> Gro Tang (Traducteur)

ISBN : 2020413280
Éditeur : Seuil


Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
- Tu es triste à cause du monsieur mort, maman ?
- Oui, répondit-elle tout simplement. Je suis triste à cause du monsieur mort. Mais on ne parlera plus jamais de lui maintenant. Tu m’entends Emma ? Plus jamais ! A personne !

Eve Magnus, mère céliba... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 17 septembre 2010

    Seraphita
    Eve Magnus est une artiste peintre, mère célibataire démunie. En se promenant un jour avec sa fille au bord d'une rivière, elle découvre un cadavre en décomposition dans les flots. Elle décide de poursuivre sa route et d'aller déjeuner dans un Mac Donald's. Quelques temps auparavant, elle avait revue une amie d'enfance perdue de vue depuis longtemps : celle-ci lui explique qu'elle s'est lancée dans la prostitution de luxe et qu'elle a amassé une coquette somme. Une rencontre de deux destinées que tout oppose…
    J'ai eu plaisir à lire cet excellent polar norvégien. J'aime beaucoup les polars nordiques : les polars suédois avec Henning Mankell et Camilla Läckberg et islandais avec Arnaldur Indridason. J'ai aussi lu « L'otage », un polar danois d'Olav Hergel.
    Je retrouve dans ce polar une caractéristique majeure qui m'avait séduite chez Mankell et Indridason, à savoir la lenteur : Karin Fossum prend le temps d'exposer les scènes, les personnages. Quelques scènes d'action ponctuent également le récit pour lesquelles l'auteur sait ménager le suspens et nous amène à être terrifiée avec Eve.
    Le début peut sembler un peu déroutant : le lecteur se demande où l'auteur veut en venir mais Karin Fossum sait d'emblée cultiver le mystère et l'énigme : pourquoi Eve décide, après la découverte du cadavre, d'aller déjeuner dans un fast food comme si de rien n'était ?
    Les dialogues sont nombreux et bien rythmés. J'ai particulièrement aimé les interrogatoires policiers, notamment ceux menés par l'inspecteur Konrad Sejer, un policier particulièrement expérimenté et incisif. J'ai pris plaisir à suivre le lent cheminement vers la vérité. Une vérité somme toute assez simple, mais je n'aime pas les scénarios trop alambiqués, tels ceux des Jean-Christophe Grangé ou Maxime Chattam.
    Une note du traducteur nous renseigne sur la culture norvégienne : il a choisi de respecter le tutoiement dans les dialogues car les Norvégiens se tutoient tous. Cela surprend un peu le lecteur au départ, puis on s'y fait.
    Ce polar nous campe bien la psychologie du personnage central, Eve, une artiste peintre tourmentée. Un ouvrage qui analyse les rapports hommes-femmes, l'appât du gain, la cupidité. Un coup de cœur pour un ouvrage très profond qui sait laisser la part belle au mystère et au suspens.
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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 27 août 2011

    pile
    L'oeil d'Ève est le premier roman de Karin Fossum. C'est aussi celui où apparaît l'inspecteur Sejer, son héros récurrent. L'Oeil d'Eve s'ouvre sur un mystérieux prologue. Il y est question d'une cabane dont la porte se referme comme un piège sur une femme, alors qu'à proximité se trouvent un homme et son chien. Puis nous voici dans le bureau de l'inspecteur Sejer. Il interroge une femme aux vêtements déchirés et au visage en sang nommée Eve Marie Magnus. Mais de ce qu'Eve raconte à Sejer nous ne saurons rien (pour le moment). Juste après nous sommes au bord d'une rivière. Eve s'y promène avec Emma, sa fille de six ans, quand un cadavre surgit, transporté par le courant. L'émotion d'Eve est grande, mais elle fait de son mieux pour dissimuler son trouble à Emma. Elle prétend même aller appeler la police, mais n'en fait rien. Peu après, quelqu'un d'autre promenant son chien fait la même découverte et appelle vraiment la police. Commence alors l'enquête de l'inspecteur Konrad Sejer…
    Dés le début de roman, beaucoup d'indices nous permettent d'avoir rapidement notre petite idée sur l'identité de l'assassin d'Einarsson et même de prendre de l'avance sur l'inspecteur. S'il y a un mystère à élucider, c'est plutôt celui des circonstances précises du crime et celui de la manière dont Sejer va confondre le coupable. Mais l'essentiel est à chercher du côté de la psychologie des personnages. Pas de serial killer ni de grands criminels chez Karin Fossum, mais plutôt des gens comme vous et moi qui vont malgré eux se retrouver à la page des faits divers. Mais que l'amateur d'enquêtes policières se rassure, le suspense, les courses-poursuites et les retournements de situation ne manquent pas non plus et font de L'Oeil d'Eve un excellent polar.
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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    Eve regarda avec étonnement sa copine. Marie avait plié la serviette en une boule dure pendant qu’elle parlait. Maintenant, elle la regarda droit dans les yeux.
    - Disons qu’il s’agit d’un genre de prestations de service. Les gens appellent pour prendre rendez-vous, et moi, je les accueille. Tu sais, il y a tant de besoins divers chez les gens, et cette niche de la branche est très étendue. A peu près comme le gouffre Mariana dans l’océan Pacifique, j’imagine. Mais pour le dire tout simplement, je suis une fille de joie. Ou, si tu préfères, une vraie pute à l’ancienne.
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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    La rivière tombait en cascade à travers le paysage, et la ville froide était divisée en deux plaques grises et grelottantes. On était en avril et il faisait froid. A l’endroit où elle touchait le centre ville, aux abords de l’hôpital du département, elle commençait à écumer et à gronder, comme si le chahut du trafic et le vacarme des usines sur ses rives l’inquiétaient et la stressaient. Elle serpentait et se tordait en un courant de plus en plus violent en pénétrant au fin fond de la ville.
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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    - Mais que je sois clair… On est assez sûrs que le meurtrier de Marie est un homme.
    - Oui, répondit-elle.
    - Oui ?
    - Je veux dire, c’était un de ses clients, non ?
    - C’est ce que tu crois ?
    - Oui, je… Ce n’est pas le cas ? C’est ce que disent les journaux !
    Il hocha encore la tête et se pencha sur la table. Il sent bon, pensa-t-elle, il me fait penser à papa quand il était plus jeune.
    - Raconte-moi ce qui s’est passé.
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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    Elle a peur du chien, pense-t-il surpris. Il se penche, prend le chien par le collier, et s’approche de la porte à pas feutrés. Une maison comme cela n’avait certainement pas de porte à l’arrière, même pas de fermeture à clé. L’idée a dû la frapper, peut-être au moment où la porte a claqué derrière elle, qu’elle était entrée directement dans un piège. Pas de sortie. Elle n’a aucune chance.
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  • Par pile, le 27 août 2011

    Une nouvelle affaire… Voilà exactement ce dont il avait besoin à présent ; quelque chose pour lui rappeler qu’il s’agissait seulement d’un travail de salarié ; un travail qu’il pouvait ranger dans le tiroir de son bureau à 4 heures de l’après-midi si ça lui chantait.
    – Je prends tout, tant qu’il ne s’agit pas d’enfants.
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