> Christophe Claro (Traducteur)

ISBN : 274910551X
Éditeur : Le Cherche midi (2007)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
William Frederick Kohler, le narrateur du Tunnel, est un historien reconnu qui vient d’achever la rédaction d’un énorme ouvrage intitulé Culpabilité et innocence dans l’Allemagne de Hitler. Mais, au moment d’en rédiger l’introduction, Kohler se met à écrire un tout autr... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par keisha, le 11 juin 2010

    keisha
    Les coulisses
    Fin novembre je tombai sur un billet chez GeishaNellie, où elle se proposait de lire Le tunnel de William Gass, dont je venais de découvrir Sonate cartésienne.
    Solidaires dans l'inconscience, nous décidâmes d'en faire une lecture commune pour le 15 avril, mais la bête étant résistante, nous convînmes de repousser au 17 mai. Au fil du temps nous échangeâmes plusieurs mails destinés à faire le point, partager notre expérience et aussi nous encourager... Voici donc, en première mondiale, les billets de deux blogueuses sur ce roman! (Les liens au bas de mon billet émanent plutôt de "professionnels" me semble-t-il)

    La bande annonce
    "William Frederick Kohler, le narrateur du Tunnel, est un historien reconnu qui vient d'achever la rédaction d'un énorme ouvrage intitulé Culpabilité et innocence dans l'Allemagne de Hitler. Mais, au moment d'en rédiger l'introduction, Kohler se met à écrire un tout autre texte, une toute autre histoire - la sienne.
    Délaissant l'objectivité de son projet initial, Kohler raconte tour à tour son enfance malheureuse (un père sectaire et arthritique, une mère alcoolique), sa liaison avec Lou, sa passion pour la chanteuse Susu, ses vicissitudes d'enseignant, ses collègues ... et le cauchemar conjugal qu'il vit avec son épouse Martha.
    Craignant que cette dernière ne découvre ces pages intimes, Kohler les dissimule entre celles de son ouvrage historique. Dans le même temps, il entreprend la construction d'un tunnel dans le sous-sol de sa maison. Creuser et écrire se répondent, comme si Kohler pratiquait un trou dans le langage même, afin de lui arracher ses pires secrets.
    A la fois méditation sur l'histoire et ceux qui l'écrivent, pastorale américaine et cauchemar non climatisé, Le tunnel est une prodigieuse et terrifiante plongée dans la noirceur de l'humain, une tentative pour exposer au plein jour cette part maudite que Gass appelle 'le fascisme du coeur'."

    Impressions de lecture
    710 pages écrites en assez petits caractères, contenant parfois des dessins, poèmes en gras, caractères typographiques originaux, ce roman est découpé en chapitres et sous chapitres bien apparents.
    Démarrage inquiétant : mais où va-t-on? Ça part vraiment dans tous les sens. Quelques passages fulgurants. Je continue.
    Et puis petit à petit c'est un peu plus calme, je commence à entrevoir une cohérence, je tiens là un roman exceptionnel, je souffre un peu parfois mais je continue! Et j'arrive au bout!
    Conseil de lecture a posteriori : suivre le découpage de Gass, un sous chapitre (ou deux) à la fois. Un chapitre au maximum. Se laisser emporter par le torrent des phrases. Persévérer.

    Mon avis
    Gass a mis près de 30 ans à écrire ce roman complètement hors normes. C'est brut, râpeux, cela parle plus à l'intellect qu'au coeur. Kohler n'est pas vraiment sympathique. Seul le récit de l'hospitalisation de ses parents est poignant. Mais il faut avoir lu (ou tenté de lire) au moins une fois dans sa vie ce Tunnel.

    Évidemment des morceaux sont plus "faciles" : je citerai la fameuse et géniale "dispute" avec son épouse Martha (figurez-vous que chez eux le réfrigérateur est partagé en deux, on ne circule plus à cause des meubles massifs accumulés en prévision de l'ouverture d'un magasin d'antiquités, et il met la terre du tunnel dans les tiroirs de ces meubles, dingue je vous dis, etc...), la description de la tante, soeur de sa mère,qui habitait chez ses parents durant son enfance, l'histoire pathétique du gâteau d'anniversaire, comment Kohler et Martha ont dû supporter de vivre avec des voisins dans deux appartements mitoyens aux murs trop minces, l'hilarante soirée de Kohler avec son bébé qui hurle, la désastreuse leçon de conduite, le chat dans le fameux tunnel, Margot la Folle dans les derniers stades de la syphilis, le superbe "Fais le fleuve" entre Kohler et Lou, la nostalgique évocation des boutiques de bonbons aux abords des écoles, ses lectures d'enfance, bref plein de passages - et j'en oublie- qu'il faudrait relire et savourer tranquillement...

    Parfois ça dérape dans tous les sens, les histoires se mélangent, le style est heurté... Parfois arrivent des réflexions plus philosophiques... parfois c'est cru, grossier, un peu trop nombriliste...

    Extraits (pour avoir une idée du style)
    "Les écouter [les discours d'un collègue] revient à regarder un maçon poser des briques. Les paupières de vos oreilles se font lourdes. Os se souvient sans doute du début de ses phrases, mais il est bien le seul dans ce cas."

    Elle [la tante] donnait l'impression d'avancer à reculons vers ses desseins comme si leur déni était royal; mais avouer la moindre intention que ce fut devait être évité si possible. En général, si un pique-nique n'était pas hors de question, elle se mettait à le préparer. C'est ainsi qu'il convenait de comprendre son intérêt; mais si on l'interrogeait, elle niait le désir d'un petit rire dépréciateur, et n'avouait se préparer qu'au cas où, vous-même, en ayez envie. Et vous n'étiez pas obligé de manger le gâteau qu'elle avait préparé, mais il était fait, néanmoins, sûrement pas son préféré, non, seulement ce que le garde-manger promettait, mais ayant heureusement nécessité si peu d'ingrédients que cela ne grevait pas les réserves de façon considérable, après tout, ces produits négligeables ne manqueraient à personne; toutefois, si jamais vous n'en vouliez pas, le morceau qu'elle vous avait coupé, n'est-ce pas, était tout petit, le plat composé essentiellement de la crème glacée qui l'accompagnait et que vous pouviez ou pas manger parce que maintenant vous aviez le choix, et le café était prêt, elle venait d'en faire un petit pot, pas de quoi se formaliser, mais ça allait bien avec ce genre de gâteau, elle l'avait lu quelque part, et ça rehaussait la fraîcheur de la glace à la vanille, même s'il ne fallait pas vraiment croire les livres ou les journaux, ce qu'ils disaient, si vous ne vouliez pas vous resservir, ce n'était pas grave, mais si c'était le cas, eh bien ma foi il était là. A portée de main. (...) Sa déférence autoritaire rendait fou mon père."

    Conclusion : Je n'ai sûrement pas tout compris des intentions de l'auteur, je n'ai pas l'intention d'écrire une thèse dessus, mais franchement je ne regrette pas ma lecture, des romans pareils, on n'en rencontre pas vingt dans sa vie!


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-tunnel-483122..
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    • Livres 5.00/5
    Par SPQR, le 07 décembre 2007

    SPQR
    Difficile d'aller piocher le prochain livre dans sa bibliothèque après être passé par ce "Tunnel". William H. Gass aura consacré plusieurs dizaines d'années de sa vie à l'écrire, Christophe Claro quelques années à le traduire. La collection Lot 49 des éditions du Cherche Midi a d'ailleurs été créée, en 2004, en vue de sa publication cette année.
    Ce roman nous plonge dans la vie d'un historien en fin de carrière, William F. Kohler, qui vient d'achever un essai sur l'Allemagne nazie et décide, alors qu'il y met la touche finale, de raconter une toute autre histoire, la sienne. De ses rapports catastrophiques avec ses collègues, en passant par ses amours déçus ou encore une réflexion des plus pertinentes sur l'histoire, le lecteur s'engouffre avec cet homme désabusé par sa "vie d'assis" dans les tréfonds de sa psychologie et de l'âme humaine en général.
    Tout est hors-norme dans ce texte : la diversité des styles employés, sa construction sur le système musical dodécaphonique de Schoenberg, ses multiples niveaux de sens dans une même phrase (grâce au "brouillage" du référent), etc. Il constitue une expérience littéraire unique et précieuse, brute et raffinée, sombre et rayonnante. Mais ici, il n'y a pas de lumière au bout du tunnel.
    "Le tunnel" est une oeuvre aussi exigeante pour le lecteur qu'elle l'a été pour son auteur et son traducteur, un monument d'écriture et de travail éditorial, tant chaque phrase est un travail d'orfèvre. En somme, un tournant pour la littérature mondiale. Et toi, lecteur, ne laisse pas passer ta chance et ne te décourage pas en cours de route, car la traversée en vaut la peine...
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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 10 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2007/10/c-1re-partie-gass-le-tunnel.html
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2007/10/gass-le-tunnel-c-2re-partie.html
    Extrait :
    Qu'il est difficile d'écrire un article sur Le tunnel de William Gass… Il s'agit d'un chef d'œuvre monumental, monstrueux qu'il est impossible d'épuiser en quelques lignes, en quelques pages. Il faudrait donc se contenter de notes de lectures, de critiques générales, mais il en existe déjà d'excellentes chez Juan Asensio, chez Fausto, chez Untel ou chez Otarie. Je voudrais seulement aborder ce livre par une petite voie, bien étroite, forcément très restrictive, celle du livre dans le livre : Culpabilité et Innocence dans l'Allemagne de Hitler.
    "Le cadavre écorché de la sincérité".
    Il est souvent dit que le narrateur, William F. Kohler, est un salaud, une ordure. Je n'ai pas eu du tout cette impression, bien au contraire. Qui est Kohler ? Un universitaire de cinquante ans, un professeur d'histoire qui n'a plus qu'à rédiger l'introduction du livre de sa vie intitulé Culpabilité et innocence dans l'Allemagne de Hitler. Au lieu d'achever son livre, Kohler écrit ses pensées, ses souvenirs d'enfance, évoque sa famille, ses collègues et mille et un autre sujets tout en se mettant à creuser en secret un tunnel dans sa cave, tunnel qui ne doit déboucher nulle part, qui cherche au contraire à s'enfoncer le plus profondément possible dans les entrailles de la terre. Les deux activités sont intimement liées.
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    • Livres 1.00/5
    Par guika, le 18 août 2010

    guika
    Je n'ai pas pu dépasser la page 10, c'est complétement décousu, cela ressemble beaucoup question expérience littéraire à la lecture de l'annuaire.
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