ISBN : 2070363961
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Je me suis épris d'une beauté en pourpoint et en bottes, d'une fière Bradamante qui dédaigne les habits de son sexe, et qui vous laisse par moments flotter dans les plus inquiétantes perplexités ; - ses traits et son corps sont bien des traits et un corps de femme, mais... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 01 décembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier et critique français, s'inscrit dans le mouvement littéraire du romantisme. Son maître littéraire est Victor Hugo, qu'il rencontre en 1829. le 25 février 1830, il participe à la fameuse bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge, qui marquera durablement les esprits. Il gardera toujours une prédilection pour la poésie (Emaux et Camées en 1852), même s'il écrit plusieurs romans, le premier étant Mademoiselle de Maupin. En 1862, il est élu président de la Société nationale des Beaux-Arts où il est entouré des peintres les plus prestigieux : Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré. Mais il échouera à 3 reprises à l'Académie française, en 1866, 1868 et 1869.
    Il est aujourd'hui davantage connu pour Le capitaine fracasse (1863), Le Roman de la momie (1858) et ses Contes fantastiques.
    Le livre
    Sous la forme d'un roman épistolaire, alternent des lettres du chevalier d'Albert à un ami, et de Madeleine de Maupin à sa confidente, à qui ils confient leurs aventures amoureuses et définissent leurs idéaux. Mademoiselle de Maupin veut, avant de s'engager, connaître davantage les hommes et décide pour ce faire de se travestir afin de surprendre leurs secrets et de fuir par la même occasion une vie féminine ennuyeuse et dénuée d'attraits.
    C'est surtout la préface de cette oeuvre qui est très connue, dans laquelle Gautier se fait le défenseur de l'art pour l'art, la littérature n'ayant pour objectif que d'atteindre le beau. En critiquant les visions utilitaires ou moralistes de la littérature, il se fait ainsi le précurseur du Parnasse. " Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature."
    Ce que j'en ai pensé
    Heureusement (ou pas) que je devais lire ce livre pour le Club des Lectrices sinon je crois que je ne l'aurai pas terminé ... Il est vrai que cela faisait un ou deux mois que je n'avais pas lu d'ouvrage du XIXe siècle et qu'il est toujours un peu difficile de s'y remettre. C'est un peu une question d'habitude ... Mais il n'y a pas que ça ! Dès le départ, je n'ai pas accroché.
    Il faut déjà 200 pages avant que n'apparaisse le personnage de Maupin. Auparavant nous n'avons droit qu'aux lettres du chevalier d'Albert à un ami, magnifiques exemples d'un misogyne parfait qui a juste réussi à m'énerver. de trop longues descriptions, des élucubrations interminables sur l'importance de la beauté des femmes et l'amour superficiel qu'il leur porte, ont failli me faire arrêter le roman ici. Mais j'ai tenu bon et décidé d'attendre l'arrivé de Mademoiselle de Maupin. le passage à ses lettres a remis un peu de dynamisme dans le récit qui s'embourbait dans les histoires d'amour pathétiques du chevalier. Pendant quelque temps, j'ai été happée par les sentiments de Madeleine, sa description de la condition de la femme du XIXe siècle et la manière dont elle occupe ses journées. Et puis l'ennui est revenu. le style manque de souffle et de poésie, et l'histoire ne suffit pas à compenser ce manque.
    Enfin, le dénouement m'a un peu déçu : on se dit, tout ça pour ça ?
    Finalement, j'ai l'impression que le roman n'est qu'une application des thèses de la préface : il n'apporte rien, on doit juste l'apprécier pour l'art, la littérature. Mais malheureusement, même ça je n'ai pas réussi ...
    Mais pour ne pas rester sur cette mauvaise impression de Gautier, j'ai de suite attaqué Le capitaine fracasse, que j'avais lu plus jeune et qui m'avait laissé un souvenir plus dynamique. Pour le coup, l'histoire est plus entraînante, malgré encore de trop nombreuses longues descriptions que l'on apprécie au début pour la beauté de la langue et puis qui finissent par lasser. Je suis donc quand même revenu un peu sur la mauvaise impression que m'avait laissé Gautier.
    Néanmoins j'ai lu pas mal de romans du XIXe qui n'étaient pas aussi ennuyeux que Mademoiselle de Maupin. Comme quoi, un livre ne peut pas tenir uniquement sur son style (ou peut-être, si, Proust ? :))

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-rm
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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 02 décembre 2011

    quenlore
    Premier roman de Gautier, c'est aussi le plus audacieux et le plus novateur. Pimenté par les aventures amoureuses d'une femme travestie, il transgresse gaillardement les mœurs de l'époque. La préface est une longue dissertation où l'auteur dénie toute fin « utile » à la littérature et à l'art. C'est un roman qui vaut d'être lu, ne serait-ce que pour cette histoire de travestissement… J'ai eu un peu de mal à rentrer dans la lecture, mais une fois que ce fut fait, j'y ai pris beaucoup de plaisir.
    Le roman est découpé en deux grandes parties, et la première est une succession de lettres envoyées par d'Albert à un ami, et dans lesquelles le jeune homme se lamente sur son impossibilité à trouver la femme parfaite, entendez la femme parfaite physiquement, qui répondrait aux canons de la beauté à la fois des statuaires grecs et des peintres, tels que Rubens ou Rembrandt. Puis survient un étrange chevalier, Théodore de Sérannes, qui n'est autre que Madeleine de Maupin. Et l'on se doute que cette Madeleine correspond précisément aux critères de d'Albert…
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    • Livres 3.00/5
    Par coraline83100, le 19 juillet 2011

    coraline83100
    Le chevalier d'Albert est le protagoniste prédominant dans cette première partie de l'histoire. A la recherche continue de la beauté parfaite et idéale il s'entiche d'une maîtresse Rosette, dont il se lasse bien vite, sans pour autant la quitter.
    Dans la seconde partie, c'est Mademoiselle de Maupin qui prend la relève. On découvre ses sentiments, et le vécu commun aux autres personnages, raconté à sa manière.
    Une fin un peu frustrante, l'issue n'est pas celle que l'on attendait, certains moment sont passés sous silence. Petit coup de coeur toutefois pour la dernière scène d'amour très bien narrée avec toutes les composantes du romantisme.
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    • Livres 4.00/5
    Par kristov1, le 05 mars 2011

    kristov1
    Ne serait-ce que pour la préface, une véritable prouesse littéraire, une charge fabuleuse contre l'utilitarisme et pour le dernier chapitre, une lettre magnifique et troublante de Mlle de Maupin, il faut lire ce livre, tout entier emprunt d'une sensualité salvatrice.
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    • Livres 4.00/5
    Par Carosand, le 11 février 2011

    Carosand
    Théophile Gautier prouve par ce récit la grande solidarité qu'il témoigne à l'égard de la femme à une époque où peu d'auteur osait la défendre.
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Citations et extraits

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  • Par kristov1, le 12 février 2011

    Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. - On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs ? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux. À quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu’une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes. À quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ? Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature.
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  • Par hema6, le 13 février 2011

    Un roman a deux utilités : - l'une matérielle, l'autre spirituelle, si l'on peut se servir d'une pareille expression à l'endroit d'un roman. - L'utilité matérielle, ce sont d'abord les quelques mille francs qui entrent dans la poche de l'auteur, et le lestent de façon que le diable ou le vent ne l'emportent ; pour le libraire, c'est un beau cheval de race qui piaffe et saute avec son cabriolet d'ébène et d'acier, comme dit Figaro ; pour le marchand de papier, une usine de plus sur un ruisseau quelconque et souvent le moyen de gâter un beau site ; pour les imprimeurs, quelques tonnes de bois de campêche pour se mettre hebdomadairement le gosier en couleur ; pour le cabinet de lecture, des tas de gros sous très prolètairement vert-de-grisés, et une quantité de graisse qui, si elle était convenablement recueillie et utilisée, rendrait superflue la pêche de la baleine.
    - L'utilité spirituelle est que, pendant qu'on lit des romans, on dort, et on ne lit pas de journaux utiles, vertueux et progressifs, ou telles autres drogues indigestes et abrutissantes.
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  • Par kristov1, le 12 février 2011

    Une des choses les plus burlesques de la joyeuse époque ou nous avons le bonheur de vivre est incontestablement la réhabilitation de la vertu entreprise par tous les journaux, de quelque couleur qu’ils soient, rouges, verts ou tricolores. La vertu est assurément quelque chose de fort respectable, et nous n’avons pas envie de lui manquer, Dieu nous en préserve ! La bonne et digne femme ! (...) mais il me semble naturel de lui préférer, surtout quand on a vingt ans, quelque petite immoralité bien pimpante, bien coquette (...) Les journalistes les plus monstrueusement vertueux ne sauraient être d’un avis différent, et, s’ils disent le contraire, il est très probable qu’ils ne le pensent pas. Penser une chose, en écrire une autre, cela arrive tous les jours, surtout aux gens vertueux.
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  • Par hema6, le 10 février 2011

    J'ai demandé à l'amour autre chose que l'amour et ce qu'il ne pouvait pas donner. J'ai oublié que l'amour était nu, je n'ai pas compris le sens de ce magnifique symbole. - Je lui ai demandé des robes de brocart, des plumes, des diamants, un esprit sublime, la science, la poésie, la beauté, la jeunesse, la puissance suprême, - l'amour ne peut offrir que lui-même, et qui veut en tirer autre chose n'est pas digne d'être aimé.
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  • Par hema6, le 13 février 2011

    La jouissance me paraît le but de la vie, et la seule chose au monde. Dieu l'a voulu ainsi, lui qui a fait les femmes, les parfums, les belles fleurs, les bons vins, les chevaux fringants, les levrettes et les chats angoras, lui qui n'a pas dit à ses anges : Ayez de la vertu, mais Ayez de l'amour et qui nous a donné une bouche plus sensible que le reste de la peau pour embrasser les femmes, des yeux levés en haut pour voir la lumière, un odorat subtil pour respirer l'âme des fleurs, des cuisses nerveuses pour serrer les flancs des étalons, et voler aussi vite que la pensée sans le chemin de fer ni la chaudière à vapeur, des mains délicates pour les passer sur la tête longue des levrettes, sur le dos veloutés des chats, et sur l'épaule polie des créatures peu vertueuses, et qui enfin n'a accordé qu'à nous seuls ce triple et glorieux privilège de boire sans avoir soif, de battre le briquet et de faire l'amour en toutes saisons, ce qui nous distingue de la brute beaucoup plus que l'usage de lire des journaux et de fabriquer des chartes.

    Préface.
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