Ajouter une critique

Critiques sur Surveiller et punir (5)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par chartel le 28/11/2008


    Je ne connais rien de l'œuvre de Michel Foucault. Je ne sais ce qui m'a poussé à choisir ce livre, "Surveiller et punir, naissance de la prison", peut-être, me semble-t-il, le fait que Michel Foucault soit l'un des grands intellectuels français de la seconde moitié du vingtième siècle et qu'il soit une référence pour de nombreux penseurs et philosophes...
    Il s'agit donc d'une critique de novice, sans prétention aucune, mais sans doute est-il bon, parfois, d'avoir un regard vierge de toute érudition sur des œuvres tant vantées et commentées…
    J'ai compris, dès les premiers chapitres, pourquoi Michel Foucault avait acquis cette renommée. La clairvoyance de ses analyses et l'originalité de ses observations ne peuvent que laisser pantois. C'est une œuvre extrêmement documentée, l'auteur ayant effectué un travail de recherche exhaustif pour tenter de comprendre les problèmes actuels (nous sommes alors dans les années 1970) du système pénitentiaire. Ce véritable travail d'historien l'a amené à élargir son champ d'analyse aux pratiques organisationnelles de nos sociétés avec l'apparition, au XVIème siècle, des structures disciplinaires héritières des règles monastiques. Celles-ci expliquent le basculement progressif d'une justice comme expression de l'autorité et de la puissance d'un souverain, à une justice comme emblème d'un contrôle de la normalité.
    En effet, la prison n'est, selon Michel Foucault, que l'arbre qui cache la forêt. Si ces principes élémentaires : contrôle panoptique (voir sans être vu) et règles de vie disciplinaires, n'ont jamais été remis en cause malgré les perpétuels échecs du système (les crimes et délits n'ont jamais diminués), c'est que ces principes s'appliquent aussi à l'extérieur pour le contrôle des populations par notre système politique. La récurrence disciplinaire donne raison à Foucault : dans les écoles, dans les casernes, dans les hôpitaux, dans le monde du travail, tout est soumis à la discipline. On compartimente, on sépare, on divise dans le temps et dans l'espace pour normaliser et assujettir afin de mieux contrôler.
    Ces réflexions font écho en 2008 avec les questions actuelles de fichage informatique généralisé, du développement de la vidéo-surveillance et de l'abaissement de l'âge de la pénalisation à douze ans ! Cette accentuation dramatique, qui sera forcément sans résultats, sinon celui de mettre dans le circuit de la délinquance encore plus de monde, celui des classes les plus exposées, les classes non protégées, les classes les plus pauvres, cette accentuation aurait, à n'en pas douter, fait réagir Michel Foucault. Comment, il est vrai, ne pas protester quand les politiques stigmatisent les petits délinquants, les responsables, selon eux, de tous les maux de notre quotidien, alors que les rois de la finance vivent loin des caméras, à l'abri de tout soupçon, continuant paisiblement à ne pas respecter les lois pourtant garantes de notre vivre ensemble.
    Tiens donc ! il me semble comprendre soudain pourquoi j'ai voulu lire cet indispensable essai…

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



  • Par petitours le 22/08/2010


    Surveiller et punir est incontournable pour déchiffrer les mécanismes moderne d'exercice du pouvoir disciplinaire. Prison, école, hôpital...toutes les institutions apparaissent progressivement comme des espaces de contrôle des corps, d'administration des âmes et de normalisation de la pensée. Plus qu'un ouvrage philosophique, Surveiller et punir se veut une généalogie, le produit d'un archéologue qui fouille dans les strates de l'histoire de la pensée, à la recherche des motifs qui ont conduit à la fabrication du pouvoir moderne. D'une plume profondément littéraire. Brillant?

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin le 17/04/2012


    Voilà quelques temps que je souhaitais faire la découverte de Foucault, l'entame de celle-ci s'est portée vers cet ouvrage, Surveiller et punir, dont je ne regrette pas la lecture.


    Il y fait la généalogie du système pénal -français, avec quelques exemples mondiaux, mais l'extrapolation n'est pas compliquée à faire, la nature humaine restant partout fidèle à elle-même- et comment celui-ci influence notre société.

    La privation de liberté est maintenant la peine la plus aboutie dans notre pays, la plus aboutie et la plus conséquente à une époque où la liberté justement ne l'a jamais autant été elle aussi -n'en déplaise à ceux qui aiment à hurler à sa destruction, restons lucides-, la coïncidence ne doit pas en être une.
    La prison telle que nous la connaissons a environ deux siècles, et aujourd'hui, comment la considérons-nous ? Comme un échec encore et toujours retentissant, les statistiques sont éloquentes, les probabilités d'y passer une partie de sa vie sont presque supérieures après y avoir séjourné quelques temps que si l'on n'y a jamais été, symptôme d'une erreur en perpétuelle recommencement, ou réussite camouflée d'une préparation des individus ?
    A la lecture de ce livre, la réponse ne fait plus guère de doute, mais la prison n'est que la quintessence de la façon dont est organisée notre société contemporaine, elle est l'organisme disciplinaire qui nous est le plus éloigné, mais nous connaissons et expérimentons son principe tous les jours. Non, ce n'est pas un délire de paranoïaque en mal de nouvelle théorie du complot à propager, la façon dont Michel Foucault a mené son étude a des bases tellement solides, cite tellement de sources, possède un raisonnement tellement logique et évident sitôt que l'on nous met face aux bons éléments, que l'on ne peut qu'y souscrire.

    Le style d'écriture qu'a choisi Foucault pour nous exposer sa thèse, sans être vulgarisé, est vraiment accessible pour peu que l'on s'en donne la peine ; ne vous excusez pas de ne pas accepter d'ouvrir les yeux sur la manière dont s'articule notre système autour de la prison sous prétexte que cet ouvrage doit être incompréhensible, car il n'en est rien, on peut le lire sans même avoir fait la connaissance avec le genre de l'essai pour peu que l'on s'en donne la peine.


    Une grande découverte qui, bien que pouvant décontenancer, permet une plus fine analyse de notre société contemporaine et de la façon dont celle-ci est organisée.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Colonel le 29/10/2010


    Un livre à lire absolument.
    Une brique nécessaire à la compréhension de notre société, sous l'angle de son mode de fonctionnement central : le "carcéral continu", le tout dans le cadre de la recherche de disciplination du citoyen, et conséquemment de sa normalisation.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Yourievitch le 01/01/2011


    La bible du criminologue. Juste impressionnant. A l'instar de sartre, les intellectuels français du XX ont l'air d'être critiques et gauchiste. Comme si un intellectuel n'a pas de vie à droite.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Surveiller et punir par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (129)

> voir plus

Quiz