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ISBN : 202106798X
Éditeur : Editions du Seuil (2012)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 18 notes)
Résumé :
La demeure éternelle met en scène la confrontation entre deux générations, deux sortes d'hommes : Dallas Hardin, le Mal incarné, obsédé par l'argent et complètement insensible à la valeur d'une vie humaine, impose à tous sa volonté par la force et la ruse, protégé par l'impunité que lui confèrent son audace et sa cruauté. Nathan Winer, jeune et forte tête, travaille de ses mains, qu'il a costaudes, pour se nourrir, ainsi que sa mère : son père a disparu un beau mati... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
caro64
caro6424 novembre 2012
  • Livres 3.00/5
Après La Mort au crépuscule, la publication du deuxième roman de William Gay (en réalité son premier) prend une résonance toute particulière. La Demeure éternelle… pour un auteur qui nous a quittés en février dernier.
Nous sommes en 1933 dans le Tennessee. Thomas Hovington, cloué au lit par la maladie, ne peut empêcher Dallas Hardin, un homme sorti de nulle part, de s'installer chez lui, de prendre sa femme et son commerce d'alcool de contrebande et d'exercer sa domination sur sa fille Amber Rose. Nathan Winer, un voisin, tente de s'interposer et de mettre fin au séjour de ce parasite, mais il est tué lors de l'altercation et son cadavre précipité dans un gouffre. Ni vu, ni connu. Tous ceux qui se dressent sur le chemin de Hardin meurent en général très rapidement. Dix ans passent. Âgé de 17 ans, le fils de Winer, prénommé Nathan, est à la recherche d'un emploi. Sa route croise celle de Grande-Gueule Hodges, de Hardin et de Guillaume Tell Oliver, un vieil homme sage au passé trouble qui le met en garde contre celui qui apporte le malheur. Mais il va tomber amoureux d'Amber Rose… et osera affronter le démon.
William Gay raconte cette histoire avec la voix traînante du Sud. On pense au Ron Rash d'Un pied au paradis, et l'accent se pare d'une violence soudaine. Beaucoup de sang répandu sur une terre avide de le boire. Et cette brume de violence et de mal qui s'évapore dans l'atmosphère, contaminant les personnages et leur vie. le style de William Gay, c'est une beauté sévère, une lande de terre aride parsemée d'arbres moribonds.
La Demeure éternelle est un voyage dans une Amérique rurale en crise, pauvre et ignorante, le récit de la lutte éternelle du bien contre le mal, une Bible dans une main, un fusil dans l'autre. C'est surtout une écriture précise, poétique. Un bon roman, à conseiller plutôt aux amateurs d'ambiances qu'aux fans de thrillers.
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encoredunoir
encoredunoir21 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Dans les années 1940, dans une région reculée du Tennessee, Dallas Hardin règne par la terreur sur Mormon Springs. Après avoir fait son nid dans la demeure de Thomas Hovington, s'arrogeant son commerce d'alcool clandestin et sa femme, Hardin apparaît comme intouchable, multipliant menaces, vengeances et meurtres en toute impunité. Jusqu'à ce que le jeune Nathan Winer croise sa route et celle d'Amber, la fille de Hovington. C'est que si Nathan n'a jamais su ce qu'était devenu son père, disparu dix ans plus tôt, Hardin, lui, le sait bien, puisqu'il l'a tué de ses propres mains.
Dans ce premier roman (deuxième publié en France) William Gay joue la partition classique de la lutte du Bien contre le Mal. Sous le regard de William Tell Oliver, vieux voisin qui l'a pris sous son aile et cache bien mal ses blessures et son remord de n'avoir jamais affronté Hardin, Nathan, malgré son apparente innocence, va peu à peu prendre conscience de l'inéluctabilité du combat qui l'opposera à celui qui règne sans partage sur ce bout de Tennessee abandonné par la loi des hommes et où seule la volonté de Dieu, du diable ou de quelques forces ambivalentes de la nature (le gouffre, symbole central, qui apparaît sur le terrain de Hovington en ouverture du livre sert autant à dissimuler les méfaits qu'à les faire ressurgir) peut instaurer un certain ordre.
Une grande partie du roman, peu ou prou les deux tiers, est l'occasion pour Gay de nous montrer cet ordre des choses et de présenter une communauté profondément divisée par de vieilles rancoeurs, des peurs immémoriales et, surtout, l'absence d'hommes véritables. Partis à la guerre, partis là où il y a du travail, les hommes sont absents. Ceux qui restent sont vieux, ou bien jeunes et poussant sans une réelle autorité paternelle, prêts à dévier, fascinés, à l'image de Bille-de-Pied Chessor ou de Grande-Gueule Hodges, par la violence, mal dégrossis et tournant comme des bêtes en cage dans une communauté qui, malgré la nature immense et sauvage, a l'allure d'une prison dont il est impossible de s'extraire. Quant à ceux qui sont dans la force de l'âge et sont restés, ils rivalisent de lâcheté ou se trouvent impuissants face au lourd couvercle de silence et de peur maintenu sur les lieux par Hardin :
« Et comment pourriez-vous l'empêcher d'entrer chez vous ? À moins de le tuer, comment pourriez-vous assurer l'inviolabilité de votre logis, l'intégrité de votre famille ? Les portes brûlent, les vitres fondent et s'écoulent, visqueuses et en flammes, par-dessus les rebords de fenêtres, les serrures noircissent et gisent, inidentifiables, parmi les cendres. Si vous attendez sa venue, vous pouvez vous préparer, mais il est rusé. Quand viendra-t-il ? À quelle heure du jour ou de la nuit ? Il a tout son temps, il peut se permettre de choisir son moment, et vous, le seul temps dont vous disposez, c'est l'instant de son arrivée. C'est un rancunier, la moindre contrariété le met dans des états qu'un homme ordinaire n'a jamais connu ailleurs que dans les livres. »
De cette première partie, lente, plutôt lyrique et contemplative, émerge donc le portrait peu flatteur d'une communauté en butte à la crise, à l'individualisme, à la bêtise, et animée d'une peur quasi superstitieuse profondément ancrée en elle. Nathan s'en détache à cause de sa force de caractère, de l'opiniâtreté dont il fait preuve dans son désir de pouvoir vivre tranquille et honnêtement, mais aussi par la fascination réciproque qui s'exerce entre lui et Hardin.
Aiguillonnée par l'amour que Nathan va porter à Amber après que Hardin l'a embauché chez lui, le faisant entrer dans sa vie comme pour s'assurer qu'il peut aussi mettre sous sa coupe ce jeune esprit indépendant, l'histoire s'accélère dans le dernier tiers du roman qui voit les deux hommes s'affronter enfin.
C'est finalement une histoire d'une triste banalité que conte William Gay. Mais le lyrisme, l'empathie de l'auteur pour ses personnages dont il explore toute les facettes et dont il fait ressortir toute la complexité, le voile quasi mystique dont il pare les événements, font de la demeure éternelle un roman particulièrement fascinant et attachant. Une belle réussite.


Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Sio
Sio11 octobre 2013
  • Livres 2.00/5
Tennessee, années 30. D'une voix qu'on imagine traînante et un peu voilée, William Gay narre le quotidien d'une campagne pauvre, reculée, et où la justice s'exerce étrangement. On connaît le fin mot de l'histoire dès le début, mais les personnages, eux, cherchent. le portrait est plein de finesse, juste, à l'occasion poétique, et sombre. La Demeure éternelle est un roman très noir, plus qu'un polar. Les dialogues non matérialisés par l'auteur rendent le texte très fluide, et on a l'impression de contempler une vieille photographie jaunie ; le procédé renforce à la perfection l'ambiance un peu surannée qui se dégage du portrait. Point d'enquête trépidante ici, point de mystère insondable à élucider, ce qui peut s'avérer un peu décevant. le récit est linéaire, aussi lent que le temps qui ne s'écoule pas en ces lieux et, si l'on n'est pas vraiment surpris par l'ensemble de l'histoire, on se laisse tout de même prendre par l'ambiance.
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Lirio
Lirio27 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Inutile d'espérer une fin heureuse à ce roman sombre et âpre, tout au plus un épilogue en demi-teinte. Dans un état du Sud profond des Etats-Unis, durant la Seconde Guerre Mondiale, la misère, le désespoir et la violence font des ravages. C'est dans ce contexte que s'épanouit Dallas Hardin, trafiquant d'alcool, proxénète et meurtrier. Usant d'intimidation, de brutalité, et de corruption pour imposer sa loi, il règne sans partage sur le comté de Mormon Spring. Sa rencontre avec le jeune et innocent Nathan Winer, dont il a assassiné le père, va avoir des répercussions inattendues... L'ambiance envoûtante de ce roman d'une noirceur absolue rappelle celle des écrits de Ron Rash et de William Faulkner, et dépeint avec talent la lutte éternelle du bien contre le mal.
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jeandubus
jeandubus21 février 2013
  • Livres 2.00/5
qui faut-il incriminer, l'auteur ou le traducteur. Je penche pour le second qui s'évapore dans des métaphore hasardeuse voire totalement ineptes: "Winer vit la peur monter dans les yeux de Hughins comme un liquide emplissant un verre" ou encore "il lui semblait être cloué sur place par la chape de plomb de sa colère". N'importe quoi !
L'histoire est peu intéressante, confuse et le soit disant méchant très méchant incarnant le mal "aussi implacable, aussi insensible qu'un Dieu de l'ancien testament" (comme chacun sait sur l'olympe de l'inculture) se fait dégommer comme un vulgaire lapin.
Il y a des prix pour tout aujourd'hui et ce livre en a obtenu un : le Jame A. Michener Memorial Prize (où vont-il chercher tout çà?. )Pour moi le prix est de 21€ et c'est cher payé pour un champ de navet.
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Les critiques presse (1)
Telerama27 novembre 2012
[L'auteur] oppose une écriture lyrique et incandescente à la banalité des jours, dans un monde crépusculaire, et rejoint ainsi des écrivains comme Harry Crews pour la folie, et Ron Rash pour l'ampleur historique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (2) Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir21 décembre 2012
Et comment pourriez-vous l’empêcher d’entrer chez vous ? À moins de le tuer, comment pourriez-vous assurer l’inviolabilité de votre logis, l’intégrité de votre famille ? Les portes brûlent, les vitres fondent et s’écoulent, visqueuses et en flammes, par-dessus les rebords de fenêtres, les serrures noircissent et gisent, inidentifiables, parmi les cendres. Si vous attendez sa venue, vous pouvez vous préparer, mais il est rusé. Quand viendra-t-il ? À quelle heure du jour ou de la nuit ? Il a tout son temps, il peut se permettre de choisir son moment, et vous, le seul temps dont vous disposez, c’est l’instant de son arrivée. C’est un rancunier, la moindre contrariété le met dans des états qu’un homme ordinaire n’a jamais connu ailleurs que dans les livres.
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jeandubusjeandubus21 février 2013
"Une vieille écrevisse borgne qui feignait d'être invisible le surveillait avec appréhension depuis fond de l'eau à présent de plus en plus claire puis elle battit en retraite sous une pierre"

poignant et indispensable pour le développement de l'intrigue. JD
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Videos de William Gay (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Gay
Provinces of Night (Bloodworth), film réalisé par Shane Dax Taylor, en 2010, d'après l'oeuvre de William Gay. Avec Val Kilmer, Kris Kristofferson, Reece Thompson, Hilary Duff. Bande-annonce.
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