Roman autobiographique de cet auteur, salué par moult récompenses, qui a reçu le prix
Paul Léautaud en 1998.
Infirmier psychiatrique de formation,
René Frégni s'est ouvert aux mots lors d'un passage case prison, depuis, l'écriture ne l'a plus quitté et il vient de sortir
La fiancée des corbeaux dont l'admirable prose m'a donné envie de mieux le connaitre.
Elle danse dans le noir, est une ode à sa mère morte, une remontée dans les souvenirs douloureux du cancer qui la rongeait et le balayait en même temps, souvenirs émouvants car celle qui allait mourir pensait encore à lui apporter un goûter,
Sa femme l'a quitté, sa mère est morte, il est seul. Et à force d'attendre une autre, improbable, il hurle sa douleur. "Danse de guerre" qui terrorise les voisins."
Heureusement il y a les mots. "Les mots nous sauvent de tout. Ils remontent de si loin. Ils nous viennent de nos mères."
Et le lien se recrée, perdure,revit,vit, transporte,guérit..
On écrit sa souffrance,sa culpabilité.
Heureusement il y a sa fille Marilou, tendre innocente.
Hereusement il y a quelques rencontres qui réchauffent les sens et le coeur, comme la fille au cafard, un tatouage confiant le poids qui l'oppresse.Sensuelle danse indienne au creux de Paris où de passage,il s'égare,s'épanche, prend et se donne avant de retomber à sa lancinante douleur.
Alors les mots déroulent leur tissu soyeux pour enrober la vie d'espoir.
"A ma mère morte.A ma mère vivante."
Une belle dédicace pour celle qui continue à vivre dans les nuages,le pollen,les quartiers d'ombre et de vent.. Et le livre s'enclenche!
La mère est elle la seule, l'unique, la mieux aimée des fils?
Voilà une question qui nous taraude après le mot fin de ce livre touchant!