ISBN : 9782070132218
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Ce journal décrit, sur une période qui va d’octobre à juin, le défilement des journées et des souvenirs, dans la vie paisible et contemplative de René Frégni à Manosque. Ses deux filles sont parties. Il fréquente Tony, un bandit rangé des voitures. Il passe des journées... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 07 juillet 2011

    brigittelascombe
    Il y a certains livres dont on ouvre les portes pour ne plus les quitter, La fiancée des corbeaux est un sésame, l' accés à un bonheur empreint de sagesse tissé de mots simples qui touchent, ceux de René Frégni, ceux d' un homme sans doute blessé dans le passé, emprisonné jadis qui a su s'évader en imagination pour survivre puis écrire pour vivre et en vivre. La prose très imagée de cet écrivain qui "adore les premiers feux de l'automne. Les danseurs rouges des flammes, courts, nerveux, les longs danseurs bleus de la fumée." lui a valu de nombreux prix ( Dans les chemins noirs prix populiste 1989, Les nuits d'Alice prix spécial du jury du Levant 1992,Elle danse dans le noir prix Paul Léautaud 1998,On ne s'endort jamais seul prix Antigone 2001, Tu tomberas avec la nuit prix Nice Baie des Anges 2008, prix Monte Cristo).
    Ce livre est un journal écrit en huit-neuf mois, enfantement, enchantement sur les territoires bleus des lavandes de Valensole, bain de fraicheur dans une fontaine de jouvence.
    Rien d' hitchcockien dans ces corbeaux qui planent au dessus d'Isabelle, l'institutrice, radieuse, gracieuse au coeur d'un paysage de cristal. A moins que son rire clair ne soit une musique ensorcelante comme celle du joueur de flute des contes de Grimm. Elle est là, avec sa mystérieuse douceur de femme qui file à travers champs et le ciel s'éclaircit car elle tient les oiseaux sous son charme.
    Amitié, tendresse, rien de bien érotique, mais un lien qui s'affirme de page en page autour du père Félix dit Lili dont René Frégni travaille les terres, Lili dont il s'occuppe, Lili qui "a oublié son visage et son nom" et dont les "yeux verts" sont " semblables aux cloches de bronze des vieilles abbayes".
    Paix toute campagnarde qui trace une ligne de démarcation avec la ville et avec l'avant.
    La ville, c'est Manosque, l'immeuble où l'auteur habite. Manosque, où, voyeur, chaque jour, il assiste au spectacle impudique de ses trois voisins nus dans leur salle de bains. Corps sensuels des filles qui virevoltent, face au miroir, et le bombardent toutes les trente secondes d'une pensée sexuelle. Intimité de l'homme tatoué d'en face, corps sans visage vu à travers une meutrière.
    La ville c'est Marseille. La prison des Baumettes et ses ateliers d'écriture pour "apporter quelques mots à des hommes oubliés dans les coins sombres". Et Tony,un ex taulard, 27 ans de "ratière", un brigand aux mains d'assassin sans doute, mais un ami au fil du temps qui se livre pour qu'il l'aide à mettre en place ses mémoires en bon français. Et ses propres souvenirs du temps où enfant dans les quartiers sensibles il se battait comme un chiffonier. Et les jeunes qui ressemblent à ce qu'il a été, des jeunes qu'il visite dans les écoles pour leur parler d'eux.
    La ville c'est Montpellier où vit sa fille étudiante, une fille qui partage le lit d'un homme, celle qui n'est plus qu'une fille pour un père aimant.
    L'avant, on le devine, un métier d'infirmier psychiatrique dur de dur et un juge acharné dur de dur aussi.
    Et puis il y a les mots, ceux de la solitude, ceux des lectures, aimés, vivants et les siens en miroir simples, beaux, purs qui transportent comme cette fiancée des corbeaux, cette femme qui ne le fera jamais souffrir et que nous aimerions connaitre et avoir pour amie. Et lui aussi, tant qu'on y est ce René, on aimerait le connaitre et savourer ses oreillettes dans sa cuisine sans chichis.
    Une belle leçon de vie, de reconstruction sur la voie de la sagesse intérieure.
    A lire et à relire sans restrictions!
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 mai 2011

    cicou45
    Roman-journal qui se situe au cœur de Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence. le narrateur est un auteur toujours en quête de nouvelle idées pour ses nouveaux romans. Pour cela, il doit se faire «voyeur», n'hésitant pas à espionner ses trois jaunes voisins dans leurs salle de bains ou encore à s'inspirer de la vie des personnes qu'il a côtoyé lors de son expérience dans la prison des Baumettes en tant qu'animateur d'atelier d'écriture ou encore durant son emploi d'élèves infirmier dans un hôpital psychiatrique. Toutes ces personnes qu'il a rencontrées, voleurs, assassins, malades mentaux, schizophrènes...il ne les juge pas. Au contraire, Tony, l'un des condamnés qui a suivi ses cours lorsqu'il était en prison, est devenu son ami suite à sa libération de prison. Dans ce roman, il parle énormément des femmes et notamment la douce et belle Isabelle, fille de son plus vieil ami, Lili, qui a perdu la mémoire et qui perdra également la vie peu de temps après. Il est vrai que René, le narrateur mais aussi l'auteur, est un homme mais également un père. Il nous parle de ses filles et tout particulièrement de Marilou, la petite dernière qui a quitté le cocon familial il y a peu pour poursuivre ses études à Montpellier et qui lui manque terriblement.
    Ode à la vie, au bonheur de lire, d'écrire mais aussi tout simplement de vivre...ce roman est un vrai régal. L'écriture est simple et à chaque page, on sent une douce odeur de thym, les cigales qui chantent et on est tout simplement transporté au cœur de cette Provence qui est si chère à René Frégni, tout en étant bercé par les auteurs qui lui sont chers tels que Baudelaire, Genet, Giono...
    À découvrir !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par sylire, le 19 février 2012

    sylire
    Dans "La fiancée des corbeaux", sorte de journal intime couvrant huit mois de son existence, René Fregni nous parle de sa vie d'aujourd'hui, en se remémorant celle d'hier. Sa fille Marilou est partie, il vit seul à Manosque désormais. Il rend souvent visite à une amie, Isabelle, dont le papa a perdu la boule. Il consacre du temps au vieil homme pour soulager son amie. de très belles pages sont consacrées aux journées en tête à tête avec le vieux monsieur. Entre les lignes, on devine que l'écrivain est un peu amoureux de la douce Isabelle. le reste du temps, il observe la nature, rencontre des amis, regarde ses jeunes voisins par la fenêtre de son appartement et bien-sûr il écrit. Au fil des pages et des saisons, l'écrivain évoque les rencontres marquantes de sa vie et les épisodes douloureux qui l'ont jalonnée. La quatrième de couverture ne ment pas. Ce livre est un prolongement de " Elle danse dans le noir" et je l'ai lu avec la même émotion.
    La Provence est magnifique sous la plume de René Fregni. Je venais tout juste de la quitter après y avoir séjourné une semaine, quand j'ai commencé le roman. Durant mes vacances là-bas, j'ai visité Manosque en pensant à l'écrivain. J'avais lu quelque part qu'il aimait prendre son café sur une place de la ville, j'aurais pu le croiser… Si vous n'avez jamais lu René Fregni, vous pouvez commencer par "La fiancée des corbeaux" sans aucun problème. Si vous connaissez déjà l'auteur et appréciez son univers, vous serez comblé. C'est assurément un de ses plus beaux livres.

    La dernière phrase du livre est sublime, elle résume à elle seule la leçon de vie qui se dégage du livre : "Nos mères ne nous abandonnent pas, elles nous confient à un monde de douceur, un petit coin qui ressemble à l'enfance, à un jardin, aux jours d'été, à lumière"

    J'ai adoré…


    Lien : http://sylire.over-blog.com/article-la-fiancee-des-corbeaux-rene-fre..
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    • Livres 5.00/5
    Par montjoie, le 16 mars 2012

    montjoie
    à peine sorti d'un roman lourd et noir (mais remarquable) le Goncourt 2011 , j'ai bu à la lumière de ce livre : clair , limpide , cristallin , des synonymes qui traduisent bien l'impression ressentie de source fraîche ou tout semble enfin simple et clair : Fregni a ce don rare de donner du beau et du grâve avec une clarté d'écriture jamais démentie ; ce livre en particulier diffuse une aurore printanière qui fait du bien en ces temps sombres.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 mai 2011

    cicou45
    Un magnifique roman qui nous plonge au cœur de la Provence et nous emmène au détour des sentiers, au son des cigales, à la découverte de son propre soi. Tout roman est un miroir et celui-ci en est un particulièrement réussi ! A lire !
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Citations et extraits

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  • Par cicou45, le 22 mai 2011

    "Balzac ne s'était pas trompé, le plus grand romancier du monde était bien le hasard. Chaque mot produisait de la vie. Parfois de la mort...On ne sait jamais ce que les gens lisent dans nos livres, ils y lisent leurs vies, ils y cherchent leurs rêves, ils y trouvent mille choses que nous n'avons jamais imaginées. Ils s'engouffrent dans d'obscures cités dont nous n'avions fait qu'entrouvrir le porte."
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  • Par cicou45, le 22 mai 2011

    "Le chaos est en chacun de nous, aussi actif que notre obsession à approcher la beauté, à attraper la vie. L'homme est cet espace ou ce temps qui sépare la décision de l'acte chez le suicidé. Il est cet espace depuis toujours. Et ce danger fait toute la grandeur palpitante de ses songes, la beauté mélancolique de sa peur."
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  • Par cicou45, le 21 mai 2011

    "Nous écrivons tous un jour ou l'autre dans un cahier pour réveiller la partie de nous-mêmes qui ne s'exprime pas dans la vie."
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  • Par brigittelascombe, le 07 juillet 2011

    Six mois dans cette forteresse.J'écrivais le mot arbre et je voyais l'arbre, j'écrivais le mot vent et je sentais le vent, le mot lumière faisait entrer le ciel dans ce puits humide, et quand j'avais besoin du regard ou de la peau d'une femme je cherchais dans mon ventre le mot juste,le plus violent et le plus doux.
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  • Par cicou45, le 21 mai 2011

    "_C'est ta vie qui intéresse les éditeurs, pas les formules savantes. C'est la vie qui est littéraire, même lorsqu'elle sent mauvais et qu'elle fait peur. Parle de la prison avec des mots poisseux de sang et des cachots avec des mots aussi froids que la pierre."
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Interview, suite de l'évocation de l'œuvre de l'écrivain.








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