> Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 2851977172
Éditeur : L'Herne (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Tout en cheminant jusque chez moi, Jack me dit : " Ma parole, Frank ! Ce que j'ai pu m'amuser avec la petite dame en bleu. Je lui ai dit que tu m'écrivais tous les samedis pour me raconter les événements de la semaine. Elle a tout gobé. " ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par clarabel, le 28 février 2011

    clarabel
    Au départ, il faut rappeler la série Cranford, réalisée pour la BBC et adaptée de trois ouvrages de Mrs Gaskell, dont celui-ci. Les confessions de Mr Harrison nous racontent, en seulement 140 pages, l'arrivée du jeune docteur à Duncombe, la ville jumelle de Cranford, où vivent majoritairement des veuves et des vieilles filles. Son statut de célibataire lui confère bien des égards, imaginez donc, c'est la course avec les coups de coude, les ronds de jambe empruntés, les bouches pincées et les mines contrites, un pur régal pour le lecteur qui savoure cet étalage de minauderie.
    Mr Harrison, en plus d'être un médecin débutant qui doit faire ses preuves et combattre les clichés, use de tout son flegme et de toute la bienséance de son rang pour ne pas s'embourber dans des situations maladroites, en y parvenant difficilement - le contraire serait ennuyeux ! De plus, le jeune homme s'est entiché de la fille du clergyman, la seule qui ne se plie pas au jeu de la séduction, et cherche à tout prix à l'apercevoir, lui parler et passer du temps en sa compagnie, bataillant contre la horde des amazones qui veulent sa peau de célibataire !
    C'est parfaitement cocasse. L'image faite des femmes de Duncombe n'est pas très flatteuse, mais il y a de l'affection derrière, qu'on se le dise. Les Miss Tomkinson ou Mrs Rose ne sont pas que désespérées, il ne faudrait pas les réduire à des hystériques en quête d'une situation, même si Mrs Gaskell dépeint là une triste et cruelle réalité. Ne nous leurrons pas.
    C'est un court ouvrage, à la base publié sous forme de feuilleton (ceci pouvant expliquer les quelques impairs sans grande importance relevés ci ou là), qui a eu pour avantage de me replonger dans la délicieuse ambiance de Cranford. Tous mes souvenirs liés à cette série sont réapparus et le bonheur a été immédiat. Ce fut bien court, mais bien bon.
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 04 février 2011

    Titine75
    Les éditions de L'Herne font encore mon bonheur grâce à la sortie “Des confessions de MrHarrison” de Elizabeth Gaskell. Cette maison d'édition est déjà à l'origine de la réédition de “Femmes et filles” et de “Cranford”, je les remercie de poursuivre la redécouverte de cet immense auteur de l'époque victorienne. “Les confessions de Mr Harrison” est un prologue aux chroniques de “Cranford” et a été publié en 1851.
    Le court roman s'ouvre sur la visite de Charles à son ami Will Harrison et à son épouse. Mr Harrison a une vie bien établie et son ami aimerait en savoir plus : “Raconte-moi comment tu t'y es pris pour gagner son coeur. Je veux la recette qui me permettra d'avoir, moi aussi, une petite épouse aussi exquise que la tienne. ” Mr Harrison raconte donc à son ami son arrivée à Duncombe où il réside encore. Après ses études de médecine, il reçut une lettre du cousin de son père, Mr Morgan, qui souhaitait faire de lui son associé dans la petite ville de Duncombe. Rapidement le jeune médecin devient le centre d'intérêt de tous les habitants de la petite ville où résident de nombreux membres de la gente féminine. “Au bout de quelque temps, les habitants de Duncombe commencèrent à donner des fêtes en mon honneur. Ce fut Mr Morgan qui me dit qu'elles étaient organisées pour moi, car sans cela je crois bien que je ne m'en serais pas aperçu. Mais chaque nouvelle invitation le ravissait et il se frottait les mains, en gloussant de rire, comme si le compliment lui était destiné, ce qui, au fond, était précisément le cas.” Et chaque nouvelle invitation est l'occasion de présenter Mr Harrison à une jeune femme célibataire. le pauvre jeune homme est rapidement à l'origine de quiproquos, de ragots et de malentendus en tout genre.
    Comme dans “Cranford”, Duncombe est une petite ville de province essentiellement matriarcale. Mr Harrison est totalement cerné par les femmes qui toutes rêvent de le voir rentrer dans leur famille par le mariage. Tous les moyens sont donc bons pour attirer le jeune médecin, certaines font semblant d'être malade, d'autres font croire à de fausses fiançailles. Les langues vont bon train à Duncombe ! Elizabeth Gaskell profite “Des confessions de Mr Harrison” pour critiquer la vie d'une petite ville de province et ses conventions rigides. Et notamment la course au mariage. L'arrivée du jeune homme met en émoi toute la communauté féminine. Les femmes sont assez ridicules, elles minaudent, elles montent en épingle le moindre incident et déforment toutes les actions du médecin. “Où donc aller pour être en sécurité ? Mrs Rose, Miss Bullock, Miss Caroline - elles habitaient, en quelque sorte, aux trois sommets d'un triangle équilatéral dont j'occupais le centre. Ma foi, j'allais me rendre chez Mr Morgan et prendre le thé en sa compagnie. Là, en tout cas, j'étais sûr que personne ne chercherait à m'épouser. ” Comme on le voit, la vie en province n'était pas des plus palpitante en 1851 et elle laissait beaucoup de place à l'imagination !
    Cette courte chronique de la vie provinciale du XIXème siècle est un régal d'humour. Elizabeth Gaskell manie l'ironie avec brio et sa critique des conventions victoriennes est toujours très juste. C'est un vrai plaisir de voir ce pauvre Mr Harrison pris dans les filets des femmes de Duncombe. J'aurais bien aimé que ses mésaventures durent plus longtemps.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 02 juillet 2011

    J'eus le plus grand mal à m'endormir, et quand je sombrai enfin dans une espèce d'assoupissement, je me réveillai dans un état dix fois pire. Je ne parvenais plus à me rappeler si j'étais fiancé ou non. Et si je l'étais, à qui ?
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  • Par Cath36, le 02 juillet 2011

    "J'ai le plus grand respect pour Miss Tomkinson, mais je vous assure, monsieur, que je convolerais aussi volontiers avec un des soldats de la garde de sa Majesté. Oui, et que je préférerais même cela, un tel choix me conviendrait mieux, car miss Tomkinson est une fort digne personne, mais elle a tout d'un grenadier."
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