ISBN : 2070360504
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Chien Blanc raconte l'histoire de Batka, un grand berger allemand qui fait irruption dans la vie de l'auteur et de sa femme, la célèbre actrice Jean Seberg. L'action se déroule en Californie, puis en France, au début de 1968, en pleine lutte des Noirs pour leurs droits ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (11)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 13 mai 2010

    mimipinson
    Dans son roman, Romain Gary nous retrace sur le mode autobiographique, la fin des années 60 aux Etats –Unis et en France, et notamment l'année 1968, particulièrement agitée. Martin Luther King vient d'être assassiné, L'Amérique est le siège de violents troubles et d'émeutes raciales ; La communauté noire lutte sans relâche pour la défense de ses droits civiques, la communauté blanche s'obstine dans une ségrégation de plus en plus contestée. L'auteur et sa femme sont engagés, avec de nombreux membres du monde cinématographique, dans cette lutte contre le racisme.
    L « personnage » central de ce roman, est un chien, un berger allemand, qui fait irruption dans la vie du couple. Batka, se révèle être un chien dressé pour attaquer exclusivement les noirs. Romain Gary refusera de se séparer de se chien, de la même façon qu'il refuse le sort qui est réservé aux Noirs. De la même manière qu'il lutte pour leurs droits civiques, il va se battre, pour récupérer Batka, auquel il tient particulièrement (tout comme il voue un attachement extraordinaire aux animaux). C'est avec un employé de parc, noir, qu'il va y parvenir ; si bien, qu'à la fin, ce dernier en fera un chien noir qui attaque les blancs……
    Ce livre décrit, assez bien, et parfois de manière crue, le climat de haine de l'époque, le racisme profondément ancré, la bêtise humaine et l'hypocrisie Hollywoodienne.

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mademoisellepenelope, le 23 octobre 2010

    mademoisellepenelope
    Un récit autobiographique terrible sur le racisme au moment de l'assassinat de Martin Luther King. Comme toujours, le regard lucide de Romain Gary fait mouche. Toutefois, cet écrivain bien qu'habité par la colère ne se dépare pas de sa foi en l'homme. Récit très poignant
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par FraHau, le 08 janvier 2011

    FraHau

    1968, année des plus sombres aux Etats-Unis : c'est, outre-Atlantique, l'apogée du racisme, la mort de Martin Luther King, la guerre au Vietnam...
    Romain Gary y partage alors sa vie avec la jeune actrice Jean Seberg.
    Un soir pluvieux de février, Sandy, le chien de la maison rentre d'une de ses virées nocturne accompagné d'un berger allemand, vraisemblement perdu :
    "Je fis entrer mon salopard, mais le berger allemand ne partait pas, et il pleuvait si dur que son poil mouillé et collé le faisait ressembler à un phoque. Il remuait la queue, les oreilles dressées, l'oeil pétillant, vif, avec cette attention intense des chiens qui guettent un geste familier ou un ordre. Il attendait clairement une invitation, revendiquant ce droit d'asile qui est inscrit depuis toujours dans les rapports des hommes avec leurs compagnons d'infortune. Je le priai d'entrer."
    Ce chien "Batka" s'avère être si intelligent, si doux avec tous que l'auteur et sa compagne le prennent en affection jusqu'au jour où...
    "j'entendis soudain du côté de la piscine un long rugissement, suivi de ces aboiements saccadés, rapides et rageurs par lesquels les chiens signalent à la fois la présence d'un intrus et l'imminence du combat qu'ils entendent lui livrer dans la seconde qui va suivre (...)
    De l'autre côté de la grille se tenait un employé noir venu contrôler le filtre de la piscine, et Batka se jetait contre le portail, l'écume à la gueule, dans un paroxysme de haine à ce point effrayant que mon brave Sandy avait rampé en geignant sous un buisson et s'était transformé en descente de lit."
    Batka était ce qu'on appelait aux Etats-Unis un "Chien blanc", chien dressé par les blancs contre les noirs...

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lozere, le 11 septembre 2011

    lozere
    Romain Gary porte un costume, sa légion d'honneur, son âme de juif errant, ses fantômes d'ancien combattant. Fort de ses identités multiples, il interroge le processus de "dressage" à l'œuvre dans les sociétés des années 60-70. Aujourd'hui on appelle sans doute cela « communautarismes ».Le portrait qu'il nous fait de 68 nous fait écho : pendant que les people font des galas de charité, les Black Panthers se radicalisent, Martin Luther King se fait assassiner, les étudiants sont en grève, et chacun mène sa guerre, individuelle ou à échelle réelle. Il y a autant de désespoir que d'humour dans ce livre-là, qui fait penser que pour continuer à aimer la vie, il faut parfois savoir faire diversion.
    « Les flics nous écoutent sans rien comprendre. Ils veulent savoir si le chien a été vacciné contre la rage. Je leur dis qu'il n'y a pas encore de vaccin contre ça… »
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par solange, le 06 janvier 2012

    solange
    L'écriture de Romain Gary n'est plus à porter aux nues, ce livre nous le démontre encore.
    Au travers de l'histoire d'un chien dressé pour combattre les noirs, fin des années 60, R. Gary nous peint l'Amérique des assassins de Martin Luther King.
    Il fait également un excursion dans la France de mai 68 et nous met face à nos contradictions pendant cette période.
    J'ai constaté trois parties dans la construction de ce livre : la première consacrée à la découverte de la haine du chien envers les noirs, la seconde plus liée à la politique américaine et au phénomène de mai 68 pour terminer par une partie nous parlant de la métamorphose du chien...
    J'aurai préféré que ce livre soit entièrement consacré à la situation créée par ce dressage plutôt qu'à un survol de cette Amérique et de cette période de notre histoire.
    Il n'en demeure pas moins que ce livre nous fait poser des questions.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Sarahcarabin, le 03 avril 2010

    J'appelle "société de provocation" toute société d'abondance et en expansion économique qui se livre à l'exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu'elle provoque à l'assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu'elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit. Comment peut-on s'étonner, lorsqu'un jeune Noir du ghetto, cerné de Cadillac et de magasins de luxe, bombardé à la radio et à la télévision par une publicité frénétique qui le conditionne à sentir qu'il ne peut pas se passer de ce qu'elle lui propose, depuis le dernier modèle annuel "obligatoire" sorti par la General Motors ou Westinghouse, les vêtements, les appareils de bonheur visuels et auditifs, ainsi que les cent mille autres réincarnations saisonnières de gadgets dont vous ne pouvez vous passer à moins d'être un plouc, comment s'étonner, dites-le-moi, si ce jeune finit par se ruer à la première occasion sur les étalages béants derrière les vitrines brisées ? Sur un plan plus général, la débauche de prospérité de l'Amérique blanche finit par agir sur les masses sous-développées mais informées du tiers monde comme cette vitrine d'un magasin de luxe de la Cinquième Avenue sur un jeune chômeur de Harlem.
    J'appelle donc "société de provocation" une société qui laisse une marge entre les richesses dont elle dispose et qu'elle exalte par le strip-tease publicitaire, par l'exhibitionnisme du train de vie, par la sommation à acheter et la psychose de la possession, et les moyens qu'elle donne aux masses intérieures ou extérieures de satisfaire non seulement les besoins artificiellement créés, mais encore et surtout les besoins les plus élémentaires.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par mademoisellepenelope, le 23 octobre 2010

    Du moins, c'est ainsi que j'interprétais les efforts qu'il faisait pour rassurer mes invités, mais il va sans dire qu'un romancier se trompe plus qu'un autre sur la nature des êtres et des choses, parce qu'il les imagine. Je me suis toujours imaginé tous ceux que je rencontrais dans ma vie ou qui ont vécu près de moi. Pour un professionnel de l'imagination, c'est plus facile et cela vous évite de vous fatiguer. Vous ne perdez plus votre temps à essayer de connaître vos proches, à vous pencher sur eux, à leur prêter vraiment attention. Vous les inventez. Après, lorsque vous avez une surprise, vous leur en voulez terriblement : ils vous ont déçu. En somme, ils n'étaient pas dignes de votre talent.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par alicejo, le 02 septembre 2010

    Je ne devrais pourtant pas leur en vouloir : ils ont des siècles d'esclavage derrière eux. Je ne parle pas des noirs. Je parle des blancs. Ça fait deux siècles qu'ils sont esclaves des idées reçues, des préjugés sacro-saints pieusement transmis de père en fils, et qu"ils ont pieds et poings liés par le grand cérémonial des idées reçues, moules qui enserrent les cerveaux, pareils à ces sabots qui déformaient jadis dès l'enfance les pieds des femmes chinoises.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par thursdaynext, le 21 novembre 2010

    J'avais dû me séparer de Pete parce que mes amis refusaient de s'occuper de lui lorsque, pris d'une de ces bougeottes d'homme à qui la peau dans laquelle il est enfermé donne des crises de claustrophobie, je me mets brusquement à courir d'un continent à l'autre, à la recherche de quelqu'un ou de quelque chose de différent, je ne sais trop quoi. Il vaut peut-être mieux que je précise tout de suite que je n'ai jamais rien trouvé d'autre dans mes courses-poursuites, sauf des cigares assez extraoridnaires à Madras, une des grandes et belles surprises de ma vie.

    Il va sans dire qu'un romancier se trompe plus facilement qu'un autre sur la nature des êtres et des choses, parce qu'il les imagine. Je me suis toujours imaginé tous ceux que je rencontrais dans ma vie ou qui ont vécu près de moi. Pour un professionnel de l'imagination, c'est plus facile et cela vous évite de vous fatiguer. Vous ne perdez plus votre temps à essayer de connaître vos proches, à vous penchez sur eux, à leur prêter vraiment attention. Vous les inventez. Après, lorsque vous avez une surprise, vous leur en voulez terriblement : ils vous ont déçu. En somme, ils n'étaient pas dignes de votre talent.

    Il y a quarante ans que je traîne en moi dans le monde mes illusions intactes, malgré tous mes efforts pour m'en débarrasser et pour parvenir à désespérer une fois pour toutes, ce dont je suis physiologiquement incapable.

    Maï est assis sur mes genoux. Ce chat siamois, qui ne me quitte pas et s'installe sur mon épaule pour me raconter avec force détails des histoires incompréhensibles, de sa voix aux innombrables nuances, est une fois de plus en train de me confier des secrets du monde-chat que j'essaie en vain d'interpréter. Un folklore prodigieux, que seul Pouchkine avait su mettre en poème, peut-être même toute une philosophie-chat qui me passe à côté, une vrai catastrophe philologique. Le sphinx vous parle enfin, vous dit tout et vous voilà arrêté au bord de la grande révélation par votre ignorance des langues étrangères.

    Je m'arrête ici et là, quelques jours, pour me désorienter, me perdre du vue en me frottant de "couleur locale", "d'exotisme", de "pittoresque", de "dépaysement", quelques jours par-ci, quelques jours par-là, en surface, sans insister, sinon je commencerais à me rendre compte que tous ces déguisements cachent surtout notre donnée première indigne et inacceptable, et je vais encore me retrouver nez-à-nez avec moi-même.

    Je ne sais pas ce que sera la nouvelle Amérique, mais je sais que l'explosion noire l'empêchera de pourrir sur pied dans l'immobilisme des structures sclérosées aux sapes invisibles.

    Dis donc, tu te rends compte qu'il y a trois quarts d'heure qu'on discute et on ne s'est même pas parlé ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mademoisellepenelope, le 23 octobre 2010

    Au contact de la Seberg, il m'arrive de retrouver un peu de cette candeur qu'il faut pour gagner en sachant perdre. J'entends par là qu'il faut continuer à faire confiance aux hommes, parce qu'il importe moins d'être déçu, trahi et moqué par eux que de continuer à croire en eux et à leur faire confiance. Il est moins important de laisser pendant des siècles encore des bêtes haineuses venir s'abreuver à vos dépens à cette source sacrée que de la voir tarie. Il est moins grave de perdre que de se perdre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (14)

Videos de Romain Gary

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Romain Gary

Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Chien blanc par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (106)

> voir plus

Quiz