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ISBN : 2330012608
Éditeur : Actes Sud (22/08/2012)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.75/5 (sur 458 notes)
Résumé :
En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
31 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
Hey Jacky , hips , fais péter un dernier Gaudé , hips , pour la route ! T'as qu'à mettre ça , hips , sur ma note ! le fa dièse , hips , hips , en te remerciant ! Blam ! Aie ! Oups , j'ai tombé mais je m'ai pas fait mal...
Et de route , il va en être question dans ce nouveau roman ! Pourtant , je dois avouer être resté plutôt en marge de cette funèbre procession , osant à peine me mêler au douloureux cortège des pleureuses...
Que les choses soient claires entre vous z'et moi : Gaudé , j'adhère fortement ! le Soleil des Scorta étant , à mes yeux , son roman le plus abouti . Sorte de nirvana – unplugged – livresque que j'atteignis en des temps immémoriaux...De là à penser qu'il apparaissait désormais comme fort peu probable de rééditer une telle prouesse littéraire , il n'y avait qu'un pas : nevermind...
Nos routes se croisèrent régulièrement et furent souvent pavées de moments intenses à défaut d'être qualifiés de divins . Tsongor , Eldorado , Cris...autant de personnages forts et empathiques côtoyés le temps d'une valse à quat'z'yeux...Forte myopie aidant...
Mais là , comment dire , comme un méchant goût de survol en ballon – dixit Philéas Fogg – au sortir de cette macabre cohorte cérémoniale .
Quoi de pire que de terminer un bouquin en se posant la terrible mais néanmoins existentielle question : Aaaaah , d'accord , mais pourquoi tant de haine? Bon , peut-être terminer deux bouquins , je vous l'accorde...
Je ne m'étendrai pas sur l'écriture toujours aussi maîtrisée ! Gaudé possède indéniablement le sens du verbe qu'il décline merveilleusement ! le bon mot à sa juste place . Des phrases ciselées . Véritable travail d'orfèvre .
Les noms et adjectifs susceptibles de qualifier cette dernière mouture sont légion : deuil , renaissance , rédemption , épique , historique , onirique , manigance , j'en passe et des moins bons mais le constat s'impose finalement de lui-même , terrible et implacable : il s'en fallut de peu que je ne perde ce cortège de vue...
Tu me parlas de batailles et de rois , d'amours déchus et déçus , de grandeur et de décadence , de fidèles compagnons arrivistes dansant déjà sur ta fraîche dépouille et se déchirant alors ton royaume à coups d'alliances retorses et de luttes intestines . Cela ne me suffit point , je restais finalement presque étranger à cette cérémonie onirique .
Pour seul cortège : c'est vous qui voyez , y en a qui ont essayé , ils ont...
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Lolokili
17 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
Je l'ai lu quelque part : Laurent Gaudé n'a peur de rien. Effectivement, entre tragédie antique et péplum hollywoodien, s'attaquer au mythe d'Alexandre le Grand, l'insatiable conquérant, n'était pas un modeste défi.
Oui mais « Pour seul cortège » évoque surtout le dernier voyage de « l'homme qui ne savait pas mourir ». Sous un tel angle d'approche, ce roman s'apparente moins à une fresque historique qu'à une légende revisitée sous forme de poème épique, porté par les voix des vivants et des morts qui alternent et se répondent tout au long de la narration, comme témoignages de cette vaste épopée. Harmonieusement simple et forte, la plume de Laurent Gaudé réécrit ainsi la légende qui nous invite à suivre l'esprit d'Alexandre presque au bout du monde, jusqu'à l'éternité qu'il s'est choisie.
Moins remarquable que « le Soleil des Scorta » dont j'ai décidément gardé un souvenir… ébloui (nous l'évoquions récemment de concert avec un éminent babelionaute breton qui se reconnaîtra peut-être) ce texte original et sensible n'en est pas moins un bel exercice de style.
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caro64
17 avril 2013
★★★★★
★★★★★
Décidément, Gaudé explore de multiples univers dans ses romans. Dans le présent récit, on recule à une époque lointaine, au IVe siècle avant notre ère, au moment où l'empereur Alexandre meurt, tout jeune, après avoir conquis le monde. Qui d'autre saurait nous emporter dans les grands chemins de l'Histoire, non pas à travers un roman historique, mais plutôt par une évocation mystique ?
Alexandre, le grand, le tout puissant Alexandre, s'est évanoui. Dans le désordre de ce repas de fête, ses hommes ne comprennent pas tout de suite ce qu'il se passe mais l'ampleur du drame ne tarde pas à les frapper. Qui donc pourra prendre la relève après la mort, qui semble inévitable tant il est affaibli, de l'Empereur ? Les alliés d'antan, les fidèles d'Alexandre, les amis du front se préparent à la curée, ne reculant devant aucune trahison ou bassesse, oubliant que seule leur loyauté leur avait permis de rejoindre le cercle des puissants… 

Laurent Gaudé, de sa belle écriture toujours empruntée de cette grande force tragique qui m'a séduite tant de fois (Le soleil des Scorta, La mort du Roi Tsongor …), retrace les derniers jours de l'Empire et les batailles qui ont précipité sa perte. Et c'est aux côtés de Dryptéis, dont la soeur était l'épouse d'Alexandre, que l'on suivra le cortège funéraire jusqu'aux confins des terres, là où seul le silence perdure, là où personne ne retrouvera le corps du plus grand Empereur qui ait vécu.
Ce court texte épique à plusieurs voix nous envoûte, comme une incantation de laquelle on a peine à s'extraire. Deux voix surnagent dans le livre. Celle d'Alexandre, bien sûr, par sa présence, sa folie, sa grandeur et celle de Dryptéis, vibrante et émouvante dans la dignité et, aussi, dans ses choix. Un portrait de femme magnifique, comme souvent chez Laurent Gaudé, par ce qu'elle porte de douleur et de beauté du monde. Même si ce roman n'est pas un mes préférés de l'auteur, c'est une très belle réussite. Un roman mythique, poignant et poétique !
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latina
17 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Alexandre le Grand va mourir à Babylone. Dryptéis, la femme de son meilleur ami décédé, est en route.
Alexandre le Grand est mort. Dryptéis est arrivée. Et elle reçoit pour tout cadeau l'abandon forcé de son tout petit bébé, l'assassinat de sa soeur, enceinte d'Alexandre, et l'inquiétude perpétuelle des grands empires. Les complots, les guerres de succession....Non, elle ne veut pas de tout cela. Elle qui avait trouvé refuge dans un temple reculé des montagnes d'Arie, elle est obligée de composer. Avec tout.
Elle quitte donc Babylone, en accompagnant la dépouille d'Alexandre que ses compagnons d'armes veulent enterrer avec luxe et splendeur, avec les pleureuses.
Mais elle entend tout à coup la voix d'Alexandre ! Cette voix creuse son chemin au plus profond d'elle pour qu'elle réalise un voeu : jeter sa dépouille loin de tous les fastes de cette Cour.
Un autre ami d'Alexandre vient vers lui, aussi, mais du royaume des Morts.
Un étrange cortège se forme, « porté par ce vent de l'âme qui ne s'épuise jamais ».
Des vivants et des morts, une femme et des hommes, des vrais compagnons, entourent l'âme d'Alexandre pour la conduire là où elle pourra se répandre et enfin trouver la paix.
Curieux roman que celui-ci, porté lui aussi par ce vent de l'âme, ce souffle épique dont on parle souvent quand est évoquée l'oeuvre de Laurent Gaudé. Rythmé, plein d'une mélopée lancinante, ce roman à l'écriture somptueuse et inégalable nous entraine dans la légende, dans le Royaume des Anciens et des Grands, qui a toujours fait la part belle au surnaturel.
Roman difficile, qu'il faut apprivoiser lentement. A relire, assurément.
Le vent de l'âme des légendes n'est pas quelque chose qui se donne au tout venant.
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nadiouchka
18 mars 2017
★★★★★
★★★★★
« Pour seul cortège » (paru en 2012) est une épopée écrite par Laurent Gaudé. C'est le récit de la mort d'Alexandre le Grand, qui agonise pendant trois jours, à la suite certainement d'un empoisonnement, mais rien n'est certain. Cette lente agonie l'a fait surnommer « L'homme qui ne savait pas mourir ».
Ce cortège est celui qui accompagne son sarcophage, suivi par des pleureuses, pendant des mois afin de le rendre à sa mère.
Ce roman est, avant tout, un hommage à ces femmes et à Dryptéis qui ne veut pas le quitter et qui tient à le mener jusqu'au bout de cette terrible marche. D'ailleurs, page 175 j'ai relevé : « Les jours et les nuits se succèdent et s'entremêlent. Ce n'est plus qu'une marche immense vers le delta du Gange ».
Mais on y trouve beaucoup de violence et c'est d'Histoire qu'il s'agit car Alexandre le Grand est un mythe.
Dans ce roman à deux voix : celle d'Alexandre (mort) et celle de Dryptéis (à côté du sarcophage), on assiste à toutes les péripéties occasionnées par cette longue expédition. Ils se parlent tous deux et Dryptéis n'abandonnera pas tant qu'elle n'aura pas accompli sa mission, quitte à mourir elle-même.
On y trouve également toutes les fourberies engendrées par les prétendants à la succession.
On traverse des paysages grandioses menant à Babylone mais c'est la mort qui rôde, guettant les accompagnateurs de ce cortège funèbre pour le dernier voyage d'un souverain mort si jeune (il allait avoir 32 ans).
Mais on y trouve aussi une sorte de poésie que maîtrise si bien l'auteur qui n'a pas craint de s'attaquer à un tel sujet avec une si grande facilité.
Le lecteur avait déjà connu cela avec « La mort du roi Tsongor » ou « Le soleil des Scorta » (entre autres) et Laurent Gaudé ne fait que confirmer son grand talent.
J'ai relevé sur la quatrième de couverture, cette phrase : « Le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée ».
Pour ma part, je trouve que c'est une excellente présentation de ce livre que j'avais un peu oublié parmi les autres ouvrages de Laurent Gaudé, et que j'ai relu en m'attachant un peu plus au beau style de l'écrivain. Mais cela m'a aussi bien remis en mémoire cette partie de l'Histoire tellement ancienne et que l'on étudie au lycée, ce qui démontre qu'il est bon, de temps en temps, de revenir sur cette sorte de culture s'apparentant finalement un peu à la légende, alors que de nombreux faits sont véridiques.
C'est un trait particulier de l'écrivain qui sait si bien mêler la réalité à l'imaginaire.
Ce livre ayant été largement chroniqué et reçu de nombreux éloges pour la performance de Laurent Gaudé, je n'ai pu que parler de mon ressenti et de mes émotions à cette lecture.
De toute façon le but n'était pas de raconter le livre car il reste certainement à découvrir par de nombres autres lecteurs à qui je ne peux donner que ce conseil :
lisez-le et vous verrez.
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Les critiques presse (2)
LeFigaro27 septembre 2012
L'écrivain excelle dans cette sorte de poème épique qu'il cisèle et travaille à l'os, remodelant la matière sans paraître le moins du monde impressionné par son sujet.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos11 septembre 2012
Dans ce roman précieux, Laurent Gaudé nous fait goûter à l'ivresse des cimes : celles de l'Olympe, où l'on observe le monde d'en haut. L'homme n'en n'aura donc jamais fini de conquérir le monde, de défier la mort et les dieux.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka19 mars 2017
Elle regarde la berge s’éloigner ; Je quitte la terre de mes ancêtres, pense-t-elle. Elle n’a jamais été aussi loin. Elle se souvient d’Héphaistion qui lui parlait de la beauté de l’Égypte : Les hommes, là-bas, disait-il, ont la beauté des chats, et le silence est vaste.
P.130
Commenter  J’apprécie          100
nadiouchkanadiouchka18 mars 2017
Personne ne peut l’entendre car les mots qui s’échappent de ses lèvres sont plus ténus qu’un murmure. Personne ne peut l’entendre car ils pensent tous qu’il dort, assommé par la fièvre, yeux clos, bouche entrouverte. Pourtant, il ne cesse de serrer les draps dans ses poings et de répéter à l’infini : Je tiendrai… je tiendrai…
P.58
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canelcanel01 novembre 2012
C'est leur mission à elles [les pleureuses] : porter la douleur à travers le monde et elles se serrent pour ne pas l'oublier, car si elles cèdent à l'inquiétude, si elles se posent des questions et lèvent les yeux sur le monde, alors elles redeviendront des femmes qui ont peur de la guerre qui gronde, qui ont mal de ces milliers de stades parcourus, et elles pleureront avec moins de force et le cortège ne sera plus cette boule dure de deuil qui traverse la pays. Si elles cèdent, Alexandre sera oublié. (...) tant que le cortège parcourt le monde, Alexandre est là et il tient encore l'Empire, par son absence mais c'est une façon de le tenir. Si elles ne pleurent plus, tous penseront que le temps du deuil est révolu et alors ils se jetteront les uns sur les autres. (p. 111)
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kathelkathel23 août 2012
Ce n'est pas moi que tu attends, mais je viens, je me rapproche. Je me suis mis en route il y a longtemps de cela. Si tu savais, Alexandre... Tu seras étonné lorsque tu me verras, bouche bée. Je ne perds pas une seconde. Tu ne le sais pas encore mais le temps nous est compté. Je veux te voir à nouveau, j'ai tant de choses à te dire, Alexandre. Lorsque tu me verras, tu chancelleras. Tu répèteras avec incrédulité : « Ericléops ?... Ericléops ?... Est-ce que c'est bien toi ? » Oui. C'est moi. Je reviens à toi. J'ai tout l'empire à traverser mais rien, désormais, ne saurait plus me fatiguer.
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LolokiliLolokili16 octobre 2012
Pourquoi ne peut-elle pas disparaitre dans ce temple suspendu qu’elle aime et qu’elle a choisi parce qu’il est aux confins du royaume, dans cette région de l’Arie où l’herbe des plaines givre à l’aube et fait, sous le pied, un bruit sec de branchage qui casse.
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