Par Elizabeth Gaskell

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Herne 2009
ISBN : 285197906X  
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Que croyez-vous, Miss Matty, je vous le donne en mille ? Que croyez-vous ? Lady Glenmire va se marier - se remarier, pour être exacte - Lady Glenmire - Mr Hoggins - oui, Mr Hoggins va épouser Lady Glenmire ! - Se marier ! Se remarier ! nous écriâmes-nous. Quelle folie ! - Figurez-vous que je me suis écriée : Se marier ! comme vous le faites ; et que j'ai ajouté : " Mais ma parole, Milady va se couvrir de ridicule ! " J'aurais pu dire, moi aussi : " Quelle folie ! " mais je me suis maîtrisée, car j'étais dans une boutique, lorsque j'ai appris la nouvelle. Vraiment, on se demande où est passée la retenue de notre sexe ! Vous et moi, Miss Matty, nous aurions été bien honteuses de savoir que l'on parlait de notre mariage chez l'épicier, en présence du personnel !

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Critiques et avis sur Cranford


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    • Livres 0.00/5
    Par nanoucz, 2010-02-19 22:37:39

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    La bourgade de Cranford est peuplée majoritairement de femmes seules, célibataires ou veuves, peu fortunées pour la plupart. Mais ces dames s'en arrangent, plus soucieuses des convenances que des apparences.

    La narratrice est une jeune fille, dont le lecteur sait peu de choses. Mary a quitté Cranford et vit désormais avec son père dans la ville de Drumble, distante de vingt miles, mais elle vient souvent rendre visite aux demoiselles Jenkyns, qui l'accueillent pendant plusieurs mois d'affilée. Et c'est par sa voix que le lecteur suit les multiples péripéties qui agitent ce petit monde au fil du temps : les visites, les nouveaux arrivants, les démêlés de ces dames avec leurs domestiques, et d'autres aventures, burlesques ou plus émouvantes.



    Je me suis plongée avec délices dans ces petites chroniques de la vie quotidienne de ces dames de Cranford. L'émotion est souvent là, par exemple lorsque Miss Matty trie ses vieilles lettres et, après une ultime lecture, décide de les détruire par discrétion. J'ai ressenti une grande tendresse pour ces femmes, pleines de manies à la limite du ridicule et soumises aux préjugés et au poids des convenances. Mais il ressort beaucoup de naïveté et de fraîcheur de ce livre, qui constitue certainement une peinture très fidèle d'une certaine société anglaise du milieu du XIXème siècle.
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    • Livres 5.00/5
    Par rose, 2010-02-16 13:06:09

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    Si vous vous demandez ce que sont devenues les héroïnes de Jane Austen, passé l’âge de courir les bals et d’espérer un mari : restent-elles coquettes, frivoles ? quels sont leurs loisirs, une fois la soixantaine venue, une fois l’époux tant convoité descendu dans la tombe ? conservent-elles intacts leur cœur d’artichaut et leurs rêveries matrimoniales, leurs sentiments les portant vers de jeunes veufs encore gaillards ou vers des aventuriers enrichis de retour au pays ?

    (...)

    Visitez Cranford. Que les choses soient claires : dans la ville imaginée par Elizabeth Gaskell, il ne se passe rien. Les seules distractions y sont le jeu de cartes, le choix méticuleux d’une nouvelle coiffe, les lettres (écrites dans tous les sens de lecture possibles pour économiser le timbre), parfois, par exceptionnel, la venue d’un magicien. Cranford semble régi par des règles absolument contraires à celles du reste du monde, et l’on peut rêver de s’installer dans un monde où la mode a conservé un bon quart de siècle de retard (par curiosité esthétique), où la concurrence économique n’existe pas (Cranford, cette utopie), où les hommes n’ont aucune espèce d’influence et peuvent être regardés de haut parce que leur nom ne sonne pas « convenable »… Mais le plaisir naît de l’ironie de la narratrice. Celle-ci est pleine de tendresse pour les habitudes de Cranford, mais son récit faussement naïf révèle avec humour les croyances absurdes, les bêtises, les petits mensonges convenables de toutes ces dames. Pas pour s’en moquer d’ailleurs, pour montrer un monde finalement plein de bonté et de délicatesse, un monde harmonieux. Et elle sait ménager quelques ruptures de ton comme le récit du destin du « pauvre Peter », un garçon un peu trop facétieux…

    Lien : http://rosealu.canalblog.com/archives/2010/02/15/16928126.html
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Citations et extraits de Cranford


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  • Par nanoucz, 2010-02-18 23:29:58

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    Leur habillement n'est pas assujetti à la mode : comme elles le disent elles-mêmes : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, à Cranford, où tout le monde nous connaît ? " Et si d'aventure, elles partent en voyage, leur raisonnement est tout aussi solide : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, où personne ne nous connaît ? "
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