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Critiques sur La Vie devant soi (128)


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    • Livres 5.00/5
    Par ballad le 27/11/2011


    J'ai passé un moment fabuleux avec cet écrit de Romain Gary. Un livre plein de la poésie enfantine de Momo qui en est le narrateur principal. Au travers de sa voix et de son langage coloré, des sujets graves sont abordés comme ceux de la prostitution, des traumatismes d'Auschwitz, l'absence de sécurité sociale chez les immigrés, etc. Ce livre, c'est la confrontation des générations, la vieillesse, l'euthanasie dans la société, et le regard qu'un enfant porte sur le monde adulte et la société. C'est Momo, enfant de la prostitution, qui nous parle de tout cela, de son vécu, et surtout de Madame Rosa la seule qui ait tout fait pour lui. L'humour est dans chaque ligne.

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    • Livres 4.00/5
    Par joedi le 22/06/2013


    Momo, petit garçon arabe vit chez madame Rosa depuis plusieurs années. Madame Rosa garde les enfants de prostituées. Plus personne ne paie pour la garde de Momo auquel Madame Rosa s'est attachée, il n'ira pas à l'Assistance Publique, il restera près d'elle. Madame Rosa ne sait plus monter les escaliers qu'il faut emprunter pour regagner son appartement au 6ème étage et, le temps passant, elle ne saura plus rien faire qu'attendre la mort mais surtout pas à l'hôpital, elle ne veut pas devenir le « légume » le plus endurant, elle veut mourir chez elle. Momo s'occupera d'elle jusqu'au bout, petit arabe fidèle à sa vieille juive.
    Au début du roman, l'auteur donne à Momo la voix d'un enfant qui s'embrouille assez avec des termes français trop savants pour lui et, au fur et à mesure, il fait grandir la voix de Momo, Momo mûrit, Momo n'est plus le petit garçon.
    La Vie Devant Soi est un condensé d'émotions et de bons sentiments, une magnifique leçon de vie.

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan le 17/03/2012


    Sous le Pseudo d'Emile Ajar qu'il prit pour retrouver une certaine virginité littéraire , Romain Gary , ce petit cachottier , fut le seul à se voir décerner un second prix Goncourt ( Les racines du ciel : 1956 ) pour La vie devant soi .

    Mohammed a 10 ans , bientot 14 . Mohammed prefere qu'on l'appelle Momo , les Inconnus n'ont rien inventé ; ) . Recueilli des son plus jeune age par madame Rosa qui s'est spécialisée dans " l'adoption " d'enfants de putain , il creche à Belleville , au sixieme , sans ascenseur . Madame Rosa , ancienne gagneuse qui se défendait avec son cul , juive , déportée , n'est plus que l'ombre d'elle-meme . Laide , grosse , 36 cheveux au compteur , elle se rend bien compte qu'elle n'a plus la lumiere à tous les étages . Elle "s'absente " de plus en plus fréquemment , sentant bien que ses jours de pleine lucidité sont désormais comptés . Finir la bave aux levres avec le regard du veau qui tete , tres peu pour elle ! N'est pas Ribéry qui veut....Ses cauchemars récurrents , Hitler et le cancer : l'un étant éradiqué , l'autre , aux aguets , attendant son heure selon ses dires...Une femme ayant échappé au terrible systeme concentrationnaire d'Auschwitz ne peut s'imaginer entrer dans le livre des records en pulvérisant un coma végétatif de 17 ans , alors détenu par un Amerloque ( trop fort ces Ricains ! ) . Elle fera promettre à son petit Momo de " l'avorter " si l'on devait en arriver là . du haut de ses 10 ans , bientot 14 , Momo fera bien plus que cela...

    Le tour de force de ce roman , c'est d'évoquer un sujet résolument grave sur le ton de la légereté . La grande faucheuse est omniprésente , on la sent se rapprocher inexorablement jusqu'à vous submerger de sa noirceur et pourtant , par le biais de ce jeune héros au phrasé si particulier , la lecture s'accompagne d'un petit sourire en coin qui ne vous quitte jamais .
    Les personnages découverts sont hétéroclites au possible . Cela va de Monsieur N'da Amédée , " proxynete " illettré le mieux sapé de Paname et de sa proche banlieue à Monsieur Hamil , ancien vendeur de tapis ambulant et néo philosophe sans oublier Madame Lola qui d'ancien champion de boxe au Sénégal s'est reconvertie en travestie au Bois de Boulogne . Autant d'acteurs truculents gravitant autour de ce petit monde fusionnel qu'est l'univers Rosa-Momo .

    L'auteur vous prend aux tripes en conférant à ce jeune narrateur une gravité anormalement conscientisée pour un gamin de son age . Un vocabulaire fait d'amalgames aussi amusants que profonds et c'est la mort qu'on appréhende à un age ou l'innocence devrait faire loi . Momo découvre que rien ne dure jamais . Qu'il devra devenir un acteur majeur dans l'inéluctable disparition de sa maman d'adoption . Une mere de substitution qui le fait se questionner sur son age et ses origines mais qu'il aime par dessus tout . Un gamin innocent projeté et ballotté dans un monde d'adultes bien avant l'heure . S'il maitrise de façon plus qu'aléatoire la définition de la majorité des mots de son vocabulaire , il saisit cependant parfaitement le sens de la vie qui s'écoule et s'acheve parfois tragiquement . Ce roman écrit par un sexagénaire que la mort effrayait au plus haut point ( et qu'il devancera pourtant en 1980 ) est tour à tour lyrique , naif , sombre et violent mais baigne , paradoxalement , dans une perpétuelle bonne humeur contagieuse . Sa causticité décalée vous emportera de la premiere à la derniere page !

    La vie devant soi : atypique et jubilatoire...

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin le 16/11/2012


    Après son premier Emile Ajar, « Gros calin » en 1974, Romain Gary récidive en 1975 avec « La Vie Devant Soi »…pour un écrivain que la critique de l'époque jugeait fini…

    « La Vie Devant Soi ». Un thème récurrent dans la littérature française : un enfant arabe voue une infinie tendresse à une vieille dame… juive. Jacques Lanzmann, Joseph Joffo, Eric-Emmanuel Schmitt , et probablement d'autres ont " traité " le sujet…
    Quoiqu'il en soit sous la plume de Romain Gary, le thème est magnifié, non seulement par l'intrigue que nul autre ne pouvait imaginer que Romain Gary, mais également par le second thème, en filigrane : la fin de vie…

    Madame Rosa, une ancienne prostituée juive (elle a connu Auschwitz) de la rue Blondel, ou elle « se défendait » dans son jeune temps, comme dirait Momo… Elle a vieilli et est devenue Grosse, laide et malade…
    Momo, un jeune garçon arabe, est recueilli par Madame Rosa dans son établissement qui accueille les « enfants nés de travers »… comprenez les naissances accidentelles de ces dames prostituées…
    L'histoire d'un amour fusionnel du jeune garçon pour la vieille dame… elle est malade. Elle doit être hospitalisée. C'est le drame. Momo l'enlèvera et « l'assistera » dans ses derniers moments pour une fin dans la dignité…

    Un roman, peut-être un des plus émouvants de l'auteur avec « Clair de femme »… En tout cas, un de mes préférés.
    Le jury Goncourt ne s'y est pas trompé, d'ailleurs, qui attribua son Prix à Emile Ajar, alias Romain Gary. Un prix qui lui avait déjà été attribué en 1956 pour « Les racines du ciel »…
    Bravo, l'artiste…

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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse le 23/12/2012


    J'ai adoré ce livre, c'est un coup de coeur. Rien qu'en écrivant la quatrième de couverture mes larmes me sont revenues, tant la beauté de ce livre est grande, tant l'émotion est grande, tant l'amour est profond, pure de toute l'innocence de l'enfance, vrai. Pourtant le ton donné tout au long du livre semble léger, amusant, parce que le narrateur n'est autre que Mohamed dit Momo, ce petit garçon arabe de 10 ans (apparemment) et qu'il nous parle – avec légèreté, simplicité, honnêteté et avec les mots d'un garçon de son âge et de son éducation – nous parle donc de sa vie et de cette femme, Madame Rosa. « Elle avait les yeux pleins de larmes et je suis aller chercher du papier cul pour les torcher ». Mais bien qu'il soit un jeune enfant il est plein de lucidité, ce qui est frappant. On se prend des vérités en pleine face, des vérités qui font du bien.

    Momo n'a jamais vu sa mère, ni son père. Il est un « enfant de pute » et son père supposé était « proxynète« . Il est élevé par Madame Rosa depuis ses 3 ans, une ancienne prostituée reconvertie, qui s'occupe désormais de recueillir les enfants des prostituées – « les femmes qui se défendent » comme dit Momo - en échange de mandats, qu'elle reçoit ou pas d'ailleurs. Tout de suite on se rend compte que Momo n'est pas un enfant comme les autres, par exemple comme lorsqu'il a volé un chien et que finalement il le revend, ne gardant pas l'argent, juste pour que ce chien puisse être dans une famille où il est certain qu'on s'occuperait bien de lui, se rendant compte que lui ne pourrait pas assumer cette tâche.

    Tout ce qui est raconté dans ce livre n'est jamais un apitoiement quant à une vie qui pourtant n'est pas rose. C'est l'entraide des gens de ce « milieu » qui est ici mis en valeur comme Madame Rosa qui écrit les lettres d'un proxénète pour sa famille en Afrique car il ne sait pas écrire, les gens qui viennent aider Madame Rosa à monter ses 6 étages lorsqu'elle n'a plus la force et la santé de le faire, l'aide maternelle et financière de Madame Lola la « travestite » etc En parlant de Madame Lola « J'ai jamais vu un sénégalais qui aurait fait une meilleure mère de famille que Mme Lola, c'est vraiment dommage que la nature s'y est opposée ».

    Momo raconte avec une grande désinvolture son histoire, sans peine ni tristesse, bien qu'il vive dans un milieu de pauvreté et de délinquance. Sa vie pour lui est une vie normale, c'est la vie. On voit les choses avec les yeux de cet enfant, qui ne porte ni jugement sur les gens, ni mépris, il constate juste, il voit la vérité, sans salissure, sans dédain, car il est dans cette vie. On ne peut être que touchés car ce qu'il raconte est au fond dur, très dur mais il rend ça beau parfois ou sans gravité d'autres fois. Sans doute car il est élevé par une femme qui a un grand amour pour lui et qui le protège en lui donnant un regard autre sur cette vie.

    Madame Rosa est une femme pourtant marquée, marquée par son passé de juive déportée. Elle a donc des frayeurs nocturnes et s'est fait une sorte d'abri dans sa cave, au cas où on viendrait la chercher à nouveau. « C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo », voilà ce qu'elle lui dit quand il lui demande pourquoi elle va parfois se cacher dans la cave, pourquoi elle a peur. Et au fur et à mesure qu'elle se voit vieillir et que sa santé se détériore, elle rappelle bien à Momo qu'elle ne veut pas aller dans un hôpital : « Elle ne voulait pas entendre parler d'hôpital où ils vous font mourir jusqu'au bout au lieu de vous faire une piqûre. Elle disait qu'en France on était contre la mort douce et qu'on vous forçait à vivre tant que vous étiez encore capable d'en baver ».

    Momo va rencontrer un jour une femme, qui s'avérera être une personne clé dans son avenir. Il rencontrera son prétendu père qui lui fera une révélation de taille…

    Je n'en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce roman magnifique, empli d'humanité, d'amour et d'émotions incroyables. C'est d'une grande pureté, pureté dans les sentiments, pureté dans le don de soi à l'autre, la protection, la fidélité, la loyauté. On y côtoie plusieurs nationalités qui se mêlent, s'entraident sans différence qui pourraient leur nuire, mais des différences qui sont au contraire des richesses pour les uns et les autres.

    Et la fin m'a complètement bouleversée…


    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2012/12/23/la-vie-devant-soi-rom..

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho le 29/05/2014


    Momo n'est pas un enfant comme les autres et ne sera jamais un homme comme les autres...
    Dès l'âge de 3 ans, Mohammed est recueilli par Mme Rosa une femme qui ne ressemble pas aux autres, une ancienne prostituée qui a eu l'idée d'ouvrir une pension sans famille, au cœur des quartiers populaires du Nord de Paris, pour des « mômes nés de travers », des mômes nés de femmes, des prostituées, qui ont eu des difficultés à garder leurs enfants « parce que la loi l'interdit pour des raisons morales ».
    Momo est un p'tit arabe élevé dans les traditions musulmanes par cette vieille femme qui est juive.
    Mme Rosa est très malade et depuis qu'elle est sortie du camp d'Auschwitz, a cumulé que des ennuis et des peines. Pendant des décennies elle s'est défendue avec son cul et la vie sans amour l'a abîmée et engraissée de kilos qui l'handicapent, elle est condamnée.
    La maladie grignote à petit feu la vieille dame mais Mme Rosa veut décider de sa mort, elle ne veut pas finir comme un légume et être hospitalisée.
    Si la vieille juive paraît froide et sans cœur, elle aime profondément Momo et Mme Rosa est la seule chose que Momo ait aimée jusqu'ici.
    C'est donc avec douleur , que le garçon l'accompagnera jusqu'à sa mort, il usera de toutes ses convictions et de son amour pour que sa maman de cœur puisse bénéficier « du droit sacré des peuples à disposer d'elle-même ».

    Si le roman traite du délicat sujet de l'euthanasie, on ressent avant tout à travers Mme Rosa la peur de vieillir. Mme Rosa vieillit mal, la vie ne lui a pas fait de cadeau, et ses blessures morales sont devenues des blessures physiques qui empoisonnent son corps, une vie sans amour laisse des traces ... « on ne peut pas vivre sans quelqu'un à aimer ».

    Un roman qui m'a émue aux larmes, un texte très fort qui transmet des messages de tolérance et aborde de nombreux thèmes comme l'intégration, le racisme, le communautarisme, la prostitution, les différences culturelles, la vieillesse, la dignité humaine...mais ce livre est surtout un message d'amour !

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    • Livres 5.00/5
    Par Cioran le 24/05/2014


    L'avortement ? C'est l’euthanasie.
    Se défendre ? C'est se prostituer...

    Je remercie d'emblée JacobBenayoune de m'avoir motivée à lire La vie devant soi. Je n'avais jamais lu Gary et il était temps...
    Lire La vie devant soi revient à se retrouver immergé dans un monde étrange : celui de la prostitution, de l'amour et de la mort qui vient, d'un amour fou : celui d'un enfant pour celle qui l'a recueilli et élevé.
    Momo est habité par la justice. Dix-ans, puis immédiatement quatorze, beau garçon, "fils de pute".

    (Au docteur Katz)
    "- Je ne suis pas votre enfant et et je ne suis même pas un enfant du tout. Je suis un fils de pute et mon père a tué ma mère et quand on sait ça, on sait tout et on n'est plus un enfant du tout."

    Momo, toujours, prendra soin de Madame Rosa jusqu'à sa mort et même au-delà.
    Le portrait d'Hitler ne la fait plus réagir... Pourtant, lorsque Madame Rosa était très malheureuse, elle regardait ce portrait qui avait le pouvoir d'alléger son existence. Son passé, en tant que juive, ses souvenirs resurgissaient et s'emparaient de son esprit. Alors, le présent devenait plus vivable, acceptable. Elle pouvait l'affronter.
    Souvent drôle, parfois glaçant, et toujours passionnant, ce livre porte authentiquement les vertus de l'ouverture, de la fraternité et "du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Ce qui implique le droit à l'euthanasie et la volonté que chacun puisse être complètement libre. Et pouvoir vivre. Ensemble.


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    • Livres 5.00/5
    Par Vianna le 27/04/2014


    L'écriture est géniale: oublier les fioritures littéraires et inventer le langage parlé d'un enfant de dix ans avec intelligence et finesse. Dire crument et avec lucidité les réalités de la prostitution, de la drogue, de la shoah, du racisme ordinaire, de la déchéance physique ( stop, n'en jetez plus !); Une histoire tragique et drôle à la fois , grâce à ce style unique, enrobé dans un humour labellisé « haute qualité sociétale »
    Petit extrait: Momo s'adresse au docteur Katz
    … des fois ça vaut mieux d'avoir le moins de pères possibles, croyez-en ma vielle expérience et comme j'ai l'honneur, pour parler comme Monsieur Hamil, le copain de Monsieur Victor Hugo, que vous n'êtes pas sans ignorer. Et ne me regarder pas comme ça, docteur Katz, parce que je ne vais pas faire une crise de violence, je ne suis pas psychiatrique, je ne suis pas héréditaire, je ne vais pas tuer ma pute de mère parce que c'est déjà fait, Dieu ait son cul, qui a fait beaucoup de bien sur cette terre, et je vous emmerde tous, sauf Madame Rosa qui est la seule que j'ai aimé et je ne vais pas la laisser devenir champion du monde des légumes pour faire plaisir à la médecine et quand j'écrirai Les Misérables je vais dire tout ce que je veux sans tuer personne parce que c'est la même chose et si vous n'étiez pas un vieux youpin sans coeur mais un vrai juif avec un vrai coeur à la place de l'organe vous feriez une bonne action et vous avorteriez Madame Rosa toute de suite pour la sauver de la vie qui lui a été foutue au cul par un père qu'on connaît même pas et qui n'a même pas de visage tellement il se cache....
    C'est là tout le talent de Romain Gary

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    • Livres 5.00/5
    Par madameduberry le 26/10/2013


    Chef d'oeuvre.Dix ans avant la création de la famille Malaussène, Belleville reçoit ses lettres de noblesse avec les figures de Momo et de Madame Rosa, emblématiques de toutes les persécutions. Laissé en plan par sa mère, de père inconnu, Momo est élévé dans une tribu hétéroclite d'enfants laissés pour compte, confiés à une vieille femme malade qui trouve dans ce métier clandestin de nounou pour enfants de prostituées le couronnement d'une carrière et un complément de retraite bien utile quand on n'en n'a pas.
    Avec le regard aigu de l'enfance, Momo, sous la plume de son créateur masqué, découvre la vie et philosophe avec naïveté et justesse sur la fragilité comme sur le caractère irremplaçable des liens humains.Dans sa quête d'amour et de sens, Il fait flèche de tout bois, Momo, la vieille femme juive, le grand-père arabe, les bobos généreux en mal d'enfant. Ajar, débarrassé du fardeau d'être Gary, et des honneurs de la République des Lettres dont il est accablé, retrouve la rage de vivre de sa jeunesse de juif immigré. Il donne de joyeux coups de plume au politiquement correct, pour le remplacer par le vrai respect des gens, surtout les petits. Fin connaisseur de la solitude, déjà illustrée dans la fable contemporaine qu'est Gros-Câlin, il est aussi un des meilleurs écrivains de l'enfance que j'aie lu.La transformation en mausolée, par Momo ,du trou à juifs de Madame Rosa, la creation d' Arthur, le parapluie fétiche, illustrent la phrase qui clôt l'ouvrage, à la fois aphorisme, constat, impératif kantien et formule salvatrice: il faut aimer.

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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline le 14/01/2013


    Quelques jours après avoir terminé La Vie Devant Soi, il me reste le souvenir d'une lecture faite le sourire aux lèvres et de la découverte d'un texte plein de fraîcheur et de tendresse.

    Au moment où les pages s'enchaînaient, cependant, je me demandais quand même ce qui avait pu justifier pour son auteur le prix Goncourt et, pour ce roman, le passage au statut de classique... J'avais l'impression d'un texte légèrement niais...

    Et puis, quelques jours après avoir tourné la dernière page, je me rends compte qu'il ne s'agira pas pour moi d'une lecture parmi tant d'autres mais d'un texte qui m'a touchée plus que je ne l'aurais crû car il dégage, subtilement, avec une finesse masquée par l'humour et l'ironie, une profonde humanité!

    L'amitié entre Mohamed, cet enfant abandonné qui raconte son histoire ici, et la vieille madame Rosa restera pour moi un magnifique réquisitoire contre le racisme et les injustices, doublé d'une très touchante histoire d'amour entre générations...

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