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ISBN : 2757835017
Éditeur : Points (2013)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven (Yorkshire) paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la popu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par MissG, le 11 novembre 2012

    MissG
    Sylvia Robson a seize ans, elle est belle et a un côté sauvageonne, elle est insouciante et est d'abord présentée comme écervelée et frivole : "Ah, tu vas pas me faire la morale ! J'aime pas les sermons qu'on accroche à tous les mots, comme sur les portemanteaux. Je vais avoir un nouveau manteau, ma fille, et je ferme les oreilles si tu me vais la morale. Alors de te laisse toute la jugeotte et moi, je prendrai le manteau.", pour finir par surprendre tout le monde avec une force de caractère jusque là insoupçonnée : "Quand j'aime, j'aime et quand je déteste, je déteste. Quant à celui qui me fait du mal, à moi ou aux miens, peut-être que je m'abstiendrai de le frapper ou de le tuer, mais jamais je lui pardonnerai.".
    C'est l'une des raisons pour lesquelles je qualifierai ce livre d'étude des caractères humains, car c'est le coeur même du livre et tout tourne autour des personnalités.
    De ce point de vue-là, je n'ai rien à reprocher, c'est fait de façon minutieuse et l'auteur sait pertinemment de quoi elle parle, rendant ainsi cette étude des caractères et des moeurs intéressante pour le lecteur.
    Ainsi, le terne et sage Philip, éperdument amoureux de sa cousine Sylvia en arrivera à lui cacher la vérité pour parvenir à ses fins, lui qui jusque là de sa vie n'avait jamais proféré un mensonge : "C'est aussi bien : une promesse donnée est une entrave à celui qui l'a faite. Mais une promesse qui n'a pas été entendue est une promesse non donnée.", tandis que Sylvia prendra une dimension inattendue au fur et à mesure qu'elle mûrira à cause des aléas de sa vie.
    Le personnage de Sylvia est un très beau personnage littéraire, fort et passionné, qui englobe à lui seul la violence des sentiments et de la passion amoureuse et la dureté de la vie avec les coups funestes du destin qui forgent les personnalités.
    Sylvia est le moteur de ce livre, elle est à ce titre quasi omni-présente du début à la fin.
    L'auteur porte aussi un regard juste sur la vie de ces gens ordinaires : "Mais les gens frustres, à l'instruction limitée, voire insuffisante, ont tendance à se comporter de façon vaine comme l'autruche bien connue.", sans jamais tomber dans la caricature et la leçon de morale.
    Et s'il est beaucoup question de l'amour frustré dans ce livre, ce n'est absolument pas un roman d'amour, bien au contraire, c'est un roman extrêmement triste et pessimiste où il n'y a aucun instant de bonheur, même fugace.
    C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles j'ai eu tant de mal à avancer dans ma lecture, en plus d'un style d'écriture allant au fond de chaque détail, ce qui rend la lecture quelque peu laborieuse alors qu'a contrario les dialogues sont très bien faits et j'ai pris beaucoup de plaisir à les lire.
    Je n'ai rien contre les descriptions mais là j'ai trouvé qu'elles étaient poussées à l'extrême et ce de façon systématique tout en étant entremêlées d'explications de l'auteur sur le contexte historique et politique.
    Ces dernières sont intéressantes, d'autant que cela concerne une partie plutôt méconnue de l'histoire anglaise, avec la guerre menée par les anglais contre les révolutionnaires français.
    Pour en revenir au thème principal du récit, l'amour frustré, il est ici abordé sous tous les prismes possibles : le jeune homme dont la flamme reste vaine pour sa cousine, l'amour de sa cousine envers un harponneur qui disparaîtra mystérieusement, l'amour muet non payé en retour de la douce Hester Rose envers Philip et la flamme de William Coulson envers Hester qui finalement trouvera son bonheur avec une autre.
    Finalement, personne n'arrive à être avec la personne de son coeur et tout le monde est globalement bien malheureux, voici une vision bien pessimiste de l'amour, bien que je pense qu'elle soit aussi réaliste en replaçant l'histoire dans son contexte et dans son époque.
    Il semblerait que "Les amoureux de Sylvia" soit l'un des romans les plus noirs d'Elizabeth Gaskell, elle a d'ailleurs dit en parlant de ce livre : "the saddest story I ever wrote", et ce n'était sans doute pas une bonne idée de commencer ma découverte de cette auteur par ce livre.
    J'ai éprouvé des moments de lassitude lors de ma lecture, j'avais du mal à avancer, tandis qu'à d'autres la lecture devenait plus fluide et coulait plus facilement, d'autant que tout au long de ma lecture je me rendais bien compte de l'écriture soignée et perspicace d'Elizabeth Gaskell.
    Au final, je suis mitigée par rapport à cette lecture et, au risque de me répéter, je pense que ce n'était pas le bon livre à choisir pour débuter avec cette auteur, néanmoins j'ai bien envie de lire ses autres oeuvres car je lui reconnais de grandes qualités littéraires.
    "Les amoureux de Sylvia" ne sont donc pas à mettre entre toutes les mains, ce livre est à mon avis réservé aux personnes ayant déjà lu du Elizabeth Gaskell et n'ayant pas peur de passer un peu plus de 500 pages avec une histoire triste au possible et où le bonheur n'a pas lieu d'être.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/11/les-amoureux-de-sylvia-del..
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 18 janvier 2013

    Titine75
    « Tout le monde dépendait de la pêche à la baleine, et presque tous les hommes de la ville avaient été marins, ou espéré l'être. Près de la rivière pendant certaines saisons, l'odeur était presque intolérable, hormis aux habitants de Monkshaven ; mais sur les quais nauséabonds, vieillards et enfants s'attardaient pendant des heures, malgré des relents d'huile de poisson dont ils paraissaient presque se délecter. » C'est dans ce petit port du Yorkshire que prend place « Les amoureux de Sylvia », chez des petites gens : pêcheurs ou fermiers. La jeune et jolie héroïne est fille unique de fermiers. Choyée, surprotégée par ses parents, Sylvia est frivole, capricieuse et insouciante. Elle est passionnément aimée par son cousin Philip, trop sérieux, trop morne pour séduire sa charmante cousine. La vie de la jeune fille sera bouleversée par l'arrivée de Charley Kinraid, un séduisant harponneur. Il s'éprend également de Sylvia mais les évènements historiques vont changer leurs vies.
    A l'instar de « Nord et sud » ou « Femmes et filles« , Elizabeth Gaskell a écrit une grande fresque se déroulant sur plusieurs années. Elle y mêle des faits historiques à une étude psychologique poussée de ses personnages.
    En 1796, au début du roman, l'Angleterre se bat contre la France révolutionnaire. le pays a besoin d'hommes et notamment de marins. le recrutement se fait de force et à peine rentrés chez eux, les baleiniers de Monkshaven sont réquisitionnés. Cela provoque des scènes de violence, de révolte chez les habitants qui sont décrites par l'auteur à plusieurs reprises. Mais les recruteurs font pire, ils kidnappent. Et c'est précisément ce qui arrive à Charley Kinraid. Il est fait prisonnier par les recruteurs du roi George III. Seul Philip assiste à la scène. Charley lui demande de prévenir Sylvia mais le cousin transi d'amour ne manque pas l'occasion d'éliminer son concurrent. La tragédie se noue à ce moment-là, que de vies seront brisées par le silence de Philip !
    « Les amoureux de Sylvia » est un roman sur l'amour non réciproque. le motif se décline parmi les différents personnages. Philip aime Sylvia qui aime Charley. Philip est lui-même aimé par Hester Rose, avec qui il travaille, qui est aimée par un autre commis. Elizabeth Gaskell explore les différents sentiments naissant du rejet de l'être aimé. le dépit posé d'Hester s'oppose à l'obsession dévorante de Philip. L'étude psychologique des personnages est comme toujours très fine et précise. On suit tout particulièrement l'évolution du personnage central, son apprentissage douloureux. Pendant six ans, nous voyons changer Sylvia. Jeune fille coquette et sans éducation, elle évolue à la force des drames qui émaillent le récit. Son personnage passe de la lumière à l'ombre, de la joie à la détresse la plus profonde. L'expérience chez elle remplace l'éducation, qui lui apporte gravité et empathie.
    Le talent d'Elizabeth Gaskell s'exprime une nouvelle fois superbement dans « Les amoureux de Sylvia ». Les personnages sont plongés dans les soubresauts de l'histoire et des sentiments. Un drame qui m'a totalement captivée.

    Lien : http://plaisirsacultiver.wordpress.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Theoma, le 25 mai 2013

    Theoma
    Si vous recherchez à retrouver le plaisir de lecture que vous avez ressenti avec Nord et Sud ou si vous pensez à un roman victorien austenien, vous pouvez passez votre chemin mais uniquement en sachant que vous avez choisi la voie de la facilité. Tel n'est, assurément pas, le chemin parcouru par Elizabeth Gaskell.
    Cette auteure me surprend et m'intrigue de plus en plus. Les failles, les aspérités, les douleurs que l'on nie et qui nous empêchent d'avancer, Gaskell les creuse, les met à nu en tissant une toile narrative d'une grande précision. On sent l'odeur iodée du vent au bord des falaises, les heures de marche avec la lande sous nos pieds.
    L'auteure donne la voix aux petites gens, dépasse les préjugés et les idées reçues en offrant à ses personnages une grande dimension psychologique. L'écriture est fouillée et ample. le point fort de cette fresque ambitieuse reste le contexte historique. le lecteur découvre les guerres de la Révolution sous un angle inédit, celui des sacrifices faits par les anglais durant cette période. Nous sommes loin des soldats d'Austen qui font danser les jeunes filles au bal. Ici, ils sont enrôlés de force, kidnappés par des recruteurs que le peuple redoute avec crainte.
    Au fil des pages, les années transforment Sylvia, de l'insouciance à la maturité, et Elizabeth Gaskell ne perd rien de son sujet central : la douleur de l'amour à sens unique. Fort et âpre.

    Lien : http://www.audouchoc.com/article-les-amoureux-de-sylvia-elizabeth-ga..
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    • Livres 2.00/5
    Par lilasviolet, le 10 janvier 2014

    lilasviolet
    Pour commencer l'année 2014, mon choix s'est arrêté sur Les amoureux de Sylvia car le roman se déroule au début du XIXème en Angleterre et l'illustration de la couverture a attiré mon œil.
    L'histoire est très longue à démarrer. En effet, les descriptions des paysages et les détails du quotidien coupent trop souvent le rythme de la narration. le profil psychologique de chaque personnage est également exposé. J'ai failli abandonner ce roman à plusieurs reprises mais les quelques péripéties qui viennent ponctuer l'ensemble ont réussi à me convaincre de le lire jusqu'au bout.
    Le titre se limite aux amoureux de Sylvia mais Elizabeth Gaskell nous raconte bien plus que cela car c'est aussi l'histoire de la petite communauté de Monkshaven et plus largement l'histoire de l'Angleterre notamment les conflits qui l'opposent à la France, le monde de la mer, du commerce et de l'armée.
    Par moment, l'auteur intervient dans le texte pour avertir le lecteur que l'issue sera tragique et que si les protagonistes avaient choisi une autre voie, l'avenir aurait pu être meilleur. Malgré tout, on espère toujours que les personnages évolueront dans le bon sens mais les mauvais choix prennent le dessus. Evidemment, la fin est dramatique.
    Dans ce roman, on retrouve bien la plume d'Elizabeth Gaskell car le récit est emprunt de références religieuses et de moralisme.
    Je ne suis pas certaine de renouveler l'expérience avec Elisabeth Gaskell car une fois de plus je n'ai pas eu de coup de cœur et cette lecture s'est avérée plutôt décevante.

    Lien : http://lilasviolet.blogspot.fr/2014/01/les-amoureux-de-sylvia.html
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    • Livres 2.00/5
    Par Nono19, le 24 mars 2014

    Nono19
    Sylvia Robson est une jeune fille à qui tout sourit: elle est belle, a des parents qui la gâtent et une vie tranquille à la campagne. Cette insouciance prend fin quand elle rencontre Charley Kinraid qui l'éveille à l'amour mais aussi au chagrin.
    Pendant ce temps, son cousin Philip essaie par tous les moyens de lui faire comprendre ses sentiments et espère qu'ils seront un jour réciproques.
    A cette époque, la guerre contre la France fait rage et le gouvernement a le droit de recruter de force les jeunes hommes vigoureux, qu'ils le veuillent ... ou pas.
    Cette loi aura des répercussions sur Kinraid mais aussi sur Mr Robson, le père de Sylvia qui se rebellera contre les recruteurs.
    C'est dingue de penser que les personnes n'avaient plus le choix et qu'on allait jusqu'à les piéger pour les enrôler. La nation avant tout!
    Ce qui m'a aussi marqué, ce sont tous ces amours frustrés, déçus. Sylvia connaîtra très peu le bonheur et vivra beaucoup d'épreuves. Ses prétendants se révèleront tous les deux assez peu dignes de confiance même si ma compassion va à Philip.
    Le pauvre bougre est tellement amoureux qu'il en oubliera d'être honnête sur un point assez important. Mais on sent que c'est quelqu'un de bien qui aurait pu rendre Sylvia heureuse.
    J'ai aimé l'écriture de Mme Gaskell mais malheureusement, l'ennui a été souvent présent lors de ma lecture. le contexte historique était intéressant mais j'ai moins accroché à Sylvia et à ses différentes désillusions et coups durs.
    Ce livre est triste et parfois peu prenant... Dommage!
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Citations et extraits

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  • Par Theoma, le 22 mai 2013

    Tout naturellement, chez les gens frustes dont l'éventail de sujets de conversation et d'intérêts ne va guère au-delà de leur vie quotidienne, chaque sexe ne prend plus guère de plaisir à converser avec l'autre une fois passés les premiers émois tumultueux de la jeunesse. Les hommes ont à dire aux autres hommes beaucoup de choses, acquises grâce à la tradition et l'expérience, que les femmes ne peuvent comprendre. Et les fermiers d'une époque beaucoup plus récente que celle dont je parle ici auraient considéré non sans condescendance que parler aux femmes étaient une perte de temps. De fait, il parlaient plus volontiers au chien de berger qui les accompagnait dans leurs besognes quotidiennes et devenait une sorte de confident muet.
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  • Par MissG, le 11 novembre 2012

    Mais les gens frustres, à l'instruction limitée, voire insuffisante, ont tendance à se comporter de façon vaine comme l'autruche bien connue.

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  • Par MissG, le 11 novembre 2012

    Ah, tu vas pas me faire la morale ! J'aime pas les sermons qu'on accroche à tous les mots, comme sur les portemanteaux. Je vais avoir un nouveau manteau, ma fille, et je ferme les oreilles si tu me vais la morale. Alors de te laisse toute la jugeotte et moi, je prendrai le manteau.

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  • Par Nono19, le 20 mars 2014

    (...) l'attirance entre pour les trois quarts dans la composition de l'amour, la raison étant le quatrième restant.

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  • Par MissG, le 11 novembre 2012

    Quand j'aime, j'aime et quand je déteste, je déteste. Quant à celui qui me fait du mal, à moi ou aux miens, peut-être que je m'abstiendrai de le frapper ou de le tuer, mais jamais je lui pardonnerai.

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