> Judith Perrignon (Collaborateur)

ISBN : 2913366252
Éditeur : L' Iconoclaste (2009)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
"Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 27 avril 2012

    LiliGalipette
    Le texte s'ouvre sur la mort du père de Gérard Garouste. Immédiatement, les émotions sont dissonantes. « Il était mort et j'étais soulagé. » (p. 11) le fils qui ne s'émeut pas de la mort de père, on voit ça depuis Œdipe. Mais jamais la disparition de l'homme qui fut le père n'a su calmer les angoisses du fils, même devenu homme. « Sa mort ne change pas grand-chose. Elle ne résorbe rien. Je vis depuis toujours dans la faille qui existe entre lui et moi. C'est là que j'ai compris mon rapport aux autres et au monde. » (p. 13)
    Garouste père fut un homme, un mari et un père brutal, professant à tout va une immense haine des Juifs. « Mon nom est une jurisprudence. » (p. 20) Toute sa vie, Gérard voudra réparer les fautes de son père. « Il n'avait pas pu faire héros. Alors il avait fait salaud. Son éducation de bon catholique l'y préparait. Il appartenait à un monde d'illusion et de certitudes, où les Juifs avaient sale réputation. » (p. 23) le fils se sent des devoirs sur l'héritage de culpabilité que lui a laissé son père, un devoir de battre en brèche son éducation catholique.
    Mais c'est ce père si ambivalent qui sauva Gérard. « Il se savait dangereux pour moi. Il avait, je crois, voulu me sauver de lui et se sauver de lui-même à travers moi, à l'ancienne. » (p. 25) Gérard est élevé par une tante et un oncle mis au ban de la famille. C'est là qu'il a ses premiers chocs artistiques, auprès d'un homme rustre qui n'avait pas conscience qu'il sublimait la réalité. Puis Gérard découvre la pension. Alors qu'elle est une prison pour certains, le garçon y fait l'expérience d'une liberté inouïe.
    Adulte, il sait qu'il veut peindre, mais quelque chose le retient. Des peurs, des angoisses, des restes d'enfance. Gérard tombe alors dans le délire et découvre les centres psychiatriques. « le délire, c'est une fuite, une peur d'être au monde, alors, on préfère se croire mort, tout-puissant, ou juste un enfant. » (p. 86) Mari, puis père, Gérard ne peut empêcher son esprit de lâcher prise. Il fut un enfant rêveur, il est maintenant un adulte tourmenté et inquiet. Pour peindre, il lui faut s'affranchir de ses angoisses. « le délire ne déclenche pas la peinture, et l'inverse n'est pas plus vrai. La création demande de la force. » (p. 97) Et l'on suit le peintre, ses premiers succès, ses expositions, ses rencontres. le talent est là, sans aucun doute, encore faut-il qu'il soit reconnu. Alors, finalement, qui est cet homme ? « Je suis peintre. Et fou, parfois. » (p. 133)
    J'ai été profondément bouleversée par la figure de ce peintre qui se sait fragile et qui, petit à petit, détricote tout un écheveau culturel. Il repousse le catholicisme inepte et s'ouvre à la pensée judaïque. Il s'affranchit, autant qu'il le peut, d'un héritage qu'il ne reconnaît pas. Avec quel brio Gérard Garouste décrit-il son père ! À la fois figure à détruire et à distancer, cet homme a tout fait pour son fils. Mais, au terme de sa vie, il a cédé à ses terreurs et à préféré tout lui supprimer. La détresse du gamin, dans les premiers chapitres, m'a rappelé les chefs d'œuvre de Jules Vallès, de Jules Renard ou d'Hervé Bazin : ces gosses-là avaient le cœur trop grand et trop tendre et leurs parents n'en on pas tenu compte.
    Le sous-titre donne l'idée d'une gradation : le fils est devenu peintre qui est devenu fou. L'enfant portait en lui le peintre et le fou. Mais le fou cherche à redevenir un enfant et c'est le peintre qui le lui permet. Cette lecture est une grande claque. Je ne connaissais pas le peintre avant de lire son autobiographie. À comparer les toiles et le texte, je trouve la même beauté, la même complexité : il y a des chemins secrets partout, des mystères partout. Dans cette autobiographie, Gérard Garouste ne condamne pas son père : ce dernier avait signé tout seul sa sentence. le peintre ne blâme que lui-même pour ses faiblesses et ses hésitations. Mais il ne fait de façon telle qu'il sublime le processus de création, il donne au talent une dimension qui dépasse le génie. Il investit l'art et se revendique à travers lui.
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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 25 janvier 2012

    Bigmammy
    J'ai acheté ce court livre pour mieux comprendre Gérard Garouste, peintre aujourd'hui mondialement connu, particulièrement apprécié de mon gendre Nicolas. Je l'avais découvert grâce à lui, sans toujours saisir ce qui, dans cette peinture figurative et narrative à la manière de Dali, interpelle aussi violemment le spectateur d'un tableau bourré de références, pétri d'hallucinations, secoué de nuages inquiétants.
    Gérard Garouste brosse de lui-même et de sa famille un portrait sans concession, sans indulgence. de son père, il dit à ses propres fils après sa mort : « La guerre a engendré des héros, des gens qui se débrouillaient et s'en foutaient, des tueurs, des grands et des petits salopards. Votre grand-père faisait partie des petits salopards. »
    Gérard Garouste est né en 1946, comme moi. Son père exploitait un magasin de meubles prospère, d'autant pus que pendant la guerre il avait reçu en gérance des autorités de Vichy la direction des établissements Lévitan. Il était donc pétainiste et antisémite. Son fils et lui se haïssent, tout en s'aimant sans savoir se le dire. C'est à la campagne, en Bourgogne, que Gérard est heureux, chez sa tante un peu simplette et son mari italien qui a entièrement recouvert les murs et les objets de son atelier à la peinture métallisée minium.
    La jeunesse de Gérard sera rythmée par les renvois d'écoles en boîtes à Bac, dont une où il fera des rencontres décisives pour la suite de sa carrière : Jean-Michel Ribes, Philippe Stark, Patrick Modiano, François Rachline, des rencontres avec des hommes de la nuit comme Fabrice Emaer et son inénarrable Palace. Mais des allers et retours, il en fera aussi vers des hôpitaux psychiatriques : Sainte-Anne, Villejuif …On comprend mieux le caractère « illuminé » de certaines toiles, ses allusions à la Thora puisque Garouste a fort bien compris que la haine proférée par son père à l'égard des juifs est en réalité un signe de sa crainte et de sa sourde admiration. On comprend alors pourquoi , parallèlement à une analyse, Garouste prend des cours d'hébreu, épouse Elizabeth, qui est juive…
    Lisant ces lignes, on pourrait croire à un roman tout en ressentant toute la tristesse et la violence de la vérité. Vite, vite, se reporter sur un beau livre des peintures de Gérard Garouste : L'ânesse et la figue.
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  • Par asphodele85, le 22 janvier 2012

    asphodele85
    Sous-titré : Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou
    Gérard Garouste est un peintre de renommée internationale qui n'a plus rien à prouver, que l'on aime ou pas son oeuvre, ce livre écrit à la première personne par Judith Perrignon, ex journaliste à Libération est d'une justesse inouïe et disons-le, bouleversant de vérité. Il a voulu dans ce livre, raconter le fardeau qui a gâché sa vie en partie et qui n'est pas encore totalement réglé : la folie, ou comme il le dit, selon les époques, il a été “maniaco-dépressif ou bipolaire”. Mais aussi les secrets de famille entretenus par un père collabo pendant la guerre qui a aidé à spolier les juifs de leurs biens, violent en mots, “psychopathe” face à une mère effacée et geignarde qui n'a rien arrangé… “Mon père n'a pas pu être un héros, il a été un salaud”.
    Cette autobiographie s'ouvre sur la mort de son père qu'il vient “constater”, comme un médecin-légiste, sans émotions superflues. Et la ronde des souvenirs commence… Comment à onze ans, il a souhaité aller en pension sur les conseils avisés d'un neurologue qui a compris tout de suite son mal-être à vivre avec ses parents. Il est envoyé dans une prison de luxe, Montcel où il côtoie Jean-Michel Ribes, Modiano, François Rachline, etc…
    Déjà il se sent différent : là où les autres piaffent d'être enfermés, lui ressent un sentiment de liberté, libéré du joug paternel, anti-sémite, raciste, “beauf” malgré l'argent, et cruel.
    A dix-huit ans, il entre aux Beaux-Arts, fataliste, persuadé qu'après Picasso (et qu'il ait lu Duchamp), la peinture est foutue, il faut tout réinventer ou rester modestement, comme il se définit, “le classique et l'indien“. Il commence à travailler en faisant les décors du Palace dans les années 1970-80, ce qui n'était pas vraiment du goût de l'intelligentsia germanopratine. Qu'à cela ne tienne, c'est carrément le grand Léo Castelli, galiériste new-yorkais qui lui mettra le pied à l'étrier. Sa carrière est lancée et malgré la folie, il ne s'arrêtera pas de peindre. Disons que ça ne se verra pas. Mais bon, après lecture du livre, je comprends mieux ces tableaux torturés et sinistres. A mon goût.
    Quand il parle de sa folie, la première crise étant survenue à 28 ans, il en a 63 quand il raconte ses souvenirs, il a eu le temps de l'analyser, de savoir les ravages qu'elle a fait dans sa vie, ce qu'elle lui a également donné (cette sensibilité extra-terrestre pour moi). Et comment sa femme, Elisabeth le soutient depuis l'âge de dix-sept ans… Elisabeth est née Rochline, famille juive émigrée de Pologne. Sans qu'elle ne le lui demande, il se met à étudier le Talmud, apprend l'hébreu. Il vient de trouver un sens, peut-être pas à sa vie, mais à ce qu'il est, comment les mensonges judéo-chrétiens l'ont amené à cette réflexion. Et la peinture est le prolongement intime de Garouste, ce à quoi il croit et surtout ce à quoi il ne croit plus. ” (…) je sens refluer deux mille ans de mensonges, de catéchisme, de certitudes qui ont fait du monde un champ de bataille, , de mon père ce qu'il était et de moi un intranquille.” Ses convictions le ramènent également à d'autres secrets de famille peu glorieux, au parfum de haine qui semble toujours avoir flotté sur la marmite de sa famille paternelle et à sa propre impuissance face à ses deux fils :” Je sais que mes fils n'ont vu de moi qu'un père qui se cherchait. Je ne leur ai transmis que des questions”.
    Ses épisodes de folie, il les vit comme une fuite, un moment où il doit se déconnecter pour survivre. Mais aussi une souffrance énorme. Il ne lui faut pas de passion, d'émotions fortes au sens propre des mots. Or, il ne peut pas se contenter de ces pilules qui “mettent une tache blanche sur ses couleurs”. Il s'analyse, essaie de comprendre et en arrive à cette conclusion : “Je me crois enfin débarrassé d'une vieille peau, d'une croûte qu'on gratte enfant jusqu'au sang. Ma tête s'est ouverte, elle s'est vidée d'un noir mirage, par la peinture et ici avec les mots. J'ai entretenu sur ma toile un monde terrible et ancien, j'ai envie de passer à autre chose, d'aller vers une peinture plus gaie, j'aimerais désormais toucher les enfants de mes amis.” Il a peint plus de six cents tableaux,tous signés mais non datées et qui contiennent, sous les couches de peinture, des codes destinés à former une immense phrase. Que ceux qui ont un Garouste chez eux commencent à gratter ! A noter que ce “fou” magnifique s'occupe d'une association “La Source” (qu'il a créée) il y a vingt ans (vingt-deux depuis la sortie du livre) pour venir en aide aux enfants, orphelins, enfants placés… “Je devais faire quelque chose, le mot devoir est énorme, mais je n'en connais pas de plus juste. C'est quand on sait nager qu'on peut sauver l'autre de la noyade (…)”.
    L'écriture de Judith Perrignon est parfaite, elle a su se mettre au plus près de la sensibilité de cet homme exceptionnel. Ce fut un coup de coeur.

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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  • Par KATE92, le 08 février 2012

    KATE92
    J'ai été littéralement emportée, loin, dans les méandres des heurts entre un père antisémite affiché et un fils qui ne saisit pas cette attitude fermée aux autres. Toute la violence générée par des conflits familiaux profonds est là... tout comme le silence de la mère. Garouste va jusqu'à épouser une femme juive et avoir deux fils. Par chance (ou non), dans sa scolarité chaotique il dessine, en classe, ailleurs et pourra étudier aux beaux-arts. le plus pénible ce sont les crises de violence et d'abattement du peintre qui le mènent régulièrement en asile psychiatrique. Il en parle avec délicatesse comme d'une soupape de sécurité nécessaire. Formidable portait.
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  • Par Aifelle, le 10 mars 2012

    Aifelle
    "Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. A vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûre que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris." (4e de couverture)
    Je connais un peu l'oeuvre de Gérard Garouste, je sais qu'il a créé une association "la Source" qui s'occupe de jeunes en difficulté, que c'est un artiste reconnu internationalement et c'est tout. J'étais loin de me douter du parcours chaotique et douloureux qui fut le sien.


    Lien : http://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2012/03/09/23717738.html
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 26 octobre 2011
    Cette rencontre entre Gérard Garouste et Judith Perrignon donne un récit émouvant porté par la parole du premier et la plume de la seconde. En quelques pages, le portrait, les tourments et la complexité d'un artiste sont dévoilés. Des pages d'une grande richesse humaine. A lire absolument
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Bigmammy, le 25 janvier 2012

    J’ai peint 600 tableaux, ils portent ma signature mais pas de dates. Rien ne trahit les longs moments passés à ne pas peindre. Sur les toiles terminées, j’écris des lettres et des chiffres, un code secret qui m’amuse et que j’emprunte à un vieux système d’écriture babylonien, ça me permet de les classer et de les situer dans le temps. Ces signes mis bout à bout formeront un jour une phrase de cinquante lettres, que je ne dis pas, elle sonne comme une métaphore de ma vie. Il y a sûrement, derrière ce petit jeu, ce bon vieux fantasme de l’artiste qui veut croire que tout prendra du sens après la mort, qu’il laissera une trace. J’ai d’ailleurs glissé sous certaines toiles, Adhara notamment, bien des repentirs, c’est ainsi qu’on appelle les corrections des peintres, elles apparaissent au fil du temps quand la couleur s’use et laisse voir ses premières couches (…) Les repentirs me font penser au lapsus, à l’acte manqué. J’en ai glissé sous les couleurs, autant qu’il y en a dans la vie. Ils apparaîtront quand je ne serai plus là, ainsi je parlerai encore.
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  • Par KATE92, le 06 février 2012

    "Je cogitais sans cesse, comme s'il me fallait me justifier, me situer, ça m'épuisait, l'envie de peindre m'abandonnait puis elle revenait, plus brûlante encore. Où était le courage artistique désormais ? Fallait-il brûler les toiles ? Certains essayaient. Mais l'avant-garde c'est une bataille, pas une surenchère. Il faut un risque à la peinture. Je n'avais pas envie de prendre le train en marche. J'allais peindre, quitter le magasin, prendre un nouveau départ ! L'originalité était morte avec Picasso ? Bon débarras ! On allait pouvoir s'intéresser au sujet plus qu'au style, raconter des histoires, joué avec les sens, les émotions, j'en avais tant des émotions. Je voulais renouer avec la peinture, quitte à être jeune et classique, quitte à revenir en arrière. Je ne voulais pas d'une peinture nostalgique, je voulais déjouer l'avant-garde avec mes pinceaux et mes couleurs. L'art doit, de toute façon, tendre des pièges."
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    il y a deux sortes d’individus dans la vie, les Classiques et les Indiens.
    Le Classique est un homme pétri par la norme, il n’inventera jamais rien, ne fera qu’obéir et suivre le mouvement en rêvant d’ascension sociale. C’est mon père.
    L’Indien est un intuitif, un insoumis, un créatif. C’est Casso le bonheur loin des apparences. Mais l’extrême Indien court vers la folie. Je le sais pour avoir croisé quelques Apaches dans les hôpitaux psychiatriques.
    Ma voie était quelque part entre ces deux hommes, ces pôles contraires de mon enfance. Vaste espace où j’avançais, égaré.
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  • Par Aifelle, le 10 mars 2012

    "C'était un autre monde, figé dans le temps, où l'électricité était encore capricieuse. La lampe à pétrole était toujours sur la table, laissant filer une odeur d'essence que j'aime encore. Elle dessinait aux visages et aux fenêtres des ombres et des lumières. J'ai eu bien des frayeurs là-bas, mais la peur sous un arbre de Bourgogne n'a rien à voir avec celle qui me tenaillait sous le dernier réverbère avant la maison de mes parents. La peur m'ouvrait l'imagination, elle m'entraînait vers un conte mystérieux".

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    On ne peut peindre que si l’on va bien. Le délire est un trou noir dont on sort dans un état d’extrême sensibilité bénéfique pour la peinture, mais le lien légendaire entre la folie et l’art s’est trop souvent changé en un raccourci romantique. Le délire ne déclenche pas la peinture, et l’inverse n’est pas plus vrai. La création demande de la force. L’idéal du peintre n’est pas Van Gogh, s’il n’avait pas mis fin à ses jours, il aurait fait des tableaux plus extraordinaires encore. L’idéal, c’est Vélasquez, Picasso, qui ont construit une œuvre et une vie en même temps. Pourquoi un artiste n’aurait-il pas droit, lui aussi, à l’équilibre ?
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Vidéo de Gérard Garouste

Gérard Garouste, peintre et Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, sont les invités de Guillaume Durand sur Radio Classique à l'occasion de la grande rétrospective de l'oeuvre de Gérard Garouste organisée le 12 octobre à la Villa Médicis à Rome à la demande de Frédéric Mitterrand.








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