Un roman inclassable que ce texte si bref ! Je l'ai terminé il y a à peine deux heures, et voici que je voudrais déjà le relire, car la lecture de la fin éclaire sans doute le début et il me semble avoir manqué tellement de la signification de ce texte-coup de poing.
L'intrigue est assez simple : l'auteur reprend le texte de Beowulf (qu'il connaissait parfaitement, puisqu'il enseignait la littérature médiévale) et le réécrit du point de vue du monstre,
Grendel. Un monstre curieusement dépourvu de la faculté de s'exprimer, mais tout à fait capable de réflexion existentielle... au sens propre du mot, car John Gardner, s'il respecte à la lettre le poème médiéval et les interprétations qui en ont été faites, ajoute des références philosophiques notamment à
Nietzsche à l'existentialisme...
Voici
Grendel, maudit car descendant de Cain, promu révélateur de l'humanité rationnelle, qu'il fait exister en symbolisant les forces obscures de l'irrationnel et de la haine, monstre réfléchissant à sa propre existence, tenté par l'art et l'amour, mais ne sachant que détruire.
Mais au delà de ces thématiques fort philosophiques, le texte est avant tout un cri de souffrance, le hurlement du solitaire puni de sa laideur et de sa méchanceté.
Un texte à découvrir !