ISBN : 2804008509
Éditeur : Editions Labor (1990)


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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 31 mars 2010

    sentinelle
    Il s'agit d'un court récit à deux voix : Cécile et son médecin.
    Cécile est une jeune danseuse qui a appris à maîtriser son corps dans la souffrance avec toute l'abnégation que cet art exigeant impose.
    Lorsqu'elle apprendra qu'elle est atteinte de la maladie de Hodgkin, cancer des voies lymphatiques, elle désire maintenir coûte que coûte ce contrôle du corps et apprivoiser sa douleur en étudiant avec exactitude son mal.
    Mais peu à peu ce corps lui échappe, et nous accompagnons Cécile sur son chemin de croix : développement de la maladie, examens, traitements douloureux, conséquences sociales, psychiques, psychologiques, corporelles aussi.
    Le témoignage de Cécile est régulièrement entrecoupé par celui de son médecin traitant, qui tombe sous le charme de Cécile. Une curieuse relation s'instaure entre les deux, entre Cécile qui résiste vaille que vaille à la déchéance et son médecin qui l'observe et l'entraîne vers le désespoir et le lâcher-prise avant de totalement la posséder.

    Ce récit m'a beaucoup touchée, j'avais l'impression de frôler l'âme de Cécile tout en entrant dans l'intimité des deux protagonistes.
    La qualité de l'écriture et le fait que l'auteur ait connue elle-même cette maladie en 1980-1981 apportent une véracité au récit qui nous emporte véritablement au côté de ce corps en souffrance.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Sarah_DD, le 05 juin 2008

    Sarah_DD
    Zéro étoile pointé. Ce livre est écœurant.
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 31 mars 2010

    La première fois, j'avais failli partir, elle était en retard. Mais en touchant son cou, j'ai compris ce qu'elle avait. Depuis, elle m'appartient, corps et âme.
    Je l'ouvrirai comme une huître, comme un sexe de parturiente, comme un bouton de pivoine serré sur lui-même.

    Je n'ai pas trouvé l'endroit. J'ai cherché longtemps, tout se ressemblait, les murs, les étages, les escaliers, les ascenseurs les gens. J'en pleurais.

    Je l'aime. Ou plutôt non, pas encore. Pas avant de l'avoir arrachée à la mort.
    Cécile à portée de main. Je ne te dirais rien.


    Je lui ai tout dit, la perte de poids, les larmes, le sommeil, la peur.
    Je me suis déshabillée. Il a l'air sévère. Il m'a longuement palpé la base du cou. Je suis sortie de son bureau soulagée, j'ai attendu dans la substance incolore, inodore et insipide de cette journée unique au monde.

    Je sais que tu reviendras. Tous les jours, pendant des mois. Et que je devrai continuer à travailler, à faire comme si de rien n'était. Tu verras, je te ferai souffrir plus encore, tu trembleras, tu gémiras, tu vomiras.
    Que ce sera bon de t'aimer, après. Tu seras telle que je t'ai voulue. Plus tard, beaucoup plus tard.
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  • Par sentinelle, le 31 mars 2010

    Lucas est resté cette nuit. Il n'a pas touché à mon bandeau, ne m'a pas demandé de l'enlever.
    Après son départ, je me suis rasé le crâne à nouveau.
    Je voudrais avoir le courage de marcher nu-tête, d'imposer ma différence, je ne peux pas.
    Le peau de mon crâne est grise et rêche, et le regard d'autrui plus dangereux que la lame du rasoir. Du reste, faire de ma calvitie un signe public serait malvenu : les gens le prendraient comme une provocation, une volonté de marginalité. J'ai donc plusieurs mauvaises raisons de cacher lâchement la vérité de mon corps, même en faisant l'amour.
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  • Par sentinelle, le 31 mars 2010

    J'ai essayé de faire le début de la barre, les premiers pliés. Mon corps ne répond plus. Tendre les pointes provoquent des crampes, étirer mes muscles me fait mal et je n'ai plus de souffle. Je n'ose pas imaginer la vie après le traitement. Vu de l'extérieur, rentrer dans le circuit semble insurmontable. Quelqu'un m'a volée à moi-même, je ne me reconnais plus. J'imagine parfois le moment précis où Vanardois me dira que je suis guérie, et j'en tremble de peur et de joie.
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