> Chantal Moiroud (Traducteur)

ISBN : 2070786145
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
A l'heure où sa vie approche de son automne, Primo Bottardi décide de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre.
Son périple le ramène au bord du Pô, par... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 30 juillet 2011

    Malaura
    Quelle question Massimo Civolani a-t-il posé à Primo Bottardi dans sa jeunesse, et qui brusquement, plus de quarante ans après, entraîne son ami dans un périple le long du Pô à la seule fin d'y répondre enfin ?
    A l'aube de la vieillesse, Primo Bottardi quitte sa douce épouse Maria et son village de Cantarana pour s'atteler à cette étrange quête, retrouver l'ami perdu afin de répondre à cette question laissée sans réponse.
    Primo prend alors la route, suivant les méandres du Pô au pouvoir tout puissant, où hommes et femmes s'escriment à en tirer les ressources vitales, ce fleuve d'argent au courant hypnotique qui leur donne en retour le meilleur et le pire, le désir et l'amour, la vie mais aussi la mort…
    C'est un voyage lent et tranquille qu'entreprend Primo, une forme d'ultime errance où la mémoire libérée laisse jaillir les souvenirs, les sensations, les odeurs et les sons, le temps d'avant, celui de la jeunesse.
    Un chemin jalonné de rencontres, de relations douces et éphémères avec les gens simples et humbles qui vivent au bord du fleuve, pêcheurs d'esturgeons, lavandières, charretiers ou passeurs de berges…
    L'italien Dario Franceschini a écrit un petit bijou de texte doux, harmonieux, apaisant.
    Des mots simples qui parlent au cœur, des phrases d'une poésie épurée qui imprègnent l'être de tendresse et de sérénité, qui vous enveloppent d'un voile de mélancolie douce comme la brume blanche et irréelle qui nimbe les eaux du fleuve.
    Une écriture pleine de grâce qui vous étreint, vous retient, vous donne envie de prolonger la lecture, la ralentir et laisser le temps se suspendre sur ces mots si pleins de mélodie claire.
    Un très bel hommage au Pô, au fleuve qui donne et qui reprend, « entraînant vers la mer les déchets, les tristesses et les regards des hommes », et à tous ceux qui portent dans leurs veines cette eau d'argent mêlée à leur sang.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sabbio, le 19 février 2011

    Sabbio
    Un matin, Primo, un homme de cinquante-soixante ans, décide de retrouver un ami d'enfance qui lui avait posé une question secrète à laquelle il n'avait jamais répondu. Ce voyage le ramène dans la région de son enfance, un lieu baigné, habité voire guidé par ce fleuve majestueux, vivant, changeant et prégnant qu'est le Pô.
    Ce roman est d'une étrangeté poético-magique! Vraiment je ne saurais pas le définir autrement. J'ai perçu la quête de Primo non pas comme un voyage initiatique mais comme un voyage qu'il fait au-dessus de lui-même et de toute sa vie, me donnant presque l'impression qu'il était déjà dans un autre monde. Par exemple il se souvient du jour de sa naissance (!), croise un forain qui était déjà bien âgé quand Primo n'était qu'un enfant et fait un bout de route avec un homme lui contant, non pas comme une légende mais comme un fait, l'histoire d'un village dans lequel les habitants se réveillent chaque matin sans savoir qui ils sont!
    Quant à la poésie, elle est à chaque page, mêlée à des idées extraordinaires d'inventivité et de poésie :
    "Il avait toujours confondu le silence et le froid (…) Il avait commencé à comprendre et n'eut plus aucun doute lorsque sa mère lui parla de ce vieil oncle mort dans un étang, qui confondait depuis sa petite enfance l'obscurité et le froid et qui, pour ne pas en mourir, avait toujours dormi les volets ouverts, se réchauffant à la faible lumière de la nuit. " (pp.13-15)
    ou bien encore :
    "Vois-tu, dit-il en chassant la poussière du dos d'un volume relié de cuir rouge, petit déjà, lorsque je restais éveillé toute la nuit à lire un livre, je ne supportais pas l'idée que les hommes et les femmes que je venais de voir doivent finir serrés et immobiles dans une bibliothèque. Je revois encore la sérénité de ces deux vieillards qui avaient cédé à l'amour après une longue vie d'attente. C'est là que le désordre a commencé. Arrivé au dernier mot du livre, je n'ai pas supporté l'idée qu'après s'être attendus aussi longtemps, Fernina et Florentino soient contrains de goûter le court bonheur su désiré qu'il leur restait à vivre écrasés entre les livres d”une étagère exiguë. Alors, je les ai laissés libres de s'aimer dans tous les lieux de la maison où leur livre s'est déplacé au cours des années." (pp.21-22)
    Ça et là des éléments fantastiques, comme ces quelques signes, des yeux grands et sombres notamment, qui se répètent, tels des présages.
    Et puis ce roman c'est une déclaration d'amour au Pô et à une époque, quelques décennies en arrière, où la vie des habitants était intimement liée à celle du fleuve qui est un personnage à part entière de cette histoire. Un fleuve auquel les personnages sont liés à vie car il coule dans leurs veines et ne les quitte jamais, même s'ils partent dans une autre région.
    "Nous la regardons chaque matin, nous la buvons, elle nous fait vitre, nous en rêvons la nuit. Notre monde est ici, entre les digues, et c'est là que nous voulons mourir. En dehors, c'est la terre des autres." (pp.99-100)
    Malgré une dernière page trop explicative, trop explicite même, là où tout avait déjà était dit, ce court roman original, à l'ambiance si particulière d'une époque révolue au rythme lent, est une belle découverte .
    Je remercie les éditions Gallimard (collection folio) et Babelio pour cette lecture qui entre dans le cadre du challenge de Nane.

    Lien : http://alombredemoncannelier.blogspot.com/2011/02/dans-les-veines-ce..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nadael, le 17 janvier 2011

    Nadael
    A l'automne de sa vie, Primo Bottardi espère vivement retrouver son ancien camarade de classe, Massimo Civolani. Il se sent désormais apte à répondre à la question que celui-ci lui avait posé, et à laquelle il n'avait pas su répondre, quarante années auparavant. Loin d'être un voyage initiatique, il s'agit plutôt d'un retour aux sources, d'excursions dans ses souvenirs. Porteur d'un message, Primo prend la route à la recherche de son ami perdu, en suivant le Pô, fleuve intimement lié à l'aube de sa vie.
    C'est sous un ciel gris et bas que Primo évolue, un brouillard léger - dans son esprit/sur son chemin - l'enrobe. Constamment sous ses yeux, le fleuve porte son histoire et celle de chaque habitant rencontré tout au long de son périple ; des personnages pittoresques souvent touchants, jamais caricaturaux, qui se confient volontiers à cet ancien enfant du pays. Ce fleuve est le fil conducteur de ses souvenirs d'enfance, de ses bonheurs perdus, les sensations éprouvées par Primo sont palpables au détour de chaque phrase ; bruits, couleurs, senteurs, saveurs, sensualité des corps. On glisse du monde de l'enfance, de l'innocence, à celui de la fin de vie vers un destin implacable, que le fleuve symbolise.
    Ainsi, le Pô est véritablement personnifié par l'auteur, tantôt délicat et lisse, coulant paisiblement, tantôt agressif et sauvage, tel un monstre. Il est versatile et montre une multitude de visages. Par ses mouvements, il rythme la vie de chacun. Il nourrit les habitants en les ravitaillant en esturgeons mais fait sombrer les pêcheurs trop aventureux dans ses filets, provocant les larmes éternelles des mères et épouses. Il fait miroiter ses reflets argentés à la belle saison accompagnant les amours naissants. Complice et pourtant infidèle, il est toujours présent dans la vie de ces femmes, de ces hommes que Primo rencontre. Pour ces habitants du fleuve, ce dernier est tour à tour un Dieu vénéré, un monstre terrible, une joie immense, leur pain quotidien, leurs lourdes peines. Il fait partie de leur vie, il est leur vie, et celle de Primo en particulier.
    Merci aux Editions Gallimard et à Babelio pour m'avoir fait découvrir ce très beau livre.


    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-dans-les-veines-65393985..
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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 18 avril 2011

    argali

    Roman atypique, d'une grande beauté.
    Primo entreprend un dernier voyage, au pas lent d'un vieux cheval et de sa carriole. Il rencontre des personnages pittoresques et chaque rencontre est empreinte de douceur et de chaleur humaine mais la crainte et la superstition ne sont jamais loin.
    La quête de Primo est si intime qu'on se sent un peu voyeur en marchant à ses côtés. Et ce fleuve, intemporel, immémorial, qui pèse sur la vie des hommes, les façonne, apportant quotidiennement son lot de joies et de tristesses.
    On découvre la vallée du Pô et ses brumes envahissantes, le fleuve et la magie qui l'entoure, les souvenirs qu'il fera renaître chez Primo et chez tous ceux qu'il rencontrera…
    Récit pittoresque, magique, poétique, rempli d'émotion et de mystère, il nous emporte tel un conte. Un petit bijou de littérature.
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    A l'heure où sa vie approche de son automne, Primo Bottardi décide de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Son périple le ramène au bord du Pô, parmi les pêcheurs d'esturgeons, dans une atmosphère de brume et d'eau qui change la plaine en un mirage infini. La présence immémoriale du fleuve imprègne les faits et gestes des hommes. Elle nourrit leur vie, s'insinue dans leurs rêves et les saisit parfois de crainte ou d'effroi, jusqu'à la tragédie finale qui confère au récit les accents définitifs du mythe. On a pu parler à propos de ce roman de " réalisme magique". La lenteur du voyage, le pittoresque des personnages, la douceur des rencontres et le sortilège de maints épisodes contrastent avec la silencieuse et obscure pression du destin que l'on sent peser sourdement et qui révélera enfin son visage dans une scène inoubliable et foudroyante.
    Biographie de l'auteur
    Dario Franceschini est né à Ferrare en 1958. Il a été président du groupe parlementaire " L'Olivier " à la Chambre des députés. Il est membre de la section italienne de l'Institut international jaques Maritain. Dans les veines ce fleuve d'argent a reçu en 2007 le prix Bacchelli et le prix du Premier Roman décerné à Chambéry. Dario Franceschini vient de publier en Italie son deuxième roman, La folie soudaine d'Ignazio Rando.
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 17 janvier 2011

    Lorsque la charrette atteignit le sommet de la digue, Primo sentit son souffle s'arrêter dans sa gorge et il déglutit face à la majesté du grand fleuve qui revenait dans sa vie. Il coulait imposant et fier, tel qu'il ne l'avait plus jamais revu depuis ces après-midi solitaires de son enfance où il restait des heures durant sur la rive à lancer des pierres loin dans l'eau et à regarder les bateaux qui passaient lentement, chargés de bois, de sable, de montagnes de sucre. Il l'avait oublié, perdu dans les journées prudentes de son existence ordonnée, mais il était encore là, comme autrefois, puissant et éternel, gonflé de douceur et de violences secrètes.
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  • Par nadejda, le 01 décembre 2010

    C'est ainsi que nous devons traverser la vie. Libres de révéler au grand jour les sons, les couleurs, les mots qui vivent en nous et de les donner à tous, tels qu'ils sont derrière nos yeux, comme un peintre qui ne perd pas de temps à copier les choses qui l'entourent mais peint sur la toile blanche ce qu'il voit en lui-même. Comme un écrivain qui ne raconte pas les choses qu'il a vues mais transcrit seulement avec sa plume les histoires déjà terminées qui vivent en lui.
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  • Par Nadael, le 17 janvier 2011

    « Tout petit déjà, mon fils me demandait de lui expliquer ce qu'était l'amour, comment on pouvait dessiner ce qu'on éprouvait pour les grands-parents ou pour les parents et pour m'en sortir, je lui racontais qu'il existait, mais qu'on ne pouvait pas le voir et encore moins le dessiner. Lorsqu'il alla en ville pour faire ses études de médecine il m'écrivit qu'il faisait des tas d'autopsies et que chaque fois il essayait, en vain, de le trouver caché quelque part. Et que pourtant il y était. Ainsi, depuis des années, il m'envoie de Borello des caisses pleines d'amour rien que pour moi et il les remplit toujours de paille pour qu'il arrive là encore intact. »
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  • Par Sabbio, le 19 février 2011

    Tout petit déjà, mon fils me demandait de lui expliquer ce qu’était l’amour, comment on pouvait dessiner ce qu’on éprouvait pour les grands-parents ou pour les parents et pour m’en sortir, je lui racontais qu’il existait, mais qu’on ne pouvait pas le voir et encore moins le dessiner. Lorsqu’il alla en ville pour faire ses études de médecine, il m’écrivit qu’il faisait des tas d’autopsie et que chaque fois il essayait, en vain , de le trouver caché quelques par. Et que pourtant il y était. Ainsi, depuis des années, il m’envoie de Borrello des caisses pleines d’amour rien que pour moi et il les remplit toujours de paille pour qu’il arrive là encore intact.
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  • Par Sabbio, le 19 février 2011

    Vois-tu, dit-il en chassant la poussière du dos d’un volume relié de cuir rouge, petit déjà, lorsque je restais éveillé toute la nuit à lire un livre, je ne supportais pas l’idée que les hommes et les femmes que je venais de voir doivent finir serrés et immobiles dans une bibliothèque. Je revois encore la sérénité de ces deux vieillards qui avaient cédé à l’amour après une longue vie d’attente. C’est là que le désordre a commencé. Arrivé au dernier mot du livre, je n’ai pas supporté l’idée qu’après s’être attendus aussi longtemps, Fernina et Florentino soient contrains de goûter le court bonheur su désiré qu’il leur restait à vivre écrasés entre les livres d”une étagère exiguë. Alors, je les ai laissés libres de s’aimer dans tous les lieux de la maison où leur livre s’est déplacé au cours des années.
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Isabelle de l'Imagigraphe présente "Dans les veines ce fleuve d'argent" de Dario Franceschini - Source : Libraires TV








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