ISBN : 2742797742
Éditeur : Actes Sud (2011)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.57/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres

En quatre récits qui ont surgi dans les interstices de ses romans, et où les lecteurs retrouveront toutes les harmoniques de l’oeuvre, Laurent Gaudé revisite des Enfers qui lui sont essentiels. Tels le Négus et Frédéric II d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par melusine1701, le 27 février 2012

    melusine1701
    La guerre, la violence et l'incompréhension qu'elle provoque, voici le thème commun aux quatre nouvelles qui composent ce recueil. Dans “Les oliviers du négus”, un narrateur apprend avec surprise et tristesse la mort de Zio Négus: il se rappelle alors cet idéaliste italien épris d'exotisme et de liberté, qui déchanta en découvrant non seulement que la campagne d'Ethiopie où l'envoie Mussolini n'est qu'une boucherie, mais aussi que l'Italie où il revient ne lui réserve que des trahisons. Dans “Le bâtard du bout du monde”, nous voici au fin fond de l'Empire Romain, dans cette zone du bout du monde aux frontières des royaumes barbares où personne ne veut aller, où les hommes s'enlisent et s'abrutissent en constatant que Rome les oublie délibérément alors que les barbares sont là, tout prêt, et que l'Empire ne les impressionne déjà plus. Dans “Je finirai à terre”, un paysan prévient les soldats que leur guerre, à force de creuser la terre de ses tranchées, à force de la perforer de ses obus, à force de la gaver des cadavres entassés dans les fosses communes, finira par l'énerver, la terre, et qu'elle a pris la forme qu'il fallait pour se venger. Enfin, dans “Le Tombeau de Palerme”, un juge sicilien qui lutte contre la mafia attend que ses ennemis viennent lui régler son compte.
    Ces nouvelles m'ont beaucoup plu. D'abord, parce qu'elles sont assez longues, et qu'elles permettent donc toute une palette de nuances. Tantôt l'on voyage dans les époques, de Frédéric II à nos jours, au travers de lieux centenaires qui gardent l'empreinte des grands hommes qui y sont passés. Tantôt on revit des périodes méconnues, comme cette Antiquité romaine, loin de sa grandeur, ici boueuse, effacée, presque déjà morte. Souvent, on a la sensation que le moment fatidique est là, tout prêt, et qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps, que nous sommes témoins d'un moment, d'un événement privilégié et unique.
    Tout comme cette lecture audio, qui était une découverte pour moi. Si au départ il est un peu difficile de s'habituer à cette passivité, on se laisse assez vite prendre à la voix douce de Laurent Gaudé qui lit lui-même son texte et qui nous le raconte, lentement, pour nous laisser nous en imprégner. Dès la deuxième nouvelle, déjà, l'attente se fait sentir: savoir qui est ce soldat romain, ce qu'il va faire dans cette garnison à la frontière. On est soumis à ce que la voix veut bien nous révéler, sans possibilité d'avancer plus vite comme on le fait parfois lorsqu'on lit. Expérience d'autant plus troublante dans “Je finirai à terre”, lorsqu'on entend le gollem créé par la terre courir la campagne puis marcher au premier étage, et qu'on l'entendrait presque marcher derrière les paroles du conteur. de quoi vous plonger au coeur de l'action avec une troublante impression de confidence au coin du feu.
    Une expérience de lecture fascinante sur un texte d'une grande qualité.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par geybuss, le 12 février 2012

    geybuss
    Quatre nouvelles, lues merveilleusement bien par leur auteur. le casque sur les oreilles, je m'installe sous couette et plaids pour écouter ce livre. de suite, la qualité d'écriture me marque. La langue est belle, majestueuse. Elle berce.... et je m'endors. Alors le sujet de la première nouvelle m'échappe, la voix de l'auteur se mélange avec mes rêves naissants, sans doute parce que l'histoire ne me captive pas. Mais dans cette histoire, je dirais, comme l'auteur, que "La mort convoque"
    Mon intérêt et tout mon corps se réveillent au cours de la deuxième nouvelles, qui amène un centurion romain à prendre un fort et à tuer celui qui le tient, son père inconnu sans doute. Ici, la mort s'immisce finalement dans le corps de celui qui pensait bien faire, qui pensait obéir à son devoir... Une atmosphère étrange s'installe, qui n'est pas sans me rappeler celle de certains récits De Maupassant. On entre dans le fantastique.
    La troisième histoire nous mène en Artois, dans la guerre des tranchées. Et là, j'aime beaucoup l'idée de cette terre qui se venge de toutes les meurtrissures infligées, qui tue et qui n'a pas fini de tuer comme l'annonce le narrateur dans une nouvelle qui tient autant De Maupassant que de l'anticipation écologique... le suspens et là, on tremble. La mort rode. le Golem, connaissait vous ?
    La quatrième histoire nous ramène En Sicile, terre chère à l'auteur. C'est le récit qui m'a le plus touchée. Un juge anti mafia parle à son frère tout juste assassiné et chronique sa mort annoncée et inéluctable. Que faire ? Alors qu'il suffirait de fuir pour échapper à la mort, d'abandonner le combat, notre juge ne peut s'y résoudre. Ce combat, c'est sa vie.
    En fait, par des symboles très forts, Laurent Gaudé met en scène la lutte intestine de chacun contre sa propre mort, où l'acceptation de celle ci quand elle est évidente. La mort qui fait partie d'Une vie, une conclusion logique. La mort qui prend l'aspect d'un monstre et fait perdre la raison.
    Malgré un intérêt inégal pour ce qui m'était conté, je retiens de cette lecture écoute une force narratrice exceptionnelle, une atmosphère qui nous fait vivre les mots et des destins qui nous forcent à nous interroger. Des qualités que je cherche dans toutes lectures et que j'ai trouvé dans 3 histoires sur 4 !
    Mener aux portes de l'enfer est un art, que Laurent Gaudé maîtrise. Ca c'est une certitude... a approndir pour ma part ! Premier contact avec cette plume, et pas le dernier !

    Quatre nouvelles, lues merveilleusement bien par leur auteur. le casque sur les oreilles, je m'installe sous couette et plaids pour écouter ce livre. de suite, la qualité d'écriture me marque. La langue est belle, majestueuse. Elle berce.... et je m'endors. Alors le sujet de la première nouvelle m'échappe, la voix de l'auteur se mélange avec mes rêves naissants, sans doute parce que l'histoire ne me captive pas. Mais dans cette histoire, je dirais, comme l'auteur, que "La mort convoque"
    Mon intérêt et tout mon corps se réveillent au cours de la deuxième nouvelles, qui amène un centurion romain à prendre un fort et à tuer celui qui le tient, son père inconnu sans doute. Ici, la mort s'immisce finalement dans le corps de celui qui pensait bien faire, qui pensait obéir à son devoir... Une atmosphère étrange s'installe, qui n'est pas sans me rappeler celle de certains récits De Maupassant. On entre dans le fantastique.
    La troisième histoire nous mène en Artois, dans la guerre des tranchées. Et là, j'aime beaucoup l'idée de cette terre qui se venge de toutes les meurtrissures infligées, qui tue et qui n'a pas fini de tuer comme l'annonce le narrateur dans une nouvelle qui tient autant De Maupassant que de l'anticipation écologique... le suspens et là, on tremble. La mort rode. le Golem, connaissait vous ?
    La quatrième histoire nous ramène En Sicile, terre chère à l'auteur. C'est le récit qui m'a le plus touchée. Un juge anti mafia parle à son frère tout juste assassiné et chronique sa mort annoncée et inéluctable. Que faire ? Alors qu'il suffirait de fuir pour échapper à la mort, d'abandonner le combat, notre juge ne peut s'y résoudre. Ce combat, c'est sa vie.
    En fait, par des symboles très forts, Laurent Gaudé met en scène la lutte intestine de chacun contre sa propre mort, où l'acceptation de celle ci quand elle est évidente. La mort qui fait partie d'Une vie, une conclusion logique. La mort qui prend l'aspect d'un monstre et fait perdre la raison.
    Malgré un intérêt inégal pour ce qui m'était conté, je retiens de cette lecture écoute une force narratrice exceptionnelle, une atmosphère qui nous fait vivre les mots et des destins qui nous forcent à nous interroger. Des qualités que je cherche dans toutes lectures et que j'ai trouvé dans 3 histoires sur 4 !
    Mener aux portes de l'enfer est un art, que Laurent Gaudé maîtrise. Ca c'est une certitude... a approndir pour ma part ! Premier contact avec cette plume, et pas le dernier !



    Lien : http://cdcoeurs.over-blog.net/article-les-oliviers-du-nebus-de-laure..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par TyJecyka, le 30 mars 2012

    TyJecyka
    Encore un Laurent Gaudé à mon actif, j'ai pourtant hésité de la 4ème de couverture mais les impressions de lecture et critiques que j'avais lues m'ont convaincue.
    4 récits comme des histoires qu'on raconte sous l'arbre aux palabres. 4 récits qui m'ont rappelé ces soirées pas si lointaines avec mon grand-père sous le mûrier-platane .
    4 récits de guerre, 4 récits de lutte, 4 récits d'engagement qui ne voient leur gloire que dans la fin de leurs héros.
    4 héros à leur manière qui tentent, par leur convictions, de laisser une trace de leur passage et s'appliquent à ne pas quitter leur existence sans avoir transmis leurs valeurs ou bien réglé leur dette pour solde de tout compte.
    4 héros de tous les temps qui confirment bien que chaque homme doit mourir mais que ce qui les différencie dans la mort c'est de savoir comment et pourquoi. A l'aube de leur fin, qu'ils pressentent et savent inéluctable, par leur humilité retrouvée, elle donne à leur vie son sens tant recherché.
    Comme d'habitude, l'écriture de Laurent Gaudé est précise, rapide et efficace. Comme d'habitude il décrit à merveille les Pouilles, l'Italie qu'il affectionne tant. Il donne au lecteur la possibilité de recevoir ces récits comme s'ils lui étaient destinés.
    Ce que j'aime avec la plume de Laurent Gaudé c'est cette capacité qu'il a à nous faire acteur et oublier notre place de lecteur.
    Même si le thème de ce livre n'est pas celui que je préfère, j'ai aimé avoir ce sentiment de m'assoir sous un olivier ou un mûrier-platane et écouter les récits lourds et graves chuchotés comme pour ne pas les oublier. L'écriture de ces récits est d'une oralité remarquable.
    Ceci dit ce n'est pas (encore) avec "Les oliviers du négus" que j'aurai eu une lecture reposante....
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    • Livres 5.00/5
    Par jostein, le 17 mai 2011

    jostein
    Lettre à Laurent Gaudé
    Je vous ai découvert grâce au Prix Goncourt des Lycéens que je suis régulièrement. "La mort de roi Tsongor" qui n'était pas à priori dans mes thèmes de prédilection, a su me séduire. J'ai aimé ce côté mystique, la force des personnages et surtout votre façon de raconter de grandes et belles histoires.
    Depuis, je n'ai raté aucun de vos romans. Et chaque fois, je suis envoûtée par l'atmosphère énigmatique, la puissance de l'au delà.
    Je fus ravie de voir que si peu de temps après la sortie d' "Ouragan", paraissait ce recueil de nouvelles. J'ai retrouvé dans "Les oliviers du négus" l'Italie des Scorta, La porte des enfers, un peu du roi Tsongor avec le valeureux Lucius et les forces de la nature d'"Ouragan" avec la Terre vengeresse.
    Les hommes se révèlent lors de la conscience de la mort imminente. Alors, ils se posent des questions sur la culpabilité, le devoir.
    Vous faites partie des auteurs français qui savent décortiquer l'âme humaine et nous incitent à réfléchir sur nos actes.
    Quelques uns pourraient vous trouver morbide. Moi, je pense que votre vision de la mort, par son côté mythologique, a quelque chose de magique et de rassurant.
    J'espère vivement pouvoir lire rapidement d'autres romans aussi intenses et mystérieux.
    Dans l'attente, je vais tenter de découvrir l'auteur de théâtre que vous êtes aussi et que je ne connais pas.
    Je vous remercie sincèrement de savoir transporter mon imagination vers cette contrée mystérieuse de l'âme humaine.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 04 mars 2012

    Seraphita
    « Les oliviers du négus » : voilà un joyau, paru début 2012 aux Editions Thélème. Un joyau constitué de 4 facettes, 4 récits qui peuvent paraître rebutants a priori puisqu'ils ont la mort pour thème commun. Mais Laurent Gaudé, un auteur que j'affectionne tout particulièrement, sait lui rendre une puissance inouïe, tant son écriture est brillante. J'ai pu obtenir cette œuvre grâce à Babelio et son opération Masse Critique. Je l'ai choisie puisqu'il s'agit d'un livre audio et que le texte est lu par l'auteur lui-même.
    L'écriture puissante de Laurent Gaudé est magnifiée par sa voix chaude. le lecteur / auditeur est alors subjugué par le chant âpre qui se dégage de la lecture de ces 4 récits. Celui qui m'a le plus frappée, c'est le troisième : « Je finirai à terre ». Il est question de la terre d'Artois en 1914, secouée et meurtrie par la première guerre mondiale, saccagée par les obus et les massacres. La terre se venge alors, l'auteur introduisant très habilement une dimension surnaturelle, sous les traits d'un golem. le récit prend une coloration et un relief tout particulier. Les habitants sont saisis par une peur sans nom, sans visage, cette même peur qu'a su décrire le génial Lovecraft.
    Voilà 4 récits qui mettent en scène la mort, de manière poignante. Un chant âpre résonne au creux des mots, au détour des pauses que sait ménager l'auteur. Des pauses de silence qui renvoient, déjà, au vide de l'absence. Un chant lugubre, à la tonalité parfois peut-être trop monocorde. Quand « le bâtard du bout du monde » (deuxième récit) revient à Rome mourant, défait, c'est la voix de Cassandre qui résonne dans sa bouche, Cassandre aux prédictions funestes…
    Un grand merci à Babelio et aux Editions Thélème pour ce joyau d'écriture si bien porté par la voix puissante de l'auteur lui-même…
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Critiques presse (3)


  • Cyberpresse , le 28 novembre 2011
    On reste sur l'impression d'un exercice de style bien accompli: hormis le monologue de Lucius, saisissant, on aurait aimé se sentir davantage emporté par ces voix d'outre-tombe
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Cyberpresse , le 07 novembre 2011
    On reste sur l'impression d'un exercice de style bien accompli: hormis le monologue de Lucius, saisissant, on aurait aimé se sentir davantage emporté par ces voix d'outre-tombe.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • LePoint , le 30 juin 2011
    La voix profonde d'un conteur, toujours la même, relie les livres de Laurent Gaudé en une oeuvre impressionnante, désarmante, littéraire.
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par meygisan, le 16 mai 2012

    LE BATARD DU BOUT DU MONDE
    Je suis la mort à cheval. Mes jambes ne bougent plus. Si j'étais à terre, je serais un cloporte que les enfants tyrannisent par jeu, mais les Barbares m'ont hissé sur un cheval et j'avance avec eux. Qui sont ils? Je ne sais pas. Je n'ai jamais rien vu de semblable.
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  • Par meygisan, le 16 mai 2012

    JE FINIRAI A TERRE
    C'est alors qu'il se passa quelque chose qui les sortit de leur stupéfaction. D'un coup, la masse de terre frémit. Un très léger mouvement la parcourut de haut en bas. On aurait dit un blessé qui râle ou grelotte. Tous les villageois le virent et tressautèrent en même temps. La chose qu'ils avaient devant les yeux vivait encore. Elle allait peut être se lever et tenter de les engloutir.
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  • Par rolandm1, le 09 mars 2012

    Vous savez quoi ? demanda-t-il?
    -Non, fis-je avec compassion pour ce vieux corps hanté de terreurs.
    -Je n'ose plus monter là-haut.
    -A l'étage ?
    Il fit oui de la tête et me regarda avec des yeux de comdamné à mort qui cherche un peu d'aide dans le regard de ceux qu'il croise sur le chemin de l'échafaud.
    -La caisse bouge, je vous dis. Et Dieu sait comment je finirai.
    A cet instant, je l'avoue, tout se bouscula en moi.Je pris peur.
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  • Par torevan, le 14 décembre 2011

    Peut-être, au fond, sommes-nous des hommes qui ne savons que faire d'une femme et d'une famille ... Des hommes qui s'ennuient sans peur et se méprisent s'ils n'ont pas devant eux des combats perdus à mener.
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  • Par jostein, le 19 mai 2011

    Je veux que nous portions encore la marque du Négus : l'infirmité lumineuse de ceux qui ont dans le crâne des rêves trop grands et dans le regard, la beauté des hommes insatiables.
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