ISBN : 2843044359
Éditeur : Zulma (2008)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
Grâce à ses talents de cuisinier et son charisme indolent, Gabriel - à peine débarqué dont ne sait où - tisse des liens très forts avec les habitants d'une petite ville de Bretagne : une bien belle réceptionniste d'hôtel, deux junkies au bout du rouleau et surtout José,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 30 janvier 2012

    encoredunoir
    Gabriel arrive discrètement, un jour gris, dans une petite ville de Bretagne. Qui est-il ? D'où vient-il ? Nous ne le savons pas, pas plus que les habitants qu'il croise et séduit par ses attentions et son empathie. José, le patron du bar dont la femme est à l'hôpital dans le coma, Rita la droguée à la dérive en couple avec Marco qui voudrait récupérer l'héritage d'un paternel qui s'accroche à la vie, Madeleine la réceptionniste à la vie morne et qui ne semble pouvoir connaître vraiment ni joie ni tristesse… tous voient en ce mystérieux étranger un confident attentionné et généreux. Et s'il n'était pas vraiment cela ? Pire… et s'il était plus que cela ?
    Pascal Garnier n'a vraiment pas son pareil pour, en quelques mots simples, vous planter un décor et des personnages.
    « Tête baissée, les coudes sur les genoux, il regarde les paumes de ses mains ouvertes. Il se dit que dans les trains on a toujours les mains sales. Pas vraiment sales mais poisseuses de cette sueur grise, sous les ongles surtout, celle des autres qui ont touché avant vous les poignées, las accoudoirs, les tablettes. Il les referme, redresse la tête. Parce que l'immobilité totale qui l'entoure semble le provoquer, il se lève, empoigne son sac de voyage, remonte le quai sur une dizaine de mètres et emprunte le passage souterrain en direction de la sortie. Il ne croise personne ».
    Ainsi arrive Gabriel dans cette riante cité bretonne. Un Gabriel dont l'étrangeté suscite chez le lecteur une certaine sympathie mais aussi un sentiment diffus de méfiance qui ne va faire que s'accentuer au fur et à mesures que certains flashs nous éclairent sur le passé de cet homme. Ceux à qui il tente de redonner goût à la vie lors de son passage, eux, ne se méfient pas et ont tôt fait de l'adopter.
    Ce qui n'est pas révélé à ces destins croisés et abîmés que Gabriel prend en charge et que Garnier révèle petit à petit au lecteur, c'est que si le personnage porte un nom biblique, il semble moins être un messager de Dieu venu rencontrer un prophète qu'un porteur de viatique. Un viatique au sens commun du terme – Gabriel passe une grande partie de son temps à nourrir ses compagnons et à les aider financièrement – mais aussi un viatique dans le sens sacramental d'une eucharistie (là encore symbolisé par le partage de nourriture et d'alcool qui ne cesse de revenir) administrée à un mourant. Car, après tout, ne sommes-nous pas tous en train de mourir ?
    Si le propos ne respire pas vraiment l'optimisme béat et que ce roman est d'une grande noirceur, Pascal Garnier y insuffle cependant de son humour caustique que l'on a pu découvrir (quand, comme moi on n'a lu que deux livres de Garnier) dans Lune captive dans un œil mort. Ainsi quelques scènes avec un cordonnier philosophe, un mangeur d'armoire ou un clochard qui aurait aimé pouvoir avoir un ouvre-boîte pour découper l'armure de Jeanne d'Arc et lui faire l'amour viennent apporter un ton décalé bienvenu dans cette atmosphère étouffante.
    Cela donne au final un roman singulier, troublant et pessimiste, dont la beauté de l'histoire comme de l'écriture ont tôt fait d'emporter le lecteur.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-la-theorie-du-panda-de-pas..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 18 avril 2010

    Seraphita
    Gabriel est venu dans une petite ville bretonne qui sent le lisier, où il loge à l'hôtel. Il fait alors quelques connaissances, celle de Madeleine qui tient la réception de l'hôtel, celle de José, le patron malheureux du Faro, dont la femme est à l'hôpital. Un jour, dans une fête foraine, il gagne un panda en peluche. Celui-ci, véritable jumeau de José, va désormais trôner sur son comptoir. Il va assister aux errements de Gabriel.
    Je poursuis ma découverte de l'œuvre de Pascal Garnier, après « Chambre 12 », « Le Grand Loin » et « Comment va la douleur ? ». J'avais apprécié l'humour noir et le cynisme de l'auteur dans « Comment va la douleur ? ». Je ne les ai guère perçus dans ce roman, à ma grande déception. Malgré tout, j'ai retrouvé de bons éléments qui font la force de Pascal Garnier.
    Les descriptions, tout d'abord, toujours aussi réalistes, crues et désespérantes, s'attardant sur les défauts, les mettant en exergue, de manière presque jubilatoire. Ainsi, quand Gabriel se rend dans une fête foraine, il rencontre une foraine que l'auteur prend plaisir à décrire ainsi :
    « La foraine ressemble à une poupée de porcelaine mal restaurée, maquillage craquelé, perruque blonde aux racines noires, lèvres tartinées d'un rouge épais déteignant sur deux rangées de fausses dents, yeux vitrifiés pour en avoir trop vu, pareils à ceux du monstrueux panda en peluche qu'elle pose sur le comptoir » (p. 35).
    Le mal-être et l'errance du personnage principal, ensuite, faisant de ce roman un véritable roman noir. J'ai retrouvé un clin d'œil à « Chambre 12 » du même auteur : c'est d'ailleurs la chambre qu'occupe Gabriel à l'hôtel de la petite ville bretonne pendant quelques jours. On se demande ce qui a poussé Gabriel à venir s'installer pour quelque temps dans cette ville. On ne le saura qu'à la fin. le roman est ponctué de passages en italiques, au départ difficiles à comprendre, qui content des souvenirs de Gabriel, ceux de sa vie d'avant. On comprend qu'il a beaucoup souffert, qu'il a vécu des moments douloureux, ce qui éclaire sa vie actuelle d'un autre jour.
    La noirceur de l'histoire, enfin, telle qu'elle éclate notamment à la fin, mais également disséminée au fil des souvenirs de Gabriel, au fil des descriptions parfois très glauques. La noirceur de la fin, qui apparaît sans préavis, annoncée brutalement, m'a plutôt dérangée, même si on la comprend à rebours, à la lueur de la vie passée du personnage principal. J'ôte donc une étoile du fait de ce côté trop sombre. La fin devient presque prévisible, avec tout de même un petit bluff de l'auteur.
    Dans tous ses romans, Pascal Garnier pose à son lecteur une même question : « la vie a-t-elle un sens ? » Il distille ses réponses au fil de ses narrations :
    « Leur passé tenait dans une poubelle de table, leur présent dans l'écran d'une télé, et leur avenir dans le score des Bleus contre l'Italie » (p. 147).
    Peu d'humour noir, mais des descriptions savoureuses, un roman sur le passé qui vient encombrer le moment présent et influer sur les destinées.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par sylvie, le 18 décembre 2008

    sylvie
    La lecture de plusieurs billets enthousiastes sur les blogs m'a donné envie de découvrir ce livre et cet auteur.
    Bien que tout à fait prévenue du contenu noir, très noir, et de l'atmosphère pesante et déconcertante, j'ai été déçue...
    Je ne suis pas vraiment rentrée dans ce livre, que j'ai pourtant fini sans réel déplaisir non plus...
    Faut-il vous dire que je l'ai lu un dimanche soir, dans la salle d'attente des urgences d'un Hôpital, régulièrement intriguée par la multitude d'histoires plus ou moins glauques, plus ou moins douloureuses qui s'y déroulaient ?
    Dois-je penser que je suis définitivement inapte à apprécier l'humour noir, que je n'ai même pas entraperçu durant ma lecture ?
    Le roman noir est-il un genre difficile d'accès? Pour moi, on dirait...
    Comment vous dire...
    La part d'ombre de ce Gabriel tellement doux, gentil, affable, à l'écoute de l'autre et du moment présent, m'a tout de suite sauté à la figure...
    Cet être se repait du malheur des autres avec une gourmandise qui frôle la goinfrerie et une élégance qui se transforme en muflerie, dès les premières pages...
    Les flashbacks qui vont nous expliquer son attitude bizarre et la fin qui le révèle sous son vrai jour ont maintenu mon attention sous perfusion jusqu'au bout de cette chronique de morts en série annoncées...
    Voilà… J'ai éprouvé bien peu d'enthousiasme à la lecture de ce polar noir dont l'auteur est pourtant reconnu comme une excellente plume du genre. Mais en la matière, je ne suis pas une référence...
    La grande majorité des critiques et des blogueurs ont beaucoup aimé ce livre...
    des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/12/la-thorie-du-panda-pasca..
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Eskalion, le 25 janvier 2012

    Eskalion
    « La Théorie du panda » est le second roman de Pascal Garnier chroniqué en l'espace de quelques semaines. Je ne peux m'empêcher, en refermant celui-ci, de penser combien la mort peut être une confiscation pour les vivants.
    Celle d'un auteur par exemple, qui en cette période de déliquescence citoyenne, où l'on nous explique qu'il nous faut plus de libéralisme pour lutter contre les méfaits de celui-ci, où en période de soldes, il est permis de décocher quelques mandales à la face d'un gamin plus rapide que soi pour mettre la main sur le dernier écran plat bradé à l'ouverture du magasin , ou qui veut encore, lorsqu'un bateau coule qu' on sauve d'abord le capitaine.
    Bref, le père Garnier aurait sans doute encore eu plaisir à croquer les travers de ses semblables, à relever toute la noirceur de cette société qui court droit dans un mur les yeux grands ouverts.
    Et de noirceur il en est question dans « La Théorie du panda ». Autant « Lune captive dans un œil mort » était caustique à l'endroit de l'homme moderne enfermé dans sa bulle sécuritaire, autant celui-ci touche à ce que l'homme peut avoir de plus sombre en lui. L'un était d'un humour grinçant et acide, celui-ci touche au désespoir qui peut parfois s'inscrire en filigrane de nos existences.
    Il est arrivé sur le quai, son sac sur l'épaule. le genre d'homme qui se fond dans le décor, qui passe inaperçu. Une ombre parmi les ombres. Il ne dit rien, n'est curieux de rien et ne demande rien. Il est juste de passage. Pour un jour ou deux, un peu plus peut être.
    Il en va des gens qui traversent nos vies comme des étoiles filantes qui déchirent le ciel : un passage fugace qu'on saisit à peine. Mais parfois quelques uns retiennent l'attention.
    C'est le cas pour Gabriel, c'est son nom, qui rentre dans vos vies juste en poussant la porte, sans effraction. de ces êtres dont la simple présence vous rassure, vous met en confiance, vous libère de vos secrets et vous pousse à vous livrer.
    Le genre d'individu qui apporte, par de petits gestes, un peu de lumière sur une vie routinière qui a perdu au fil du temps sa saveur et son sens. C'est José le patron du bar restaurant, esseulé depuis que sa femme est hospitalisée pour qui il fera quelques repas qu'ils partageront ensemble. de Madeleine, la réceptionniste de l'hôtel où il a pris une chambre, qu'il emmènera au restaurant et qui tombera secrètement amoureuse de lui. de Rita et Marco, un jeune couple à qui il rachètera un vieux saxophone pour qu'ils se fassent un peu d'argent, et qu'il offrira aux jeunes enfants de José. Tout ce petit monde se retrouve à partager des miettes de bonheur.
    Il y a ce panda. Cet énorme ours en peluche que Gabriel a gagné à la foire et qui trône sur le bar de José. Un ours figé dans un sourire perpétuel. Témoin heureux de ces instants partagés, ou moqueur de ce qui semble n'être qu'un fétu de bonheur condamné à partir en fumée ?
    Car dans cette douceur partagée, quelque chose est bancal. Gabriel ne se livre pas. Pourtant il pense, se rappelle, des bribes d'une vie qui fut la sienne, une vie explosée dont il porte les séquelles et dont il est un survivant.
    Un survivant au milieu de condamnés en sursis. Car le bonheur est une peine, une condamnation qui peut être capitale. Gabriel lui, n'est plus que de passage. Dans les lieux qu'il traverse, dans la vie. Sur son dos son sac, ses failles et le gouffre abyssale d'une souffrance dont il ne peut se délester et qui le reste vivant.
    « Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve »chantait Gainsbourg,.... quitte en payer le prix.
    Encore une fois je suis conquis par cet auteur qui a laisse une grande place vide derrière lui.
    Un auteur à avoir impérativement dans sa bibliothèque.

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 2.00/5
    Par le-mange-livres, le 03 mars 2012

    le-mange-livres
    "Ce n'est pas que c'est lourd, mais terriblement encombrant. On ne sait pas comment le prendre, ce panda, par une oreille ? une patte ? ou à bras le corps ? ... Les passants se retournent sur son passage, certains en souriant, d'autres en pouffant. La peluche n'en a cure, elle considère le monde et la faune qui l'habite d'un même œil écarquillé, affichant le même sourire béat, qu'on lui mette ou non la tête en bas."
    Gabriel, un type plutôt bizarre, débarque dans une petite ville de Bretagne, et s'incruste dans le bar du coin et la vie des habitués.
    "-Vous les avez connus où ?
    - Ici. Je leur ai donné des cacahuètes.
    - Des cacahuètes ?
    - Oui. Ils avaient un saxophone à vendre. Je l'ai acheté pour offrir aux enfants de José.
    - Un saxophone ... Vous faites des trucs bizarres."
    Il est spécial, ce type, il prépare à manger aux autres pour entrer en relation avec eux, il est amical mais distant, et attire plutôt la poisse. C'est que lui-même ne va pas fort, même s'il rassemble autour de lui tous les éclopés de la vie qui traînent dans les parages pour en faire une bande sympathique mais en même temps assez pathétique.
    Un style dense, épais, qui prend corps. Un sens certain de la formule (mais qui personnellement m'agace un peu à la longue).
    "C'est fragile les gens, dur et fragile comme le verre" ; "C'est laid les orchidées. Ça ressemble aux photos de maladies vénériennes dans les bouquins de médecine" ; "Rita fonctionne comme un char russe, à la vodka et à l'irrépressible besoin de conquérir le néant"
    C'est sombre et mélancolique, mais en même temps plein de tendresse et d'humanité. Mais alors noir, très noir, il n'y a plus d'espoir ! Déprimant et pas vraiment entraînant, le livre m'est tombé des mains, quel dommage !

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2012/03/la-theorie-du-panda-pasc..
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 11 janvier 2012
    A petites touches, Pascal Garnier réunit son petit monde fragile, le repeint en noir. Porté par une écriture précise et fluide, l'auteur nous piège pour mieux nous ramener sur un quai breton totalement désert.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 18 décembre 2008

    "Je t'invite à manger parce que j'éprouve de la sympathie pour toi. Je vais t'offrir des aliments, de la nourriture. Nous nous connaissons à peine et pourtant, à cinquante centimètres l'un de l'autre nous allons saliver, mâcher, déglutir ensemble de la viande, des légumes, du pain. Ton corps et mon corps vont partager la même volupté. Le même sang coulera dans nos veines. Ta langue sera ma langue, ton ventre mon ventre. C'est un rite ancien, universel, immuable."
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  • Par Seraphita, le 18 avril 2010

    L’homme et la femme se font face, les bras croisés sur la table, presque front contre front, penchés au-dessus de deux tasses de café vides. On pourrait croire aux deux éléments d’un serre-livres sans livres. Lui doit avoir la quarantaine bien sonnée, la face osseuse, martelée de creux, les joues, les yeux, les trous de nez. Ses cheveux gras rejetés en arrière rebiquent sur le col de son pardessus. Elle est de dos, mais on voit un quartier de son visage dans le miroir, un quartier mal famé, fariné de poudre blanche supposée masquer la couperose, les boutons, les rides. Un gâteau laissé trop longtemps en vitrine.
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  • Par encoredunoir, le 30 janvier 2012


    « Tête baissée, les coudes sur les genoux, il regarde les paumes de ses mains ouvertes. Il se dit que dans les trains on a toujours les mains sales. Pas vraiment sales mais poisseuses de cette sueur grise, sous les ongles surtout, celle des autres qui ont touché avant vous les poignées, las accoudoirs, les tablettes. Il les referme, redresse la tête. Parce que l’immobilité totale qui l’entoure semble le provoquer, il se lève, empoigne son sac de voyage, remonte le quai sur une dizaine de mètres et emprunte le passage souterrain en direction de la sortie. Il ne croise personne.
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  • Par Lencreuse, le 21 juillet 2010

    L’homme et la femme se font face, les bras croisés sur la table, presque front contre front, penchés au-dessus de deux tasses de café vides. On pourrait croire aux deux éléments d’un serre-livres sans livres. Lui doit avoir la quarantaine bien sonnée, la face osseuse, martelée de creux, les joues, les yeux, les trous de nez. Ses cheveux gras rejetés en arrière rebiquent sur le col de son pardessus. Elle est de dos, mais on voit un quartier de son visage dans le miroir, un quartier mal famé, fariné de poudre blanche supposée masquer la couperose, les boutons, les rides. Un gâteau laissé trop longtemps en vitrine. On peut lui donner le même âge incertain que son compagnon. Tous deux ont la même bouche, aux lèvres charnues, sensuelles, rouge sang, presque tuméfiées. Ils ont dû beaucoup s’embrasser. Ils ne parlent pas, ils se regardent, se lisent l’un autre, indifférents à tout ce qui les entoure.
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  • Par Seraphita, le 18 avril 2010

    La foraine ressemble à une poupée de porcelaine mal restaurée, maquillage craquelé, perruque blonde aux racines noires, lèvres tartinées d’un rouge épais déteignant sur deux rangées de fausses dents, yeux vitrifiés pour en avoir trop vu, pareils à ceux du monstrueux panda en peluche qu’elle pose sur le comptoir.
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