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ISBN : 2909906558
Éditeur : Joëlle Losfeld (1995)

Note moyenne : 4.55/5 (sur 11 notes)
Résumé :

«À la vue du sol de terre battue et de cette espèce de "nulle part" qu'était l'intérieur de la maison, je fus envahie par un sentiment de découragement et d'isolement, et je sus que la maison de Willowglen ne serait jamais ma maison ; c'était trop petit, nous étions trop les uns sur les autres ; quand on était dans la chambre de devant, on entendait la radio de la cuisine aussi bien que si le poste s'était trouvé dans la pièce même. On entendait les disputes... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
paroles
paroles24 octobre 2014
  • Livres 3.00/5
J'ai du mal à être en empathie avec cette auteure. Je n'arrive pas à m'associer à sa douleur face à ses déboires. Il y a comme un mur invisible qui m'empêche de me plonger dans ses réminiscences avec indulgence. Pourtant son écriture est sensible, même très sensible lorsqu'elle évoque la nature, son seul refuge face au monde. Je ressens malgré tout face à elle une grande pudeur, elle évoque ses années d'hôpital psychiatrique et les traitements qu'elle a subis avec beaucoup de distance, sans vraiment s'appesantir. C'est pourtant ces grands moments de solitude qui lui servent de réservoir pour écrire.
Le deuxième tome de son autobiographie est donc son entrée dans le monde du travail, mais quelle entrée ! Ses débuts d'institutrice stagiaire ne seront jamais couronnés d'un diplôme puisqu'elle s'enfuit le jour de l'inspection. Ensuite viennent ses huit années d'errance avec des séjours en hôpital et divers métiers de serveuse ou de femme de chambre. Mais toujours, elle écrit. Et c'est bien l'écriture qui la sauvera de cette folie qu'elle s'est construite elle-même pour avoir un statut face aux autres, même si c'est un statut de schizophrène, elle si timide, si passive et soumise, elle si effrayée face au monde, face aux autres. Enfin, grâce au secours de Franck Sargeson, un écrivain qui la prend sous son aile, elle entrera vraiment dans le monde de l'écriture et publiera son premier roman.
Son écriture est sincère et d'une grande douceur comme si elle s'excusait d'être là, d'être vivante. Un vrai paradoxe...
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Loutre_des_Rivieres
Loutre_des_Rivieres16 février 2013
  • Livres 5.00/5
Un été à Willowglen est un texte bouleversant, écrit avec beaucoup de sensibilité et sans doute de sincérité. Janet Frame nous entraîne dans les aléas du début de sa vie d'adulte, nous fait partager ses souffrances mais aussi sa passion pour la littérature et l'écriture.
Dans le deuxième volume de son autobiographie, Janet Frame évoque d'abord ses années d'étudiante : son départ pour la grande ville, les années d'école normale, l'université, sa solitude et la découverte de la musique.
Mais de plus en plus importunée par sa timidité, la jeune étudiante se renferme alors sur elle même. Elle finit par craquer et tombée dans les rouages d'une médecine incompétente, elle se retrouve internée à plusieurs reprises et pendant plusieurs années dans différents hôpitaux psychiatriques pour soigner une supposée schizophrénie.
Après une période cauchemardesque, Janet s'en sort grâce à l'écriture et au soutien d'un écrivain néo-zélandais oublié . Elle est déclarée saine d'esprit et poursuit son aventure littéraire en publiant son premier roman.
A la fin de ce volume, Janet a une trentaine d'année et s'apprête, grâce à une bourse attribuée aux artistes, à quitter la Nouvelle-Zélande, pour un voyage en Europe.
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delitterys
delitterys13 novembre 2011
  • Livres 5.00/5
Le second volume, Un été à Willowglen, est celui des années d'études et de folie (supposée) : Janet, pressurisée par les angoisses liées à ses études (l'enseignement n'est pas –toujours- le meilleur remède à la timidité…) et ses exaltations poétiques inassouvies (quoique publiée, elle n'est pas encore reconnue, acceptée, incarnée dans cette image de poétesse qu'elle projette d'elle-même et se contente d'avaler, boulimique, les vers des autres), est diagnostiquée –à tort et trop rapidement- comme étant schizophrène et se voit internée de force à l'hôpital de Seacliff. le récit sombre alors dans l'horreur de la folie – thème qu'elle traitera plus tard dans Visages Noyés-, et l'évocation des conditions de vie atroces, sinistres, des malades, des pavillons de solitudes torturées où l'on administre électrochocs et lobotomie. Frame échappera de justesse à cette opération, sauvée par l'écriture et la publication d'un recueil de nouvelles, le lagon : en réussissant à incarner son décalage au monde, à transformer, alchimiste, la boue des angoisses métaphysiques en style, elle trouve enfin sa place (poétique) au monde et peut se livrer, rendue confiante par de belles rencontres, à l'écriture comme métier, au remodelage quotidien de l'univers. Elle n'est plus seulement lectrice enthousiaste mais auteur inspirée ; aux yeux de tous, persona écrivante, miraculée de la poésie et miracle , et non plus mirage, littéraire.
Ma critique de l'ensemble de cette autobiographie :
Lien : http://www.delitteris.com/index.php/au-fil-des-p..
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
parolesparoles04 novembre 2014
Une fois encore, passive et soumise, je jouais dans la vie ce rôle qui, à l'hôpital, m'avait été imposé mais auquel mon naturel timide s'était plié sans effort : au mieux, c'est le rôle de la reine des abeilles entourée de ses ouvrières ; au pire, c'est celui de la victime impuissante et dépossédée ; et dans les deux cas, on est dépouillé de soi-même car tous ont misé sur cet avenir qu'ils ont préparé à l'avance.
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Loutre_des_RivieresLoutre_des_Rivieres16 février 2013
Reconnaître la grandeur d'une œuvre d'art, c'est comme être habité par l'amour ; les pieds ne touchent plus terre ; le déclin, la destruction, la mort, sont à l'intérieur et ne peuvent atteindre le bien-aimé ; c'est prendre d'amour pour l'immortalité, c'est être libre, c'est voler dans une contrée paradisiaque.
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Loutre_des_RivieresLoutre_des_Rivieres16 février 2013
J'éprouvais le sentiment de n'être nulle part et de n'être rien, comme si je n'avais jamais existé, ou bien comme si ma présence avait maintenant été réduite à néant. C'était comme si j'étais tombé dans une crevasse au -dessous du niveau de temps, et ce que je ressentais provenait en grande partie de ce que je n'avais de relations avec personne, et que je n'avais personne avec qui parler vraiment.
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Video de Janet Frame (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Janet Frame
Bref extrait du film de Jane Campion "Un ange à ma table" d'après L'autobiographie de Janet Frame
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