Enfin publiée dans un seul et même volume, l'épique maxi-série de Neil Gaiman et Andy Kubert, qui met en scène les héros Marvel d' il y a quatre siècles ! En bonus, 40 pages de croquis et de commentaires signés Gaiman en personne.
Les superhéros Marvel font irruption en plein milieu du XVIIe siècle ! D'emblée l'histoire a l'air un peu tirée par les cheveux, et cela se ressent parfois fort clairement. Si le personnage de Nick Fury (renégat et homme de cour dans l'âme) s'inscrit parfaitement dans l'Angleterre victorienne, que dire d'un Captain America soudainement transformé en indien ? Bref : je ne suis qu'à moitié convaincu, d'où une seule étoile ("pas mal").
Reste que ce livre est une curiosité, Neil Geiman, le célèbre auteur de fantasy, s'y attaquant au Comics. On le sent par moment à l'étroit, comme engoncé dans le carcan de cet univers héroïque, mais ailleurs la sauce prend (notamment à travers le docteur Strange dont la magie semble clairement l'inspirer).
Tout, ou presque, l'univers Marvel est ici finement recyclé par Neil Gaiman, secondé par Andy Kubert au dessin, qui transpose une grande partie des super-héros légendaires dans un récit se déroulant au XVIIème siècle en Angleterre et en Amérique, sous les règnes d'Elisabeth Ière et de Jacques Ier.
Stephen Strange, médecin de la reine, va s'allier avec Sir Nicholas Fury en ces temps où semblent sonner la fin du monde pour tenter de mettre la main sur le fameux trésors des Templiers. Neil Gaiman parvient à manipuler l'histoire avec finesse et fait intervenir un grand nombre de héros Marvel, notamment les Quatre Fantastiques, certains X-men, à commencer par le professeur Xavier, devenu Carlos Javier, un Peter Parker (ou Peter Parquagh) surprenant... sans aucune lourdeur, avec un talent fou puisque tout tient parfaitement en place et ne semble aucunement forcé.
Un fort bel ouvrage dans lequel on retrouve le thème des mutants persécutés, la lutte de Fatalis contre les Fantastiques, la colonisation du Nouveau Monde (à mettre en parallèle avec "American Gods")...