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> Bernard Cohen (Traducteur)

ISBN : 2879295807
Éditeur : Editions de l'Olivier (2008)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A douze ans, Will Cooper est vendu par son oncle et sa tante. Le jeune orphelin doit rejoindre un comptoir commercial situé dans le "pays cherokee". Sur sa route, il croise Bear, un chef indien, qui fait de lui son fils spirituel. II s'intègre au clan, découvre la Natur... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 27 mai 2015

    Thyuig
    Il y a beaucoup à dire sur ce roman. Il y a d'ailleurs, dans un premier temps, beaucoup à lire.
    L'histoire de Will Cooper, l'enfant blanc vendu par sa famille d'adoption à un vieil homme dans le but de tenir un comptoir commercial en pays cherokee, débute comme commencerait n'importe quel western un peu intéressant : la misère sur le personnage principal et surtout pas la miséricorde. Celle-ci viendra plus tard.
    D'emblée, Frazier pose son empreinte en caractérisant les actions de Will par son inexpérience. C'est un gamin sensé, mais terriblement seul et désespéré. Il suit comme il peut le chemin du comptoir et sur sa route, après avoir perdu son cheval, il va rencontrer son destin : un ennemi et la femme de sa vie.
    Il y aurait beaucoup à dire sur ces Treize lunes parce qu'elles sont d'abord beaucoup plus nombreuses que ça, elles vont regarder le jeune Will devenir avocat, puis homme d'affaires, ardent défenseur de la Nation Indienne. Ces Treize Lunes en deviennent des centaines, et les pages de tourner et Frazier de nous livrer, peu à peu, un aperçu de son grandiose talent, qui émerge quelques fois au détour d'un dialogue maladroit et pose une vision très personnelle sur les paysages sauvages d'Amérique.
    Un chapitre exceptionnel de maîtrise va conter, notamment, la traque d'un Indien devenu rebelle et indésirable et va confondre l'homme chassé avec le chasseur, le grand, celui qui partait le ventre creux affronter l'ours au coeur de sa tanière. Frazier a ce talent inouï de conteur, il sait entraîner le lecteur vers des confins inatteignables s'sil s'était contenté de restituer cette simple histoire d'amour.
    Le romancier voit plus grand. Il aborde la question raciste du déplacement de population, la déportation de peuples soumis, affamés et dépossédés de leurs biens et nous apprend encore davantage sur l'Homme, sur la constitution des états d'Amérique, sur l'indifférence qui continue d'accompagner cette abomination, comme une gangrène à un pied qu'on veillerait toujours à cacher aux regards indifférents d'une communauté internationale bien aveugle lorsqu'elle doit traiter de son passé.
    Treize lunes est un beau roman, ample et parfois difficile à lire tant l'importance des informations relatées freine le rythme de croisière que le lecteur croyait prendre. Malgré tout, l'usage du passé composé dans la narration, les hésitations dans la concordance des temps, font de ce livre un tout imparfait, un peu bancal. Une narration sans faille l'aurait élevé au panthéon que ses quelques défauts le condamnent à regarder d'en bas.
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 09 mars 2010

    Folfaerie
    Le second livre de Charles Frazier (il a fallu patienter une dizaine d'année quand même ! ), dont j'avais adoré Cold Mountain, est une remarquable épopée au cours de laquelle nous partageons l'existence entière du héros (et aussi narrateur de l'histoire), nommé Will Cooper (clin d'oeil de l'auteur à James Fenimore...), depuis son départ, tout jeunot, de la maison familiale au crépuscule de sa vie.
    Dans le parcours étonnant de cet homme qui vit la transformation de tout un pays et assiste à la fin inéluctable du monde indien, on pourra retrouver sans peine les lointains échos de Little Big Man de Thomas Berger, l'Indien blanc de Will Henry ou la saga de Bas-de-Cuir de James Fenimore Cooper.
    La guerre de Sécession, les guerres indiennes, la lente mutation d'un monde qui s'éloigne de plus en plus du mythique Far-West pour composer une société moderne sont autant d'événements auxquels Will Cooper devra s'adapter ou faire face. Intelligent et opportuniste, Cooper sans réellement se laisser porter par les événements, sait cependant rester suffisamment malléable pour rebondir après chaque mauvais coup du destin.
    D'autant plus que la grande tâche qui occupe l'essentiel de sa vie lui vaut la sympathie du lecteur, sans hésitation. Adopté par le peuple Cherokee et surtout le chef Bear, Cooper n'aura de cesse de défendre son peuple d'adoption et ses terres contre l'appétit démesuré des Blancs et le cynisme des politiciens (quelques passages irrévérencieux sur des "héros" comme Davy Crockett m'ont immanquablement rappelé Little Big Man...).
    Le narrateur, parti de rien, deviendra donc un redoutable homme d'affaires, doublé d'un avocat et d'un politicien.
    On pourrait qualifier le roman d'historique, mais c'est aussi un grand roman populaire (avec de l'aventure certes mais beaucoup de poésie, Frazier est le maître des descriptions de la nature) comme seuls les Américains savent encore écrire. Et puis, comme dans Cold Mountain, c'est l'histoire d'amour qui domine. Will Cooper gagne aux cartes la fille d'un filou Indien, Featherstone, qui influencera d'ailleurs la destinée de Cooper.
    Entre Claire et Will s'établit une relation à la fois passionnée, libre et compliquée, faite d'absences et de complicité, liée par un amour commun de la nature et de la littérature.
    Charles Frazier nous offre donc presqu'un siècle histoire américaine mouvementée d'une écriture à la fois dense et fluide.
    J'ai cependant deux regrets : un, je déteste la couverture du livre (la faute à l'éditeur évidemment...), deux, je n'ai pas été réellement émue ni transportée par la relation entre Will et Claire (cette dernière finissant même par m'être peu sympathique), ce qui est un peu gênant étant donné que l'histoire d'amour a tout de même une place centrale. le couple magique et définitivement romantique demeure Ada et Inman...

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-35443464.html
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    • Livres 2.00/5
    Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    chocobogirl
    Will Cooper, héros devenu vieil homme, se souvient de son parcours en pays cherokee. Orphelin recueilli par un oncle et une tante, il est envoyé à 12 ans en apprentissage pour tenir un comptoir de vente sur les terres indiennes. Il y fera la connaissance du chef indien Bear qui deviendra son père adoptif et le fera entrer dans son clan. Il s'initie au droit, luttera pour la défense des indiens que l'état veut transférer vers l'ouest, puis deviendra colonel durant la guerre de sécession. Un parcours hors du commun s'accompagnant d' une histoire d'amour avec la belle Claire Featherstone jusqu' au crépuscule de sa vie.
    Portrait fort d'une Amérique en pleine transformation qui va exterminer les indiens et l'identité de tout un peuple.
    On assiste à la fin d'une époque. Les indiens sont traqués, tués ou transférés dans une contrée hostile où leurs traditions vont se perdre. Leurs terres sont vendus aux plus offrant, les arbres abattus pour laisser place à un début de société moderne. Constat amer et effrayant.
    Le récit mélange récit d'aventures et roman d'amour avec un côté "western". La passion amoureuse du héros est très bien rendue ainsi que son amour pour la littérature.
    Pourtant, malgré les scènes d'actions, pas mal de longueurs et le regret de ne pas entrer plus profondémment dans la culture cherokee.
    Je n'ai finalement pas été si transportée que ça par la vie de ce chef blanc, pas exempt de controverses : son rôle dans la traque des indiens laisse un goût amer.


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-34733813.html
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    • Livres 4.00/5
    Par jimpee, le 04 octobre 2012

    jimpee
    Ce roman est assez réussi, il tient tout à la fois du roman historique et du roman d'aventure. Il nous fait vivre des personnages hauts en couleur et extrêmement vivants dans une Amérique où les indiens et les écossais se mèlent joyeusement. En même temps, les indiens ne sont pas ridiculisés et la force de leur pensée et de leur histoire est bien respectée ; j'ai découvert à cette occasion la déportation des indiens en 1837. le roman est rythmé par le calendrier lunaire indien dont les termes ajoutent une jolie poésie : lune des vents, lune du maïs vert, lune des moissons lune des noix, lune des chasseurs, lune de la fin des fruits, lune du maïs mur, lune des semences...
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Citations et extraits

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  • Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    Jeunes, nous sommes tous persuadés que nous vivrons éternellement; ensuite, à un certain stade, nous nous contentons d'espérer une longue vie, mais une fois obtenu cet avantage terminal, le simple fait de survivre devient un tracas. Tous les êtres et toutes les choses que l'on aimait s'en vont, et cependant le sort veut que l'on soit encore là. On se retrouve exilé dans un monde changé, peuplé d'inconnus. Égaré dans des endroits que l'on a pourtant connus comme sa main. Les cours d'eau et les lignes de montagnes immuables sont les seuls amis qui restent. C'est le point à partir duquel vivre plus longtemps devient franchement grotesque, où il n'y a plus qu'à s'éteindre et à suivre tout le reste de la Création à travers les portes de la mort, au Pays de la Nuit.

    On ne dispose plus de rien d'autre que ses humeurs et sa mémoire, ces instruments puissants et dérisoires.
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  • Par Thyuig, le 08 mai 2015

    Les baptistes ont émis une proposition : traduire la Bible, ou au moins quelques-uns de ses passages les plus frappants, en syllabaire cherokee et en distribuer des exemplaires dans la région. Avant de donner sa réponse, Bear a voulu que je lui lise des extraits, que j'ai condensés plutôt que traduits. Il a beaucoup aimé l'histoire de Job et en particulier la satisfaction de Dieu devant ses prouesses de créateur. (...)
    Au final, il a jugé que la Bible était un ouvrage pertinent tout en se demandant pourquoi les blancs n'étaient pas meilleurs qu'ils l'étaient, eux qui l'avaient à leur disposition depuis si longtemps.
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  • Par Thyuig, le 27 mai 2015

    Rives gelées d'un ruisseau, mousse roussie par le givre, soleil froid déclinant dans un ciel métallique. Un terrain escarpé, boisé, sans un seul espace horizontal assez grand pour s'allonger et dormir sinon un banc de gravier humide un peu en surplomb du cours d'eau. Les nuages étaient si bas et denses que l'on ne pouvait suivre la progression du jour.
    Le dos contre un gros châtaignier, Charley s'est endormi assis, le front contre les genoux, sa couverture serrée autour de lui.
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  • Par Thyuig, le 10 mai 2015

    Il ne m'a pas fallu longtemps pour apprendre que l'argent n'avait pas grand intérêt en soi, mais beaucoup de manière dérivée, pour tout ce qu'il était capable d'accomplir en votre faveur. A commencer par vous rendre libre et ménager une place pour vous dans le monde. J'ai commencé à entrevoir qu'obtenir ce qu'on voulait, dans ce pays neuf, consistait largement à le réclamer.

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  • Par Thyuig, le 07 mai 2015

    (...) un siècle plus tôt, si vous aviez eu le malheur de vous aventurer par mégarde sur leur territoire, ils avaient été le genre de peuplade à transformer la peau de votre dos en mocassins, à utiliser vos tibias comme baguettes de tambour et à danser au son de vos dents secouées dans une carapace de tortue séchée. Tous des guerriers, hommes et femmes. (p 95)

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