Neil Gaiman commence à prendre une place certaine dans ma bibliothèque (on m'a encore offert deux de ses titres récemment). Si, il y a quelques mois, j'avais apprécié
Stardust et
Coraline, mais leur avait tout de même préféré leur adaptation respective ; j'ai vraiment eu un petit coup de cœur pour
L'Etrange vie de Nobody Owens. Titre jeunesse sélectionné pour mon Read-A-Thon il y a trois semaines déjà (j'ai vraiment un retard monstre dans mes chroniques !), je me félicite encore de ce choix, la plus belle lecture du marathon !
J'ai cru lire dans la blogosphère que plusieurs lecteurs étaient déçus par cette histoire. Que mes anciennes prédispositions « gothiques » aient parlé ou que le moment était idéal pour cette découverte ; j'ai adoré ! Mais la rédaction de ce billet est un exercice difficile (encore plus que d'habitude), car j'ai du mal à expliquer ce que j'ai pu ressentir pendant ma lecture… L'idéal serait que vous testiez par vous-même !
Neil Gaiman est un nom souvent associé à celui de
Terry Pratchett (son pote anglais) mais également à celui de
Tim Burton et Henry Selick, notamment depuis l'adaptation de
Coraline par ce dernier. Avec de telles comparaisons, vous vous doutez bien que les lapins roses chantant des comptines, ne sont pas au programme… alors effectivement, si le côté un peu « gothique » vous rebute, ce n'est peut-être pas un titre pour vous (et vous pouvez également rayer l'auteur et les deux réalisateurs de votre liste).
Cela dit,
L'Etrange vie de Nobody Owens est avant tout un livre destiné à la jeunesse. Alors oui, l'action se situe principalement dans un cimetière hanté par des fantômes et autres créatures non humaines ; mais ça n'en reste pas moins l'histoire d'un petit garçon qui grandit et fait l'apprentissage de la vie par l'intermédiaire de plusieurs petites aventures.
Nobody Owens - surnommé plus communément Bod par l'ensemble des habitants du cimetière - est un petit garçon qui aurait pu n'être qu'un petit garçon parmi tant d'autres si sa famille n'avait pas été assassinée lorsqu'il n'était encore qu'un bambin, et si les fantômes du coin ne l'avaient pas adopté.
Seul vivant évoluant entre les tombes, il surprend par sa maturité et touche par sa différence et son désir d'apprendre. Grâce à son tuteur Silas - un personnage bien mystérieux - et d'autres professeurs, Bod découvre l'univers qui l'entoure… sans jamais quitter les limites du cimetière !
Plus les années passent et évidemment, plus l'enfant à envie d'en apprendre plus sur le monde des vivants, mais pour sa sécurité - l'assassin de sa famille court encore et le cherche sans aucun doute - il ne peut pas passer les grilles… enfin, en théorie !
Chaque chapitre offre une aventure différente de la vie du héros. Certaines sont plus marquantes que d'autres (le passage chez les goules, la découverte de la vouivre,…), d'autres plus touchantes (la rencontre avec la petite Scarlett, le court épisode à l'école,…) mais chacune apporte un éclairage sur le caractère de Bod et est utile à son apprentissage.
Il faut en revanche attendre la deuxième partie du texte pour retrouver véritablement les éléments de l'intrigue de départ : l'assassin de la famille de Bod, toujours à la poursuite de celui-ci.
Le dénouement est à la fois plein d'espoir et assez mélancolique et représente bien, à mon goût, le travail d'auteurs comme
Neil Gaiman et de réalisateurs comme
Tim Burton et Henry Selick. Des univers sombres où la
Mort (les
Morts) ont une place à part entière mais où subsiste toujours une touche de couleurs, une éclaircie…
A l'aide d'un point de vue externe,
Neil Gaiman nous offre de jolies descriptions. Il est donc très facile de s'imaginer les décors, les scènes et l'ambiance générale de cette histoire. Grâce aux ellipses narratives insérées entre chaque chapitre, Bod grandit rapidement (on le découvre alors qu'il n'a pas deux ans et on le quitte alors qu'il a passé les quinze ans), ce qui donne un certain rythme au texte et donc à la lecture.
Même s'il est estampillé jeunesse et est donc abordable pour les plus jeunes lecteurs,
L'Etrange vie de Nobody Owens n'est pas non plus simpliste et conviendra également aux adultes. Roman d'apprentissage, conte « gothique »,… n'ayez pas peur et laissez-vous tenter !
A noter : le personnage de Silas, tuteur mystérieux, créature que l'on peine à catégoriser au début mais qui se révèle finalement (je m'y attendais mais j'aime assez ce que
Gaiman fait de ce genre de créatures).
Je félicite également Albin Michel (collection Wiz) pour le livre en tant qu'objet : le format, le dessin de couverture et surtout les nombreuses illustrations (en noir et blanc) entre chaque chapitre (signées
Dave Mckean) ; J'ADORE !
Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/l-etrange-vie-de-nobody-ow..