ISBN : 2842283945
Éditeur : Le Pré aux Clercs (2011)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Lilas, une naine flamboyante, a choisi de prendre sa retraite de chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même où Frêne, son époux, s'est "ancré" pour l'éternité.
Entourée de quelques amis et de son amant E... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par bykiss, le 27 février 2012

    bykiss
    J'ai poussé un soupir de plaisir en me plongeant dans ce roman original, époustouflant, où chacun vit avec une fée à la place du cœur, où les nains répondent à l'appel de l'Ancrage et se transforment en statues, où l'univers est découpé à travers les Lignes-Vie. Je ne m'y connais pas très bien en Fantasy, mais j'ai vraiment trouvé dans le début de ce roman tout ce que j'y cherchais. Mais dans le début seulement, malheureusement.
    Mathieu Gaborit fait l'impasse sur de longues descriptions et introductions, et nous entraîne directement dans le vif du sujet. On découvre les personnages sur le tas, de même que leur histoire et le monde dans lequel ils évoluent. On pourrait se sentir un peu perdu, mais tout est tellement intriguant que les pages défilent et les explications arrivent à point.
    J'ai de suite été emballée par les trouvailles, les idées originales de l'auteur, par l'univers qu'il a créé. Les nains côtoient les elfes, les sirènes et les humains, et tous ont besoin du souffle pour vivre. Ce souffle qui émane de la fée qui se loge à la place de leur cœur, un souffle qu'ils peuvent plus ou moins commander et qui possèdent certaines vertus magiques.
    Il me semblait donc que ce roman avait tout pour me plaire, hélas, après une centaine de pages, j'ai laissé échapper un soupir de frustration. Chacun des personnages m'avait interpellé, cachant un petit quelque chose d'énigmatique et d'intéressant. Ils étaient très prometteurs, mais pouf bada boum, un est faible, sans consistance, un autre se révèle complètement égoïste et manipulateur, alors qu'un troisième disparaît simplement du roman. Quel dommage ! Au final, aucun n'a su me plaire, je ne me suis pas attachée à eux, ils ne m'ont pas ému, ils m'ont même semblé assez fades et parfois incohérents.
    L'histoire, quant à elle, si originale et ingénieuse, s'essouffle un peu, perd de sa cohérence. L'alternance des points de vue de chaque personnage par chapitre n'existe plus. Il y a un flou qui embrume le roman qui m'a perdue petit à petit. du potentiel, il y en a, c'est indéniable, et si certaines scènes ou quelques personnages avaient été plus travaillés, ils auraient pu être grandioses ! Et puis, Gaborit a une belle plume, assez poétique et raffinée.
    « Je m'ennuie. Je veux aller chercher l'horizon pour le tordre dans mes doigts comme une corde. Y faire des nœuds, lui faire cracher ses promesses, ses fantasmes. Je suis un esclave et je rêve de liberté. Je suis un loup de mer et je rêve d'un voyage sans fin. »
    En refermant le livre, j'ai lâché un petit soupir de déception. J'en attendais tellement de ce livre, de ce monde extraordinaire, savamment mis en place. le flou qui plane sur ce roman semble être volontaire, mais j'ai hélas besoin d'explications plus concrètes, de personnages fouillés, qui nous révèlent tous leurs secrets. Je peux comprendre que Gaborit ait voulu laisser planer le mystère, qu'il ait eu envie de laisser aux lecteurs le soin d'imaginer à leur guise le reste de l'histoire. J'accepte de ne pas tout comprendre, et j'ai essayé de me laisser emporter par l'histoire telle que l'auteur la voyait. Mais après un moment, ça n'a plus fonctionné, j'ai eu besoin de plus, de déceler le pourquoi d'une relation si forte entre deux personnages, le comment d'une mort inattendue.
    Cette lecture change de tout ce que j'ai pu lire jusqu'ici. J'en veux un peu à Mathieu Gaborit de m'avoir déçue après m'avoir tant donné, pendant la lecture des cents premières pages. Moi qui partais si confiante, je me suis perdue dans des passages flous, qui n'ont pas toujours de raison d'être, qui sortent parfois de nulle part. Je n'ai pas détesté cette lecture, loin de là, mais j'ai eu un manque, une attente inassouvie.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Archessia, le 27 février 2012

    Archessia
    J'ai lu ce livre dans le cadre d'une Lecture Commune organisée par Phooka, de Book en Stock, et bien que l'expérience fut géniale et me donne envie de recommencer pour de futurs titres, je dois bien avouer que ce livre m'a laissée perplexe, et je sens qu'il ne va pas m'être facile d'en parler clairement, celui-ci étant lui-même assez nébuleux.

    Le début commence bien, et beaucoup de choses m'ont bien plues.
    Par exemple, le fait que, à la place du coeur comme l'organe que nous connaissons, les êtres sont dotés d'une fée qui les fait vivre grâce à la force qui guide le monde : le Souffle.
    J'ai trouvé cet élément furieusement beau et poétique, comme beaucoup de détails de l'histoire d'ailleurs.
    La façon dont on nous présente les personnages fleure également bon l'onirisme et l'élégance de la plume. Mélange de scènes du présent et de flash-back, on découvre petit à petit des noms, des caractères, des destinées.
    J'étais impatiente d'en savoir plus et de découvrir tellement d'autres choses sur ce Souffle et sur les personnages peuplant ces pages !
    Et c'est là que le bas blesse, car au final, on restera dans la brume du début à la fin.
    Alors, tout ceci peut avoir des bons comme des mauvais côtés. Par exemple, cela laisse entièrement champ libre au lecteur d'imaginer ce qu'il veut, de partir à la dérive de son imagination et d'inventer lui-même des backgrounds ou des origines à tel ou tel phénomène.
    Le problème c'est que, personnellement ... et bien je n'aime pas trop ça.
    Je suis d'accord pour laisser des non-dis et quelques blancs pour mieux nous faire rêver, mais dans le cas de ce titre, j'ai trouvé ça bien too much.

    Quand je lis un livre, j'aime savoir exactement ce que j'ai en main, dans quoi je m'embarque, ce que je suis en train de lire, et pourquoi j'ai envie de continuer (ou pas, d'ailleurs).
    Ici, tout le livre m'a donné une impression étrange. Une fois ma lecture entamée, je prenais plaisir à me laisser porter par la plume colorée et rêveuse de Gaborit. Elle recèle vraiment une grande beauté et il est facile de se laisser aller à rêver grâce à elle.
    Mais quand, concrètement, je voulais m'arrêter sur des éléments du récit et réfléchir à ce qu'il se passait ... et bien, j'avoue que j'avais du mal à tout comprendre.
    Bien sûr, on connaît la trame de fond, et on sait en gros de quoi il en retourne. Mais par exemple, je n'ai jamais réussis à visualiser un seul décors, certaines conversations n'avaient parfois ni queue ni tête pour moi, et la façon dont évoluait les personnages et les relations entre eux me faisaient souvent froncer les sourcils. Je ne vous parle même pas du Souffle et des Fées, dont bien que l'idée soit magistrale, n'a jamais réussit à me convaincre totalement. Je n'y ai pas cru, n'ayant pas assez d'éléments explicatifs sur lesquels m'appuyer.

    Dans le même registre, j'ai trouvé super dommage que certains personnages ne soient pas plus développés. Cela arrive souvent qu'on nous montre quelqu'un, on nous en parle pendant plusieurs pages, on a l'impression qu'il pourrait avoir une importance capitale, et ... et puis voilà, on ne le voit plus jamais. Et on attend, le coeur brisé, espérant revoir un bout de capuche au coin d'une rue ... (comment ça, ça devient personnel ? Mince quoi, il aurait été un formidable namoureux pour moi T_T )
    Non mais sérieusement, c'est quelque chose qui m'a laissé un petit goût amer quelques fois, une frustration qui m'a tenue la main tout du long, ça m'a un peu déçue.

    Hmm ... j'ai l'impression de dire beaucoup de négatif depuis le début, alors que dans le fond, j'ai apprécié le moment que m'a fait passer ce livre.
    En fait, malgré tous ces détails que j'ai cité, l'ambiance générale de ce bouquin m'a enchantée, et comme je l'ai dit, on se laisse facilement aller à rêver, une fois qu'on y est plongé.
    C'est un livre qu'il faut aborder d'une façon un peu particulière, il faut accepter le fait que l'on aura pas de réponses à nos questions, que tout ne sera qu'effleuré, entr'aperçu.
    Je dirais que je n'ai pas aimé le fond tout en me pourléchant de la forme.
    Ce n'est pas très clair tout ça, n'est-ce pas ? Et bien, comme l'est ce Chronique du soupir. Mais cela ne l'empêche pas d'être fascinant et vraiment accrocheur.

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-chronique-du-soupir-100243152..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Kamana, le 29 février 2012

    Kamana
    Je ne connaissais pas la plume de Mathieu Gaborit. Vu qu'on m'a dit beaucoup de bien de ce livre, et comme Phooka et Dup, administratrices du blog Book en Stock m'ont proposé une lecture commune, je n'ai pu résister à cette opportunité. Je vais ci-dessous en donner mon avis de façon impersonnelle et constructive. Exercice périlleux en vue pour moi.

    Voici une lecture poétique, peu commune du fait de l'univers imaginé. Dès les premières pages, la plume de Mathieu Gaborit nous embarque dans l'histoire. le livre commence donc plutôt bien. Nous apprenons à connaître les différents personnages, certains charismatiques, d'autres assez effacés. le découpage des chapitres est sympathique et donne une dynamique très appréciable, passant d'un lieu à un autre, d'un protagoniste à l'autre.
    Le début est si bon que le principe de la lecture commune frustre un peu : on doit attendre les copines pour poursuivre ! D'un autre côté, le fait de donner déjà son point de vue entre lectrices au fur et à mesure des découpages est un exercice super intéressant. On regarde différemment certains points qu'on n'avait pas forcément remarqués.
    Mais voilà, tout part de travers ! Au premier tiers du livre, l'auteur nous sème et il sera très difficile de retrouver l'engouement du départ. Quand on ne visualise pas un monde, il est difficile de s'en imprégner et d'y voir évoluer les personnages. Dans Chronique du soupir, le pouvoir du souffle est fondamental, l'essence même de chaque être, relié à sa fée confinée dans le cœur. La magie du souffle est une notion innovatrice, limpide en elle-même et assez bien expliquée au fur et à mesure de la lecture, même s'il reste quelques passages troubles. le problème ne se situe pas là. Il est dans le décor, dans l'environnement complexe mis en place. Peut-être que la nature des dialogues y est aussi pour beaucoup. Car il est bon de noter que les échanges sont particuliers. Sans profondeur, certes poétiques mais exsangues de sentiments. Tout est froid. On a la sensation d'un rigidité dans tout. Et sans jeu de mots grossier, aussi dans la manière qu'a l'auteur d'aborder la sexualité. C'est particulier... Monsieur Gaborit, quelle troublante vision avez-vous de la chose !
    Pour revenir aux personnages, ils sont à l'image de l'œuvre, complexes, distants. Lilas, l'héroïne, on l'aimera ou on la détestera. Sa vaillance est mise à mal par son côté tête de mule, tête à claques. Brune restera un mystère longtemps, ce qui est un bon point parce qu'on veut en savoir plus sur elle. Les hommes de ce monde n'en sont pas vraiment par leur courage : effacés et plutôt chiffes molles ! Ce n'est pas de leur côté qu'il faudra chercher pour rehausser le niveau. le côté le plus perturbant est qu'on a approché certains protagonistes au début et qu'on ne les reverra qu'à la fin. Certains apparaissent pour très peu de temps, êtres étranges, bizarres et si abscons. D'autres disparaitront trop rapidement et surtout cruellement.
    Un aspect qu'il est bon de noter est le passage, comme ça d'un coup, sans aucune coupure, ni mise en italique, d'un récit à la troisième personne au "je". Certes, on comprend qu'il s'agit de la pensée du personnage traité mais néanmoins cela reste un fait dérangeant et qui n'a aucune utilité si ce n'est de mettre une sorte de monologue saugrenu en place.
    Au final, il faut s'accrocher. La fin du livre est à la hauteur du début, très bonne et très intéressante. Elle nous fait porter un regard différent sur le manque de sentiments durant toute l'histoire et donne une explication à certains passages obscurs. L'écriture poétiquement étrange de l'auteur et la façon dont le récit est mis en place n'effacent tout de même pas tous les points négatifs relevés. Voici donc un roman singulier à découvrir et qui a plu a beaucoup de mes co-lectrices.
    Merci aux éditions le Pré aux Clercs et à Phooka et Dup pour cette découverte particulière.

    Lien : http://kamanaschronicles.blogspot.com/2012/02/chronique-du-soupir-de..
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    • Livres 4.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 12 octobre 2011

    PerdreUnePlume
    C'est toujours un plaisir d'ouvrir un nouveau Gaborit, on sait que jolie plume et créativité seront au rendez-vous.
    C'est encore le cas avec Chronique du soupir qui nous plonge dans un monde fantaisie tout droit sortie de la folle imagination de Gaborit et où les fées, sources de la magie remplace le cœur des hommes. Chaque être, en lieu et place de cet organe, doit sa survie et sa magie à cette fée.
    C'est bien plus complexe que çà, il y a également une raison historique à ce fait et les conséquences apportent aussi leurs lots de mauvais côtés mais pour un résumé grossier c'est à peu près çà.
    On débarque donc dans cet univers, basé sur les fées et le souffle pas vraiment préparé (là encore une habitude de l'auteur) et l'on découvre peu à peu les rouages. La compréhension ne va donc pas de soi, il faut un moment pour vraiment saisir de quoi il retourne et on a une sensation d'égarement qui persiste en partie jusqu'aux dernières pages.
    Plus qu'un univers qu'il faut comprendre c'est une ambiance, de la sensation. Il faut donc se laisser porter par les mots pour vraiment profiter du roman.
    Pour autant, et en bonne cartésienne que je suis, j'ai parfois eu l'impression de passer à côté de quelque chose, c'est assez frustrant !
    Je reconnais que Gaborit une nouvelle fois fait preuve d'une grande poésie et d'une grande imagination mais pourtant je l'ai connu plus accessible, plus convaincant.
    Ce qui est sûr c'est qu'il me faudra une relecture pour vraiment saisir les tenants et aboutissants de son monde, en dessous de la simple sensation de lecture.
    En résumé Gaborit est vraiment un auteur à part, un véritable ovni de la fantaisie que je ne peux que vous encourager à lire. Chacune de ces œuvres est une expérience de lecture unique mais on ne trouve pas ici la plus convaincante.
    C'est un bon roman, marquant mais difficile d'accès et je ne pense pas qu'il soit le roman par lequel il faille découvrir ce formidable auteur. Préférez lui Les chroniques Crépusculaires.
    Pour les lecteurs déjà familiers de l'auteur le plaisir sera là, mais différent de celui auquel vous pourriez vous attendre !

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2011/10/12/Chronique-du..
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    • Livres 2.00/5
    Par TwiTwi, le 15 janvier 2012

    TwiTwi
    Lilas, anciennement naine guerrière, a pris une retraite paisible en ouvrant une auberge. Son mari, Frêne, s'est "ancré" non loin de là. En compagnie de son amant, l'elfe Errance et de ses amis, elle s'occupe de son auberge et de ses clients. Jusqu'au jour où son fils, Saule, débarque avec une jeune fille, Brune, qui semble en train de mourir. Petit problème : Saule s'est enfui de chez la Haute Fée avec Brune ... Voilà Lilas contrainte à la fuite avec son fils.
    On va faire simple : je n'ai pas du tout accroché à ce livre. Il y a pas mal de bonnes idées dedans, entre autre le fait qu'une fée prenne littéralement la place du cœur des êtres, les rendant en quelque sorte prisonniers de la Haute Fée ; les fées renégates et les nains qui "s'ancrent" plutôt que de mourir de vieillesse. Seulement voilà, à force de bonnes idées, une certaine confusion s'installe. Beaucoup de notions ne sont pas très évidentes à comprendre et ne sont pas forcément expliquées, ce qui ne rend pas facile la plongée dans cet univers original.
    Là où le bat blesse également c'est que l'histoire n'est pas à la hauteur des idées développées dans le livre : une banale histoire de fuite devant des miliciens mal intentionnés. Je dois avouer que j'attendais autre chose en commençant ce roman.
    C'était le premier roman que je lisais de cet auteur et je retenterai à l'occasion de lire un de ses romans car l'originalité des idées développées dans Chronique du soupir a attiré mon attention, même si l'histoire en tant que telle ne m'a pas convaincue.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2012/01/chronique-du-soupir-m..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 27 octobre 2011

    Cerne porte une vieille houppelande grise qui traîne jusqu'au sol. Ses bottes légères se meuvent en silence sur les pavés qui mènent jusqu'au taudis. Ses cheveux noirs tombent en mèches plates sur ses épaules, collées à son crâne par la pluie. Ses yeux, deux perles cramoisies, se détachent comme deux tisons sur son visage émacié. Il a le teint pâle, les joues creusées et les narines légèrement dilatées.
    Le souffle qui s'échappe de ses lèvres forme un linceul vaporeux autour de sa silhouette comme s'il se mouvait dans le brouillard. Les rares mendiants vautrés dans la ruelle ne détectent qu'un vague mouvement, une ombre furtive qui se confond avec la pierre.
    Cerne s'immobilise devant une porte branlante. Sa bouche s'arrondit. Sur sa langue, le souffle s'aiguise pour devenir un courant d'air : la porte tremble et s'ouvre devant lui.
    Une pièce unique abrite la famille. Un père, une mère et leur fils qui dorment sur la même paillasse. Contre un mur, une table étroite et trois tabourets. Près de la fenêtre, une armoire rongée par l'humidité et posée sur des cales.
    La famille se réveille en sursaut et cligne des yeux à l'éclat de la lanterne que Cerne brandit devant lui.
    - Debout, dit-il.
    La famille s'exécute. Une fois levée, la mère attire le garçon contre elle et pose les mains sur ses épaules. Les traits tirés, elle garde le silence.
    Cerne lève sa lanterne. La mère tremble, le regard voilé par une profonde tristesse. Le père, lui, s'est laissé choir sur un tabouret et garde les yeux baissés, les mains entortillées entre ses genoux.
    - Cent écus, dit Cerne en déposant une bourse sur la table.
    La mère sursaute et murmure :
    - Vous n'allez pas lui faire du mal, n'est-ce pas ?
    - Je l'achète, lâche Cerne.
    La mère resserre un peu plus l'enfant contre elle.
    - Il a dix ans. C'est un bon garçon.
    Cerne jette un regard derrière lui puis reporte son attention sur la mère.
    - Cent écus, répète-t-il avec une pointe d'impatience. Le père se lève et délie la cordelette qui enserre l'extrémité de la bourse.
    - C'est ce qui était convenu, soupire-t-il en cherchant l'approbation de sa femme.
    Cerne tend la main vers le garçon.
    - Approche, dit-il.
    L'enfant renifle et s'essuie le nez d'un revers de manche.
    - Vas-y, mon garçon, souffle le père, les poings serrés.
    La mère frissonne et recule d'un pas avec son fils. Cerne émet un petit claquement de langue irrité et fait mine de reprendre la bourse. Le père s'interpose et attrape l'enfant par la main pour le soustraire à sa femme.
    - Non ! crie-t-elle.
    L'enfant hésite.
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  • Par TwiTwi, le 19 novembre 2011

    Le premier cadavre gît au pied de l'escalier. Un jeune milicien vautré contre un mur, le menton sur la poitrine, les deux jambes repliées sous les fesses. Cerne le saisit par les cheveux pour relever son visage. Sa bouche est ouverte sur un cri muet, le cou violacé. A l'aide de son poignard, Cerne arrache les boutons du surcot et dévoile la torse du défunt. Dans un réflexe de survie, la fée a tenté de sortir en grattant la poitrine du malheureux de l'intérieur. Entre les deux lèvres de l'entaille pointe une main de la taille d'un ongle.
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  • Par nanet, le 15 janvier 2012

    J'aime ton courage, Saule. J'aime ce que tu me donnes. avec toi, j'ai compris que nous sommes tous un point de fuite pour mettre notre monde en perspective. J'aime ta perspective. Tu es prêt à y renoncer pour moi et là, tandis que la douceur de ton regard me déshabille, je ne sais plus si c'est mieux comme ça, si je peux aller jusqu'au bout.
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  • Par bykiss, le 23 février 2012

    - Je n’aime pas cette idée. Le remords qui te pousse dans les bras d’un inconnu, ce n’est pas de l’amour.
    - Et c’est quoi, alors ?
    - Du sexe ? l’a-t-elle taquiné.
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