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ISBN : 2070419894
Éditeur : Gallimard (2001)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 29 notes)
Résumé :

Sa femme lui a dit un soir : "Je n'ai plus de désir pour toi". Le lendemain elle partait avec leur petite fille de six ans, Marilou. Le choc, terrible, le projette quatre ans en arrière, lors de la disparition de sa mère. Passé et présent de télescopent.
Dans la touffeur de l'été, René Frégni ne dort plus, son cœur bat trop fort, écrase tout. C'est un homme foudroyé qui se débat, qui s'accroche aux morts pour ne pas se pendre.
Un hymne d'amour ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
brigittelascombe11 juillet 2011
  • Livres 4.00/5
Roman autobiographique de cet auteur, salué par moult récompenses, qui a reçu le prix Paul Léautaud en 1998.
Infirmier psychiatrique de formation, René Frégni s'est ouvert aux mots lors d'un passage case prison, depuis, l'écriture ne l'a plus quitté et il vient de sortir La fiancée des corbeaux dont l'admirable prose m'a donné envie de mieux le connaitre.
Elle danse dans le noir, est une ode à sa mère morte, une remontée dans les souvenirs douloureux du cancer qui la rongeait et le balayait en même temps, souvenirs émouvants car celle qui allait mourir pensait encore à lui apporter un goûter,
Sa femme l'a quitté, sa mère est morte, il est seul. Et à force d'attendre une autre, improbable, il hurle sa douleur. "Danse de guerre" qui terrorise les voisins."
Heureusement il y a les mots. "Les mots nous sauvent de tout. Ils remontent de si loin. Ils nous viennent de nos mères."
Et le lien se recrée, perdure,revit,vit, transporte,guérit..
On écrit sa souffrance,sa culpabilité.
Heureusement il y a sa fille Marilou, tendre innocente.
Hereusement il y a quelques rencontres qui réchauffent les sens et le coeur, comme la fille au cafard, un tatouage confiant le poids qui l'oppresse.Sensuelle danse indienne au creux de Paris où de passage,il s'égare,s'épanche, prend et se donne avant de retomber à sa lancinante douleur.
Alors les mots déroulent leur tissu soyeux pour enrober la vie d'espoir.
"A ma mère morte.A ma mère vivante."
Une belle dédicace pour celle qui continue à vivre dans les nuages,le pollen,les quartiers d'ombre et de vent.. Et le livre s'enclenche!
La mère est elle la seule, l'unique, la mieux aimée des fils?
Voilà une question qui nous taraude après le mot fin de ce livre touchant!
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montjoie
montjoie17 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
...ça saigne dans la sincérité ,la poésie mais pas le maniérisme que frôlait parfois le trop esthète Giono ,ça déballe tout avec une force brutale et douce à la fois ! J'aime que l'on n'attende pas les instants ultimes pour crier sa "condition humaine", et avoir le courage d'effacer sa pudeur en hurlant de toute son âme :" oui j'en ai crevé de souffrance de voir s'en aller ceux que j'aime, comme une bête tapie dans son terrier, j'en ai vomi, j'en ai crevé..."...Ces mots on les dits à ses derniers instants car on sent bien qu'ils résument tout et faute de temps on veut conclure avec enfin une once de sincérité...Dans cette espèce de sublimation d'une existence on a envie de dire enfin sans détours : "quel enfer celui des sentiments" !!...La est la grandeur de l'homme, dans l'inégalité du combat qui devrait susciter un minimum de solidarité entre "frères d'armes" que nous ne sommes lamentablement pas....
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sylvaine
sylvaine10 juin 2011
  • Livres 5.00/5
roman autobiographique l'auteur nous parle de sa mère décédée
de son enfance avec elle pleine de douceur et d'amour ,de sa fille
Marilou qui l'a sauvé du désespoir après son divorce et la mort de sa mère.Avec des mots superbesl'auteur par petites touches nous fait partager ses émotions SUPERBE !!!
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koukich
koukich25 août 2014
  • Livres 1.00/5
C'est une écriture ordinaire. le sujet est probablement autobio. C'est typiquement masculin. Un homme fragile, qui se rassure en prenant sa fille dans ses bras, qui souffre de voir partir sa vieille maman hospitalisée, et que quitte la maman de son enfant pour des raisons que l'on ignore.
Comme tous les hommes, il agrémente sa narration d'une histoire de cul sans intérêt.
Il fait savoir qu'il aimerait rencontrer une femme: "je rêve d'une femme.....elle aurait pour souligner le hâle de son corps un bracelet d'ivoire et de corail et un sourire triste".
Mon Dieu! le pôvre!
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pigof
pigof25 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Très beau roman à l'écriture profonde et très agréable.L'auteur nous raconte avec beaucoup d'émotion,tendresse et simplicité un passage de sa vie où il se retrouve seul suite au départ de sa femme.Cet épisode concorde avec l'annonce du cancer de sa mère qu'il va soutenir jusquà la mort.
C'est le roman d'un écorché vif.Il nous parle aussi de sa difficulté d'écrire dans ces conditions,des ateliers d'écriture qu'il anime en prison,des femmes qu'il a envie d'étreindre.
Ce roman a obtenu le Prix Léautaud et m'a fait passer un très bon moment de lecture.

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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
2605260507 octobre 2014
Depuis que l'été s'est jeté sur la ville, je ne dors plus, mon cœur bat trop fort. Il écrase tout. En quatre ans j'ai perdu ma mère, puis mon père, la femme avec qui j'ai vécu vingt ans m'a dit un soir "Je n'ai plus de désir pour toi", le lendemain elle partait.

C'est drôle, je me sens libre, plus libre que le vent qui descend des collines, plus libre que les pigeons qui choisissent leur clocher, libre de mourir ce soir. J'écoute sonner les heures, je n'ai même pas envie de mourir.

Je pose mon stylo, referme mon cahier où je n'ai rien écrit, et je descends marcher dans la ville. Les femmes sont chaque jour plus émouvantes, légères, apaisées, radieuses. Elles me tordent les boyaux.

Peut-être vivrai-je encore une histoire d'amour. Ai-je vécu un seul jour pour autre chose depuis que je suis né ? Je suis né au début d'un été aussi beau qu'aujourd'hui, sous un ciel de soie déchiré d'hirondelles. D'un seul regard ma mère m'a tout donné. Il y avait tellement de tendresse en elle, une telle concentration de douceur. L'été revient chaque année pour ma mère, pour nous. Nous sommes nés ensemble de son regard.

L'été m'envahit d'amour et je marche jusqu'au soir dans les rues de la ville en prenant soin de pleurer dans les quartiers perdus où je ne croise que des chats et des vieux sur un banc qui regardent leur maison s'écrouler et le soleil qui meurt.
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genougenou27 avril 2013
Les premiers mots d'abord. Le mot maman, le mot amour, le mot caresse. Tous les mots ne sont pas dans les dictionnaires. Les vrais mots sont dans le regard d'une maman, dans son sourire. C'est le sommeil retrouvé, la grande paix de la nuit, les téléphones inutiles, le vol lent et bleu des rêves.

Ecrire c'est aimer sans la peur épuisante d'être abandonné. Seules les mères et l'écriture ne nous abandonnent jamais. Chaque cahier qui s'ouvre est un berceau calme et blanc. Chaque cahier fait de nous un enfant.
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2605260507 octobre 2014
Quelle vilaine expression, « atelier d’écriture », c’est scolaire et laborieux, ça sent le grimoire. Tout le contraire de ce que nous vivons. Notre complicité, nos fous rires de mauvais élèves. Comme eux j’ai grandi dans les rues de Marseille, sur des roches blanches, éclaboussé par la mer et le vent, mon cartable bourré de billes, de rêves et d’hameçons. Une équipe de révolte, voilà ce que nous sommes. Un groupe d’évasion. Nous parlons de la mer, des femmes d’une odeur de peinture et de sel sur un port où le soleil se lève. Un vent de pirate souffle sur nous. Les miradors veillent. Tout est possible.
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brigittelascombebrigittelascombe11 juillet 2011
Seules les mères et l'écriture ne nous abadonnent jamais.Chaque cahier qui s'ouvre est un berceau calme et blanc.Chaque cahier fait de nous un enfant.
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brigittelascombebrigittelascombe11 juillet 2011
Ca doit faire du bien de temps en temps d'étrangler quelqu'un, le premier venu,pour faire exploser son angoisse;quelque chose de plus cruel que la bête en nous. Jaune et noir comme le crime qui nous délivre des honnêtes gens.
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