ISBN : 2843044650
Éditeur : Zulma (2009)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 68 notes) Ajouter à mes livres
Martial et Odette viennent d'emménager dans une résidence paradisiaque du sud de la France, loin de leur grise vie de banlieue. Les Conviviales offrent un atout majeur : protection absolue et sécurité garantie - pour seniors uniquement. Assez vite, les défaillances du g... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 30 mars 2011

    Seraphita
    « Les Conviviales : l'expert des résidences seniors. Une résidence clôturée et sécurisée. Des maisons dédiées au confort. Un club-house. Une piscine chauffée au solaire. du soleil toute l'année ». La brochure publicitaire promettait un vrai petit paradis. Martial et Odette, les premiers résidants de ce complexe hors norme, déchantent vite : la solitude est pesante, le temps s'écoule vite en une éternité glacée, le gardiennage ne tient pas toutes ses promesses. Puis arrivent les premiers voisins, une belle lueur d'espoir pour nos deux seniors. Très vite des tensions se font jour, jusqu'à un point de bascule sous la surveillance blafarde de la lune.
    Deux raisons m'ont poussée à choisir ce livre. Tout d'abord, l'auteur : Pascal Garnier, qui est un de mes auteurs préférés de romans noirs. Ensuite le titre : « Lune captive dans un œil mort » qui nous promet un voyage exquis dans la noirceur de l'âme humaine. Je n'ai pas été déçue de ma lecture. Je la classe parmi mes grands coups de cœur de l'année 2011.
    Ce livre explore avec beaucoup de lucidité mais aussi de désespérance le temps de la retraite sous l'angle du paradis recherché pour finir sereinement ses vieux jours. Mais ce paradis tant convoité s'avère au final une illusion qui conduit à exacerber ses souffrances :
    « Oui, c'était comme de vivre en vacances, à la différence près que les vacances avaient une fin alors qu'ici il n'y en avait pas. C'était un peu comme s'ils s'étaient payé l'éternité, ils n'avaient plus d'avenir. Preuve qu'on pouvait s'en passer. » (p. 53)
    Un paradis qui résonne du côté d'une éternité glacée.
    Pascal Garnier a le don de la formule décalée, insolite, des métaphores surprenantes qui créent des images dans l'esprit du lecteur, telle cette « fève de galette des Rois » :
    « En général, dans ces guerres nouvelles, il faisait beau. Tout le temps. A l'instar des seniors, la guerre avait décidé de finir ses jours dans des pays chauds. Jamais en Norvège, ni en Finlande. Il avait vu cet homme soulever à bout de bras le cadavre d'un nouveau-né. Un enfant d'un jour… de vingt-quatre heures… Qu'avait-il pu penser de ce si bref séjour parmi nous ? … vingt-quatre heures, sous le feu des bombes… Il ne saignait pas, on aurait dit une fève de galette des Rois. » (p. 90-91)
    J'aime aussi beaucoup cet auteur parce qu'il interroge avec pertinence le sens de la vie pour conclure au final à son absurdité :
    « La guerre à la télé ne faisait pas peur. On se disait que le monde était en chantier. On construisait des ponts, pour relier des routes entre elles qui ne menaient nulle part, des routes qui se diluaient dans le désert. On ne savait jamais très bien où ça se passait tout ça. » (p. 91)
    Ses personnages se présentent dans toute leur humanité, avec leurs forces mais aussi leurs souffrances, exacerbées dans cette résidence pour seniors : Odette se sent victime d'une mouche imaginaire et essaie de la chasser. Martial, complice de cette obsession, s'emploie à venir en aide à sa femme. L'auteur explore également la question de la menace du monde extérieur en imaginant un gardiennage sécurisé et extrêmement sophistiqué. La menace semble aussi provenir d'un camp de gitans : une belle réflexion sur la peur de l'autre, qui vient réveiller notre propre étrangeté, se fait alors jour sous la plume de l'auteur.
    Pascal Garnier fait part à son lecteur de ses convictions profondes concernant la mort :
    « Rarement le ciel ne lui avait paru aussi vaste, aussi percé d'étoiles. On ne voyait presque plus le noir. Un grand rideau bouffé aux mites, une dentelle de mensonges. On avait envie d'y coller un œil pour voir ce qu'il y avait derrière. Peut-être qu'il n'y avait rien, juste de la lumière ? le nouveau-né de vingt-quatre heures aurait sans doute pu nous le dire mais, vu les circonstances, il n'avait pas jugé bon de rester. Pourquoi on nous faisait tant de mystère ? Si on savait, on ne se ferait pas tant de mouron. Derrière, y a rien. Ce serait plus simple au lieu de nous raconter toutes ces histoires à mourir debout… » (p. 91-92)
    L'auteur a collé son œil « pour voir ce qu'il y avait derrière » : il s'en est allé en 2010.
    Puis l'histoire, qui jusque là en restait à une analyse de relations de voisinage dans ce huis clos étouffant d'une résidence pour seniors, dérape brutalement, en témoigne les propos prémonitoires du gardien :
    « Ça va péter… Ça finit toujours par péter, tout, même le ciel criblé d'étoiles que c'est plus rien qu'un grand rideau mité, un cache-misère avec l'autre cyclope qui nous mate au travers. Il avait raison, le lieutenant Bardu : « La vie c'est ce putain de champ de mines, personne n'en sortira vivant. En avant ! ». On avait retrouvé de lui que ses godasses. » (p. 118)
    Avec beaucoup d'humour noir et de cynisme, avec un art maîtrisé du suspens, Pascal Garnier décrit l'embrasement final, à partir d'un point de rupture où l'on peut contempler la « lune captive dans un œil mort ».
    Un immense coup de cœur pour une œuvre trop courte que j'ai dégusté mot par mot, savourant les métaphores insolites, une langue ciselée à l'extrême, un humour noir réjouissant, une réflexion lucide et désespérée sur l'existence et son sens. Un souvenir inoubliable d'un beau voyage en train.
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 09 septembre 2011

    Malaura
    Les "Conviviales", c'est le nec plus ultra en matière de résidences seniors : sécurité, clôture, gardiennage, club de rencontres et d'animation, piscine...c'est l'endroit rêvé pour tout retraité en attente d'un endroit où passer sereinement sa fin de vie...
    Du moins c'est ce que pensaient Martial, Odette et les trois autres propriétaires de cette résidence aussi déserte qu'uniforme, avant que l'isolement, l'ennui et la peur ne mettent le feu aux poudres et fassent exploser leur petit paradis.
    Les romans de Garnier sont comme ces bonbons acidulés, doux et sucrés à l'extérieur et explosifs dès qu'on les croque.
    Ne pas se fier à "son air de ne pas y toucher" et son faux flegme de série noire, Garnier aiguise ses couteaux et nous concocte un cocktail détonant qui fera boum avant qu'on ait pu dire ouf.
    Ici, ce sont les seniors qui vont trinquer sévère en croyant se la couler douce dans leur petite résidence !
    Pétage de plombs assuré, gare à la sénilité car chez Garnier, paradis égal enfer !
    Domicilié dans un petit village ardéchois où il s'adonnait également à la peinture, Pascal Garnier, décédé en Mars 2010, laisse une œuvre abondante, souvent comparée aux écrits de Simenon par ce sens aiguisé de l'observation des travers du genre humain, par cet humour noir et incisif néanmoins dépourvu de méchanceté, par cette faculté à la fois simple et lumineuse de camper décors et atmosphères, par cette volonté de mettre en scène des personnages ordinaires confrontés aux dures réalités de la vie, enfin par cette capacité pleine de finesse à nous faire entrevoir un monde certes désenchanté, mais aussi baigné de poésie…
    Le romancier disait : « Ne s'évadent que ceux qui sont incarcérés, et d'une certaine manière c'est mon cas. Je n'ai plus le choix, ma seule issue c'est le format 21 x 27 d'une page blanche. J'y creuse laborieusement mon trou sur un coin de table de cuisine. Je meuble mon vide. »
    Alors…évadons-nous avec lui….
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    • Livres 4.00/5
    Par freude, le 20 octobre 2011

    freude
    J'ai beaucoup aimé ce petit livre qui commence tout tranquillement et qui petit à petit dérape sur ces seniors somme toute ordinaires. Au début on pense à ces pubs vues à la télé ou sur des brochures en papier glacé proposant soleil, confort et sécurité pour les seniors; j'avais déjà tendance à trouver ce genre de résidences angoissantes, mais alors là, c'est foutu, j'espère que personne de mon entourage n'ira jamais.
    Garnier dissèque mille et un phénomènes de société : la peur de l'autre et la surenchère sécuritaire, le culte de l'apparence, la difficulté à accepter la différence, les affres de la vieillesse qui s'installent... Et tout cela dans un style plutôt plaisant avec un bon fond d'humour noir comme je les aime ! Une belle découverte que ce petit roman ! Je relirai avec plaisir cet auteur !
    Un petit mot rapide sur Zulma, maison d'éditions découverte avec My first Sony et qui décidément est bien sympathique !
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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 23 mai 2011

    Onclepaul
    Pascal Garnier nous a quittés le 5 mars 2010. Mais heureusement son œuvre vit toujours et les éditions Points ont l'excellente idée de rééditer l'un de ses derniers ouvrages. Je vous livre donc la chronique que j'avais effectuée lors de la parution de ce roman.
    Depuis quelques semaines, une publicité télévisée nous vante les charmes et les bienfaits des résidences dédiées aux seniors, que je qualifierai plus volontiers de vétérans, en qu'en langage courant sont ainsi appelés les retraités. Activités physiques et cérébrales, et la possibilité de se faire des amis afin de ne pas se sentir isolés. le paradis grâce à des programmes immobiliers. Idylliques penseront certains alléchés par cette réclame, autre nom de la publicité et qui veut bien dire ce qui se cache dessous. Réclame qui m'a fait immédiatement penser à ce roman de Pascal Garnier.
    Le prospectus était alléchant : un nouveau concept de vie pour retraités désirant ne pas s'enfermer dans le train - train quotidien mais demeurés actif, situé au soleil, dans un cadre agréable et sécurisé. Une résidence spécialement aménagée pour seniors encore verts. Martial et Odette ont craqué pour ce petit paradis du sud de la France, abandonnant leur banlieue sans charme. Depuis un mois qu'ils sont installés, ils déchantent. Pluie à longueur de journée et comme ils sont les premiers à s'être installés dans leur bungalow de rêve, ils s'ennuient. La seule personne avec laquelle ils peuvent discuter, et encore, c'est le gardien, un ancien militaire qui fait office de surveillant, de jardinier, d'homme à tout faire. le concierge idéal, enfin presque. Heureusement un couple joue les renforts quelques semaines après leur aménagement. Lui, Maxime, svelte, vieux beau, sourire éclatant, le sportif accompli. Elle, Marlène, la poupée Barbie, en un peu plus vieux et plus défraîchie, surtout lorsqu'on la regarde de face. de toute façon il faut bien s'accommoder de ses voisins, et quant on s'ennuie…Enfin le beau temps se met de la partie et Léa, une troisième résidente débarque. La petite communauté s'étoffe mais les activités promises ne sont pas au rendez-vous. Alors Flesh, le gardien, engage Nadine. Elle est gentille, Nadine. Elle fait visiter l'arrière pays, propose des jeux de salon, des occupations récréatives. Et puis il y a la piscine. Ce serait dommage de ne pas en profiter avec la chaleur qui amollit les corps et les esprits. Seulement il y a des hiatus dans cette harmonie de façade. Par exemple lorsque Flesh tue un malheureux chat qui s'était égaré dans la résidence. Ou quand la grille électrique télécommandée ne veut plus fonctionner. Ou encore quand un camp de gitans s'établit non loin. Flesh met en garde, ses pensionnaires, on ne sait jamais. Il vaut mieux éviter de sortir. Martial qui ne buvait jamais se convertit au rosé, Maxime se blesse en jouant au golf, Odette est toujours en train de chasser d'imaginaires mouches, Léa se trouve confrontée à des absences mentales. Tout se dégrade lorsque Martial se rend compte que Maxime qui ne quittait plus son fauteuil roulant depuis son accident et trimbale un revolver n'est pas véritablement handicapé.
    L'OPA Garnier (option paradisiaque apocalyptique) fonctionne une fois de plus dans cet univers clos peuplé d'un minimum de personnages qui semblent être communs mais se révèlent plus complexes qu'il y paraissait de prime abord. L'atmosphère sereine du départ, dans un cadre présenté comme idyllique par les promoteurs, se délite sournoisement. La résidence de rêve n'est qu'un enclos où sont parqués des retraités qui veulent accéder à un bonheur factice, oublier les aléas d'une vie routinière ou peuplée de cauchemars. Pascal Garnier instille progressivement un climat poisseux, lourd, étouffant et pas seulement à cause du soleil qui darde ses rayons caniculaires, comme s'il annonçait que les portes de l'enfer n'étaient pas loin. Un roman court roman mais efficace de la description d'une résidence attrape nigauds.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 30 décembre 2011

    encoredunoir
    Les Conviviales sont une résidence de luxe pour retraités qui peuvent y acheter un pavillon et profiter à loisir, sur un domaine fermé et gardé du sud de la France, de la piscine, du club-house et d'une animatrice. Ça sent l'arnaque à plein nez, bien sûr, mais Martial et Odette ont craqué et acheté une maison dans ce mouroir pour quitter enfin Suresnes et profiter de la mer et du soleil. Sauf que : il ne fait pas toujours soleil dans le sud, tout ne correspond pas vraiment aux photos de la plaquette sur la foi de laquelle ils ont acheté leur pavillon, ils semblent être les seuls à s'être fait avoir et vivent dans ce qui ressemble étrangement à un lotissement fantôme.
    Heureusement il y a monsieur Flesh, le gardien. Mais bon, il tue des chats à coups de pelle. Et puis, bientôt, un autre couple s'installe. Maxime et Marlène arrivent d'Orléans et recherchent avant tout la sécurité. Ils friment un peu, sont adeptes de l'autodéfense, mais apportent un peu de vie à l'endroit. Enfin, voici Léa. Elle pourrait être sympathique mais bon… elle est seule, même pas veuve, et encore très belle. de quoi faire tourner les têtes et rendre Marlène et Odette jalouses.
    C'est donc dans une chronique de l'ennui que se lance Pascal Garnier dans Lune captive pour un œil mort. Un ennui pesant dont on s'aperçoit que même le fait de le partager avec trois ou quatre autres personnes ne l'atténue pas vraiment. Une chronique de la difficile vie en communauté quand cette communauté se trouve, par la force des choses, réduite à une peau de chagrin. Et de nous montrer que l'enfer c'est toujours les autres mais que l'on participe bien soi-même à le construire.
    Tout cela est fait avec un humour qui allie nonsense et noirceur et, surtout, avec une plume qui peut vous planter un décor et une ambiance en seulement quelques mots ou phrases bien sentis.
    « de chaque côté, les maisonnettes se dupliquaient comme autant de petits monuments funéraires chics et toc qui pouvaient faire craindre une certaine monotonie dans la traversée de l'éternité ».
    De cette inactivité à la fois voulu et forcée, vont donc sortir, petit à petit, les secrets insignifiants ou les douleurs patiemment enterrées toute une vie durant et, en fin de compte, le drame annoncé.
    Roman doux-amer à l'humour féroce, Lune captive pour un œil mort transforme une expérience du quotidien en la naissance d'un enfer. C'est cynique à souhait, ça dit tout le mal que l'on peut penser de l'âme humaine… et on passe donc un très bon moment auprès de ces vieux enfants qui se sont payé une colonie pour l'éternité.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-lune-captive-dans-un-oeil-..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 28 septembre 2011

    Hormis M. Flesh, le gardien-régisseur qu’ils croisaient parfois près du portail, ils ne voyaient personne. C’était un solide gaillard mais peu loquace. Il devait certainement être très efficace, mais ne donnait pas envie de lui taper sur l’épaule ni de discuter le bout de gras en prenant un verre. D’après son accent, il devait être alsacien, ou lorrain. Martial avait quand même appris de la bouche à moitié cousue du farouche cerbère qu’un autre couple devait arriver en mars ou avril.
    Martial se leva et se massa les reins. Ce nouveau fauteuil ne valait rien. Il aurait dû insister pour conserver l’ancien qui, avec le temps, avait fini par épouser parfaitement la forme de son corps. Le nouveau était rembourré d’une matière si compacte qu’en le quittant on avait l’impression que personne ne s’était jamais assis dessus. Derrière la vitre, les antennes de télé qui s’amenuisaient dans une perspective infinie lui faisaient penser à des croix sur des tombes.
    «On s’est acheté une concession à vie…»
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  • Par NadinePestourie, le 11 mai 2009

    Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous, aujourd’hui ? Ils tiraient une de ces têtes ! Même Léa ne souriait pas. Il faisait chaud, d’accord, et orageux et moite et on se sentait le corps parcouru de frissons électriques, mais quand même… Ca tombait mal parce que Nadine avait lu dans la semaine un petit traité de “rigologie”, science récente élaborée par des médecins, psychologues, professeurs de yoga, sophrologues, masseurs et autres thérapeutes, dont elle avait pensé tester les effets avec le groupe. Elle avait assimilé sur le pouce deux ou trois techniques corporelles et psychologiques destinées à dispenser la joie de vivre, la pensée positive, la confiance en soi et pour s’assurer du résultat s’était cuisiné un petit gâteau au haschich qui commençait à faire son chemin. Les Sudre, les Nodes et Léa avaient écouté sans broncher son introduction certifiant qu’il était scientifiquement prouvé que nous devons rire au moins quinze minutes par jour pour nous maintenir en bonne santé et augmenter la dose lorsque nous tombons malades afin de remettre en place un cercle vertueux stimulant notre système immunitaire en stoppant le cercle vicieux : maladie, déprime, chute des défenses…

    Merde ! C’était pas compliqué à comprendre, suffisait de se tenir les mains et de rire… Cinq paires d’yeux la fixaient, sans réactions. La clim n’était toujours pas réparée dans le club-house si bien que Nadine faisait face à des visages ruisselants, pareils à ceux des statues de cire du musée Grévin, personnalités obsolètes prêtes à être fondues afin de renaître sous un aspect plus contemporain. Bref, ça mettait mal à l’aise. Nadine avait la bouche sèche et les paupières lui tombaient sur les yeux comme si elles étaient trop grandes. Des démangeaisons sournoises lui irritaient la paume des mains. A l’évidence, elle n’avait convaincu personne.
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  • Par Seraphita, le 30 mars 2011

    Rarement le ciel ne lui avait paru aussi vaste, aussi percé d’étoiles. On ne voyait presque plus le noir. Un grand rideau bouffé aux mites, une dentelle de mensonges. On avait envie d’y coller un œil pour voir ce qu’il y avait derrière. Peut-être qu’il n’y avait rien, juste de la lumière ? Le nouveau-né de vingt-quatre heures aurait sans doute pu nous le dire mais, vu les circonstances, il n’avait pas jugé bon de rester. Pourquoi on nous faisait tant de mystère ? Si on savait, on ne se ferait pas tant de mouron. Derrière, y a rien. Ce serait plus simple au lieu de nous raconter toutes ces histoires à mourir debout…
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  • Par Seraphita, le 30 mars 2011

    La guerre à la télé ne faisait pas peur. On se disait que le monde était en chantier. On construisait des ponts, pour relier des routes entre elles qui ne menaient nulle part, des routes qui se diluaient dans le désert. On ne savait jamais très bien où ça se passait tout ça.
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  • Par encoredunoir, le 30 décembre 2011

    Oui, c’était comme de vivre en vacances, à la différence près que les vacances avaient une fin alors qu’ici il n’y en avait pas. C’était un peu comme s’ils s’étaient payé l’éternité, ils n’avaient plus d’avenir. Preuve qu’on pouvait s’en passer.
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