ISBN : 2841569349
Éditeur : Editions du Rouergue (2008)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 528 notes) Ajouter à mes livres

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employé... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 04 septembre 2008

    sylvie
    'au début, je me suis posée des questions... L'ambiance très particulière de ce roman ne m'a pas plu dès les premières lignes : trop lourde, trop glauque, trop triste... Un brin pesant tout ça... Ces vagues effrayantes, cet océan violent et dangereux, ce petit village peuplé d'êtres étranges et mortellement enfermés dans une solitude que rien ne semble pouvoir entamer, agissaient un peu en repoussoir...Mais peu à peu, j'ai été harponnée par l'intrigue superbement construite et je me suis attachée aux personnages extraordinairement singuliers, au point de ne pas pouvoir lâcher ces quelques 500 pages.
    Nous assistons à un long et lent cheminement de deux personnes qui se rencontrent, s'attirent et finiront par accepter de s'aimer et de dire oui à la vie.
    Pour arriver à ce dénouement heureux, il aura fallu qu'ils aillent jusqu'au bout de leur souffrance, qu'ils fouillent loin dans les ressacs de leurs deuils respectifs.
    Lambert vient vendre la maison familiale, celle où un matin on est venu lui annoncer la mort de ses parents et la disparition de son petit frère en mer. Mais il ne croit pas à la version officielle de l'accident. Il croit dur comme fer que le gardien du phare l'a éteint et il lui en veut depuis 20 ans.
    La narratrice, qui n'a pas de prénom, est venue se réfugier dans cette pointe de terre désolée et assaillie par la mer pour tenter de vivre avec le deuil qui l'habite toute entière. Son amant est mort de maladie et elle a tout quitté pour s'installer à La Hague.
    Ils vont se rencontrer, et la narratrice va se prendre dans les filets de l'histoire de Lambert et tenter d'en dénouer les nœuds.
    Secrets, mensonges et lâchetés, vont petit à petit accepter de revenir à la surface, et nous découvriront la face cachée des êtres qui vivent là, repliés sur eux mêmes et sur leur mal-être pétris de culpabilité et de non-dits.
    C'est un livre dense, fort et très sombre dans lequel danse la petite lumière douce du fantôme de Prévert qui s'est aussi retiré dans ce coin...
    Le phare et son gardien en sont les personnages clés.
    Des liens sur http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/09/les-dferlantes-claudie-gallay.html
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par asphodele85, le 22 juin 2011

    asphodele85
    Ce livre avait tout pour me plaire : le titre, le phare, La Hague, ce bout du monde du Cotentin mais je suis restée à la porte, y entrant huit jours après sans perdre le fil tant les redites nous permettent de suivre cette sombre histoire sans risque de nous égarer. Ce roman est un cliché, tout comme les personnages caricaturés plus que dépeints : Lambert, l'étranger qui ressurgit 40 ans après pour expliquer le naufrage de sa famille ; Lili, la tenancière du bistrot où on boit, où on mange, tout en observant la faune locale et surtout on y « ragote » à longueur de journée, cinquantenaire acariâtre, qui s'occuppe de la Mère (la sienne) après avoir fui la maison du père, Théo, ancien gardien du phare et ornithologue en retraite que la narratrice vient remplacer dans ce travail mais aussi Père de Lili et ex-mari de la Mère, qui ont toutes deux quitté la maison familiale car il a toujours été amoureux de Nan ; les colocataires de la narratrice : Raphaël, le sculpteur illuminé et talentueux, sa soeur, Morgane trentenaire appétissante en mal d'amour et mal fringuée, punkette déshinibée ne se baladant jamais sans son rat ; Max, amoureux de Morgane, innocent du village qui retape un bateau et en sait beaucoup plus long qu'il n'en dit ; Monsieur Anselme, vieux garçon affété, obsédé par Prévert, enfant du pays, et qui perpétue sa mémoire, La Cigogne, petite fille triste au bec-de-lièvre, qui circule, silencieuse et amoureuse de Max entre tous ces adultes…et Nan (Florette de son vrai nom), une folle magnifique qui erre sur la grève les jours de tempête, attendant que la mer lui rende le corps de Michel, son fils adoptif disparu, en portant ces jours là d'amples robes noires où sont brodées à l'intérieur le nom des enfants qu'elle a élevés au Refuge, orphelinat de fortune. Elle coud les linceuls des morts et inspire beaucoup Raphaël qui sculpte des femmes au ventre creux…
    Dans cette atmosphère lourde de non-dits, elle qui souffre et se complait dans sa douleur, qui ne veut surtout pas arrêter de souffrir car après la douleur c'est « le vide », spectatrice de sa vie, elle devient actrice de celle des autres. Mais là où elle aurait pu recueillir des indices en 5 jours, elle en met dix, ne nous épargnant aucun petit détail qui dilue les jolis passages dans une logorrhée insupportable. Elle distille à chaque page des sentiments sur son amour perdu chaque fois qu'un geste, une odeur le lui rappelle. Elle questionne Théo, le vieux gardien du phare, taiseux, qui ne vit plus que pour ses chats et ses regrets de ne pas avoir épousé Nan qu'il a toujours aimé. A la page 160, le « secret » s'évente et qu'elles sont loooongues les 400 dernières pages… Tout en continuant à voir Lambert de ci de là. de lui ramener un indice glané par hasard… et se perdant dans des détails, des descriptions interminables qui n'ajoutent rien au roman. Tout se terminera bien pour les principaux héros, moins bien pour ceux qui continueront à remâcher leurs aigreurs et leurs rancunes aussi tenaces que le varech accroché aux rochers et deux s'en sortiront grâce à la rédemption et au pardon.
    L'histoire commence avec l'arrivée de Lambert, le jour de la grande tempête qui vient chercher des réponses au naufrage du voilier de ses parents et à la disparition de son frère cadet (jamais retrouvé) quarante ans plus tard. Elle ne déferle hélas que pendant les 20 premières pages…cette tempête. On comprend tout de suite que l'ornithologue (elle n'a pas de nom la narratrice, sauf au milieu du livre où Lambert l'appellera une seule fois La Ténébreuse) a un penchant immédiat pour lui, alors qu'elle est venue tenter d'oublier son grand amour mort d'une longue maladie et dont elle nous distille à chaque page, un peu plus de leur histoire. Tous ces personnages sont liés par un secret « terrible », « monstrueux », une chaîne aux maillons rouillés par la haine, la rancoeur, les mensonges, les silences et la mesquinerie. A l'image de leur vie qui, quarante ans plus tôt s'est brisée en se refermant sur ce secret. La Ténébreuse va se passionner d'un coup d'un seul pour la quête de Lambert (l'enquête), ancien flic cinquantenaire en rupture de ban, visiblement, et essayer de faire parler Théo, qui ne concède à parler que d'oiseaux et de ses chats, lui faire avouer s'il a éteint le phare dix minutes, le jour du naufrage des parents de Lambert. Tout le monde sait et se tait. La narratrice se réfugie à la Griffue où elle demeure, un ancien hôtel qui avance dans la mer, reconverti en appartements. Là, elle se laisse aller à sa douleur qui étouffe peu à peu le lecteur. Il existe bien sûr des douleurs indécentes, l'auteure en supprimant 300 pages aurait pu en restituer la violence avec pudeur, mais la plume de Claudie Gallay ne flamboie pas, elle ressemble aux lumières pastel du Cotentin, virant trop peu souvent à l'écarlate sauf quand elle passe des soirées arrosées de whisky et de grands crus avec Lambert.
    POURQUOI JE N'AI PAS AIMÉ
    Tout d'abord à cause du style insupportable de Jacques-a-dit. Pas une phrase, pas une réplique qui ne se finisse par, il a dit, elle a dit, j'ai dit. Un exemple ? Toutes les pages si vous voulez, allez un deux, bien énervants : » Tiens, te v'là ! elle a dit. (…) C'était déjà comme ça avant, il a dit » (…) »J'ai vieilli il a dit. »(p.76-77) Et ainsi de suite. Que ce style grammaticalement incorrect, plaise à certains, soit, moi je m'y suis heurtée comme aux rochers tranchants sur lesquels l'héroïne pose les pieds chaque jour. le talent ne se mesure pas au kilomètre non plus, aussi quand ce genre de digression « inutile » au texte vient en hacher encore le cours, je vous laisse apprécier page 426 : « J'ai regardé mon visage. J'ai fait couler l'eau. Il y avait un savon dans une coupe. C'était un petit savon blanc, de forme rectangulaire, Ph neutre. Ce n'était pas une coupe spéciale savon (ici, dans ce sens, spécial ne prend pas d' »e » à la fin), un peu d'eau stagnait au fond. le savon avait trempé dedans. Il était mou. Quand je l'ai pris, je l'ai gardé dans ma main. Impossible à reposer ». Passionnant non ? Je vous épargne la page où les menstrues reviennent ni celles où le blouson de Lambert est un second rôle permanent (ah ce blouson, sa madeleine de Proust certainement). La sensibilité oui, pas la sensiblerie. Et je le répète, il y a allègrement 300 pages superflues. Je souhaite le meilleur à Claudie Gallay, qu'elle continue d'écrire ses rêves tristes si tel est son choix, mais qu'elle essaie d'offrir du rêve à ses lecteurs, tout simplement !


    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Sur le papier, ce roman semble être sympa : la mer, les falaises, l'ornithologie, la nature, ... Convaincu, j'achète ! Commence alors la lecture...
    Le début est lent, très lent, presque trop lent. Il faut alors attendre environ 150 à 200 pages pour que la mayonnaise prenne, pour que cette lenteur prenne forme et donne le tempo.
    Le roman se tourne alors vers une affaire de famille, dans une sorte de huis-clos dans un petit village, avec pour fond ces grands espaces et cette nature.
    L'impression finale est bonne, même si on ne s'attendait pas à ce genre d'intrigue, qui est malgré tout en adéquation avec le lieu. Un beau moment d'évasion !
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    • Livres 1.00/5
    Par sandrine57, le 28 février 2012

    sandrine57
    C'est dans un petit port du cap de La Hague que la narratrice, une ornithologue, est venue se réfugier après le décès de son compagnon. Elle s'y est fait quelques amis et pour le reste, elle parcourt la côte pour observer et compter les oiseaux migrateurs.
    Un jour de tempête, elle croise Lambert de retour au village après des années d'absence. Au fil du temps, ils vont faire connaissance, se rapprocher et, ensemble, trouver les réponses aux questions que se pose Lambert après le naufrage de ses parents et de son jeune frère il y a de cela 40 ans.
    Seule Venise m'avait laissé une impression mitigée et j'avais décidé de laisser encore une chance à Claudie GALLAY mais finalement je dois me faire à l'idée d'une rupture définitive entre elle et moi.
    Alors oui, elle n'a pas son pareil pour décrire les ambiances et les lieux. le port, la côte, le vent, la pluie, les vagues, la brume...tout cela est magnifiquement restitué et on a qu'une hâte: partir pour le Cotentin séance tenante!
    Mais à côté de cela, je n'aime pas son style, ses personnages, ses dialogues.
    Le style est lourd de trop de détails. Chaque action, chaque geste est scrupuleusement détaillé si bien qu'on se noie dans un flot de digressions sans intérêt.
    Les personnages sont froids. Les taiseux, moi, ça m'ennuie. J'ai envie de les secouer, j'ai envie d'un peu de vie et de passion!
    Et quand les taiseux se mettent à parler, et bien cela donne des dialogues d'une platitude effrayante.
    Bref, je me suis ennuyée à lire cette histoire qui traîne en longueur malgré des paysages magnifiques et une intrigue qui, traitée différemment, aurait pu éveiller mon intérêt.
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  • Par adtraviata, le 25 avril 2011

    adtraviata
    C'est un coup de coeur pour moi, à plusieurs titres, et j'espère ne pas en faire un commentaire trop décousu. Trop d'émotions à essayer de transmettre.
    D'abord c'est une hymne à la mer, à la nature, aux oiseaux (et même aux animaux de la ferme) : je ne suis jamais allée aussi haut dans le Cotentin mais je rêve de voir en vrai le cap de La Hague, même si l'usine de retraitement des déchets nucléaires n'est pas loin... le livre donne vie aussi aux légendes, celles que font vivre les femmes du coin, les esprits soufflent sur la lande, on se méfie des étrangères qui ne sont pas comme tout le monde.
    C'est un livre qui parle de création: à La Griffue, vivent aussi Raphaël et sa soeur Morgane. Raphaël, sculpteur tourmenté qui se nourrit sans doute de la vie des gens du pays : "Comment Raphaël osait-il ? Je en sais pas où il puisait cette force, de quelle part obscure lui venait ce besoin de creuser toujours plus profond. Sans concession. J'aurais voulu être capable de vivre comme il sculptait. Au sang et à la chair. Oser ce que j'étais." (p. 369)
    Et cela m'amène à dire les principaux attraits de ce livre : il parle des gens, il parle de gens blessés par la vie, et il en parle en creux, à petites touches. Petit à petit m'est venue l'idée d'un tableau impressionniste où chaque être se révèle petit à petit, suivant la lumière et le vent, et la narratrice est assez sensible pour saisir le moment où chacun est prêt à se dévoiler, sans forcer, sans juger.
    A La Hague, on croise non seulement cet artiste tourmenté qu'est Raphaël, mais aussi Max, l'innocent du village, amoureux éconduit de Morgane et amoureux des mots. Monsieur Anselme, vieil homme raffiné épris de Prévert et de compagnie. Nan, que tout le monde prend pour une vieille folle qui cherche partout ses morts et attend le retour de son fils adoptif. Pourtant, avant elle était belle et ardente, elle s'appelait Florelle. le vieux Théo, celui qui observait les oiseaux avant la narratrice, qui était aussi gardien du phare à ses heures, qui s'occupe de ses chats et rumine avec mélancolie son amour pour Nan, ou plutôt Florelle. Et pourtant il était marié à une autre, il a eu une fille, Lilli. Lilli qui ressasse les manques de son père et ne remâche plus que de l'amertume...
    Et bien sûr il y a la narratrice qui se dévoile petit à petit, qui raconte le deuil, le manque, et qui se voit renaître petit à petit, presque sans le vouloir. Et il lui en faut du temps, des jours et des jours de silence sur la lande, pour renouer avec les mots, avec les gens. "Je savais que l'on pouvait rester très longtemps comme ça, les yeux dans la mer, sans voir personne. Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps, la mer déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d'elle. Beaucoup de ceux qui vivaient cela ne repartaient pas." (p. 303) Pour apprivoiser le manque et oser se remettre à vivre : "Ce regret, toujours, de ne pas aimer suffisamment. de rester en lisière. Lambert aurait voulu pouvoir pleurer encore. le manque de toi, je l'ai eu. Je ne l'avais plus. J'aurais voulu l'avoir toujours. C'est ce manque qui me manquait, mais ce manque, ce n'était déjà plus toi." (p. 506) Pour vivre avec la cicatrice : "J'ai ramassé un caillou. Un petit galet de granit noir, sur le côté il y avait une griffure plus claire, un impact en forme d'étoile. J'ai fermé mes doigts, doucement, et je l'ai glissé dans ma poche." (p. 525)
    J'ai trouvé cette dernière image du caillou une belle métaphore de ce que devient la narratrice à la fin du roman, dans un bel apaisement. Pendant ma lecture, fait assez rare, une musique a fini par trotter dans ma tête, le deuxième mouvement du 2e Concerto pour piano et orchestre de Chostakovitch (qu'on entend aussi dans la bande-son du film Une exécution ordinaire de Marc Dugain), une musique à la fois déchirée et apaisée, qui me semblait bien représentatrice de cette héroïne qui m'a vraiment touchée. Dans la simplicité.
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Critiques presse (2)


  • LeFigaro , le 25 novembre 2011
    Voilà un roman qui a du souffle. Un souffle aussi puissant que les tempêtes décrites par Claudie Gallay. Un récit au long cours, aussi. Ce que nous avons peu l'habitude de voir en littérature française.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LeFigaro , le 23 novembre 2011
    Voilà un roman qui a du souffle. Un souffle aussi puissant que les tempêtes décrites par Claudie Gallay. Un récit au long cours, aussi. Ce que nous avons peu l'habitude de voir en littérature française. Enfin, en plus d'un décor que l'auteure a su magistralement camper, ses personnages, et ils sont pourtant nombreux, sont d'une richesse et d'une complexité exceptionnelles.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 01 mars 2009

    Qu'est-ce qui fait que l'on s'éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s'être vus avant ? Il y a des rencontres qui se font et d'autres, toutes les autres qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs... Parfois nous croisons quelqu'un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d'essentiel ensemble. Mais il suffit d'un rien pour que ces choses là ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté.
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  • Par Reka, le 27 septembre 2010

    J'ai serré les poings. Comprendre quoi? Qu'un jour on se réveille et qu'on ne pleure plus? Combien de nuits j'ai passées, les dents dans l'oreiller, je voulais retrouver les larmes, la douleur, je voulais continuer à geindre. Je préférais ça. J'ai eu envie de mourir, après, quand la douleur m'a envahi le corps, j'étais devenue un manque, un amas de nuits blanches, voilà ce que j'étais, un estomac qui se vomit, j'ai cru en crever, mais quand la douleur s'est estompée, j'ai connu autre chose. Et c'était pas mieux.
    C'était le vide. (p. 259)
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  • Par Reka, le 27 septembre 2010

    Il s'est retourné, il a regardé la table.
    - Je pourrais venir compte les oiseaux, un jour, avec vous?
    - Pourquoi, vous ne partez plus?
    Il a dit que si, il allait partir bientôt mais qu'entre bientôt et maintenant, il y avait un peu d'espace. Et qu'il aimerait se servir de cet espace pour aller voir les oiseaux.
    Les falaises, c'étaient mes chemins de solitude. Je ne savais plus marcher à deux.
    Un bouchon de liège avait été oublié sur le rebord de la fenêtre et il l'a fait tourner dans la lumière.
    - Vous savez ce que j'ai vu, un jour, ici? ... Des gosses, ils avaient attrapé un poisson et ils lui ont piqué des bouchons comme celui-là sur le dos, ils l'ont relâché. Le poisson ne pouvait plus plonger. Ca les faisait rire.
    Il était en colère, si longtemps après, comme si les gosses étaient encore là, de l'autre côté de la fenêtre, à faire leurs conneries dans les rochers.
    - Il faudrait pouvoir trier dans les souvenirs, vous ne croyez pas? Trier et ne garder que le meilleur...
    Il a reposé le bouchon.
    Je l'ai regardé.
    - C'est pour ça que vous êtes ici? Pour retrouver le meilleur?
    Il a souri.
    Il a rempli les verres.
    - Peut-être, oui. (p. 120-121)
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  • Par sylvie, le 04 septembre 2008

    Je me souviens du jour où j'ai fait ça pour la première fois. Il a souri doucement.- J'ai éteint quelques minutes... Après, j'ai pris l'habitude. Je faisais ça quand j'étais seul... Dès que je rallumais, il s'en écrasait d'autres. La pointe du couteau laissait des marques dans le bois de la table. J'entendais le bruit de la lame qui s'enfonçait.- Je ne voyais pas les oiseaux que je sauvais, seulement ceux qui s'écrasaient...Il a levé les yeux sur moi.- C'était du double vitrage. J'avais les images, les corps, les plumes, le sang. J'avais tout ça, mais pas le son. Il a tenté un autre sourire.- On se serait cru dans un film muet. Les oiseaux étaient attirés par la lumière, aveuglés par elle. Ils volaient avec la mort au bout. Ils surgissaient de la nuit, ils battaient des ailes, cherchaient un espace. Les plus chanceux se brisaient contre la vitre sans rien comprendre."
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  • Par Nionie, le 03 septembre 2010

    je ne sais rien faire sans lui
    qu'est-ce que je pouvais lui répondre ? j'ai voulu poser ma main sur la sienne. elle l'a retirée. elle ne voulait pas que je la touche. on croit tous ça, que l'on ne saura plus rien faire sans l'autre. et puis l'autre s'en va et on découvre qu'on sait faire des tas de choses qu'on n'imaginait pas. des choses différentes, et ça ne sera plus js comme avant. j'ai essayé de lui expliquer tt ça.
    qu'on peut continuer qd même.
    elle reniflait.
    je lui ai parlé de toi.
    comme une épine enfoncée ds le fond de ma chair.
    parfois je t'oublie, et puis il suffit d'un geste, d'un mauvais mouvement et la douleur revient, tellement vive.
    parfois aussi, la douleur n'est pas là et c'est moi qui la cherche . je la trouve , je te réveille.
    la douleur familière , que seules les larmes consolent ...
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Rencontre avec Claudie Gallay autour de son dernier roman " L' amour est une île " au Family de Landerneau le 14 septembre 2010.








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