ISBN : 2234061172
Éditeur : Stock (2008)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 403 notes) Ajouter à mes livres
"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 03 février 2012

    carre
    Jean-Louis Fournier pratique l'humour et la dérision pour mettre des mots sur les injustices de la vie. Ce récit malheureusement autobiographique ne déroge pas à la règle. Mais sous le rire, bien évidemment c'est un homme en souffrance qui nous raconte sa famille au quotidien. Fournier ne s'épargne rien, cette douleur chronique et malgré tout cette douceur envers Mathieu et Thomas, ces deux fils handicapés à 80%, ce témoignage qui ne se veut en aucun cas compatissant,nous place malgré tout en voyeur, et nous rappelle que nos petits malheurs d'hommes bien portant sont bien peu devant une telle injustice. Une sacrée leçon de vie.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 11 octobre 2011

    emeralda
    J'ai déjà eu l'occasion de lire Jean-Louis Fournier et j'avais beaucoup aimé. C'était dans un autre registre, plus humoristique, pas le moins du monde autobiographique comme cette fois. Cependant, c'est très confiante que j'ai débuté la lecture de cet ouvrage, forte de tous les commentaires enthousiastes des lecteurs que j'ai rencontré sur la Toile ou en réel.
    D'emblée, le ton va être donné par la seule personne qui a le droit de railler ses enfants : leur père.
    Le sujet ne prête pas vraiment à sourire ou à faire de mauvaises plaisanteries, ce ne serait pas politiquement correct et pourtant, Jean-Louis Fournier ose grâce à son statut paternel. Il sait de quoi il cause, il a connu "deux fins du monde", lui !
    Il veut rendre un hommage à sa manière à ses deux premiers enfants qui étaient handicapés et qui aujourd'hui ne sont plus. Il sait trouver de fort belles formules pour nous le dire comme : "Mathieu est parti chercher son ballon dans un endroit où on ne pourra plus l'aider à le récupérer."
    J'ai trouvé cela beau, émouvant alors que l'objectif de cet ouvrage n'est pas de nous attendrir, du moins, ce n'est pas un récit qui veut à toute force nous faire pleurer. Non, Jean-Louis Fournier raille, plaisante, se moque sans méchanceté, établit des faits sans faux semblants. C'est l'histoire d'un papa avec deux fils qui n'ont pas eu de chance, qui furent différents, mais qui furent pourtant bien présents et qu'il ne veut pas oublier.
    Jean-Louis Fournier ne nous épargne pas dans le sens où il ne nous cache rien. Avoir des enfants handicapés, ce n'est pas drôle. C'est même plutôt lourd et épuisant tant physiquement que nerveusement, même s'il y trouve quelques avantages (si je vous assure). C'est encore dit sur le ton du sarcasme, avec peut-être une pointe d'aigreur, de regret, mais ce fut son lot et celui de Mathieu et de Thomas. Ils ont fait avec et ils s'en sont pas trop mal tirés. D'ailleurs le ton employé dans cet ouvrage cache beaucoup d'amour. Ce n'est pas parce que ce père plaisante sur ses enfants qu'il ne les a pas aimé, c'est sans doute tout le contraire. Il ne les oubliera jamais et nous aussi grâce à ce livre.
    On éprouve toutes une palette de sentiments. On sourit, on s'amuse presque, on est touché. le tragique côtoie le comique avec aisance, un naturel surprenant, mais salvateur. Il y a une tendresse infinie dans ce livre, la douceur est palpable, mais hélas la dure réalité rattrape toujours nos protagonistes comme une certaine fatalité dont il faut s'accommoder coûte que coûte. On n'est pas dans un cauchemar, ni dans un rêve, c'est juste la vie avec son lot d'absurdités.
    Je crois qu'il faut absolument livre ce titre pour mieux comprendre les parents d'enfants handicapés.
    Ce sont des hommes et des femmes admirables, qui comme nous sont fatigués (plus en réalité, mais ils font face), qui en ont ras-le-bol, qui pensent, qui imaginent des choses horrible, mais à mon sens très saines, car nous ne sommes pas des super-héros, nous sommes juste des êtres humains avec nos limites. Tous les parents me comprendront et Jean-Louis Fournier également.
    Il y a tout ce qu'il ne fera jamais avec ses fils, tous ces petits riens qui pourtant ont de la saveur et de la valeur à nos yeux. Non, le handicap va priver Jean-Louis Fournier de ces moments de joie, mais il aura eu d'autres plus cocasses assurément.
    Il y a aussi les idées noires qui passent, mais ne restent pas car la vie est ainsi faite. La nature donne de l'énergie même aux plus fatigués de tout. Les parents d'enfants handicapés ne savent pas toujours comment ils font pour toujours aller de l'avant, mais ils le font jour après jour.
    Quelle abnégation quand même. Cela force le respect et rassure en même temps sur la nature humaine.
    C'est court, bref et incisif.
    Jean-Louis Fournier tranche dans le vif et tire sur les pansements d'un coup sec. Ça fait mal, mais cela dure moins longtemps (enfin en théorie parce que lui, ses blessures ne guérissent pas complètement).
    Son écriture est concise. J'apprécie de ne pas me noyer dans le superflu.
    N"hésitez pas, franchissez le pas et lisez ce court bouquin qui va bousculer pas mal de choses dont nos façons de percevoir les éléments extérieurs. C'est véritablement un ouvrage qui peut aider à faire évoluer les mentalités, même si évidemment c'est une goutte d'eau dans l'océan de ce combat.
    Vous ne le regretterez pas (enfin je l'espère).
    Je vous concèderai bien volontiers que le dernier paragraphe laisse un petit goût amer, cependant faut-il se boucher les yeux et les oreilles ?
    On n'est pas dans le registre du pathos, c'est bien au-delà et je vous assure que même avec tous les sentiments que vous éprouverez en parcourant ces quelques pages (cela se lit en fait très vite car les chapitres sont parfois de simples paragraphes), on en ressort grandi.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/10/ou-on-va-papa.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 août 2011

    brigittelascombe
    "Le père d'un enfant handicapé doit avoir une tête d'enterrement. Il doit porter sa croix avec un masque de douleur."
    Tous ces on- dit, Jean Louis Fournier devrait les multiplier par deux car il a deux et non un enfant handicapé, mais il s'en balance.
    Les humoristes ne sont-ils pas quelque fois de grands dépressifs qui luttent en maniant cynisme,autodérision et vannes à grands coup de sabre.
    "Où on va papa?"
    "On va à Lourdes,c'est loin Lourdes" mais la grand mère espère un miracle et selon la logique imparable de Jean Louis Fournier "Si un enfant qui nait c'est un miracle, un enfant handicapé qui nait c'est un miracle à l'envers".
    Prions pour un retournement de situation insinue-t-il!
    Certains peuvent ne pas comprendre, mais comme l'auteur le confie "se moquer n'empêche pas les sentiments." "Un enfant anormal n'a pas une vie drole, dés le début ça commence mal" "Mathieu fait vroum!vroum! avec sa bouche" Vaut mieux en rire! Thomas a droit lui aussi à un corset.Faut relativiser avec philosophie. Point de jaloux!
    "Ils n'ont pas toute leur tête mais ils sont gentils et affectueux", alors Jean Louis Fournier fait le pitre, avec un pif un peu trop rouge lorsque la moutarde lui monte au nez et de grandes savates pour mettre les pieds dans les plats des idées toutes faites.
    C'est ça aussi l'amour parfois, savoir jouer le clown pour ne pas s'effondrer!
    Emouvant d'émotions trop contenues!
    Les jurés ne s'y sont pas trompés puisque Où on va papa? a obtenu le prix Fémina 2008.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par quiliravivra, le 08 décembre 2011

    quiliravivra
    J'ai laissé passer un peu de temps après la lecture de ce livre très court mais très dense au niveau du ressenti.
    Après avoir lu attentivement chacune des critiques sur ce livre je me suis retrouvée dans beaucoup d'entre elles.
    Du côté positif j'ai aimé l'écriture pleine de sobriété et les phrases qui percutent.
    Du côté négatif je n'ai pas toujours apprécié l'humour utilisé par J-L Fournier pour mettre à distance sa souffrance.
    J'ai gardé au final de cette lecture un léger goût de malaise malgré tout le talent d'écrivain que je reconnais..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 01 juillet 2011

    yv1
    Jean-Louis Fournier est toujours entre l'humour, la dérision et la larme qui coule. Jean-Louis Fournier rigole de tout, mais pas avec n'importe qui comme le disait justement Pierre Desproges : pour rire avec lui, il faut accepter qu'il puisse dire des choses fortes et dérangeantes. le nombre de fois où il a pensé à l'infanticide, à la disparition inopinée et peut-être pas si inespérée de ses deux fils, à un accident fortuit mais libérateur, au suicide. Qui pourrait lui reprocher d'écrire aujourd'hui ses pensées les plus viles, celles qui passent par la tête ne serait-ce que le temps d'une petite seconde -ou d'une grande d'ailleurs ? J-L Fournier revendique le droit de rire des ses garçons. Évidemment, la frontière entre le rire et la vulgarité est ténue, mais le père ne la franchit jamais. On ressent à le lire toute la tendresse qu'il a pour Thomas et Matthieu, malgré l'énervement et l'éloignement qui furent les siens parfois. Malgré la déception de ne pouvoir partager avec eux son amour de la musique, de la littérature, de la peinture, ... Malgré la déception de ne partager que les "Où on va, papa ?" de Thomas dès qu'il monte en voiture et qu'il répète inlassablement tout au long des trajets. Des déceptions qui l'ont probablement conduit à voir ses enfans pire qu'ils n'étaient en réalité, si j'en juge par les réactions de la maman de Thomas et Matthieu. Sur son site -le premier qui s'appelait Où on va, maman, fut interdit par l'auteur et l'éditeur-, elle explique son point de vue, montre des photos des enfants et explique que pour elle, le livre de son ex-mari est un roman qui prend pour base la caricature des deux garçons. Je ne reviendrai pas sur la querelle entre les deux parents, mais confronter les deux avis est intéressant. On sent dans les propos de la maman, un réel et fort attachement pour ses enfants différents, alors que le papa avoue avoir eu beaucoup de mal avec le lien filial. Pour plus de détails, c'est ici.
    Souvent très drôles, les anecdotes sont entrecoupées de passages nettement plus tristes et de réfexions plus intimes. En fait, J-L Fournier parle de ses garçons anormaux -il n'aime pas le mot handicapé- de la même manière qu'il parlerait d'eux s'ils étaient normaux. C'est en cela que son livre est sain, profond et malgré une présentation de Thomas et de Matthieu, malgré une introspection personnelle, malgré un humour ravageur et totalement politiquement incorrect, absolument pudique.

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Citations et extraits

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  • Par maryne2410, le 12 avril 2010

    " Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie.

    Ces moments extraordinaires où le monde se réduit à une seule personne, qu'on existe que pour elle et par elle, qu'on tremble quand on entend ses pas, qu'on entend sa voix et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou.

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule et donne la chair de poule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rougir, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer. "

    p.76
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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer.
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  • Par x-Kah-mi, le 22 décembre 2010

    Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou. Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir.
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  • Par jelly-belly, le 04 décembre 2008

    Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné."
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  • Par liliba, le 11 avril 2009

    "Cher Mathieu, cher Thomas,
    Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
    Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "
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La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Louis Fournier parle de son nouveau livre "Veuf"








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