ISBN : 2355260915
Éditeur : Nouvelles Editions Lignes (2012)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
On pourrait en douter aujourd’hui : à sa mort, en 1962, Georges Bataille reste quasiment inconnu. Quelques dates marqueront sa reconnaissance posthume. On le sait de la décade de Cerisy, en 1973, « Artaud / Bataille, pour une révolution culturelle ». On le sait des deux... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par de, le 06 février 2012

    de
    Le texte de Michel Foucault fut publié dans un numéro de Critique rendant hommage à Georges Bataille en 1963.
    En absence de compétences particulières en philosophie, que ce soit celle de Nietzsche ou celle Bataille, ma lecture du texte de Michel Foucault n'est qu'une mise en résonance de thèmes et de souvenirs des œuvres « littéraires » de Georges Bataille. En espérant que d'autres, plus qualifié-e-s transgresseront cette fausse lecture.
    Je parlerais donc plus de la belle postface « Ceci n'est pas une préface » de Francis Marmande dont le titre de cette note est extrait. L'auteur contextualise le texte de Michel Foucault, à la fois d'un point de vue historique, politique, intellectuel et artistique. du contexte, je souligne, comme l'auteur un non-dit, le jazz « Il est troublant que les avant-gardes homologuées, pour des raisons pauvrement sociologiques (origines de classe), tristement musicologiques (culture de classe), politiquement politiques (sans commentaire), aient laissé passer dans une puérile indifférence, l'événement esthético-politique qui les résumait le mieux. Les programmait : corps mis en jeu, poétique extrême, subjectivité rompue, reformulation de l'engagement, violence, véhémence, polyphonie, tout y était, pourtant. Indifférence, prudence, ignorance ? Mais on n'ignore jamais que ce que l'on tient à ignorer. Ce n'est pas un moindre effort que de savoir. Ce grand chambardement – harmonique, mélodique, rythmique -, cette radicale remise en question de l'intérieur même, portent des noms : Sonny Rollins, Max Roach, Abbey Lincoln, Ornette Coleman, Mingus, Dolphy, Coltrane, Ayler, Cecil Taylor, Sun Râ, Bill Evans, Paul Bley, Andrew Hill, Ran Blake, Jeanne Lee, Archie SheppPréface à la transgression ne tombe pas du silence ». Et peut-être est-il possible de passer du rythme musical à une certaine utilisation de la langue « une langue, une syntaxe, une scansion s'inventent – ce n'est en rien une question d'image, de métaphore -, un rythme qui tente de rejoindre le mouvement de son thème et la transgression de sa propre limite ». Francis Marmande complète par « Préface à la transgression est donc à lire selon deux axes : l'histoire de la revue où ce texte s'insère ; celle de la pensée à venir (le dispositif Foucault), qu'en partie du moins, il programme. »
    Quelque part, cette fausse postface renforce le coté in-ordinaire de la préface, lie le texte et la transgression « Sa Préface à la transgression n'est pas une préface (ordinaire). Elle n'annonce pas, ne résume pas, ne programme pas un livre à lire. Elle est préface à une notion, la transgression, et désigne de ce simple fait, un livre qui ne viendra pas » et « La Préface de Foucault n'est pas une ‘préface', cette ‘postface' n'est en rien sa postface, la transgression n'efface ni limites ni ne franchit les frontières, en cela du moins vont-elles l'amble… »
    Je me contenterais de quelques citations de l'auteur, essentiellement sur la limite et l'écriture, sachant que les citations ne sont ni des illustrations, ni des légendes à une création.
    « La transgression est un geste qui concerne la limite ; c'est là, en cette minceur de ligne, que se manifeste l'éclair de son passage, mais peut-être aussi sa trajectoire en sa totalité, son origine même. »
    « la transgression franchit et ne cesse de recommencer à franchir une ligne qui, derrière elle, aussitôt se referme en une vague de peu de mémoire, reculant ainsi à nouveau jusqu'à l'horizon de l'infranchissable. »
    « elle prend, au cœur de la limite, la mesure démesurée de la distance qui s'ouvre en celle-ci et dessine le trait fulgurant qui la fait être. »
    « le langage de Bataille en revanche s'effondre sans cesse au cœur de son propre espace, laissant à nu, dans l'inertie de l'extase, le sujet insistant et visible qui a tenté de la tenir à bout de bras, et se trouve rejeté par lui, exténué sur le sable de ce qu'il ne peut plus dire. »
    « Il indique le moment où le langage arrivé à ses confins fait irruption hors de lui-même, explose et se conteste radicalement dans le rire, les larmes, les yeux bouleversés de l'extase, l'horreur muette et exorbitée du sacrifice, et demeure ainsi à la limite de ce vide, parlant de lui-même dans un langage second ou l'absence d'un sujet souverain dessine son vide essentiel et fracture sans répit l'unité du discours. »
    Une invitation à (re)prendre certains ouvrages de Georges Bataille et (re)trouver « la forme étrange et irréductible de ces gestes sans retour qui consomment et consument ».
    Je termine par une dernière citation de Francis Marmande renvoyant ironiquement à un futur texte de Michel Foucault « Ce devenir Foucault, inscrit dans une Préface qui, pas plus qu'un tableau légendé de Magritte, n'est une préface. »
    En effet, ceci n'est ni une pipe ni une préface…
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Citations et extraits

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  • Par de, le 06 février 2012

    Il est troublant que les avant-gardes homologuées, pour des raisons pauvrement sociologiques (origines de classe), tristement musicologiques (culture de classe), politiquement politiques (sans commentaire), aient laissé passer dans une puérile indifférence, l’événement esthético-politique qui les résumait le mieux. Les programmait : corps mis en jeu, poétique extrême, subjectivité rompue, reformulation de l’engagement, violence, véhémence, polyphonie, tout y était, pourtant. Indifférence, prudence, ignorance ? Mais on n’ignore jamais que ce que l’on tient à ignorer. Ce n’est pas un moindre effort que de savoir. Ce grand chambardement – harmonique, mélodique, rythmique -, cette radicale remise en question de l’intérieur même, portent des noms : Sonny Rollins, Max Roach, Abbey Lincoln, Ornette Coleman, Mingus, Dolphy, Coltrane, Ayler, Cecil Taylor, Sun Râ, Bill Evans, Paul Bley, Andrew Hill, Ran Blake, Jeanne Lee, Archie Shepp… Préface à la transgression ne tombe pas du silence
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  • Par de, le 06 février 2012

    Il indique le moment où le langage arrivé à ses confins fait irruption hors de lui-même, explose et se conteste radicalement dans le rire, les larmes, les yeux bouleversés de l’extase, l’horreur muette et exorbitée du sacrifice, et demeure ainsi à la limite de ce vide, parlant de lui-même dans un langage second ou l’absence d’un sujet souverain dessine son vide essentiel et fracture sans répit l’unité du discours.
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  • Par de, le 06 février 2012

    Le langage de Bataille en revanche s’effondre sans cesse au cœur de son propre espace, laissant à nu, dans l’inertie de l’extase, le sujet insistant et visible qui a tenté de la tenir à bout de bras, et se trouve rejeté par lui, exténué sur le sable de ce qu’il ne peut plus dire.
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  • Par de, le 06 février 2012

    Sa Préface à la transgression n’est pas une préface (ordinaire). Elle n’annonce pas, ne résume pas, ne programme pas un livre à lire. Elle est préface à une notion, la transgression, et désigne de ce simple fait, un livre qui ne viendra pas
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  • Par de, le 06 février 2012

    la transgression franchit et ne cesse de recommencer à franchir une ligne qui, derrière elle, aussitôt se referme en une vague de peu de mémoire, reculant ainsi à nouveau jusqu’à l’horizon de l’infranchissable.
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Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire" - Où il est question notamment de Michel Foucault et d'Hervé Guibert, de Jérôme Lindon, de Samuel Beckett, Marguerite du ras, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Robert Pinget, Pierre Bourdieu et de Gilles Deleuze, d'un père et d'un fils et de filiation, d'amitié et d'amour, de littérature, de la rue de Vaugirad et de LSD et d'opium, d'impudeur et d'indiscrétion,de rencontres, de Willa Cather et de Caroline Flaubert, , et aussi des larmes aux yeux, à l'occasion de la parution de "Ce qu'aimer veut dire" de Mathieu Lindon aux éditions POL, à Paris le 13 janvier 2011








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