> Vincent Fournier (Traducteur)

ISBN : 9782742794959
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Rufus W. Griswold, critique littéraire et ami d’Edgar Poe, va pourtant s’ingénier à mener un double jeu pervers de l’amitié doublé d’une démolition systématique. Pendant ce temps, Samuel, un esclave en cavale, concrétise les inventions les plus cruelles de Poe
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 19 juillet 2011

    Malaura
    Orphelin très jeune, adopté par une famille riche dont il ne s'est jamais senti proche, Edgar Allan Poe a voué sa vie à la littérature, une quête qui s'apparente à la recherche d'une forme de beauté dans les affres de la mort, le mal, les rêves et le monde tel qu'il le voit.
    Mais la consécration s'est fait attendre. En ce XIXème siècle en Amérique, ses œuvres sombres et morbides sont souvent mal comprises et son tempérament intransigeant est source de conflits.
    Sa relation avec le journaliste et célèbre critique Rufus W. Griswold, homme austère et pieux, est pour le moins ambigüe.
    Ce dernier n'a cessé de jouer "le double jeu pervers de l'amitié et de la démolition systématique" voyant en Poe un auteur de génie mais un esprit machiavélique au service du Mal, capable d'altérer par ses écrits « impies et terrifiants » les consciences les plus nobles!
    Pour ne rien arranger, l'Amérique se trouve confrontée à une série de crimes horribles dont la mise-en-scène macabre ressemble étrangement à certains écrits de l'artiste, de « Bérénice » en passant par « Double assassinat dans la rue Morgue ».
    Poe ne tarde pas à découvrir l'identité de cet imitateur criminel.
    Il s'agit de Samuel Reynolds, ancien esclave et ami d'enfance de Poe, qui s'attelle à reproduire dans la réalité les œuvres les plus funèbres du maître.
    Ecartelé entre une critique assassine, un meurtrier bien réel croyant aux pouvoirs prophétiques de ses récits, une femme malade, des soucis financiers et une vie miséreuse, Edgar Allan Poe noie le peu de lucidité qui lui reste dans des vapeurs d'alcool et meurt en 1849, le nom de Reynolds aux bords des lèvres.

    Depuis la parution en 1999 du Valet de Sade - récit d'un criminel sans état d'âme à la recherche du siège de la douleur - ou celle, plus récente, du Pornographe timide, on connaissait la propension de l'écrivain et scénariste Nikolaj Frobenius à concocter des œuvres originales et inattendues servies par un sens inné pour les ambiances singulières dans des univers sombres et baroques.
    Après quelques années d'absence sur la scène littéraire, c'est donc avec grand plaisir que l'on retrouve l'auteur norvégien dans ce nouveau roman mettant en scène le grand poète et écrivain Edgar Allan Poe.
    Dans un récit ensorcelant où éléments fictionnels et biographiques se fondent dans les remous d'une Amérique de fange, de boue et de misère où les écrivains, mal considérés, sont trop souvent réduits à l'indigence, Frobenius se penche sur les peurs intimes d'un des plus fameux précurseurs de littérature à suspense.
    De Philadelphie à Baltimore en passant par Richmond ou New-York, on suit donc le douloureux cheminement d'un artiste en mal de reconnaissance, angoissé par la totale méprise que ses œuvres inspirent à des lecteurs comme Griswold ou Reynolds, la confusion entre œuvre et personnalité chez l'un, et la fusion entre fiction et réalité chez l'autre.
    La biographie romancée de Frobenius se lit alors comme une sorte de réflexion sur le pouvoir de l'écrit et son écho dans le monde réel.
    En liant ces trois destinés, l'auteur de "Je est ailleurs" renoue avec ce qui avait séduit son public, à savoir les notes du plus pur thriller dans un récit biographique de haute volée.
    Poe, Griswold, Reynolds, trois hommes épris de littérature, trois consciences aussi ferventes qu'égarées, trois âmes violentes pour un récit captivant entre fiction et réalité.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Cylhis, le 01 avril 2012

    Cylhis
    Si je devais résumer grossièrement ce roman, je dirai qu'il s'agit de la vie romancée d'Edgar Allan Poe. Partant de cette idée répandue que le célèbre écrivain serait mort en prononçant le nom de "Reynolds", l'auteur a voulu retracé la vie de Poe et donner sens à cette dernière parole. Il s'est aidé de ses écrits, de lettres, témoignages, articles de journaux, qu'il a pour certains inventés lorsque d'autres sont véridiques. Avec une habile plume romanesque, il a mis en place ce récit dans lequel Edgar Allan Poe, invétéré alcoolique, rencontre un célèbre critique littéraire qui sera le fil conducteur de sa vie d'écrivain, oscillant entre célébrité et mauvaise renommée. Mais un autre personnage jouera également un rôle important dans la vie du poète-novelliste mal compris, un jeune esclave que Poe rencontrera à l'orée de sa vie, chez ses parents adoptifs. Cet homme considérera Poe comme son maître, et verra dans ses écrits une démarche à suivre, une mission à accomplir.
    L'auteur a su recréer une ambiance très proche de celles des nouvelles de Poe. Macabre, cauchemardesque, d'une réalité irréelle et sombre, cette histoire tente de rendre compte avec élégance et beauté parfois de ce qu'a pu être la vie d'un des plus célèbres auteurs fantastiques de tous les temps, de ce qu'elle aurait pu être en tout cas, cherchant à expliquer l'inspiration très spéciale et extraordinaire pour son époque d'Edgar Allan Poe.
    Je le recommande à tous ceux qui veulent en apprendre plus sur Poe, car même si l'histoire n'est pas scrupuleusement autobiographique mais mêle fiction et réalité, elle est celle que l'on souhaite vérité pour cet immense et incontournable auteur. Magnifique, cruelle et sombre. Bravo à M. Nikolaj Frobenius, bel hommage.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 10 juillet 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    Après avoir effleuré la vie du Divin Marquis dans le Valet de Sade, Nikolaj Frobenius revient à la biographie romancée avec une autre sombre figure, tel que du moins la postérité le peint : Edgar Allan Poe. Face au poète miséreux, éternellement en quête de la gloire à laquelle il sait avoir droit, deux hommes, deux lecteurs : Rufus Griswold, pasteur manqué, anthologiste amer qui voue une haine farouche à ce mécréant de Poe mais l'accompagnera pourtant toute sa vie, et Samuel Reynolds, l'esclave albinos fasciné par le Maître, confondant littérature et réalité de la plus horrible façon.
    De façon assez classique, l'auteur entrelace la biographie communément admise de Poe (la mort de ses parents comédiens, son adoption puis son rejet par un riche marchand du sud, son mariage avec sa cousine de 14 ans, ses phases d'alcoolismes, ses succès et ses revers incessants, sa pauvreté chronique et sa mort misérable autant que mystérieuse dans un caniveau de Baltimore) et ses nouvelles. « Bérénice », « L'Étrange cas de M. Valdemar » et « Double assassinat rue Morgue » sont parties prenantes de l'histoire, puisque le contrefait Reynolds se met en tête d'accomplir les meurtres fictifs pour offrir gloire et reconnaissance à Poe.
    Les articles de Griswold ont durablement installé la vision d'un Edgar Poe alcoolique et brutal, impie, séducteur et fat, mort de ses travers, gloire à Dieu. Au rebours, Frobenius dessine un Edgar Poe tout en douceur, en souffrance, en faiblesses bien humaines, qui se définit comme « un incorrigible optimiste », persuadé que la chance finira de tourner, qu'il arrêtera de crever de faim et de regarder mourir sa femme, parce qu'il le mérite. Et il le mérite, c'est bien là le drame. le drame d'Edgar Poe est de connaître sa valeur, de savoir depuis l'âge de 15 ans qu'il écrit mieux et plus juste que la plupart de ses colitttérateurs, qu'il n'est pas un monstre, mais qu'il est faible. Faible devant les flatteurs, faible devant la bouteille – beaucoup moins, semble-t-il, qu'on a voulu le faire croire. Poe, homme du sud, gentleman aux manières délicates et à l'esprit acéré, se heurtera longtemps aux rudes yankees. Un homme qui ne trouve pas sa place et la cherche avec un désespoir qui fait peine à lire. Attachant, parfois crédule – car il faut rêver très haut pour tomber dans des abîmes aussi profonds.
    Au final, un roman assez sobre sur une vie gâchée, que l' « élévation » finale rembourse à peine. On pourrait croire que la bêtise et l'étroitesse d'esprit remportent la mise. Mais qui se souvient de Rufus Griswold ?

    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2011/07/book-freak-session-niko..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Akeera, le 07 octobre 2011

    Akeera
    Edgar Poe renaît de ses cendres dans ce roman aux faux airs de biographie. Sur le canevas de la vie réelle de l'auteur sulfureux, Nicolaj Frobenius greffe avec succès une intrigue mystérieuse où Poe voit ses écrits les plus sombres devenir réalité. D'horribles crimes ressemblant étrangement à ceux qu'il a imaginés sont perpétrés sans que personne ne soit arrêté, et très vite des rumeurs désignant le poète comme coupable se mettent à circuler.
    Tout le monde ignore alors qu'après chaque découverte macabre reliée à son oeuvre, Poe reçoit des lettres anonymes et exaltées de l'auteur des faits, qui semble avoir été très proche de lui par le passé et lui voue un culte sans limite. Frobenius nous plonge dans la vie tumultueuse de cet auteur controversé et mêle avec talent les faits avérés de son existence et ceux créés de toutes pièces, entre ses Histoires d'amour, ses errances et la longue route jusqu'à la renommée.
    Une fois la dernière page tournée, vous n'aurez sans doute qu'une envie, découvrir ou redécouvrir les écrits fascinants d'Edgar Allan Poe.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Laurent Nunez pour le Magazine Littéraire

    Le Norvégien Nikolaj Frobenius met en scène Edgar Allan Poe dans Je vous apprendrai la peur (Actes Sud). L'écrivain maudit affronte deux lecteurs terribles : son double criminel et un critique littéraire désastre... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par Zora-la-Rousse, le 29 janvier 2012

    Le scandale est l'épreuve la plus salutaire à laquelle puisse être confronté l'être humain. S'humilier de la manière la plus grossière, c'est s'assurer la santé de l'instinct de conservation. Heureusement je suis tombé. Misérablement. Violemment. Sans gloire. Je me suis retrouvé par terre à supplier le scandale de me réduire à néant. Or le scandale ne tue pas sa victime, il n'est pas aussi prévenant. Il te plonge le visage dans la merde et t'envoie le lendemain sur ton lieu de travail à la vue de tous. Et c'est seulement lorsque tu te tiens dans l'embrasure de la porte, tous les yeux braqués sur toi dans un ricanement général, que le scandale a fait son travail et que le renouveau peut s'amorcer.
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  • Par Efery, le 11 juillet 2011

    Il murmure les dernières lignes. Les mots "jamais plus!" sont à peine audibles dans le salon, mais il sait qu'ils résonnent comme une explosion dans leurs têtes. Dans les secondes qui précèdent les applaudissements, il lève la tête et promène son regard sur l'assistance.
    C'est alors qu'il l'aperçoit à la porte.
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  • Par Zora-la-Rousse, le 29 janvier 2012

    Il ne faut pas juger l'arbre par l'écorce.
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