ISBN : 2715232276
Éditeur : Mercure de France (2011)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Gaston est un très grand prématuré. A sa naissance, il a été séparé de son jumeau. Dans le service néonatal de l'hôpital de Rouen dont l'entrée est gardée par la statue de Gustave Flaubert, il lutte pour ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par brusc, le 14 novembre 2011

    brusc
    "Alors pourquoi s'entourer de ce petit tas de livres sur les enfants morts ? Quand je parviens à en lire quelques lignes, ils me paraissent étrangers : j'essaie de trouver en eux une improbable consolation. La mort d'un enfant est devenu un genre littéraire. Il est impossible pour un écrivain qui subit une catastrophe de ne pas en faire un linceul de papier. Combien de parents ont perdu leur enfant sans encombrer les librairies ?" C'est bien le problème que me pose ce livre. Gaston, c'est le premier jumeau prématuré de l'auteur qui pendant plusieurs semaines lutte pour la vie dans le service de néonatalité de l'hôpital de Rouen. Gustave, c'est Flaubert, admiré, vénéré, dont la statue (du commandeur pour Le Normand et l'écrivain qu'est Olivier Frébourg) garde l'entrée de l'hôpital. Entre les deux, l'enfant déjà mort, le petit jumeau de Gaston, Arthur, qui n'a pas survécu à l'accouchement. L'auteur construit un récit qui nous livre, entrelacés, le déroulement et les circonstances de sa catastrophe intime, et les fragments de la vie et de l'œuvre de Flaubert dans les résonnances et les Correspondances qu'ils font naître durant ces périodes de chagrin et de larmes. Que penser de ce livre ? Les critiques sont unanimes ("Gaston et Gustave" a reçu ex aequo avec le livre "Dépaysement : Voyages en France" de Jean-Christophe Bailly, le prix novembre il y a quelques jours) et saluent un récit bouleversant. Et moi ? Rendue allergique à ces récits « autour de l'enfant mort » devenus comme le signale lui-même l'auteur un "genre littéraire" et auquel il se défend intelligemment à l'avance de participer, j'ai dû vraiment me faire violence pour poursuivre ma lecture au-delà des premières pages. Si la catastrophe humaine que vit l'auteur ne peut que faire écho à ce qu'il y a de plus sensible en nous, il n'empêche qu'un certain agacement a fini par m'envahir d'être ainsi conviée malgré moi à la représentation de la vie de l'auteur qui, au fond, semble tellement convenue et attendue (son métier d'éditeur, sa femme artiste, ses enfants, la famille, les amis, les écrivains-voyageurs et j'en passe, tous formidables...). Mais une fois cet écueil passé (les métaphores maritimes sont légion dans le livre), de belles pages sont offertes. Car l'auteur a du talent et sait écrire. Au fur et à mesure que l'on avance dans le récit, qu'il nous livre avec beaucoup d'enthousiasme son exercice d'admiration pour Flaubert, paradoxe ( ?), plus son récit intime semble se libérer et peut se partager avec son lecteur. Un des objectifs du livre ?
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 22 mars 2012

    chocobogirl
    Olivier Frébourg est un écrivain qui s'apprêtait à être père. Mais c'est trois mois avant terme que les jumeaux que sa femme attendait sont arrivés. Arthur est mort. Gaston, lui, a survécu. Mais c'est une douloureuse attente que les parents s'apprêtent à vivre. Soigné dans un service de néo-natalité, le jeune prématuré doit se battre pour survivre. Entre espoir et cauchemar, le père tente de maintenir la tête hors de l'eau en convoquant la grande figure de Flaubert, dont la statue orne l'entrée de l'hôpital. Un auteur qui a toujours refusé la paternité pour mieux écrire et auquel s'est beaucoup nourri Olivier Frébourg.
    Olivier Frébourg n'est pas le premier auteur à se pencher sur le deuil d'un enfant.
    Cette tragédie qui le frappe de plein fouet est un véritable naufrage pour l'auteur qui va développer une culpabilité certaine. Cette escapade à Saint-Malo était-elle une bonne idée ? N'a-t'elle pas involontairement provoqué cet accouchement prématuré ? A-t'il fait les bons choix dans sa vie ? Cette vie voyageuse et aventureuse qui a toujours été la sienne est-elle compatible avec la vie de famille ? Père heureux de 3 grands enfants, l'auteur s'interroge pourtant sur la figure du père et de l'écrivain. Peux-t'on porter les deux rôles en même temps ? Pour Flaubert, la réponse est non. le prolifique écrivain a, pour sa part, fait le choix de l'écriture alors que Frébourg a pris les deux casquettes. A tort ?
    Entre confession douloureuse et réflexion littéraire sur l'écriture et sur Flaubert, Gaston et Gustave n'échappe pas à une certaine forme de voyeurisme. Frébourg n'hésite pas à confier ses peurs, ses sentiments, sa colère, son quotidien de père de prématuré. Il nous narre l'infini de ces journées, à attendre un signe de bien portance de l'enfant survivant, à craindre les rechutes, nombreuses, à refuser le coup de fil du matin qui annoncerait le pire. Il décrit l'horreur d'avoir à faire le deuil de celui qui n'eut pas le temps de vivre, l'organisation de sa crémation, sa solitude face à sa douleur, l'équilibre de la famille qui est brisé.
    Il s'interroge sur sa vie, sur la manière dont il l'a conduite faisant peu à peu le lien avec celle de Flaubert. Tissant des parallèles entre eux deux, il nous conduit peu à peu dans l'intimité du grand homme, détaillant parfois des pans biographiques de l'auteur, explicitant certain faits d'écriture, certaines conduites qui le ramène à son propre statut d'écrivain.
    S'il parle de lui en toute sincérité, Frébourg garde pourtant une certaine pudeur. Rien ne sera dit ou presque de ses relations avec la mère des jumeaux, de son propre ressenti à elle. Une femme qui semble un peu absente ici et qui d'ailleurs finira par l'être tout à fait envers l'auteur. Un point de vue que l'on pourrait regretter sauf que le sujet n'est pas là.
    Se penchant sur sa propre douleur, sa propre culpabilité, Frébourg nous oblige malgré tout, d'une certaine façon, à voir le délitement de sa vie, à partager peut-être une part intime qui ne nous concerne pas. Comme pour le "roman" de de Vigan qui m'avait gênée, le lecteur se voit plongé dans la vie d'un homme qu'un bouleversement soudain plonge dans une terrible souffrance. S'il est impossible de rester de marbre devant ce drame humain, il n'empêche qu'on assiste à une période très personnelle de l'auteur. C'est un homme plutôt bourgeois qui fréquente des milieux intellectuels élevés, à qui la vie réussit et qui semble mener une vie facile ponctuée de belles amitiés et de nombreux Voyages. Jusqu'au jour où la machine se grippe et le conte de fées se termine.
    Néanmoins, Frébourg réussit peu à peu à donner de l'ampleur à son récit. Se soustrayant quelque peu à son histoire personnelle, le livre prend un tour plus intéressant lorsque ce dernier pénètre plus profondément dans la vie de son auteur fétiche. Animé d'une belle plume qu'on ne peut lui enlever, Frébourg m'a beaucoup plus convaincue dans sa réflexion littéraire que sur sa propre expérience de la prématurité.
    C'est donc un axe d'écriture assez original que de mettre en écho sa propre vie avec celle d'un grand auteur. Si le décalage est grand entre les deux auteurs, les passerelles m'ont semblées pertinentes tout en laissant malgré tout un sentiment ambigu de mélange des genres.
    Gaston et Gustave est donc un document qui ne remportera pas l'adhésion de tout le monde.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-gaston-et-gustave-oliv..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Eska, le 06 mai 2012

    Eska
    L'auteur nous raconte la naissance et les premiers mois de ses jumeaux Gaston et Arthur, grands prématurés. Arthur ne survit pas. En parallèle, une biographie de Flaubert. Oui, c'est surprenant, mais c'est le seul moyen que trouve l'auteur, fan de Gustave Flaubert, pour surmonter sa douleur.
    J'ai trouvé tout cela très décousu. La transition entre Gaston et Gustave est difficile, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à Flaubert, tombant comme un cheveux dans la soupe. L'auteur, lui n'a de cesse de comparer son cheminement à celui de son idole. S 'il s'était agi de Cloclo et non de Flaubert, aurait-on parlé de ce roman?
    Sinon, une bonne plume. Peut-être un peu trop froide et distante à mon goût.
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    • Livres 2.00/5
    Par Prunella, le 24 janvier 2012

    Prunella
    Je pense être passée complêtement à côté de ce livre. L'auteur nous livre d'une part son histoire personnelle en nous parlant de la naissance et des premiers mois difficiles de son fils Gaston né très prématurément et d'autre part il y mêle l'histoire de l'écrivain Gustave Flaubert auquel il voue une véritable passion. Cette lecture a été très laborieuse pour moi, je n'ai pas accroché avec le style de l'auteur et les passages sur Flaubert m'ont parus bien longs...
    Rencontre râtée pour moi avec ce livre mais peut-être pas pour d'autres.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Maialen Berasategui pour le Magazine Littéraire

    Olivier et son épouse ont déjà deux garçons ; et voilà qu’elle attend des jumeaux. Lui, c’est un écrivain qui aime emmener sa petite famille à Sai... > lire la suite

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Critiques presse (5)


  • LeMonde , le 25 novembre 2011
    Un livre terrible et bouleversant. Et tant pis pour les critiques qui aimeraient que soit évité tout pathos : "J'éprouve tout le contraire, écrit Frébourg, je ne me sens en harmonie avec Gaston et Arthur que dans les larmes."
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LePoint , le 18 octobre 2011
    Olivier Frébourg est conscient de n'être pas le premier auteur à offrir un tombeau de papier à un enfant mort, comme à dire la difficulté des écrivains d'aujourd'hui à donner vie à autre chose qu'à leur propre existence. Mais ressusciter ses morts, n'est-ce pas la plus belle paternité dont puisse rêver un auteur ? Ce serait la morale de ce livre touchant et pudique, jusque dans l'impudeur.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LeFigaro , le 03 octobre 2011
    En contrepoint à ces jours de souffrance restitués dans leur âpre vérité, le père convoque la figure de Flaubert, son voisin normand de Croisset, dans un va-et-vient magistral entre la réalité anxiogène [...] et la littérature qui permet de ne pas sombrer […].
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lexpress , le 23 septembre 2011
    Gaston et Gustave mêle le récit intime et l'essai littéraire. Son énergie est celle du désespoir de l'homme à la mer. […] Bouleversant, son Gaston et Gustave ne se départit jamais d'une souveraine pudeur.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Bibliobs , le 23 septembre 2011
    Dans ce livre qui semble écrit dans l'urgence et sous perfusion, où la méditation est sans cesse bousculée par des cris, il ne cache rien de tous les états par lesquels il passe: l'abattement, la colère, le remords, les larmes, l'énergie du désespoir, la révolte, la soumission, l'envie de se taire, le besoin de hurler, mais aussi l'espoir.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Prunella, le 24 janvier 2012

    La perte ! Ecrire non pour réparer ou combler mais pour envelopper la vie dans du papier, créer en empruntant une voie détournée, ne pas devenir fou devant le vide.
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  • Par littleone, le 16 avril 2012

    Le comptage des heures est essentiel dans la vie de Flaubert. Vu de Paris cet homme semble avoir tout son temps. Pas d'enfant. Pas de travail. Pas d'obligation de gagner sa vie. C'est le temps du soupir postcoïtum. Puis celui de la respiration...
    Et puis il y a le temps de l'inspiration un peu sucrée - c'est si rare chez Flaubert - ...
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  • Par littleone, le 16 avril 2012

    Gaston, petit animal couvert de fils électriques, oiseau mécanique aux ailes repliées. Il a désormais trois semaines de vie et il n'ouvre pas franchement les yeux. L'important est qu'il prenne chaque jour du poids. Un gramme et c'est une marche franchie.
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  • Par Eska, le 06 mai 2012

    Flaubert se montre très fort pour emmurer les sentiments. Il parvient à pétrifier ses personnages dans la beauté de ses phrases. Il est mal à l'aise quand il parle de paternité.
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  • Par Eska, le 06 mai 2012

    Se perpétuer, est-ce bourgeois? Donner le souffle parce qu'on est mortel. Être un élément de la chaîne. S'enchaîner. S'étrangler avec sa propre famille.
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Vidéo de Olivier Frébourg

Isabelle Gallimard présente "Gaston et Gustave" d'Olivier Frébourg .
Dans la nuit du lundi de la Pentecôte, l?épouse du narrateur, enceinte de jumeaux, accouche prématurément. le deuxième jumeau meurt. le premier, Gaston, très grand prématuré, né au terme de 26 semaines, est hospitalisé dans le service néonatal de l?hôpital de Rouen dont l?entrée est veillée par la statue de Gustave Flaubert. Or, Flaubert est l?écrivain qui a donné au narrateur le goût de la littérature et le désir d?écrire. Tandis que Gaston se bat pour survivre, Gustave pose sa main sur l?épaule du narrateur et l?oblige à se confronter au mystère des origines. Ce livre est le récit d?une épreuve, d?une lutte contre l?ange de la littérature et pour la vie. Il traverse les limbes, les cercles de l?enfer, mais aussi des feux de joie. C?est aussi un récit de voyage Par les champs et par les grèves, sur les traces de Flaubert et du Camp, un portrait décalé du « patron » des écrivains.








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