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Critiques sur La meilleure part des hommes-Prix de Flore 2008 (11)


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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura le 10/06/2011


    Collègue de Doumé, amie de Willie et amante de Leibo, Elisabeth Levallois raconte comment les relations - amoureuses, amicales ou intellectuelles - qu'elle entretenait avec les 3 hommes les plus importants de sa vie se sont, avec les années sida, irrévocablement délitées, jusqu'à transformer en haine absolue l'amour que se portaient Doumé et Willie.
    Dans le milieu underground parisien, Willie paiera cher son rêve de gloire ainsi que son inconsciente, exubérante et inconséquente jeunesse.

    A travers le portrait de 4 personnes, acteurs ou témoins de leur temps, Tristan Garcia rappelle à notre souvenir nostalgique ce qu'ont été les années sida.
    De 1980 au début des années 2000, il revisite cette époque gaie et tragique, marquée par l'émergence des mouvements homosexuels et stigmatisée par la maladie.
    Une période où l'insouciance a fait place à un débat politisé, médiatisé, conflictuel et générationnel, que l'auteur réussit à aborder avec beaucoup d'à propos dans une langue fortement orale et très contemporaine.
    Un premier roman prometteur.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir le 25/03/2010


    Nous avons tous entendu parler du Sida, en long, en large et en travers. Sans pour autant savoir réellement comment cela s'est passé lorsque tout a commencé. L'auteur nous emmène dans le monde de ceux qui au début ont été le plus touchés, les homosexuels. On a même parlé à un moment de « cancer homosexuel » pensant qu'ils étaient les seuls à être touchés.

    Ce que j'ai trouvé intéressant, c'est que les personnages principaux ne sont pas confrontés à un choix binaire comme nous pourrions le penser. Ce n'est pas seulement se protéger et vivre ou ne pas faire attention et mourir, toute une notion de liberté entre également en jeu et c'est ce point de vue qui m'a beaucoup plu. La liberté de choisir de vivre ou de mourir, de se protéger ou non, de pouvoir faire l'amour sans entendre parler sans cesse de prévention.
    J'aurais toutefois aimé que les personnages soient un peu moins stéréotypés, je parle surtout du personnage de Willie. Il est arrogant mais fragile, déroutant, énervant, insolent, parfois franchement infect. Un peu trop, dirons-nous.
    Cependant, c'est ce côté-là de lui qui donne de l'importance à la haine qu'il accorde à son ancien amant, Dominique. Cette guerre entre eux deux est une part importante de ce livre, j'ai été parfois choquée, étonnée, triste même de voir à quel point les choses peuvent changer. Mais il est intéressant de voir comme une maladie et surtout des points de vue divergents peuvent changer les hommes.
    Ensuite la différence entre les homosexuels et les hétérosexuels me semble énorme dans ce livre, comme un immense fossé. Mais il est vrai qu'il faut remettre les choses dans leur contexte et comprendre que dans les années 80-90, le regard sur l'homosexualité n'était pas le même qu'aujourd'hui.

    Ce qui est assez déroutant quelquefois c'est le fait que le narrateur soit une femme. Etant donné que les personnages sont tous les trois des hommes, c'est parfois étrange de voir se dérouler l'histoire sous les yeux d'une femme mais cela apporte quelque chose en plus. Cela nous permet d'être plus objectif, nous devenons un peu comme elle, à observer ces trois hommes évoluer, changer, vivre.
    Ce qui m'a déplu, c'est qu'il est parfois trop question de politique, de militantisme et à un moment, cela peut paraître pesant. De même, j'ai parfois été gênée par l'écriture, surtout lors des dialogues. Trop de familiarité, parfois de la vulgarité et une manière de s'exprimer assez particulière.
    Cependant, je ne regrette pas du tout d'avoir lu ce livre. Il est très facile à lire et l'histoire abordée de ce point de vue est vraiment intéressante.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par ChezLo le 29/01/2009


    de Tristan Garcia
    Roman - 305 pages
    Editions Gallimard - août 2008
    Prix de Flore 2008

    Des hommes c'est souvent la meilleure part que l'on retient, parce qu'ils nous l'ont présentée au cours de leur vie. Parfois, La meilleure part des hommes est celles qu'ils ont cachée, tue, enfouie, en dévoilant au contraire leur côté odieux à la face du monde. C'est le cas de William Miller, jeune homosexuel rebelle, provocant, dangereux aussi par son comportement irresponsable. C'est Elizabeth qui nous en parle, qui nous conte la vie de cet homme, et aussi de Dominique Rossi, activiste dans le milieu gay, et enfin de Leibowitz, son amant. Ces trois hommes de sa vie ont connu leur heure de gloire, leur réputation, leur influence dans les mondes culturel, politique ou militant. Mais leurs vies privées, déchirées par les ravages du Sida, des conflits interreligieux, furent le théâtre de passions et de trahisons déchirantes. Elizabeth en est témoin.

    Un style parlé très contemporain, une déferlante de dialogues, d'anecdotes, de tranches de vies. De drames. J'arrive pas à dire que j'ai aimé ce livre, loin de m'avoir emballée, j'ai trouvé la lecture assez laborieuse.

    Extrait :
    "J'étais plutôt seule.
    Doumé disait souvent à Will en lui caressant la nuque, lentement : "On est heureux, c'est con, hein, on n'en fout pas une rame."
    Il continuait d'écrire des articles pour Libé, mais sa vie c'était Stand désormais. J'avais pris sa place pour le culturel, au journal. J'écrivais un peu sur tout, je travaillais beaucoup.
    Je ne sais pas comment ils ont été heureux, c'est précisément le genre de choses privées qui ne sont plus ce qu'elles sont quand on les voit de dehors, quand on en parle et quand on les écrit."

    Certains passages m'ont plus laissée admirative.

    Extrait :
    "Les hommes dont la meilleure part n'est pas le coeur, mais tout autour d'eux, leurs actes, leurs paroles, et tout ce qui s'ensuit, leurs parents, et leurs héritiers - ils se survivent, leur disparition n'est finalement qu'une péripétie de leur plus longue durée, à nos yeux.

    Quant à La meilleure part des hommes qui la gardent dans leur coeur, faute de mieux, jusqu'à la dernière heure, elle vit mais aussi elle meurt avec eux."
    William est un écrivain provocateur, prônant l'amour sans protection malgré la séropositivité d'un partenaire. Comme lui. Personnage choquant, égoïste en apparence, assumant sa maladie et ses souffrances, refusant tout conformisme, il impressionne. Il semble que seule la narratrice Elizabeth reste la seule compréhensive et indulgente quand tous ses amis et amants sont devenus ses ennemis.
    Evidemment très ancré dans la similitude avec l'histoire réelle de la fin du siècle dernier, je l'ai lu sans réaliser à quelles personnes réelles les personnages faisant référence. Seul l'organisme Stand, mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France, m'a évoqué clairement Act Up. Mais mes connaissances limitées ne me permettaient pas de pousser plus loin les rapprochements.
    Il s'avère donc que ce William Miller renverrait de manière implicite à Guillaume Dustan, Leibowitz à Alain Finkielkraut , Dominique Rossi à Didier Lestrade. J'aurai appris des choses.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2009/01/la-meilleure-part-des-homme..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par bouquineuse le 18/02/2009


    En premier lieu, je me dois d'ouvrir une petite parenthèse afin de remercier les Editions Gallimard et l'opération Masse Critique / Babélio qui m'ont permis de recevoir cet ouvrage gratuitement en échange d'un billet sur mon Blog ! Je suis ravie d'avoir pu participer à cette opération bien que je craigne après la publication de mon article, de figurer désormais sur une obscure liste noire des blogueuses littéraires bannies définitivement par les Maisons d'édition... pour délit de critique acerbe.




    Car j'avoue : je n'ai pas aimé ce roman. du tout.




    Entre critiques dithyrambiques et lecteurs affligés, je fais partie des seconds. Bien que reconnaissant de son auteur un jeune homme cultivé, les nombreuses références philosophico-politiques en sont la preuve, je regrette la lourdeur de son écriture qui tourne à l'exercice de style. Texte aux échanges bruts, saccadés, brouillons, c'est écrit comme on parle.




    Un réalisme cru porté par un ton faussement décontracté, corrélé par les événements racontés : l'homosexualité, la montée du sida, les déchirements des protagonistes, le sordide de situation. Cette histoire de bohèmes parisiens m'ennuie alors qu'elle devrait me déchirer. le propos de l'auteur sur l'apparition du sida dans le Paris des années 80 et 90, fil conducteur du roman, peine à émouvoir et semble même prétexte à l'écriture de cette prose apprêtée. Un exemple, l'accumulation des surnoms donnés aux personnages, notamment celui de Dominique : Doum, Doumi, Doumé, Doum-Doum ou encore Dom. L'effet escompté est-il d'agacer le lecteur ? Si c'est le cas, je confirme que ça marche.




    Comment peut-on mettre une telle distance entre ce sujet éminemment sensible et cette façon de le raconter ? Un parti pris orgueilleux qui à mon sens, fait sonner le glas de la crédibilité du récit.




    Conclusion : Pensum rebutant, froid et sans saveur, je suis déçue voire consternée, convaincue que l'auteur s'est bien fichu de son lectorat avec son roman factice.


    Lien : http://www.bouquineuse.com/post/2009/02/18/La-meilleure-part-des-hom..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par InsulaDulcamara le 19/01/2009


    Soient les trois dernières décennies de l'histoire française vues à travers l'histoire de la communauté homosexuelle et le parcours de trois personnalités, ressemblant de manière troublante à Alain Finkielkraut, Guillaume Dustan et Didier Lestrade. Evidemment, difficile de ne pas intéresser le lecteur avec trois figures médiatiques, dont deux qui comptent parmi les plus irritantes de la fin du siècle (on décidera desquels nous voulons parler). le roman se laisse donc lire sans difficulté, même si les moments de grâce et d'humour sont passablement rares. On sourira donc, aux descriptions d'un Dustan vu en ado attardé évoquant sans cesse Spinoza et terminant toutes ses phrases par : "C'est politique.", ou à la petite charge sur l'autofiction : "Une quinzaine d'années plus tard, c'était devenu un style, le style : tant que je parle, j'ai raison, je peux mentir ou j'ai rien à dire, j'ai raison – j'ai la parole, et ça s'appelle un livre".
    Gracia soigne aussi les détails de certaines scènes, comme lors de la remise de cendres de Will, après la crémation :
    "L'employé a poliment précisé : "il devait avoir des amalgames dentaires, ça s'est évacué par voie gazeuse."
    Et bêtement, j'ai regardé le ciel, la fumée qui sortait de la cheminée et les nuages dans le ciel blanc.
    L'employé m'a dit : « Non, ça c'est pas lui."

    Mais l'oralité voulue du style peine à dissimuler une écriture bâclée et sans relief : sorte de Benacquista poussif, Tristan Garcia multiplie points de suspensions, mots anglais, approximations ("on est supermal", "Ils sortaient, ils avaient les connexions"). Il utilise "moyen" et "limite" comme adverbe ("J'apprécie moyen que tu utilises mon ordinateur", parlait-on déjà comme ça dans les années 90 ?), et dans les dialogues, tous les personnages s'expriment d'une manière interchangeable.
    Le mode narratif lui-même a quelque chose de très artificiel : la narratrice, providentiellement intime des trois protagonistes, est providentiellement présente lors de chacun des événements importants dans la vie des trois. L'humour, comme déjà dit, gagnerait à être plus présent. Même les parodies de titres de Finkielkraut (et pourtant, il y aurait eu matière à rire) font peine à lire : La fidélité d'une vie, essai sur la promesse et le temps présent (alias La sagesse de l'amour), Echec de l'intelligence, intelligence de l'échec (alias La Défaite de la pensée)… Et les quelques sentences qu'on nous assène sporadiquement (et de façon particulièrement condensée dans le dernier chapitre) n'arrangent rien : "se brouiller était une forme d'amour pour lui", "C'était quelqu'un de pur. Au contact du monde, cela donne une personne extrêmement sale." La fin, explicitation lourdement didactique du titre du roman, est franchement ratée.
    Tant et si bien que c'est de son propre roman que Garcia semble parler, en décrivant le premier livre de Willie-Dustan :
    "C'est le genre de livre, vous n'avez aucune idée de ce qui peut les rattacher au monde qui les entoure, à la réalité – et pourtant ils existent, dans le monde. Certainement pas bon, même pas mauvais."


    Lien : http://ivressedupalimpseste.blogspot.com/2009/01/tristan-garcia-la-m..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par aliquis le 21/10/2010


    Très bien écrit, une histoire intéressante. L'atmosphère est bien rendue, cette fièvre par rapport à la maladie. Les personnages bien typés existent.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Manu le 23/02/2010


    Paris n'est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s'effacer lentement mais sûrement les années suivantes. le quartier mythique du marais n'est aujourd'hui plus qu'un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d'autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d'un milieu révolu l'histoire du véritable Paris gay, celui d'il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l'a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n'hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n'ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s'ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c'est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n'agissent pas autrement. ».
    La meilleure part des hommes n'est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l'a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d'un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l'amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l'autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
    Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu'autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l'amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n'a rien d'original, mais l'intérêt de ce premier roman n'est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d'un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d'accepter une histoire N'AYANT de sens et d'intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein cœur d'un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l'ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n'existe pas vraiment, ils ne sont qu'une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. le sujet avait tout pour plaire, le tout est d'ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu'un peu d'éclectisme.
    Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. le choix n'est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu'il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu'éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l'action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
    La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d'un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l'ensemble, mais qui nous laisse une impression d'inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l'on ne connaît pas.


    Lien : http://www.leblogdemanu.com/livres/la-meilleure-part-des-hommes-de

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par manoes le 10/09/2010


    J'avais très envie de lire ce roman lors de sa sortie et je l'ai raté. L'occasion donc de se rattraper avec la sortie en poche du prix de Flore 2008. Non pas que j'accorde beaucoup d'importance aux prix littéraires (hi, hi, hi) mais je trouve que celui-ci va bien à celui-là. Je ne vais pas attendre pour le dire, trop de suspens tue le…, j'ai beaucoup aimé...


    Lien : http://manoes.canalblog.com

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Livrespourvous le 15/04/2010


    Bon, tout d'abord on est bluffé par le talent narratif de Tristan Garcia. C'est un livre coup de poing qu'on accepte dans toute sa force et son propos, et c'est miraculeux.
    C'est aussi le relief des trente dernières années et cela peine, car rien n'est vraiment resté et tout semble avoir glissé dans la mémoire éphémère.
    La meilleure part des hommes est l'histoire de 3 héros : Elisabeth Levallois, journaliste à Libération, la narratrice du roman ; Dominique Rossi, ancien militant de gauche, journaliste aussi à Libération, fondateur du Stand, mouvement homosexuel contre le sida ; Willie, jeune paumé, écrivain provocateur, qui obéit aux caprices de la mode.
    Bien sûr, Elisabeth dite Liz, présente à Dominique, Willie.
    Les deux hommes auront une liaison de quelques années puis Willie se mettre à haïr Dominique, au point de lui reprocher de lui avoir refilé le sida.
    Le décor est la période de 1980 à 2007, le Palace bien sûr, les morts du sida à la fin des années 80, le début du Sidaction.
    Stand, c'est Act Up, mouvement salutaire et violent. Rossi emprunte certains traits à Didier Lestrade et derrière Willie, on reconnaît un peu Guillaume Dustan.
    Sans oublier l'amant marié de Liz, Jean-Michel Leibowitz, derrière lequel on devine un peu de Bernard-Henri Levy.
    Il manque peut-être dans ce livre, de vrais sentiments, car la vie de ces trois héros est finalement assez aseptisée, ce n'était sans doute pas le propos de Tristan Garcia.
    Mais ce roman se lit très bien et très vite, même les passages sur le racisme et l'homophobie.


    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par Mamzelle le 21/01/2009



    Écrire un roman sur une période, un contexte socio-économico-sanitaire et une communauté que l'on n'a pas connu est certes une prouesse qui se doit d'être soulignée.
    Mais écrire sur un tel sujet, à savoir la traversée des années Sida au sein de la communauté homosexuelle parisienne et ses ramifications politico-intellectuelles nécessite tout de même de se documenter un peu plus que sur la seule biographie des hommes sur lesquels on calque ses personnages…

    Dans “La meilleure part des hommes”, Tristan Garcia nous parle donc des années 80-2000, de l”arrivée” du SIDA, de la communauté homosexuelle et des grands figures de l”époque.
    Car on identifie facilement, sous les traits de Dominique Rossi, Didier Lestrade (fondateur d'Act Up), sous les traits de William Miller, Guillaume Dustan et sous les traits de Jean-Michel Leibowitz, Alain Finkielkraut.

    Le problème est qu'il en parle sans arriver à nous faire ressentir quelque chose.
    Je suis également née au tout début des années 80, comme l'auteur, je ne peux donc pas non plus me positionner en experte de cette période mais il me semble qu'elle a été suffisamment riche en codes, en concepts, en tendances, en découvertes, en idéologies, en personnages pour qu'elle “se ressente” quand on en parle.

    Là, il n'en est rien.
    Le contexte historique et social est grisâtre, en filigrane et les personnages ne réhaussent rien.
    Qui pourrait vraiment croire que le narrateur est une femme, journaliste d'une trentaine d'années? Aucune empathie, aucun accent de vraisemblance, voire de vérité dans ce qu'elle est sensée vivre et surtout ce à quoi elle est sensée assister.

    Le style est désordonné, on dirait une épreuve non corrigée, l'abus de langage parlé, cru, certainement voulu par l'auteur, finit par lasser, que cela soit l'œil ou le cerveau.
    Tristan Garcia a peut-être voulu faire du Bret Easton Ellis à la française, multipliant les codes sexe, drogue, salissures, sang, trash à souhait mais le problème est que, si le trash d'Ellis fait vendre, c'est parce qu'il y a un vrai talent d'écrivain derrière.

    Cet ouvrage m'a donc ennuyé, je me suis forcée à le finir, ce qui m'arrive assez rarement pour être précisé et j'ai eu l'impression qu'on essayait de me faire passer des vessies pour des lanternes.
    Non, en rajouter des tonnes sur l'aspect crade et tordus des personnages ne rattrapera pas leur manque de relief de base. Non.

    Est-ce à dire qu'il y a tout à jeter ? N'allons pas jusque là, un premier roman reste toujours un premier roman, attendons la confirmation ou l'infirmation du deuxième voulez-vous?

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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