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Critique de Horizon_du_plomb


Horizon_du_plomb
08 mars 2017
★★★★★
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Le titre est joli, aérien comme a dit ma compagne qui ne se doutait pas du thème. Si on y réfléchit plus pourtant, il cache une interprétation bien macabre. Ce n'est pas à un défilé de mode auquel on va assister mais bien à un ballet de corps désarticulés. Quand le populaire et le geek débarque au dancing puis au salon, cela crisse et laisse des traces.

« Lorsque le gazole et la pollution devenaient votre madeleine de Proust, c'était le signe que votre vie ne tournait sérieusement pas rond. »

Dés les premières pages, on a compris que l'auteur a le sens de la formule et cela continuera toutes les 1,5 pages. Comme dirait l'auteur, c'est toujours plus facile avec une belle écriture (gueule) mais une écriture pas blanche assurément car, comme dans tous bons polars, elle se nourrit de social, d'odeurs de villes, de néons déboussolés.

« Elle maniait le tonfa, je me passais de la pommade anti-hémorroïdes sous les yeux. Nous étions parfaits l'un pour l'autre. »
« C'est quand même dur de vieillir. A une époque, on venait me demander des autographes. Maintenant, on me tabasse dans le caniveau. »

Le narrateur est dealer dans le monde de la nuit, il est sensible aux réseaux sociaux, aux humeurs, c'est un charmeur. Toutes ces qualités sont ses armes de survie. Il va pouvoir employer ces dons pour enquêter sur une série de crimes sauvages.

« Joséphine (Baker, pas l'ange gardien) chantait ses deux amours - pour ma part c'est la coke et Paris. »
« Je ressentis un frisson de plaisir devant la caresse du soleil. C'était sans doute ce que l'on appelait la photosynthèse. Ou pas. »
« On ne survivait pas dans le milieu de la nuit avec un ego : trop de gens trustaient ce créneau. »
« On rejetait beaucoup ses cheveux en arrière dans les clubs. »
« Vous voulez arrêter de fumer ? C'est possible, en traquant les serial killers ! Un boyau dépecé, un paquet économisé ! »

La musique est présente et rappelle certaines époques de sorties mémorables. Quand on a entre 25 et 40 ans, on a tous connu la bande son de ce livre. Roméo et Juliette et son « Les rois du monde », le Guetta pré Ibiza, les mêmes hits du moment un peu partout,… en particulier, je me suis souvenu de ma période Sexy Sushi. En attendant les « Il est 5 heures, Paris s'éveille » de Dutronc remixé à la Bob Sinclair.

La scène du dealer enquêteur (et qui mange du poulet dans tous les sens du terme) qui rentre chez ses parents le dimanche midi après avoir joué à WoW quelques heures vaut son pesant de poudre.

Le beau gosse, prince de la nuit et pourfendeur de dragons sous extasy, qui va draguer la fille de noble gardée par père grand, c'est un peu facile. J'ai trouvé la dernière partie comme un cheveu dans la soupe ou plutôt comme un second livre quasiment tout en la trouvant trop bien ficelée (schéma sorties, folies et vie dissolue, chaotique et aucune relation durable à part le fantôme de l'ex suivi par l'histoire d'amour spontanée et linéaire). La fille à problèmes si ce n'est pas un cliché de géante je ne sais ce que c'est. On pourrait dire que le talent s'aiguille un peu trop facilement (ou alors enfile le chas trop facilement). Cela dit, la scène de la cuisine est mémorable, le pire étant que cela évoque des fantasmes noirs de la visite à la belle famille. On sent d'ailleurs que l'auteur s'est fait plaisir sur cette partie noblaillonne. C'est dans cette même partie qu'on apprend le nom complet du narrateur.

« Un prénom, c'est quelque chose de bien trop important pour le laisser aux parents. Parole de Fitz. »
« - L'amour et la haine, est-ce que c'est si différent? - Pour l'un des deux, je ne mets pas de capote. »

Si je compare avec « Dernier meurtre avant la fin du monde » ou « Ma mémoire assassine », ce livre est bien écrit mais il manque d'originalité. On pourrait même dire que comme « La fille du train », ses thèmes ont été calculés pour un certain lectorat. Pas étonnant que les deux auteurs partagent une même profession libérale à la base. Je dirais toutefois que l'humour vient relever le livre face à un roman comme La fille du train. Bref 3 étoiles, un bon livre que je ne relirai pas.

« Les gens regardaient dans le vide avec un fatalisme qui me donnait froid dans le dos… Les plus courageux sortaient un livre à la couverture jaunie, les plus blasés ronflaient avec application. » (Dans le RER)
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