné qui mènera les 2 photographes sur les terres espagnoles en pleine guerre civile.
    En attendant Robert Capa est finalement une version romancée de la vie de Gerta et de André. Nous allons les suivre de leur rencontre à la mort tragique de l'un d'eux.
    Gerta, jeune femme timide, peine tout d'abord à s'attacher à André. Son ami Georg parti en Russie occupe toujours son coeur. POurtant, elle se laisse peu à peu séduire par cet homme passionné qui l'initie à son art. Découvrant les techniques photographiques, Gerta finit par s'investir au côté de cet homme dont elle va choisir de prendre en main la carrière. Les exilés sont nombreux à s'être fait photographe et il est difficile de se faire remarquer. Gerta a alors l'idée de proposer leurs photos sous pseudonymes américains. Désormais André est Robert Capa tandis que Gerta prend le nom de famille de Garo. Se faisant passer pour son manager et attisant le "mystère", elle contribue à son succès. Leurs reportages se multiplient et bientôt, ils partent en Espagne où la guerre civile et la résistance des républicains, par leur symbole de résistance aux fascismes, est synonyme d'engagement politique. Une guerre qui leur offrira leurs plus célèbres clichés mais sera aussi synonyme de drame...
    Quel roman passionnant que celui-là ! Mélangeant romance, histoire et photographie, l'auteur a réussit à donner vie à cette histoire d'amour tout en lui donnant un contexte historique fort bien documenté.
    S'appuyant sur les détails connus de la vie des 2 amants, Susana Fortes embarque son lecteur dans la tourmente d'une Europe menacée par les fascistes de tout ordre.
    Au début, le lecteur découvre le Paris des années 30, une certaine douceur de vivre et sa richesse intellectuelle mais aussi le racisme ambiant auquel doit faire face Gerta qui voit son appartement vandalisé. Puis, en suivant le couple en Espagne, c'est toute l'horreur et l'absurdité de la guerre civile qui apparait. L'engagement de Gerta et de Robert est fort : ils n'hésitent pas à prendre des risques, à approcher au plus près le front pour rapporter les preuves photographiques de ce qui s'y passe.
    Tout au long du récit, l'auteur n'hésite d'ailleurs pas à évoquer certaines photos réelles des 2 amants et donnent ainsi un réalisme certain, comme un certain éclairage ou une explication quant à leur contexte ou à leur répercution. La plus célèbre photo de Capa, montrant un milicien républicain fauché en pleine action, est ici donné comme un véritable traumatisme pour son auteur, donnant ainsi une résonance tout autre à un cliché qui a fait le tour du monde.

    Face à la violence du monde, leur amour fait contrepoint et va se révéler finalement passionné, et parfois même houleux. Construisant des personnages denses et complexes, l'auteur nous offre de vrais figures mythiques pour lesquelles, malgré leurs défauts, on ne peut que s'attacher et éprouver de l'admiration pour leur ténacité et leur courage. On croisera à l'occasion dans le texte d'autres figures célèbres qui ne font qu'accentuer le côté réaliste du roman. Sera évoqué aussi une fameuse valise contenant des négatifs et des clichés de Gerta et Capa, perdue dans les méandres de l'histoire. Valise qui a été redécouverte en 2008 !
    Vous l'aurez compris, j'ai vraiment adoré ce roman qui touche à des sujets qui me touchent. On ne peut que vibrer face à la destinée tragique de Gerta, devant la souffrance de Capa face à sa disparition. On ne peut que se passionner pour la vie de ces photographes reporters qui bravent le danger pour mieux informer le monde. En attendant capa est un formidable roman qui révèle l'intimité d'un couple et nous fait découvrir plus particulièrement Gerta Taro, compagne quelque peu oubliée dont les photographies se mélangent parfois à celle de son compagnon, tant leur union était forte.
    Une femme forte et volontaire qui m'a fasciné !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-en-attendant-robert-ca..
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    • Livres 5.00/5
    Par Guylaine, le 13 février 2011

    Guylaine
    J'ai choisi ce livre dans l'opération masse critique parce que, comme tout le monde, je connaissais et j'appréciais les clichés, ou plutôt certains clichés du célèbre photographe Robert Capa (André Friedmann), mais guère plus que ces images.
    L'auteur, Susanna Fortes, réussit dans cet ouvrage à le faire vivre sous nos yeux, lui et celle dont il est tombé fou amoureux, celle qui lui a donné le nom sous lequel nous le connaissons : Gerta Pohorylle.
    Elle nous entraine au milieu des années 30, nous présente cette jeune femme, libre et farouche, nous décrit leur rencontre, leur passion, leur vie, comment il lui apprend la photographie, comment elle s'occupe de sa carrière... Ce sont deux héros, au sens romanesque du terme.
    J'ai particulièrement apprécié la façon dont elle nous guide dans leur quotidien, faisant un bond dans le futur (à la mort du père d'André par exemple) et nous ramenant à leur présent à eux, sans jamais nous égarer, en douceur.
    Elle peint ce couple avec talent, les fait vivre, charnels, passionnés... Et en même temps elle décrit cette période charnière et trouble, par petites touches de pinceaux.
    Tout au long de ma lecture j'ai eu envie d'aller chercher de nouvelles images, ne pas rester sur les 3, 4 clichés que nous connaissons tous, et mon regard a été différent.
    Rien que pour ça... merci madame Fortes !
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    • Livres 5.00/5
    Par Fleur, le 21 février 2011

    Fleur
    J'ai été très intriguée par le titre en le voyant dans la liste de l'opération masse critique. Des images de Robert Capa, grand photographe de guerre, j'en avais en mémoire, en revanche, je connaissais peu sa vie et encore moins celle qui l'a aimé et suivi : Gerta Pohorylle. J'ai donc été ravie de me plonger dans la vie de cet homme et de cette femme à travers ce récit romancé.
    Récit passionné et passionnant Susana Fortes publie ici un très beau roman. Parfaitement documentée, elle réussit à nous faire entrer au cœur de leur histoire d'amour et de leur soif de liberté. On parcourt les routes avec eux, vibrant à chaque instant et craignant pour leur vie souvent. C'est un roman vraiment riche en émotions, intense, où on en oublierait presque pendant quelques heures notre quotidien pour vivre cette fabuleuse histoire avec eux.
    J'ai adoré ce roman où j'ai cru être propulsée dans cette époque, en train de sillonner les routes armée d'un appareil photo à l'affût de ce que l'on appelle l' « instant décisif ». Il m'a donné aussi envie de me replonger dans l'œuvre photographique de Capa et d'en savoir un peu plus sur les clichés pris par Gerda, rien que pour ça ce roman est une vraie réussite !
    Traduit en douze langues, il va bientôt être adapté au cinéma. Un best-seller, A lire !
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 07 mai 2011

    André n'y réfléchit pas à deux fois. Il s'élança dans la barge de débarquement avec deux appareils autour du cou. Un Leica et un Rolleiflex. Ensuite, il regarda vers la plage pour tenter de calculer la distance et la profondeur où ils voguaient. En face, six kilomètres de sable jonché de mines. Omaha Beach. Personne n'avait expliqué à ces gamins ce qu'ils veanient foutre là. Juste qu'ils devaient sauver l'Europe des griffes des nazis. Alors qu'ils approchaient du rivage, il fit un clin d'oeil à un tout jeune soldat américain de la compagnie E du 116ème régiment d'infanterie et voulut lui donner du courage: "On se voit là-bas, gamin."
    Quelques minutes plus tard, l'univers volait en éclats. La majorité de ces gosses n'avaient pas vingt-deux ans. Ils furent abattus avant même de pouvoir poser un pied sur le sable.
    André fut le seul photographe à débarquer avec la première vague. Il s'était enrôlé comme volontaire avec le 116ème.
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  • Par kathel, le 08 juin 2011

    Ils allaient, chargés de tout leur matériel. Ce n’étaient que de photographes, des individus dont l’occupation est de regarder. Des témoins. mais ils vivaient sans le savoir entre deux guerres mondiales. La plupart avaient l’habitude de franchir les frontières dans la clandestinité. Ils n’étaient plus allemands, ni polonais, ni hongrois, ni tchèques, ni autrichiens. Ils étaient des réfugiés. Ils n’appartenaient à personne. A aucune nation. Des nomades, des apatrides qui se réunissaient presque toutes les semaines quelque part pour lire à voix haute des extraits de romans, réciter des poèmes, jouer des pièces antinazies de Bertolt Brecht, ou prononcer des conférences. Un vague romantisme les unissait.
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  • Par Aela, le 07 mai 2011

    Le cliché parut dans le magazine Vu dans son édition spéciale de septembre sur la guerre d'Espagne, puis l'année suivante dans Regards, dans Paris-Soir et dans un numéro spécial du magazine Life, avec une légende expliquant que l'appareil de Robert Capa avait saisi un soldat espagnol à l'instant où une balle le touchait à la tête et qu'il tombait sur le front de Cordoue. Par sa perfection viscérale, l'image fit sensation dans le monde entier. Des centaines de lecteurs envoyèrent des lettres bouleversées aux journaux. Jamais un foyer d'Européens ou d'Américains n'avait été confronté à de pareilles images.
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  • Par manoes, le 12 décembre 2010

    Il existe des vents constants et des vents variables qui changent de direction et qui peuvent par leur force renverser un cheval et son cavalier, des vents qui tournent en un instant et qui parviennent à inverser la rotation des aiguilles d'une montre, des vents qui soufflent des années, des vents du passé qui vivent dans le présent.
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  • Par Aela, le 07 mai 2011

    L'armée républicaine venait de lancer une offensive près de Ségovie sous le commandement du général Walter; Gerta et Capa ne rêvaient que d'une chose: faire des images d'une grande victoire. Ils travaillèrent coude à coude, accompagnèrent les troupes en première ligne, en s'échangeant le Leica et l'Eyemo. Ils filmèrent les manoeuvres des chars, les blindés qui avançaient en tournant leur canon de droite à gauche, les officiers échangeant par téléphone ou penchés sur les cartes topographiques étalées sur les tables à tréteaux sous une tente.
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En attendant Robert Capa - Susana Fortes Marque Page 24-01-2011








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