ISBN : 207040787X
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
C'est en prison, provoqué par des camarades de cellule qui s'essayaient à imaginer de médiocres pièces sentimentales, que Genet rédigea les strophes du«Condamné à mort»et la dédicace en prose à Maurice Pilorge. En prison aussi qu'il écrivit«Marche funèbre»,«La galère»,«... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 16 mai 2012

    ATOS
    Genet, Jean Genet. Décorateur de l'enfer. amoureux,épineux, sulfureux.
    Si vous lisez Genet, je vous en prie poser vos valises. elles ne vous serviront pas.
    Venez sans bagage, ici ses mots suffisent.
    Il n'y a sur ces terres aucune frontière, pas de limite.
    L'amour tel qu'il le vit dans un monde de "gens foutre" qui décident de condamner à mort un ange de vingt ans.
    Un monde "bien pensant", indécent par sa férocité, sa cruauté.
    Genet n'est jamais indécent, ni obscène, aucune vulgarité ne viendra vous heurter.
    Il réussit ce qui est sans doute le rôle premier de l'art : transformer le plus noir des enfers en un lit de roses pourpres.
    Un conseil : écouter l'album ( originellement mis en musique par Hélène Martin en 1964) : le condamné à mort. Etienne DAHO et de Jeanne MOREAU donnent voix aux textes de Genet. Un moment éblouissant.
    "il se peut qu'on s'évade en passant par le toit. On dit que la Guyane est une terre chaude."
    http://www.france-info.com/chroniques-france-info-culture-2010-11-19-le-condamne-a-mort-par-jeanne-moreau-et-etienne-daho-498176-81-336.html
    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 29 juin 2011

    vincentf
    Etrange mélange de classique et de moderne, versification habituelle sur des mots violents, sur des vulgarités sublimées. Jean Genet viole la poésie (je n'ose pas écrire qu'il l'encule) et il la caresse. Tout est sexe, sexe d'homme bien sûr, amour homosexuel, tout est mort, condamnation à mort pour Le funambule, mi-dieu mi-homme, créature de fantasmes et de désirs. le sexe et la mort, thèmes rabattus? Certes, mais ici, leur entremêlement décontenance, le sacré intouchable est sans cesse profané, et il n'en devient que plus sacré. Mystère encore et toujours de la poésie. L'essentiel échappe. Sentiment mitigé. Lire est tellement plus superficiel qu'écrire.
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    • Livres 4.00/5
    Par m75000, le 20 juillet 2011

    m75000
    j'ai découvert ce texte en l'an 2000 après avoir vu le moyen métrage de jean Genet . j'étais tellement ému et séduit que j'en avais tapissé en grosses lettres écrites les murs de ma chambre pour apprendre le texte afin d'en faire la récitation en spectacle .Depuis Etienne Daho et Jeanne Moreau ont sans doute fait mieux !
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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 16 mai 2012

    ATOS
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 05 mars 2012

    aillette d’or est un disque minuscule en métal doré, percé d’un trou. Mince et légère, elle peut flotter sur l’eau. Il en reste quelquefois une ou deux accrochées dans les boucles d’un acrobate.

    Cet amour – mais presque désespéré, mais chargé de tendresse – que tu dois montrer à ton fil, il aura autant de force qu’en montre le fil de fer pour te porter. Je connais les objets, leur malignité, leur cruauté, leur gratitude aussi. Le fil était mort – ou si tu veux muet, aveugle – te voici : il va vivre et parler.

    Tu l’aimeras, et d’un amour presque charnel. Chaque matin, avant de commencer ton entraînement, quand il est tendu et qu’il vibre, va lui donner un baiser. Demande-lui de te supporter, et qu’il t’accorde l’élégance et la nervosité du jarret. À la fin de la séance, salue-le, remercie-le. Alors qu’il est encore enroulé, la nuit, dans sa boîte, va le voir, caresse-le. Et pose, gentiment, ta joue contre la sienne.

    Certains dompteurs utilisent la violence. Tu peux essayer de dompter ton fil. Méfie-toi. Le fil de fer, comme la panthère et comme, dit-on, le peuple, aime le sang. Apprivoise-le plutôt.

    Un forgeron – seul un forgeron à la moustache grise, aux larges épaules peut oser de pareilles délicatesses – saluait ainsi chaque matin son aimée, son enclume :
    - Alors, ma belle !
    Le soir, la journée finie, sa grosse patte la caressait. L’enclume n’y était pas insensible, dont le forgeron connaissait l’émoi.

    Ton fil de fer charge-le de la plus belle expression non de toi mais de lui. Tes bonds, tes sauts, tes danses – en argot d’acrobate tes : flic-fac, courbette, sauts périlleux, roues, etc., tu les réussiras non pour que tu brilles, mais afin qu’un fil d’acier qui était mort et sans voix enfin chante. Comme il t’en saura gré tu es parfait dans tes attitudes non pour ta gloire mais la sienne.
    Que le public émerveillé applaudisse :
    - Quel fil étonnant ! Comme il soutient son danseur et comme il l’aime !
    À son tour le fil fera de toi le plus merveilleux danseur.

    Le sol te fera trébucher.

    Qui donc avant toi avait compris quelle nostalgie demeure enfermée dans l’âme d’un fil d’acier de sept millimètres ? Et que lui-même se savait appelé à faire rebondir de deux tours en l’air, avec fouettés, un danseur ? Sauf toi personne. Connais donc sa joie et sa gratitude.

    Je ne serais pas surpris, quand tu marches par terre que tu tombes et te fasses une entorse. Le fil te portera mieux, plus sûrement qu’une route.
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  • Par nadejda, le 19 juillet 2011

    SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
    Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
    Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve,
    Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

    Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne,
    Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
    Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
    Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

    Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
    Ni les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
    Accueillir la rosée où le matin va boire,
    Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

    Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
    Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
    Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
    Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

    Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
    Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
    On peut se demander pourquoi les cours condamnent
    Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

    Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
    Traverse les couloirs, descends, marche léger,
    Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger,
    Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

    Ô traverse les murs ; s'il faut marche au bord
    Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
    Use de la menace, use de la prière,
    Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.
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  • Par LiliGalipette, le 13 mars 2011

    LES ASSASSINS DU MUR

    "Les assassins du mur s'enveloppent d'aurore
    Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins
    Qui la berce accrochée à des cordages fins
    Noués par des marins que le clair matin dore.
    Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
    Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
    Quelle enfant s'est roulée sur ma paille pourrie
    A l'instant du réveil d'amis se souvenant?

    Divague ma folie, enfante pour ma joie
    Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
    Nus jusqu'à la ceinture, et des frocs réséda
    Tirant ces lourdes fleurs dont l'odeur me foudroie.
    Arrache de ces doux les gestes les plus fous.
    Dérobe des enfants, invente des tortures,
    Mutile la beauté, travaille les figures,
    Et donnent la Guyane aux gars, pour rendez-vous.

    O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
    Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
    Autour du mino blond qui fume les mégots
    Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse."
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  • Par nadejda, le 19 juillet 2011

    OÙ SANS VIEILLIR je meurs je t'aime ô ma prison
    La vie de moi s'écoule à la mort enlacée.
    Leur valse lente et lourde à l'envers est dansée
    Chacun dévidant sa sublime raison
    L'une à l'autre opposée
    (...)
    Mon chant n'est pas truqué si j'hésite souvent
    C'est que je cherche loin sous mes terres profondes
    Et j'amène toujours avec les mêmes sondes
    Les morceaux d'un trésor enseveli vivant
    Dès les débuts du monde.

    Si vous pouviez me voir sur ma table penché
    Le visage défait par ma littérature
    Vous sauriez que m'écoeure aussi cette aventure
    Effrayante d'oser découvrir l'or caché
    Sous tant de pourriture.
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  • Par nadejda, le 19 juillet 2011

    Ose ma lèvre au bord de ce pétale ourlé
    Mal secoué cueillir une goutte qui tombe,
    Son lait gonfle mon cou comme col de colombe.
    Ô restez une rose au pétale emperlé.
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Videos de Jean Genet

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Vidéo de Jean Genet

"Un chant d'amour" de Jean Genet, 1950, moyen métrage de 25 minutes.
Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l'aide d'un trou creusé dans le mur, sous l'œil du gardien qui les observe par le judas.








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