> Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 285197906X
Éditeur : Herne (2009)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Que croyez-vous, Miss Matty, je vous le donne en mille ? Que croyez-vous ? Lady Glenmire va se marier - se remarier, pour être exacte - Lady Glenmire - Mr Hoggins - oui, Mr Hoggins va épouser Lady Glenmire ! - Se marier ! Se remarier ! nous écriâmes-nous. Quelle folie !... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 27 janvier 2012

    Titine75
    « Disons, pour commencer, que Cranford est aux mains des Amazones : au-dessus d'un certain loyer, ses demeures ne sont occupées que par des femmes. » C'est le quotidien de ces femmes que nous allons découvrir dans le livre d'Elizabeth Gaskell. La narratrice Mary Smith habite à Drumble mais elle rend régulièrement visite aux soeurs Jenkyns. Chacune de ces rencontres permet à la jeune femme de décrire la vie de Cranford. Les femmes de la haute société de ce petit village anglais sont toutes vieilles filles ou veuves. Elles sont toutes très à cheval sur les bonnes manières, la bienséance alors que le manque d'argent est patent. Chacune tente de faire des économies de bout de chandelle à droite à gauche pour sauver les apparences. Ce qui occasionne souvent des scènes très cocasses.
    L'activité favorite de ces dames c'est bien entendu les cancans sur les autres habitants. Elles commentent chaque évènement, chaque nouveauté. Leurs jugements sont souvent assez durs comme lorsque Lady Glenmire épouse en seconde noce un homme socialement inférieur. How shocking ! Mais les avis changent vite car les dames de Cranford ont un bon fond. le respect des conventions sociales n'empêche pas une profonde amitié entre elles. Elizabeth Gaskell a su créer des personnages sensibles, émouvants. Au fil des chroniques, on découvre les blessures, les fêlures de nos habitantes. Miss Matty Jenkyns est celle qui cristallise l'affection du lecteur et du village. Durant sa jeunesse, sa famille a refusé l'homme qu'elle aimait. Miss Matty consacre alors toute sa vie à sa soeur Deborah. Lorsque cette dernière décède, Miss Matty se retrouve seule. C'est alors que sa banque fait faillite, ses billets ne valent plus rien. Les dames de Cranford oeuvreront dans l'ombre pour tirer leur amie de l'embarras. Cette entraide humble et discrète rend les dames de Cranford vraiment touchantes.
    « Cranford » fut publié de 1851 à 1853 dans le magazine de Charles Dickens « Household Works ». Elizabeth Gaskell fait d'ailleurs un clin d'oeil à son ami à travers la querelle de Miss Deborah Jenkyns et du Capitaine Brown qui s'opposent sur les qualités littéraires du Dr Johnson et de Boz. Ces chroniques provinciales mélangent l'humour et la tendresse. L'auteur est toujours très attentive à la construction de ses personnages. Elle met en scène ici une belle galerie de femmes. Je n'ai pas retrouvé le souffle romanesque de « Nord et sud » ou de « Femmes et filles ». Les petites anecdotes manquent au début de fil conducteur. Mais les scènes finissent par se suivre réellement pour nous conter les déboires de Miss Matty. Malgré cela, j'ai retrouvé avec délice Elizabeth Gaskell. J'apprécie sa finesse psychologique, son regard perçant mais néanmoins indulgent sur les faiblesses humaines.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par chiffonnette, le 22 mars 2010

    chiffonnette
    Cranford, petite ville du Nord de l'Angleterre, ses veuves et ses demoiselles, son château, et les mille et une petites histoires qui émaillent le quotidien, entorses aux convenances, amours contrariées ou deuils.
    Dieu que j'aime les romancières anglaises du 19e siècle. le plus souvent on a l'impression de déguster un thé accompagné de patisseries. C'est à chaque roman un univers bruissant discrètement de scandales et de bonheurs et de malheurs plus ou moins grands qui se déploie, beaucoup plus complexe que ce les apparences pourraient laisser supposer, et bien loin de pouvoir être assimilés à des chroniques à l'eau de rose désuètes auxquelles ils sont souvent réduits. Cranford ne fait pas exception. le petit monde de Cranford, on le découvre par les yeux de Mary Smith, jeune femme qui vient souvent rendre visite à ses connaissances du lieu, surtout les demoiselles Jenkyns, Doroty et miss Matty, sa soeur cadette. L'une est aussi sêche et rigide que l'autre est tendre et compatissante, mais chacune à sa manière est attentive à son entourage. Autour d'elle veuves et demoiselles se pressent. Car Cranford a une particularité: elle est peuplée presque uniquement de femmes vieillissantes. Mary va raconter au fil des saisons ses visites, et les événements qui vont les émailler: deuils, scandales, ruines, chamailleries, intrigues amoureuses hautes en couleur, lutte contre cette pauvreté qui ne dit pas son nom... Car ces dames, si elles sont de bonne famille et fermement attachées aux convenances, sont pauvres et s'emploient à le dissimuler sous le vernis du bon goût et de d'une économie domestique qui ne peut être qu'élégante.
    De petites histoires en petites histoires, Elizabeth Gaskell déploie un talent d'observation de la nature humaine étonnant, tout en conservant, toujours, une tendresse et un humour qui rendent ses personnages vivants et attachants. Elle sait à la perfection rendre ces petits riens du quotidien, ces ridicules qui en disent tellement sur l'humain et sur la manière dont une société fait face au changement. Car Cranford doit faire face au progrès: les choses y changent. Il y a le chemin de fer, les oeuvres de M. Dickens, de nouvelles manières et une mode parfois surprenante... Face à toutes ces nouveautés, les standards moraux et les convenances vacillent, ce qui semblait immuable commence à disparaître. C'est un beau portriat d'un monde en train de mourir tout doucement, parfois ironique, souvent débordant d'humour. Il y a des scènes absoluments hilarantes: la vache habillée d'un pyama en flanelle, l'épisode du chat et de la botte. On sourit beaucoup, on rit parfois, mais on pleure aussi tant on s'est attaché aux personnages et à leurs petites manies et défauts.
    Et puis, rien que le regard de ces dames sur la gent masculine vaut le détour! Ces gentlemen en prennent pour leur grade face à ces amazones à qui rien de fait peur, sauf, peut-être, un manquement aux convenances! Après tout, elles vivent depuis des années dans homme à la maison et ce n'est pas pour autant qu'elles ont été malheureuses! J'ai adoré notamment la réplique d'une de ces dames disant qu'elle sait parfaitement à quoi s'attendre avec les hommes, son père en ayant été un! Savoureux!
    Dommage que les fils du récit soient un peu léger et qu'aucune véritable intrigue ne vienne donner plus de profondeur à ce qui aurait pu être un bijou. Sans fil conducteur, les rebondissements semblent parfois un peu exagérés, ou rapidement amenés et délaissés.

    Lien : http://leterrierdechiffonnette.hautetfort.com/archive/2010/02/28/cra..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 19 février 2010

    nanoucz
    La bourgade de Cranford est peuplée majoritairement de femmes seules, célibataires ou veuves, peu fortunées pour la plupart. Mais ces dames s'en arrangent, plus soucieuses des convenances que des apparences.
    La narratrice est une jeune fille, dont le lecteur sait peu de choses. Mary a quitté Cranford et vit désormais avec son père dans la ville de Drumble, distante de vingt miles, mais elle vient souvent rendre visite aux demoiselles Jenkyns, qui l'accueillent pendant plusieurs mois d'affilée. Et c'est par sa voix que le lecteur suit les multiples péripéties qui agitent ce petit monde au fil du temps : les visites, les nouveaux arrivants, les démêlés de ces dames avec leurs domestiques, et d'autres aventures, burlesques ou plus émouvantes.
    Je me suis plongée avec délices dans ces petites chroniques de la vie quotidienne de ces dames de Cranford. L'émotion est souvent là, par exemple lorsque Miss Matty trie ses vieilles lettres et, après une ultime lecture, décide de les détruire par discrétion. J'ai ressenti une grande tendresse pour ces femmes, pleines de manies à la limite du ridicule et soumises aux préjugés et au poids des convenances. Mais il ressort beaucoup de naïveté et de fraîcheur de ce livre, qui constitue certainement une peinture très fidèle d'une certaine société anglaise du milieu du XIXème siècle.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Passionlectures, le 16 décembre 2011

    Passionlectures
    Cranford n'est pas un roman : Cranford est un petit village en porcelaine dans lequel s'agitent et se débattent de petites poupées, figures féminines livrées à elles-mêmes, Amazones en jupons et coiffes de dentelle. L'auteur nous offre avec délice une succession d'intrigues qui, sous leur légèreté, révèlent les caractères de ses héroïnes. Tour à tour charmantes, généreuses ou ridicules, les dames de Cranford ont construit leur univers par l'accumulation de leurs expériences, que l'on pourrait qualifier de nulles, tant elles ne se sont jamais risquées ni à fréquenter les hommes, ni à quitter leur petite ville pour découvrir le monde. Aussi tout élément extérieur à Cranford revêt-il les habits du mystère et est accueilli avec suspicion, que ce soit le capitaine Brown, qui ne semble pas effrayé de venir s'installer dans cette univers exclusivement féminin avec ses deux filles, ou bien Lady Glenmire, toute entourée d'une aura de gloire par son titre… Il en découle de nombreuses situations pittoresques, traitées cependant avec le plus grand sérieux. Car c'est aussi un des charmes du roman que le choix d'une narratrice, dont on ne saura quasiment rien, qui tantôt fait preuve d'une naïveté toute “Cranfordienne” tantôt regarde avec un sourire moqueur les grandes manœuvres de ses hôtesses. Un conseil, ne vous attachez pas trop aux personnages, ils ont tôt fait de disparaître : le seul fil rouge du récit, c'est Cranford !

    Lien : http://passionlectures.wordpress.com/2011/12/15/cranford-elizabeth-g..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BMSierre, le 17 août 2010

    BMSierre
    Lorsqu'on est issu de la bourgeoisie anglaise, on vit pour le protocole. Les femmes de Cranford ne prennent aucune initiative, toute leur vie est codée au point qu'il faut même renoncer au mariage pour éviter les commérages. Ces femmes sont pauvres, mais leurs tasses de thé sont servies avec nappes et flonflons. Une délicieuse parodie du paraître, de la vie à la campagne en Angleterre au siècle passé. Un roman merveilleusement insupportable. M.B.
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Citations et extraits

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  • Par nanoucz, le 18 février 2010

    Leur habillement n'est pas assujetti à la mode : comme elles le disent elles-mêmes : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, à Cranford, où tout le monde nous connaît ? " Et si d'aventure, elles partent en voyage, leur raisonnement est tout aussi solide : "Qui se soucie de ce que nous portons, ici, où personne ne nous connaît ? "
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