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Bernard Cohen (Traducteur)
ISBN : 2879295807
Éditeur : Editions de l'Olivier (2008)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 34 notes)
Résumé :
A douze ans, Will Cooper est vendu par son oncle et sa tante. Le jeune orphelin doit rejoindre un comptoir commercial situé dans le "pays cherokee". Sur sa route, il croise Bear, un chef indien, qui fait de lui son fils spirituel. II s'intègre au clan, découvre la Nature, ses lois, sa force. Il trouve aussi l'amour sous les traits de Claire Featherstone: leur relation passionnée le marquera à jamais. Devenu l'un des leurs, le "chef blanc" s'engage dans la défense de... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Thyuig
Thyuig27 mai 2015
  • Livres 4.00/5
Il y a beaucoup à dire sur ce roman. Il y a d'ailleurs, dans un premier temps, beaucoup à lire.
L'histoire de Will Cooper, l'enfant blanc vendu par sa famille d'adoption à un vieil homme dans le but de tenir un comptoir commercial en pays cherokee, débute comme commencerait n'importe quel western un peu intéressant : la misère sur le personnage principal et surtout pas la miséricorde. Celle-ci viendra plus tard.
D'emblée, Frazier pose son empreinte en caractérisant les actions de Will par son inexpérience. C'est un gamin sensé, mais terriblement seul et désespéré. Il suit comme il peut le chemin du comptoir et sur sa route, après avoir perdu son cheval, il va rencontrer son destin : un ennemi et la femme de sa vie.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces Treize lunes parce qu'elles sont d'abord beaucoup plus nombreuses que ça, elles vont regarder le jeune Will devenir avocat, puis homme d'affaires, ardent défenseur de la Nation Indienne. Ces Treize Lunes en deviennent des centaines, et les pages de tourner et Frazier de nous livrer, peu à peu, un aperçu de son grandiose talent, qui émerge quelques fois au détour d'un dialogue maladroit et pose une vision très personnelle sur les paysages sauvages d'Amérique.
Un chapitre exceptionnel de maîtrise va conter, notamment, la traque d'un Indien devenu rebelle et indésirable et va confondre l'homme chassé avec le chasseur, le grand, celui qui partait le ventre creux affronter l'ours au coeur de sa tanière. Frazier a ce talent inouï de conteur, il sait entraîner le lecteur vers des confins inatteignables s'sil s'était contenté de restituer cette simple histoire d'amour.
Le romancier voit plus grand. Il aborde la question raciste du déplacement de population, la déportation de peuples soumis, affamés et dépossédés de leurs biens et nous apprend encore davantage sur l'Homme, sur la constitution des états d'Amérique, sur l'indifférence qui continue d'accompagner cette abomination, comme une gangrène à un pied qu'on veillerait toujours à cacher aux regards indifférents d'une communauté internationale bien aveugle lorsqu'elle doit traiter de son passé.
Treize lunes est un beau roman, ample et parfois difficile à lire tant l'importance des informations relatées freine le rythme de croisière que le lecteur croyait prendre. Malgré tout, l'usage du passé composé dans la narration, les hésitations dans la concordance des temps, font de ce livre un tout imparfait, un peu bancal. Une narration sans faille l'aurait élevé au panthéon que ses quelques défauts le condamnent à regarder d'en bas.
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Folfaerie
Folfaerie09 mars 2010
  • Livres 4.00/5
Le second livre de Charles Frazier (il a fallu patienter une dizaine d'année quand même ! ), dont j'avais adoré Cold Mountain, est une remarquable épopée au cours de laquelle nous partageons l'existence entière du héros (et aussi narrateur de l'histoire), nommé Will Cooper (clin d'oeil de l'auteur à James Fenimore...), depuis son départ, tout jeunot, de la maison familiale au crépuscule de sa vie.
Dans le parcours étonnant de cet homme qui vit la transformation de tout un pays et assiste à la fin inéluctable du monde indien, on pourra retrouver sans peine les lointains échos de Little Big Man de Thomas Berger, l'Indien blanc de Will Henry ou la saga de Bas-de-Cuir de James Fenimore Cooper.
La guerre de Sécession, les guerres indiennes, la lente mutation d'un monde qui s'éloigne de plus en plus du mythique Far-West pour composer une société moderne sont autant d'événements auxquels Will Cooper devra s'adapter ou faire face. Intelligent et opportuniste, Cooper sans réellement se laisser porter par les événements, sait cependant rester suffisamment malléable pour rebondir après chaque mauvais coup du destin.
D'autant plus que la grande tâche qui occupe l'essentiel de sa vie lui vaut la sympathie du lecteur, sans hésitation. Adopté par le peuple Cherokee et surtout le chef Bear, Cooper n'aura de cesse de défendre son peuple d'adoption et ses terres contre l'appétit démesuré des Blancs et le cynisme des politiciens (quelques passages irrévérencieux sur des "héros" comme Davy Crockett m'ont immanquablement rappelé Little Big Man...).
Le narrateur, parti de rien, deviendra donc un redoutable homme d'affaires, doublé d'un avocat et d'un politicien.
On pourrait qualifier le roman d'historique, mais c'est aussi un grand roman populaire (avec de l'aventure certes mais beaucoup de poésie, Frazier est le maître des descriptions de la nature) comme seuls les Américains savent encore écrire. Et puis, comme dans Cold Mountain, c'est l'histoire d'amour qui domine. Will Cooper gagne aux cartes la fille d'un filou Indien, Featherstone, qui influencera d'ailleurs la destinée de Cooper.
Entre Claire et Will s'établit une relation à la fois passionnée, libre et compliquée, faite d'absences et de complicité, liée par un amour commun de la nature et de la littérature.
Charles Frazier nous offre donc presqu'un siècle histoire américaine mouvementée d'une écriture à la fois dense et fluide.
J'ai cependant deux regrets : un, je déteste la couverture du livre (la faute à l'éditeur évidemment...), deux, je n'ai pas été réellement émue ni transportée par la relation entre Will et Claire (cette dernière finissant même par m'être peu sympathique), ce qui est un peu gênant étant donné que l'histoire d'amour a tout de même une place centrale. le couple magique et définitivement romantique demeure Ada et Inman...
Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/art..
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STERNE56
STERNE5609 février 2016
  • Livres 5.00/5
Une vraie merveille!!!
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Deslivresetlesmots
Deslivresetlesmots10 août 2015
  • Livres 4.00/5
J'avais commencé à lire Treize Lunes il y a quelques années, mais j'avais arrêté ma lecture en cours de route, sûrement à cause de mes livres pour les cours, et du coup je n'avais jamais repris depuis, puisque c'est le genre de livre dense qu'il vaut mieux lire d'une traite pour tout comprendre. J'avais énormément apprécié ce que j'avais pu lire, j'étais donc impatiente de redécouvrir ce roman historique. J'ai quelques maigres connaissances de cette période, j'ai donc bien aimé le fait que l'histoire soit ancrée dans de réels événements – tels que le « Trail of Tears » ou la guerre de Sécession. Mes connaissances sont limitées donc je ne peux juger de savoir si la vie Cherokee est dépeinte correctement. Apparemment, Treize Lunes aurait été le premier ouvrage à être traduit en langue et syllabaire Cherokee au sein de la Cherokee Literature Initiative. Cette dernière a été financée par Charles Frazier, pour promouvoir et sauvegarder la langue Cherokee, donc c'est difficile de savoir si c'est un bon exemple de « littérature Cherokee ».
L'histoire nous est contée par Will Cooper, grâce à des retours en arrière et à l'introspection du personnage devenu vieux et emprunt d'un sentiment de nostalgie. Il m'a semblé que les retours en arrière étaient bien construits et ne rendaient pas l'histoire confuse : si le roman fait des allers-retours constants entre le passé et le présent, les passages sont justifiés par le fil de pensée du narrateur. le rythme est bien géré, qu'il s'agisse des ellipses ou des lenteurs, qui permettent au lecteur de souffler sans que cela devienne pénible. On peut voir le personnage de Will grandir, et j'aime le fait qu'il soit entier. le personnage est crédible, dans ses passions, ses doutes mais aussi ses fautes – notamment concernant l'esclavage, même si j'avoue trouver son acceptation d'une telle chose quelque peu incohérente.
L'histoire d'amour m'a semblé beaucoup moins crédible. Les débuts n'ont rien de surprenant, mais le fait que les deux personnages continuent à se rencontrer tout au long de leur vie, dans des coïncidences des plus étranges, est un peu décevant. D'autant qu'ils ne semblent pas apprendre de leurs erreurs, regrettant toujours de ne pas avoir plus, sans jamais rien faire. Une petite déception sur ce point donc, mais globalement, l'histoire est entraînante et distrayante ; je la recommande à ceux que ça pourrait intéresser.
Lien : https://deslivresetlesmots.wordpress.com/2015/08..
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chocobogirl
chocobogirl13 septembre 2009
  • Livres 2.00/5
Will Cooper, héros devenu vieil homme, se souvient de son parcours en pays cherokee. Orphelin recueilli par un oncle et une tante, il est envoyé à 12 ans en apprentissage pour tenir un comptoir de vente sur les terres indiennes. Il y fera la connaissance du chef indien Bear qui deviendra son père adoptif et le fera entrer dans son clan. Il s'initie au droit, luttera pour la défense des indiens que l'état veut transférer vers l'ouest, puis deviendra colonel durant la guerre de sécession. Un parcours hors du commun s'accompagnant d' une histoire d'amour avec la belle Claire Featherstone jusqu' au crépuscule de sa vie.
Portrait fort d'une Amérique en pleine transformation qui va exterminer les indiens et l'identité de tout un peuple.
On assiste à la fin d'une époque. Les indiens sont traqués, tués ou transférés dans une contrée hostile où leurs traditions vont se perdre. Leurs terres sont vendus aux plus offrant, les arbres abattus pour laisser place à un début de société moderne. Constat amer et effrayant.
Le récit mélange récit d'aventures et roman d'amour avec un côté "western". La passion amoureuse du héros est très bien rendue ainsi que son amour pour la littérature.
Pourtant, malgré les scènes d'actions, pas mal de longueurs et le regret de ne pas entrer plus profondémment dans la culture cherokee.
Je n'ai finalement pas été si transportée que ça par la vie de ce chef blanc, pas exempt de controverses : son rôle dans la traque des indiens laisse un goût amer.

Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-34..
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
chocobogirlchocobogirl13 septembre 2009
Jeunes, nous sommes tous persuadés que nous vivrons éternellement; ensuite, à un certain stade, nous nous contentons d'espérer une longue vie, mais une fois obtenu cet avantage terminal, le simple fait de survivre devient un tracas. Tous les êtres et toutes les choses que l'on aimait s'en vont, et cependant le sort veut que l'on soit encore là. On se retrouve exilé dans un monde changé, peuplé d'inconnus. Égaré dans des endroits que l'on a pourtant connus comme sa main. Les cours d'eau et les lignes de montagnes immuables sont les seuls amis qui restent. C'est le point à partir duquel vivre plus longtemps devient franchement grotesque, où il n'y a plus qu'à s'éteindre et à suivre tout le reste de la Création à travers les portes de la mort, au Pays de la Nuit.



On ne dispose plus de rien d'autre que ses humeurs et sa mémoire, ces instruments puissants et dérisoires.

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CCocoCCoco06 octobre 2015
Dans la vieillesse encore, elle est une récurrence. Je rêve de Claire au moins deux fois par an. N'est-il pas incroyable que le désir, cette force vaporeuse, résiste aussi bien aux ravages du temps, pour ne devenir au pire que le triste rappel des tours incessants que la vie nous joue ? Dans certains rêves, elle n'est qu'une senteur, parfois lavande, parfois girofle et cannelle, mais aussi un autre parfum qui reste cher à mon coeur : au cours de ces deux étés, il lui arrivait souvent d'essuyer sans y penser sa plume sur un pli de ses jupes, qui étaient la plupart du temps d'un bleu foncé si bien que la seule trace de cette habitude était la légère odeur d'encre qui émanait d'elle.
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ThyuigThyuig08 mai 2015
Les baptistes ont émis une proposition : traduire la Bible, ou au moins quelques-uns de ses passages les plus frappants, en syllabaire cherokee et en distribuer des exemplaires dans la région. Avant de donner sa réponse, Bear a voulu que je lui lise des extraits, que j'ai condensés plutôt que traduits. Il a beaucoup aimé l'histoire de Job et en particulier la satisfaction de Dieu devant ses prouesses de créateur. (...)

Au final, il a jugé que la Bible était un ouvrage pertinent tout en se demandant pourquoi les blancs n'étaient pas meilleurs qu'ils l'étaient, eux qui l'avaient à leur disposition depuis si longtemps.
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CCocoCCoco06 octobre 2015
J'ignore ce que cette poudre pouvait être. Herbes et racines et champignons et lichens séchés et mélangés à de la bile d'ours dans un mortier, peut-être. Je n'ai jamais accordé grand crédit à ses pouvoirs. Mais ce sont ses paroles qui m'ont pénétré, et transformé, et qui continuent à oeuvrer en moi. Des mots qui me dévorent et me nourrissent. Et quand je serai mort et enfermé dans la terre si sombre, quand toutes mes âmes auront expiré l'une après l'autr, il y aura ne étincelle de désir dans leur moelle, car le désir survit à la chair.
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CCocoCCoco12 octobre 2015
Quand il s'est arrêté, il avait défini un pays digne de ce nom, une patrie à l'image du monde de sa jeunesse, cet univers que nous habitons tous dans notre imagination. Une bonne étendue de terre arable, bien arrosée, et un grand territoire de chasse sur des hauteurs que les Blancs considéraient sans valeur. Combes, défilés et plateaux, zones escarpées et boisées qui, aux eux de la plupart des hommes, n'ont d'autre utilité que de maintenir le monde en place. Le plan de Bear était d'effacer tout ce qu'il pouvait de l'oeuvre du passé récent et de réunir à nouveau son peuple dans des collectivités.
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