> Olivier Besson (Illustrateur)

ISBN : 2020564777
Éditeur : Editions du Seuil (2002)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, ciel préférences. Tout est plaisir, tout fait problème. Préfère-t-on lire couché ou assis, dans un fauteuil sur une chaise ? User d'un marque-page ? Emprunter ? Prêter, sans espoir de retour ? Se Fier aux crit... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 août 2011

    LiliGalipette
    « Annie François, sans diplômes, sans titres, sans tambour ni trompette, a passé trente ans de sa vie professionnelle à lire dans diverses maisons d'édition. Elle est décédée en 2009. » Cette courte biographie liminaire nous présente un état civil. Ce qui suit présente une âme.
    Annie François décrit en quelques 200 pages son rapport aux livres et à la lecture. Objet sacré par excellent, le livre doit être protégé, entouré de soins et chéri. « Mais brûler des livres, c'est aussi déchirant que de brûler des lettres d'amour ou un cahier d'école de sa grand-mère. » (p. 28) le lien qui se crée entre un livre et son propriétaire relève de l'irrationnel, comme toute relation oscillant entre possessivité et intimité : « Oui, un livre emprunté est sacré. L'ouvrir semble déjà une profanation. » (p. 20) Pour Annie François, la relation avec un livre est toujours tourmentée et exigeante, des deux côtés.
    Au détour de ses réflexions, Annie François présente ses livres chéris et ses auteurs chouchous. L'on croise plusieurs fois Cormac McCarthy. Elle cite à tour de bras des noms et des titres. Lectrice avide, curieuse et jamais rassasiée, elle est toujours en quête d'un nouveau livre. Mais gare à l'overdose ! « Comme le boulimique évite la devanture des pâtisseries, je me détourne de la vitrine des librairies pour éviter les fringales d'entraînement, les achats compulsifs qui ne feraient qu'augmenter l'immense pile d'attente qui vacille près du lit : sûr, les ouvrages se vengeraient en me dégringolant dessus pendant mon sommeil. » (p. 39)
    L'auteure présente un bouquet d'expériences dont le point commun est toujours le livre ou la lecture. La manipulation de l'objet-livre est une synesthésie, un feu d'artifices. Pour peu que l'on le laisse faire, le livre nous fait éprouver des sensations fabuleuses. Mais personne ici n'en doutait ! Seulement, il y a un hic. Plus on lit, plus on aime lire, donc plus on lit. Mais la pauvre mémoire humaine a encore des ratés. « Comment le lecteur peut-il emmagasiner tout ça ? Il n'emmagasine pas. Il est amnésique. Un clou chasse l'autre. Pour limiter les dégâts de l'oubli, il note ce qu'il lit. » (p. 117) du classieux carnet Moleskine à l'inévitable enveloppe en passant par les blogs, le plaisir de noter prolonge le plaisir de lire et étend encore la synesthésie.
    Alors, devant tant de plaisir non dissimulé, qui l'aime la suive ? Oui mais pas de trop près. le lecteur est un personnage dont il faut se méfier et guetter les réactions épidermiques ! « le lecteur en apnée est imprévisible : un petit baiser dans le cou peut le faire sauter au plafond. C'est un asocial, un solitaire, une sorte d'autiste. Essayez de l'empêcher de finir son paragraphe : l'être le plus amène s'ensauvage. Tant qu'un lecteur n'a pas reposé son livre de son plein gré, c'est un individu potentiellement dangereux. » (p. 73 & 74) Dangereux, mais également fragile, toujours sur la sellette. La lecture n'est pas un droit acquis, c'est un plaisir qui se gagne de haute lutte, qui se mérite. « Pour un lecteur, même modeste, le désamour de la lecture constitue un symptôme. « Je n'ai même plus envie de lire » signifie qu'il a atteint le fond de la dépression, de la fatigue, du chagrin. » (p. 101)
    Le portrait qu'Annie François dresse d'elle-même, et plus largement celui de tous les mordus en lecture, déborde d'un humour gentiment féroce. Ils sont fous ces lecteurs ! Carrément atteints ! « Jamais sans mon livre. Jamais sans ma clope. La lecture a quelque chose de beaucoup moins convenable et recommandable qu'il n'y paraît. Quand je pense à tous ces parents qui se désolent de l'inappétence de leurs rejetons pour la lecture mais pétochent à la perspective d'une possible toxicomanie. Sornettes : c'est la même chose. » (p. 162) Qu'on se le dise, l'homo lectorus sait s'adapter à son milieu et il trouvera partout sa dose nécessaire ! Pour ceux qui en doutaient, oui je me suis reconnue dans ce portrait à l'encre très sympathique !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 14 mars 2011

    Zazette97
    "Bouquiner" est un essai de la française Annie François publié en 2000.
    Comme l'indique le sous-titre, l'ouvrage se présente comme une autobiobibliographie dans laquelle l'auteure dresse l'inventaire de ses habitudes de lectrice et nous entretient de son rapport aux livres.
    A travers une cinquantaine de courts chapitres correspondant chacun à une thématique, Annie François explique ses mille et une façons de s'approprier les livres.
    Chez elle, les livres sont partout, sur les marches des escaliers, dans la salle de bains et il lui est inconcevable de se déplacer sans un livre sous la main !
    Pas question de corner les pages ou d'utiliser un signet, elle aime manipuler ses livres en leur cassant le dos et en marquant de son ongle ses passages préférés (voilà de quoi faire hurler certains lecteurs, dont moi^^).
    Elle n'écrit pas son nom sur ses livres mais y appose un cachet. Elle se débarrasse des jaquettes dès que possible car elle ne supporte pas les illustrations ni les photos d'auteur.
    Difficile pour elle de consentir à prêter ses livres tant ils sont personnalisés de bien des manières. du coup elle préfère les acheter pour les offrir.
    En découvrant ce profil de lectrice, je me suis bien évidemment reconnue sur la plupart des points (quel soulagement, on se sent moins seule !) mais pas tous (je serais bien incapable de lire en marchant, d'arracher les pages d'un livre au fil de ma lecture pour alléger son poids ou de lire des biographies d'auteurs que je n'aime pas pour le simple plaisir de pouvoir médire davantage).
    Mais "Bouquiner" n'en reste pas moins un portrait singulier pimenté de nombreuses références littéraires et anecdotes sur le quotidien de l'auteure.
    Annie François est une lectrice éclectique mais qui sait ce qu'elle veut. le propos est souvent ouvertement drôle, d'une précision catégorique mais toujours tendre et passionné.
    J'ai beaucoup aimé les passages qui dénotent une vision sensuelle, organique du livre présenté comme un être vivant capable d'émettre un son et de produire une odeur.
    "Bouquiner" est un essai qui fera sourire, déconcertera et consternera tout lecteur compulsif (et un brin fétichiste) digne de ce nom mais qui ne pourra le laisser sans réaction !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/03/bouquiner-annie-francois.h..
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    • Livres 2.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    A force de voir ce livre cité sur de nombreux blogs, je me suis décidée à le lire. J'en sors mitigée. Certes, écriture alerte qui nous envoit de la première à la dernière page en un temps record. Oui, légèreté de ton qui nous amuse, nous distrait. Mais je ne crois pas nécessaire d'avoir lu ce livre si l'on est soi-même un lecteur impénitent. Non, je ne crois pas que cela changera notre manière de les aborder. Il s'agit juste d'une lecture promenade parmi les habitudes d'un auteur "livrophage", on passe un bon moment, sans plus.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lali, le 25 mars 2011

    Lali
    Bouquiner d'Annie François, dont on m'avait tant parlé, m'a laissé quelque peu mitigée. Dévoreuse de livres, celle qui a travaillé dans l'édition pendant trente ans, y relate au moyen de courtes anecdotes sa passion pour les livres et ses habitudes de lecture.
    Je me suis parfois reconnue, mais très peu, finalement. Peut-être aurais-je aimé me retrouver davantage dans les « exemples » de cette livrovore. Or ce n'est pas le cas. À moins que je n'aie été agacée par tous ces titres mentionnées qui s'agglutinent et finissent par donner le tournis… Peut-être. Sûrement un peu. Mais je sais une chose. Je ne regrette pas ma lecture, même si je ne retiendrai qu'une phrase : En matière de livres, il y a mille approches, mille accroches : un auteur, un pays, une rencontre, un genre, des circonstances, un format, une humeur, une saison, une maison, etc. Tant de choses. Tout est prétexte. Rien n'est indifférent.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=39682
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Julie87, le 13 septembre 2009

    Julie87
    Je n'ai pas trop aimé ce livre.
    Je ne me suis retrouvée dans l'auteur seulement dans une ou deux situations. Je me suis retrouvée à son opposé dans une ou deux autres.C'est assez amusant de comparer. Pour le reste, ça m'est complètement passé au-dessus de la tête.
    Je pense le relire dans quelques années, quand j'aurai certainement changé, peut-être trouverai-je d'autres similitudes ou différences avec l'auteur.
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 27 février 2012

    A explorer ces rebuts, on arrive à reconstituer l'historique de l'abandon selon le genre, le titre, l'état des exemplaires. Enfin, on invente.
    Ces livres de math aux feuilles agglutinées par l'humidité sortent sans doute de la cave de ce vieil immeuble : un père vient de se rendre compte que, méthodes et programmes ayant changé, il était irrémédiablement largué par son moutard. Pour faire bonne mesure d'amertume, il a jeté sa collection "Présence du futur". Un pan de mon adolescence reflue au souvenir des merveilleux Bradbury. Je repense par raccroc à "J'ai épousé une ombre" à "des fleurs pour Algernon " à Ambrose Bierce (je me querelle encore avec mon frère à propos des "histoires impossibles" qu'il ne m'aurait jamais rendues).
    Et cette caisse pleine de brûlots féministes : une cinquantenaire se décide à se marier après vingt ans de concubinage .
    Cette pile de "Tintin" et de "Jules Verne" : un bricoleur a répudié son enfance pour faire de la place à son établi.
    Pierre Benoit, Henri de Monfreid, Mon Tricot : une vieille dame vient de mourir...
    (extrait du paragraphe "Chine")
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  • Par LoulouRaspoutine, le 28 avril 2010

    Il me faut lire avant de m'endormir. Même à quatre heures du matin, j'ai besoin de ma dose. Mon oeil gauche se fatiguant plus vite que le droit, je ne lis que d'un oeil, jusqu'à épuisement. Incapable de m'arrêter en fin de chapitre, de paragraphe ou de ligne, je stoppe, en pleine phrase, foudroyée.
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  • Par line70, le 28 janvier 2012

    [...] face à la lecture non seulement les citoyens ne sont pas égaux, les hommes et les femmes départagés, mais le même individu ne réagit pas toujours pareillement. Le livre peut être savoureux ou indigeste, le lecteur rassasié ou affamé. Son appétit est fonction de son tempérament, mais aussi des saisons, des circonstances, des lieux, de l'entourage, du calme, du bruit, du manque, de l'abondance, de l'amour, de la haine. Il suit les mouvements de l'humeur et du coeur, les fluctuations du moral et du physique.
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  • Par LoulouRaspoutine, le 28 avril 2010

    Car le lecteur en apnée est imprévisible : un petit baiser dans le cou peut le faire sauter au plafond. C'est un asocial, solitaire, une sorte d'autiste. Essayez de l'empêcher de finir son paragraphe. L'être le plus amène s'ensauvage. Tant qu'un lecteur n'a pas reposé son livre de plein gré, c'est un être potentiellement dangereux.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 18 août 2011

    « Jamais sans mon livre. Jamais sans ma clope. La lecture a quelque chose de beaucoup moins convenable et recommandable qu’il n’y paraît. Quand je pense à tous ces parents qui se désolent de l’inappétence de leurs rejetons pour la lecture mais pétochent à la perspective d’une possible toxicomanie. Sornettes : c’est la même chose. » (p. 162)
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