Quelques accords furent plaqués de manière à commander l'attention et éveiller la curiosité de l'âme.
Guy regarda vers le piano, et peu à peu s'ébaucha dans une vapeur lumineuse l'ombre charmante d'une jeune fille. L'image était d'abord si transparente, que les o... > voir plus
Spirite est une longue nouvelle écrite dans un style ronflant comme on en rencontre parfois dans la littérature du XIXème siècle. Un dandy parisien, Guy de Malivert est soudain abordé par un esprit, alias Spirite, "l'âme" d'une pauvre vierge éperdument amoureuse dudit Guy et qui s'est laissée mourir car croyant son idole amoureux d'une autre. La pauvre petite était un canon de beauté mais s'est retirée dans un couvent sans même avoir jamais connu ni l'amour ni les plaisirs de la vie. Elle revient donc en esprit conquérir son hidalgo pour lui faire connaître son merveilleux paradis. Bref, du cul-cul à souhait, des bons gros clichés du romantisme à la pelle. A oublier assez vite à moins d'avoir quatorze ans et toute sa naïveté (voir la citation sur la naïveté dans La Reine morte de Montherlant), mais, vous me direz, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
Comme toujours chez Théophile Gautier, l'atmosphère est reine dans ce roman à la frontière du monde des vivants.
Le héros, Guy de Malivert, verra son existence bouleversée le jour où il tombera amoureux d'un fantôme. En distillant habilement divers indices quant à son charmant esprit, Gautier entraîne le lecteur dans une dimension particulière. Ce dernier avancera aux côtés du héros, jeune homme perdu, pas encore mort mais plus tout à fait vivant.
Portée par le charme incontestable de la narration, l'intrigue se dénouera sans lassitude aucune, jusqu'au dénouement, certes prévisible. Mais pouvait-il en être autrement ?